Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 7 décembre 2015

Régionales : analyse du tsunami

Abstention élevée, triomphe du FN, recul du PS qui tire malgré tout son épingle du jeu, droite classique en panne, Verts dans les choux et Front de gauche qui fait grise mine. Quel beau dimanche ! Six points pour analyser le premier tour régionales 2015.

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Abstention élevée, triomphe du FN, recul du PS qui tire malgré tout son épingle du jeu, droite classique en panne, Verts dans les choux et Front de gauche qui fait grise mine. Quel beau dimanche ! Six points pour analyser le premier tour régionales 2015.

1. Nul besoin d’insister sur le triomphe du Front national : il est amplement commenté, comme il avait été copieusement annoncé. Le Front est en tête de six régions et sera partout présent au second tour. Il est au-dessus de 35% dans trois régions et au-dessus de 40% dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie (NPDC) et en PACA.

Dans le NPDC, en PACA, en Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) et en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (ACAL), il a bénéficié d’un recul de l’abstention relativement plus prononcé que pour la moyenne nationale. Il a triplé ou presque ses scores de 2010 dans quatre régions (Pays de la Loire, Bretagne, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes [ALPC], Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées [LRMP]). Il fait plus que les doubler dans huit autres. Partout il progresse même sur les européennes de 2014, sauf en Corse et en Normandie.

Il bénéficie bien sûr des drames de la dernière période. Mais il y parvient d’autant mieux que la conjoncture s’inscrit dans une longue évolution. L’état d’urgence et la notion d’état de guerre résonnent en effet avec une vision du monde centrée sur l’idée que notre monde instable repose sur un conflit de civilisations. Dans ce conflit, l’islam joue le rôle d’ennemi par excellence, d’autant plus qu’il s’appuie sur la pression interne d’une population immigrée ou "issue de l’immigration". Tandis que la gauche socialiste se coule dans les cadres de la mondialisation capitaliste, le reflux du mouvement ouvrier nourrit l’idée que la lutte des classes est désormais remplacée par la guerre des identités.

Dans ce contexte, le FN a beau jeu d’expliquer, triomphant, que tout le monde à droite et à gauche se rallie peu à peu à ses idées. Pourquoi, dès lors, se contenter des pâles copies quand, désormais, l’original énonce ses prétentions à gouverner ?

2. La droite classique est en berne. Elle pensait pousser l’avantage qu’elle avait pris aux élections territoriales et européennes de 2014-2015. En fait, c’est tout juste si elle retrouve son niveau médiocre de 2010. Par rapport aux européennes de l’an dernier, elle perd un cinquième de son capital électoral dans quatre régions (Bretagne, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Auvergne-Rhône-Alpes et Corse).

En 2007, Nicolas Sarkozy avait profité de l’usure de Jean-Marie Le Pen pour imposer un "libéral-populisme" qui lui avait permis de faire pour la première fois refluer le FN. Une fois installé à l’Élysée, il avait cherché à accentuer son avantage, par exemple en lançant le débat sur "l’identité française". Mais son ultralibéralisme n’a pas contenu la crise sociale et l’a même aggravée. Quant à la radicalisation de son discours sécuritaire et sa rhétorique du "karcher", elles n’ont fait qu’ouvrir un boulevard à une Marine Le Pen qui avait compris entre-temps que le bon vieux temps de papa n’était plus de saison.

Voilà donc désormais la droite prise dans un étau. D’un côté, elle trouve un Front national qui ne se contente plus de la marginalité politique et qui veut être le pivot d’une droite radicalisée. De l’autre côté, elle rencontre un PS "social-libéralisé" qui veut lui disputer, à l’exemple de Tony Blair, la double image de la compétitivité et de la sécurité. Pour s’en sortir, le scrutin de dimanche n’a pas laissé de sésame : "sarkozystes", "fillionnistes" ou "juppéistes" ont eu leur soupe à la grimace.

