photo Stéphane Burlot
Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 1er mai 2017

Vote Mélenchon : le populisme ou la gauche ?

Le premier tour de l’élection présidentielle a été marqué par le résultat spectaculaire de Jean-Luc Mélenchon. L’analyse de ses zones de forces éclaire les racines et le sens de ce résultat.

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Les polémiques qui accompagnent le second tour sont, à leur manière, le reflet d’une étonnante campagne électorale. Au second tour, on sort du clivage classique entre la gauche et la droite. Or le débat fondamental, depuis des mois, porte sur la manière de le faire vivre. À juste titre : les incertitudes de ce clivage sont au cœur de la crise politique.

Les tribulations du conflit droite-gauche

Ainsi, la droite parlementaire a cherché à se sortir de l’étau du FN, qui la déstabilise depuis longtemps. Le pari des deux Le Pen, Jean-Marie puis Marine, a été d’imposer la symbolique d’une droite extrême qui, dans le même temps, radicalise la droite et met en cause ses fondements et ses structures d’organisation. En 2007, Nicolas Sarkozy avait trouvé la martingale gagnante, autour de ce que, à Regards, nous appelions un "libéral-populisme". La formule n’a pas résisté à l’usure fulgurante des deux quinquennats. La droite parut en tirer la leçon : en prévision de cette présidentielle, elle a commencé par enfourcher la posture d’une inflexion vers le centre. Contre le socialisme gouvernemental discrédité et face à la machine "bleu-marine", Alain Juppé apparaissait comme le héraut de son camp, capable d’agréger autour de la droite les forces du centre-droit et même d’une partie de la gauche. Or la primaire des droites a brisé cette construction. En choisissant François Fillon, les votants ont affirmé leur préférence pour une droite bien à droite, ancrée sur ses valeurs conservatrices les plus traditionnelles.

À gauche, la même tentation s’est exprimée. Depuis toujours, le pivot du recentrage à gauche est dans l’exercice du pouvoir. C’est au nom des présumées contraintes gestionnaires que François Mitterrand engagea, dès 1982, le processus qui a conduit le socialisme gouvernemental vers les choix du couple Hollande-Valls. Mais le discrédit de l’exécutif a pénalisé l’équipe sortante : la primaire socialiste l’a enregistré. En écartant le représentant direct de l’exécutif – Manuel Valls –, elle a placé le vainqueur de la consultation – Benoît Hamon – dans un redoutable entre-deux. La logique du recentrage assumé s’est portée au-delà du centre-gauche traditionnel et elle s’est fixée sur un homme, Emmanuel Macron, qui se réclame du "et de droite, et de gauche". Quant à l’option de gauche, elle s’est attachée à celui qui incarne depuis longtemps le refus de l’option "sociale-libérale", en l’occurrence Jean-Luc Mélenchon. Dans les deux cas, la sortie du marasme interne au PS s’est trouvée en dehors de lui, pour la première fois depuis longtemps.

Au bout du chemin, la redynamisation de la droite classique a échoué et la solution la plus à gauche a manqué d’un cheveu la qualification du second tour. Le match annoncé entre une droite et une gauche recentrées laisse la place au face-à-face du réalisme et du ressentiment. La présidentielle sanctionne-t-elle la fin du clivage historique ? L’analyse du vote Mélenchon dit, en même temps, que la gauche n’est pas morte, mais qu’elle ne peut pas s’en tenir à ses formes existantes.

L’ancrage d’un vote

Pour comprendre les ressorts du vote Mélenchon, seront scrutés ici les circonscriptions législatives et le vote communal. La répartition des circonscriptions législatives est la suivante (le fichier Excel à télécharger en cliquant ici en donne le détail) :
 François Fillon est en tête dans 48 circonscriptions, pour la quasi-totalité dotées d’un député affilié aux Républicains.
 Marine Le Pen est en tête dans 204 circonscriptions, dont 6 ont à leur tête un député du Front de gauche et 85 un député apparenté au groupe socialiste.
 Emmanuel Macron est en tête dans 223 circonscriptions, dont 2 ont élu un député du Front de gauche en 2012, 70 un député des Républicains ou du centre et 135 un député socialiste.
 Jean-Luc Mélenchon, est en tête dans 58 circonscriptions, dont 2 du Front de gauche et 49 ayant à leur tête un député socialiste ou apparenté.