3. Sauf en Île-de-France, le PS et ses alliés enregistrent une débâcle par rapport aux mirifiques élections de 2010, les meilleures pour la gauche depuis l’institution du vote régional au suffrage universel (1986). Dans quatre régions (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, PACA et Bourgogne-France-Comté, les socialistes perdent un tiers de leur électorat de 2010 et un quart dans trois autres régions (Normandie, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Pays de la Loire). Mais le PS a su tirer avantage de son ancrage régional et de sa capacité à incarner une gestion regroupant autour de lui l’essentiel de la gauche, à l’exception de l’extrême gauche. Et il a bien sûr bénéficié de la conjoncture post-13 novembre et du regain de popularité de l’exécutif.

Gageons que ce résultat va dissuader un peu plus le président et son premier ministre de changer le cap gouvernemental. Ils auront beau jeu d’arguer que c’est au moment même où le socialisme au pouvoir a infléchi son discours et son action vers le centre que la gauche enregistre un léger sursaut. Face à une droite perturbée par le trublion lepéniste, la ligne sociale-libérale n’est-elle pas la plus efficace pour contrer la vague de la droite extrême ? En bref, ne faut-il pas tirer les leçons de ce que la France a définitivement changé d’époque ? La droite étant passée de Charles de Gaulle à Marine Le Pen, la gauche devrait de résoudre à passer de Maurice Thorez à François Hollande ou, si l’on préfère d’Ambroise Croizat à Emmanuel Macron. Un duopole Philippot-Macron : voilà qui fait rêver…

4. Le pouvoir ne manquera pas aussi de s’appuyer sur un fait électoral perturbant : ceux qui ont critiqué le cours actuel de la politique gouvernementale n’ont pas bien passé le nouveau cap des urnes. Les Verts sont à mille lieux de leur éclatant résultat de 2010 (12,2% nationalement). Ils comptaient quelques 260 élus régionaux après 2010 ; ils seront bien loin du compte dimanche prochain. Quand s’est lancée la "coopérative" d’Europe-Écologie et des Verts, les écologistes français donnaient pourtant l’impression qu’ils avaient enfin déclenché une dynamique les propulsant au cœur du dispositif politique français.

Le problème est que cet élan prometteur ne s’est jamais greffé sur une stratégie politique globale lisible et gérable sur le long terme. Entre la radicalité transformatrice, que porte la critique écologiste du système dominant d’accumulation, et la tentation d’être une relève pour une social-démocratie peu inventive, les militants et responsables écologistes n’ont pas voulu ou n’ont pas su choisir.

Dès lors, les crises internes à répétition depuis quelque temps se sont prolongées dans une orientation électorale confuse. Or quel que soit le choix retenu, en autonomie, en alliance avec le Front de gauche ou avec une partie seulement de ce Front de gauche, les résultats sont décevants. En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et en PACA, les listes pilotées par des Verts ont à peine fait mieux que le Front de gauche seul dans les consultations précédentes, loin de la vague écologiste de 2010.

Au lendemain de cette séquence électorale, qui referme la parenthèse plutôt faste amorcée par Dany Cohn-Bendit quelques années plus tôt, les Verts risquent bien d’être précipités un peu plus dans la tourmente

5. Le Front de gauche est globalement en panne. Bien sûr, les comparaisons ne sont pas faciles avec un scrutin précédent où subsistaient dans quelques régions des configurations d’alliance avec le PS, telles qu’elles avaient été inaugurées par Robert Hue en 1998. La comparaison est d’autant plus malaisée que, dans deux cas (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et PACA), le PCF se trouvait dans une alliance de tout le Front de gauche et des Verts, avec deux têtes de listes écologistes. Si l’on additionne les cas où le PC ne regroupe pas tout le Front de gauche (0,4%), où il est à la tête de coalition de type Front de gauche (3,8%) et les deux rassemblements avec les Verts (1,5%), on parvient au total de 5,7%. En 2010, le Front de gauche en avait obtenu 5,9% alors qu’il n’était pas présent en tant que tel dans toutes les régions. Difficile de voir dans ce résultat global l’indice d’une progression. Même si les résultats sont intéressants en Normandie ou en Île-de-France…

La comparaison est plus éclairante encore, si l’on met côte-à-côte le résultat de dimanche et celui des élections européennes de 2014. À l’exception de la Normandie et de l’Île-de-France, le PCF et le Front de gauche sont partout en retrait. En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, la perte est d’un tiers du niveau initial, dans six autres cas la perte se situe entre un tiers et un cinquième. Or les européennes de 2014 étaient déjà elles-mêmes en retrait sur le score présidentiel précédent…

Le résultat global est donc incontestablement décevant. D’ores et déjà, le FDG est au-dessous du seuil des 5% dans six régions françaises, où il comptait en tout 42 conseillers, sur les 127 qu’il avait fait élire nationalement, pour les trois quarts issus des rangs du PCF. Le Front de gauche pouvait espérer tirer avantage du glissement vers la droite du socialisme de gouvernement. Il n’en a rien été pour l’instant. Depuis le mois d’avril 2012, le Front de gauche ne cesse d’enregistrer des résultats en recul sur ce que laissait augurer le scrutin présidentiel, où Jean-Luc Mélenchon avait cristallisé l’aspiration à une gauche bien à gauche.

Incontestablement, la conjoncture des dernières semaines ne lui a pas été bénéfique. Elle l’a été d’autant moins que la lisibilité du Front de gauche s’est avérée doublement incertaine. D’une part, dans trois régions, les composantes du FDG se trouvaient en concurrence les unes contre les autres, ce qui a créé un climat de malaise et de confusion. En outre, une confusion analogue s’est exprimée autour de l’état d’urgence, avec un groupe à l’Assemblée qui a voté le texte gouvernemental à l’unanimité, un groupe au Sénat qui s’est abstenu majoritairement et plusieurs composantes, dont le Parti de gauche et Ensemble, qui ont affirmé leur hostilité pure et simple. Or, manifestement, la question de l’état d’urgence a structuré à court terme l’espace politique, en valorisant les deux positions apparemment les plus cohérentes : celle du Front national (qui relie immigration, conflit de civilisation et état de guerre) et celle du gouvernement qui fait de "l’ordre" et de la "sécurité" une composante majeure du "nouveau socialisme" recentré. Face à ces deux pôles identifiables, le Front de gauche est apparu incertain ; or il s’agit d’un thème majeur en "Occident", depuis au moins septembre 2001 et la prégnance obsédante de la "guerre contre le terrorisme".

6. Mais pourquoi se cacher que, au-delà du Front de gauche, nous nous trouverons au lendemain de cette séquence électorale devant un problème majeur ? Le regain de conflictualité sociale et de radicalité idéologique qui s’était amorcé au milieu des années 1990 (nous célébrons – très discrètement – le vingtième anniversaire du mouvement de novembre-décembre 1995) n’a pas restructuré en profondeur le paysage politique français. En tout cas, pas sur son flanc le plus à gauche… Le total de la gauche radicale et de l’écologie politique se trouve aujourd’hui à un niveau bien modeste (12,2%), bien loin des plus de 20% de 2010 et des 15% de la présidentielle de 2012.

La gauche de gauche a été historiquement fragilisée par le déclin continu du PCF. Il se trouve que nulle force, avec lui ou sans lui, n’a su prendre la place qu’il avait laissée vacante. Au début des années 2000, les héritiers du trotskisme ont pu donner l’impression qu’ils prendraient la relève électorale d’un PCF nationalement essoufflé. Ce fut un déjeuner de soleil, que l’orientation étroite du NPA se chargea de renvoyer vers l’inconfort de la marginalité.