Cliquez sur les graphiques pour les agrandir



On notera que les dix circonscriptions métropolitaines qui ont un député Front de gauche sont celles où le vote en faveur de Mélenchon est le plus fort et le vote Macron le plus faible. Le vote Le Pen y est aussi supérieur à la moyenne nationale.

Le vote communal donne des indications complémentaires intéressantes. Le tableau ci-dessous présente les résultats des 3.447 communes de la France métropolitaine qui ont placé Jean-Luc Mélenchon en tête. On y distingue les communes qui ont à leur tête un maire communiste ou "apparenté" : elles sont 281 à avoir placé Mélenchon en tête (entre 2008 et aujourd’hui, elles sont au total près de 750 en France métropolitaine).


Dans l’ensemble des villes où il est en tête, Mélenchon obtient 29,7% des suffrages exprimés. Dans ce groupe, un quart de ses voix se trouve dans les villes PCF, où son pourcentage atteint les 34,9% de suffrages exprimés.

L’effet de taille accentue le phénomène. On a vu précédemment que la densité du vote Mélenchon est plus forte dans la France urbaine et les aires métropolitaines. Au total, on compte 614 communes dont le nombre d’inscrits est supérieur à 10.000. Mélenchon est en tête dans 124 d’entre elles et y obtient 31,5%. Sur ces 124 communes, les villes PCF ou apparentées sont au nombre de 38 et donnent à Mélenchon un pourcentage de 36,2%. À quoi s’ajoute une quarantaine de communes, notamment en région parisienne, qui ont été dans la mouvance communiste de 1977 à 2008. Dans l’ensemble, l’espace du "communisme municipal", ancien ou persistant, s’est reconnu dans un vote qui amplifiait pour lui l’expérience antérieure du Font de gauche.

Les trois lignes de force du vote Mélenchon

Le score de Jean-Luc Mélenchon est le plus élevé obtenu par une gauche bien à gauche depuis les années 1970. Jusqu’à ce jour, cette fraction de la gauche était pénalisée par un recul continu du PCF, qu’aucune dynamique alternative n’avait pu compenser. Le scrutin de 2012 avait été un premier signe de renouveau : le candidat du Front de gauche avait réussi à agréger des forces jusqu’alors dispersées. Mais le niveau global de la gauche de gauche restait dans les basses eaux des années précédentes. Cette fois, un seuil a été franchi : pour la première fois depuis 1969, le vote utile à gauche s’est porté sur une personnalité incarnant un esprit de rupture.

La campagne menée tambour battant du candidat de la France insoumise a redonné à la gauche la plus critique un profil qui la rapproche de ses traits historiques fondamentaux. La représentation des catégories populaires n’est plus l’apanage du FN. Désormais, un quart au moins des catégories intermédiaires, des ouvriers et des employés se retrouvent dans un vote à gauche affirmé. Ajoutons qu’il s’agit d’un espace populaire de notre temps, jeune, inséré dans le cadre urbain et métropolitain et relativement éduqué (les deux tiers des électeurs Mélenchon ont un niveau égal ou supérieur à celui du baccalauréat).

Si l’on combine les données de sondages et les analyses territorialisées, on peut dire que le socle du vote Mélenchon comprend aujourd’hui trois grands ensembles. Il a redynamisé un espace électoral communiste en voie d’affaissement continu, ce que montre les remarquables résultats en région parisienne et dans les couronnes urbaines. Il continue de s’inscrire, comme le fit autrefois le vote communiste, dans les espaces de la tradition révolutionnaire et républicaine, celle des sociétés populaires jacobines, de la "démocratie socialiste" de 1849, puis du premier radicalisme. Cet espace a été celui du socialisme français du XXe siècle, dans le centre, l’Ouest et le Sud-Ouest. Le vote Mélenchon s’installe enfin, depuis, 2012, dans un espace urbain dense et métropolisé qui avait peu à peu échappé à l’emprise communiste. C’est dans ce dernier espace qu’il se montre le plus dynamique, davantage que toutes les autres forces, à commencer par le FN.