Après l’échec du "courant antilibéral", entre 2005 et 2007, le Front de gauche a pourtant esquissé la possibilité d’une reprise. Pour l’instant, elle est au électoralement point mort. Sans doute les carences de rassemblement, les contradictions internes, les tentations du repli sur soi, les pesanteurs des jeux d’organisations ont-elles pesé et pèsent-elles lourdement encore. Mais, le problème, à la gauche de la gauche comme dans toute la gauche, n’est pas simplement un problème de rassemblement. Il est plus profondément dans la difficulté à incarner, à gauche et dans toute la société, un projet d’avenir qui soit tout à la fois ancré dans la vieille histoire de l’émancipation populaire et ouvert sur les sensibilités, les aspirations, les cultures et les pratiques d’aujourd’hui.

Entre le renoncement et la répétition, nous n’avons pas bien su trouver la voie alternative. De ce fait, ce sont les modernités frelatées des technostructures ou les discours de la peur et de la xénophobie qui semblent incarner ce nouveau-là. Mais pendant ce temps, la crise continue, celle de la vie quotidienne pour les exclus de la croissance et celle de la démocratie elle-même, pour ceux qui ne peuvent plus peser, ni sur le cours du monde ni sur celui de leur propre vie.

Or cette crise s’approfondira. Le FN attise le ressentiment et l’enfermement frileux et chauvin, mais au risque d’élargir "l’état de guerre" à la société tout entière. Quant au socialisme "macronisé", il peut attirer un temps ceux qui sont à la recherche d’une voie crédible face au Front national. Mais il atomise un peu plus les catégories populaires et il déstructure un peu plus la gauche dans ce qui fait historiquement sa force : ses valeurs populaires d’égalité, de liberté et de solidarité.

Auquel cas, le seul rempart contre le Front national est l’affirmation d’une gauche reconstruite, portée par une génération nouvelle de femmes et d’hommes. Une gauche appuyée sur ses valeurs fondatrices mais capable de les vivifier. Une gauche échappant à la malédiction des structures qui ne vivent que pour elles-mêmes, rompant avec les vieilles et stériles séparations du social, du politique et du symbolique. Une gauche, au fond, capable de faire suffisamment "mouvement" pour que les catégories populaires, déstabilisées, retrouvent enfin le goût de la mise en commun et de la vie civique.

Dans les jours prochains, nous mettrons en ligne quelques tableaux rassemblant les principaux outils d’analyse du scrutin.

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Vos réactions

  • Ce texte me paraît parfaitement objectif.
    En particuliers l’analyse sur le Front de Gauche qui persévère dans l’analyse de la société en terme de lutte des classes, alors que de nouvelles lignes de fractures majeures sont apparues : immigration massive, islamisme et finalement terrorisme.
    Le FG , même si JLM a fermement condamné les attentats du 13 janvier, persiste a vouloir faire comme si de rien n’était. En déconnexion totale avec la société.
    Mais en tant que partie internationaliste et immigrationiste, il ne peut pas renier ses fondamentaux. L’équation est impossible à résoudre sur le plan intellectuel.
    D’où la chute ?

    Thomas Legrand Le 7 décembre 2015 à 23:10
       
    • Attention ! Propagande FN

      Marc Sidonny Le 8 décembre 2015 à 11:01
    •  
    • Non, interrogation.
      Mais qui reste sans réponse, hormis une remarque stéréotypée proche du néant.

      Thomas Legrand Le 9 décembre 2015 à 00:49
    •  
    • Oui Monsieur Legrand, vous ne faites que reproduire les slogans du FN dont le seul objectif est d’amplifier un climat de peur, d’intolérance, de repli sur soi et de haine. Il n’y a pas d’"immigration massive" dans notre pays, c’est un mensonge FN, il n’y a pas d’"islamisation", c’est un mensonge FN. Le terrorisme, il est partagé entre les divers intégrismes, il n’est pas l’apanage des seuls radicalistes islamistes.
      Les attentats du 13 janvier ? mais de quoi parlez vous ?
      Dites vous bien une chose, c’est que plus vous entretiendrez la peur et le rejet des migrants, et plus vous porterez la responsabilité des futurs attentats.
      Il faut accueillir correctement les migrants qui fuient notamment les terroristes de Daesh et cie, c’est une question d’humanité et de SECURITE, Monsieur Legrand, réfléchissez …..

      DUVAL Le 9 décembre 2015 à 19:19
    •  
    • Mr Duval, vous êtes un menteur.
      Et c’est justement les gens comme vous que les électeurs ne peuvent plus supporter.
      Et si la gauche ne fait pas preuve de réalisme, mais continue à faire preuve de mensonge comme vous, alors la gauche disparaîtra.
      Et ce sera parfaitement justifié.

      Thomas Legrand Le 10 décembre 2015 à 01:55
  •  
  • Cette video résume tout.
    A regarder en entier.
    Une question : où est la place du FG dans tout ça ?
    youtube.com/watch ?v=PyY-u8KUbBQ

    Thomas Legrand Le 7 décembre 2015 à 23:29
       
    • Cette vidéo est de la propagande FN islamaphobe.

      Marc Sidonny Le 8 décembre 2015 à 11:03
  •  
  • Faute d’avoir totalement rompu tous liens avec les fauxcialistes, le FDG leur est assimilé et paye le prix fort. Le Front de gauche est mort, le PCF l’a tué, et le traître Pierre Laurent a bien mérité son plat de lentilles.

    En persistant dans son alliance avec la droite – il faut être aveugle pour ne pas voir ce qui crève les yeux : le PS est une des composantes de la droite –, le PCF a pris la responsabilité historique de faire le lit du fascisme. De la lutte des classes à la lutte des places… Beaucoup de voix se sont élevées en ce sens : elles ont été méprisées et calomniées. Et le résultat est là : écœurement, abstention massive et totalement justifiée, Front national qui pavoise. Pierre Laurent bouffe à tous les râteliers, et le PCF sert de paillasson à la droite solférinienne. Joli bilan, et encore bravo ! Pierre Laurent et ses acolytes ont creusé la fosse, que le FDG y repose en paix.

    Auxi Le 8 décembre 2015 à 01:20
       
    • Que de commentaires haineux envers le PCF sur cette messagerie comme au temps du maccarthisme...

      breton Le 8 décembre 2015 à 11:45
    •  
    • Ils n’ont pas grand chose d’autre à se mettre sous la dent pour passer leur colère...

      Alain Le 8 décembre 2015 à 19:36
    •  
    • @ Auxi

      Sur le blog de Mélenchon, au bas de son dernier billet consacré aux résultats du premier tour des régionales, c’est un déluge de commentaires indignés et surtout unanimes.

      Leur position ? Elle est bien simple :
      1. Mettre un terme au Front de Gauche, cartel ingérable où le PC, véritable cheval de Troie du P"S", a merveilleusement réussi à semer la pagaille et à rendre illisible le projet politique collectif ;
      2. Refuser dorénavant tout soutien et tout désistement en faveur du P"S".
      3. A fortiori, refuser toute fusion de liste avec le P"S", cet astre mort : il n’y a rien de mieux pour dégoûter les électeurs. Ce qu’ils veulent, les électeurs, c’est une ligne politique clairement définie, clairement exposée, et maintenue sans compromission. Les électeurs votent pour des idées, pas pour des petits arrangements entre élus (qui sacrifient tout le rester).

      L’objection classique du risque de marginalisation ("Le PG risque de finir comme un groupuscule") n’est pas fondée. Mélenchon a une stature nationale et une large audience dans les médias : le PG pourra mieux défendre ses idées et son programme quand il ne sera plus menacé par les manœuvres hostiles d’un Paul Laurent ou par les interventions nébuleuses d’une Clémentine Autain. Avec ces deux "amis"-là, le PG n’a plus besoin d’ennemis !

      Bref, FN ou pas FN, plus jamais je ne voterai pour le P"S". Et je crois que le pays ira mieux le jour, peut-être pas si lointain, où ce parti enfin disparaîtra. Quant à l’avenir, inutile de se faire trop de souci : à Londres, en juin 40, De Gaulle lui aussi était plutôt seul !