La force du PCF, au XXe siècle, fut d’avoir su s’implanter à la fois dans l’espace populaire de la modernité industrielle et dans la vieille tradition plébéienne née avec la Révolution française. La campagne présidentielle a réactivé cette tradition en l’articulant aux attentes d’aujourd’hui, en particulier dans la jeunesse et dans les grandes métropoles.

Enraciner une dynamique

Il reste à consolider ce nouvel état de fait, dans un contexte de trouble profond de l’opinion et de prévisible recomposition de la totalité de l’espace politique. En 2012, l’essai de la présidentielle n’avait pas été confirmé aux législatives. Pour l’essentiel, les candidats aux législatives du Front de gauche étaient communistes ou proches du Parti communiste. Les résultats en découlèrent logiquement. Dans les zones où le PCF était en voie de marginalisation, le bon résultat de Mélenchon a relevé le niveau général, mais il n’a pas interrompu l’érosion : le nombre de députés a poursuivi son recul.

Théoriquement, la situation n’est plus la même. La gauche dans son ensemble est certes fragilisée par cinq années de gestion socialiste et la droite, toutes tendances confondues, n’est arithmétiquement minoritaire que dans 289 circonscriptions métropolitaines. Mais la défaite de Fillon et l’effet du vote FN, premier et second tour, promettent un nombre exceptionnel de triangulaires et laissent ainsi présager bien des incertitudes.

Il est donc possible de confirmer territorialement l’élan présidentiel lors des élections législatives. Le vote Mélenchon a largement débordé celui du Front de gauche. Un bon quart de l’électorat qui se dit proche du PS et une proportion analogue des électeurs Hollande de 2012 se sont portés vers le "vote utile" le plus à gauche, tandis qu’une moitié préférait le vote plus "réaliste" en faveur de Macron. Mais, en sens inverse, entre un quart et un tiers des électeurs du Front de gauche d’hier ne se sont pas reconnus dans le leader de la France insoumise. La réussite de l’étape législative suppose donc de tenir compte de la multiplicité des ancrages du vote Mélenchon.

Tout d’abord, "l’utilité" d’un vote bien à gauche doit apparaître clairement du côté de ceux qui, dans la tradition critique française, ont du mal à se reconnaître dans des logiques de recentrage, hier de "troisième force", aujourd’hui de "social-libéralisme" ou de "démocratisme". En second lieu, l’ancrage communiste restera décisif, notamment dans les territoires de petite couronne urbaine. Enfin, la mobilisation de la jeunesse – pas acquise d’avance dans un scrutin législatif – implique que soit maintenu le potentiel de novation porté par France insoumise, dans un monde politique en crise et globalement discrédité.

C’est la conjonction de ces trois ancrages qui assurera le succès du scrutin législatif et la poursuite d’une implantation qui, seule, assurera à la gauche son dynamisme et permettra durablement de faire reculer le ressentiment qui nourrit et nourrira encore le Front national. Tout doit donc être fait pour que l’esprit de convergence, du côté des forces ayant soutenu la candidature de Mélenchon, l’emporte sur les divisions et les calculs particuliers.

Un avenir à gauche ?

Revenons-en au point de départ : le clivage de la droite et de la gauche n’irrigue pas le second tour. La gauche en est exclue : parce que la fraction qui la domine depuis 1981 l’a affaiblie et parce que sa variante la plus dynamique a échoué, à quelques encablures à peine du succès.

Si le danger du Front national n’est pas massivement perçu et si la tentation existe d’établir un trait d’égalité entre les deux candidats du second tour, la faute en incombe à ceux qui ont "fabriqué" l’épouvantail frontiste au milieu des années 1980 et qui ont découragé la gauche populaire. Qui sème le désespoir nourrit le ressentiment, ce ressentiment qui fait depuis toujours le lit des abandons démocratiques. Si la droite et la gauche au pouvoir font à peu près la même chose, comment s’étonner que l’on finisse par s’en prendre, non pas aux causes réelles des maux, mais à ceux-là seuls qui dirigent, quand ce n’est pas à de commodes boucs émissaires ?