      WildeJagd Le 9 décembre 2015 à 01:16
  •  
  • libération 08 12 2015 : ’’en Ile-de-France, où Claude Bartolone (PS), Emmanuelle Cosse (EELV) et Pierre Laurent (FG) ont annoncé la fusion de leurs listes. Un accord sur « une base politique et programmatique », dont le candidat PS sera la tête de liste régionale. ’’
    A quand le mariage et les petits fours ?
    Je ne regrette pas ma décision de ne plus voter ni PCF ni front de gauche !

    gilji Le 8 décembre 2015 à 08:55
       
    • Je ne suis pas citoyen Français, je suis Algérien et vis en Algérie. Ces élections ne me concernent pas directement. Bien entendu le monde est comme un village par conséquent le France est proche géographiquement de mon pays et aussi historiquement. Si je commet des fautes d’orthographe ou de langue, excusez-moi s’il vous plait parce que ma langue maternelle est l’arabe et ma religion l’Islam. J’essaye de donner un avis modeste. Je rappelle que je ne vis pas en France mais je dois dire que la gauche française est trop divisée, surtout elle a perdu les repères classiques du socialisme celui du temps de Marx, d’Engels et de Lénine. La méthode d’analyse de Marx et de Lénine est toujours juste et parfaitement valable. Je pense qu’elle doit être mise à jour, elle devrait être le socle, le fondement des repères de la gauche : le matérialisme dialectique, le matérialisme historique, ces deux méthodes ne doivent pas être sous-estimées ou abandonnées sous peine de dissolution des principes de la gauche. Je crois que la gauche française est en crise en raison de son abandon partiel ou total du matérialisme dialectique. Peut être qu’elle a perdu son identité. L’Islam originel, l’authentique celui du Prophète est peu différent du marxisme dans le domaine économique et social. Pour l’Islam originel, la boussole est le Coran et les hadiths (paroles et actes du Prophète), pour la gauche, la boussole est le marxisme et le léninisme (non dogmatique)...

      Djilali Le 13 décembre 2015 à 23:14
  •  
  • Toujours attendue, la première analyse de Roger.
    Il y manque, à mon avis, un élément important pour la suite : Il existe un vote communautariste en France : le vote FN, le vote de ceux qui opposent "eux" et "nous". Qui refusent qu’une partie des femmes et des hommes, des enfants et des vieux de ce pays soient des Français à part entière, égaux en droit et en fait avec tous leurs semblables. Ne faut-il pas se dire la vérité : nous devons reconstruire une nation, une nation arc-en-ciel, qui inclut tous ceux qui vivent, travaillent, étudient dans ce pays. Refonder la nation sur une orientation inclusive à l’intérieur et solidaire à l’extérieur, c’est nécessairement promouvoir une politique de paix, de liberté et de progrès social. Mais les deux démarches doivent s’alimenter l’une l’autre.
    Gilles Boitte

    Gilles Boitte - Sevran Le 8 décembre 2015 à 09:17
  •  
  • "Entre le renoncement et la répétition, nous n’avons pas bien su trouver la voie alternative."
    Il n’y a qu’à compter le nombre de partis, mouvements, associations et autres pour comprendre pourquoi : la dispersion/fragmentation de ceux qui se disent à gauche, comme d’habitude !
    Il est grand temps d’arrêter de jaser dans l’entre-soi et de valider un programme politique complet, réel, concret, visionnaire, pour un véritable projet de société compréhensible par tout le monde (pas seulement par une élite de militants) et d’aller au charbon avec ce programme : en expliquant, en écoutant, sans prendre les gens pour des cons, sans les insulter, etc., etc. (et en particulier, sans se croire le rempart contre le FN, ce qui n’a jamais marché).

    Alain Le 8 décembre 2015 à 11:28
  •  
  • "Auquel cas, le seul rempart contre le Front national est l’affirmation d’une gauche reconstruite, portée par une génération nouvelle de femmes et d’hommes. Une gauche appuyée sur ses valeurs fondatrices mais capable de les vivifier. Une gauche échappant à la malédiction des structures qui ne vivent que pour elles-mêmes, rompant avec les vieilles et stériles séparations du social, du politique et du symbolique. Une gauche, au fond, capable de faire suffisamment "mouvement" pour que les catégories populaires, déstabilisées, retrouvent enfin le goût de la mise en commun et de la vie civique."


    > La seule chose à dire : ENFIN !

    Mais ne croyez pas à cette notion de rempart contre le FN.
    Ne visez pas une "catégorie populaire déstabilisée", visez tout le monde.
    Des idées, une vision et un programme (concret et compréhensible).
    Ce programme concerne TOUTE la société française (au moins : il n’est pas interdit d’avoir une vison européenne et mondiale).
    Les règles électorales vis à vis des autres partis doivent être définies également dès le départ.
    Ce programme peut évoluer (pas être abandonné puis reconstruit de zéro tous les 4 matins) en fonction des circonstances et de l’ensemble des avis, aussi bien des militants que des personnes auxquelles il est proposé.
    Etc., etc.
    Tout doit être écrit : ce que l’on propose ici et ailleurs, dans tous les domaines, politique, économique, social, sportif, écologique, etc., etc.

    Alain Le 8 décembre 2015 à 11:34
  •  
  • Pas de voie émancipatrice possible sans RUPTURES...

    Pour construire l’avenir et tenter de faire vivre une pensée et une force émancipatrices sans lesquelles la route est libre pour les forces les plus rétrogrades et les plus haineuses, il faut sortir de l’immédiateté, de l’émotion, du mimétisme et des slogans.

    Je suis convaincu d’une chose : RIEN ne peut naitre, ici, qui puisse être audible et mobilisateur dans le combat pour l’émancipation humaine, sans ruptureS :

     rupture avec ces institutions de la Vème République où un homme seul décide de TOUT ou presque. Des guerres comme des cadeaux aux grosses entreprises, des tripatouillages constitutionnels comme du contrôle de la vie publique.

     rupture avec les vieux mythes et les vieilles illusions. La mémoire historique est une nécessité culturelle et éducative absolue mais la nostalgie ne contribue pas à produire une pensée neuve ni un mouvement émancipateur, et encore moins des dirigeants/porte-parole, neufs.

     rupture avec une pensée politique qui ne prend pas en compte (de façon pertinente), des questions essentielles, comme celle de la laïcité concrète dans notre pays, celle des médias, de leur propriété et de leur fonction idéologique, celle des flux migratoires, celle du droit de vote des immigrés et tant d’autres...Ceci avec l’objectif de participer à la confrontation des idées, à l’élaboration citoyenne de solutions, et bien sûr au combat contre l’utilisation de ces thèmes ou d’autres, à des fins haineuses et manipulatoires.

     rupture avec les pratiques d’appareils qui écartent les gens les plus concernés par la nécessité de réponses urgentes ou structurelles à leurs difficultés de vivre. Plus les appareils parlent moins le Peuple est entendu. Il est urgent de s’auto-dépasser, de se rassembler, pour construire le mouvement citoyen commun qui regarde demain.

     rupture avec ce langage que ne comprennent que ceux qui le produisent, et avec les formules répétées à l’envi qui ne font sens que pour une petite minorité qui tourne en rond.

    Jean-Claude SALAÜN Le 8 décembre 2015 à 12:15
  •  
  • Depuis longtemps je suis de ceux qui militent pour que les actes, le discours soient en corrélation totale avec mes pensées. J’imagine que je ne suis pas le seul.

    Le parti socialiste actuel m’apparait comme un parti totalitaire.

    Nous assistons depuis quelques mois à une volonté de casse de ce qu’ a été la gauche et du PS de la part de la direction : particulièrement de ses énarques, toujours à vouloir administrer ces "ingénieurs du social" comme ils aimes à se définir. Veulent-ils-créer "les Démocrates" à l’instar des "Républicains" ? C’est la seule raison valable que j’ai trouvé pour expliquer les désistements socialistes dans ce scrutin à la proportionnelle, ils n’auront plus d’élu nulle part !!!

    Il faut savoir se renouveler, évoluer donc utiliser le marteau de Nitsch de temps à autre. Mais eux, ils ne cherchent pas l’évolution, ils veulent comme le FN, comme toute la droite classique un retour au 19ème sicle du point de vue de la hiérarchisation sociale. Ces 3 partis sont tous administrés par des énarques.

    Alors je ne vois pas l’intérêt d’aller voter à une élection où personne ne me représente, même partiellement. Ils faut des témoins dans toutes les institutions pour diffuser qui dit quoi, qui fait quoi. Cette désertion du scrutin du 2ème tour à la proportionnelle est une erreur grave et historique.

    La bêtise du Front de Gauche a été cette pantomime onaniste de la 6ème république. Des soit disant élections de soi disant délégués : jeu d’intello ou parisianisme ? Le peuple en est pas là car le peuple n’a que comme référence informatique que les classiques media ! Plus que ce manège inutile, il aurait plus intéressant de fabriquer un wikipedia sur notre société et un forum d’outil juridique et pratique pour aider les gens dans leur quotidien.

    Il aurait été plus utile aussi de définitivement lâcher toutes les formes de centralisme démocratique. Franchement, quelque soit le parti ou l’association politique, j’ai toujours l’impression que Marchais est dans le couloir à tirer les ficelles pour faire du spectacle plus que de la politique. Il faut faire confiance au gens et à leur intelligence. Oui il faut bien intégrer le côté émotionnel du genre humain, mais surtout sa raison. L’être humain est noble. Notre société, donc la gauche, n’a rien fait pour aider quelqu’un comme Michel Onfray qui en est réduit à fermer son compte twitter et abandonné seul face à Libé, je trouve cela très symptomatique de la déliquescence morale de la gauche. Sans parler du peu de soutien aux syndicalistes de Goodyear, abandonnés seul face aux juges de ce pouvoir socialiste totalitaire..

    Je n’irai pas voté dimanche, personne en Bretagne pour me représenter, mon bulletin vaut plus que cela.

    La Renaudie Le 9 décembre 2015 à 09:05
       
    • lire informative en lieu et place d’informatique.

      La Renaudie Le 9 décembre 2015 à 09:06
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  • @Breton

    Maccarthysme ? Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Salopard.

    Auxi Le 9 décembre 2015 à 14:07
       
    • Vous avez une étrange conception du dialogue. Votre anti-communisme basique vous aveugle sans doute. Essayez de contenir votre haine et restez courtois si possible.

      DUVAL Le 9 décembre 2015 à 19:30
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  • Une bonne analyse, une justesse d’appréciation, le risque d’une disparition de cette gauche radicale n’est pas a écarter. cela s’est réalisé dans d’autres pays européens.

    jacques casamarta Le 10 décembre 2015 à 15:14
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  • @Duval : quel "anticommunisme basique" ? Je parle du PCF, qui ne détient pas le monopole de l’appellation, quoi qu’il en pense. Et j’appelle un chat un chat, parler "cru et dru", ça vous dit quelque chose ? L’autre animal me taxe de "Maccarthysme", et je devrais dialoguer courtoisement ? Le PCF porte une responsabilité écrasante dans l’échec et la mort du Front de gauche, et moi, figurez-vous que je fais partie des "sans-dents", avec mes 900 euros de pension d’invalidité par mois. Essayez de vivre avec ça, vous verrez si ça rend "courtois". J’avais eu la faiblesse de mettre quelque espoir dans le Front de gauche. Vu l’attitude écœurante de bassesse du collabo Pierre Laurent, je me suis abstenu, et je me torche avec les leçons de morale civique. Oui, j’ai bien écrit "collabo", et ne me faites pas votre numéro de vierge effarouchée.

    Auxi Le 11 décembre 2015 à 18:31
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