C’est ainsi que, peu à peu, les digues s’érodent face aux pires régressions. Il fut un temps, au début des années trente, où une part de la gauche communiste finissait par ne plus faire la différence entre les "fascistes" et les "sociaux-fascistes". On sait qui, en Allemagne, en tira les marrons du feu. Peu importe les mots pour désigner le phénomène frontiste, "fasciste", "néofasciste" ou "postfasciste" : l’essentiel est dans la régression radicale qu’entraînerait l’installation durable des droites extrêmes sur notre continent et ailleurs. Entre deux dangers, il en est toujours un qui est pire que l’autre : une politique nourrie par le ressentiment, la xénophobie et le repli sur soi nationaliste est, toujours, la pire qui se puisse trouver. Quand aucun autre choix n’est possible, se porter sur toute autre option que celle du FN n’est en aucune manière accorder un soutien aux logiques d’un choix de circonstance.

Mais l’expérience historique, comme celle de la présidentielle, est là pour remettre les pendules à l’heure. L’expansion frontiste est à ce jour un mal absolu. Or deux méthodes ont montré leur incapacité à enrayer cette poussée. La droite a choisi le vieux conservatisme d’une France des notables, réfractaire tout autant au désordre qu’à l’égalité : elle a voulu chasser sur les terres du Front ; elle n’a fait que le conforter. Quant au socialisme, qui a cru pouvoir profiter du repoussoir frontiste, il s’est déchiré entre une social-démocratie à l’ancienne et le vertige libéral. Le vote Mélenchon est le seul dont le dynamisme a été suffisamment fort pour contenir la percée frontiste en zone urbaine, qu’elle soit "métropolitaine" ou plus "périphérique".

Il a pu le faire en retissant les liens perdus du peuple et de la gauche, pas en tournant le dos à la gauche. Le discours du 18 mars à la République, celui qui a marqué le point de départ d’une spectaculaire "remontada", était en ce sens un modèle du genre. Il reprenait, tout en le modernisant, le florilège complet des mots, des symboles et des figures de la gauche, de la Révolution à nos jours, de la Commune à Nuit debout. En le faisant, il est parvenu, tout à la fois, à agréger la gauche désespérée et à redonner le sens de l’espérance collective aux catégories populaires que la gauche officielle avait abandonnées.

Tout ce qui nourrit le ressentiment, tout ce qui contourne la remise en cause des bases fondamentales des maux sociaux, tout ce qui éloigne des projets collectifs sans lesquels les catégories populaires dispersées ne peuvent être un peuple rassemblé, tout cela éloigne d’un rassemblement populaire propulsif, capable de rompre avec le désordre de l’état des choses existant. Au contraire, tout ce qui, autour des valeurs fondatrices d’égalité, de citoyenneté et de solidarité, redonne vigueur à l’espérance dans la "Sociale" permet de refaire du peuple politique le pivot de l’avancée démocratique.

Une gauche qui contredit ses propres valeurs n’a plus de gauche que le nom et fait désespérer de la gauche. Mais sans le dynamisme d’une gauche qui a enfin repris ses couleurs, il est difficile de rassembler le peuple. Rassembler le peuple ou rassembler la gauche : opposer les deux termes ne sert à rien. Mieux vaut les penser et les conduire ensemble. C’est la seule manière d’écarter le cauchemar antidémocratique.

S’ancrer dans cette conviction n’a rien d’une répétition. Si le clivage de la droite et de la gauche reste pertinent, les formes historiques qui ont été les siennes au XXe siècle sont en état d’obsolescence. À la droite de définir les voies qui seront les siennes. À gauche, une triple certitude peut servir de point de départ : le face-à-face du socialisme et du communisme n’est plus l’axe ordonnateur de la gauche française ; l’union de la gauche dans sa forme ancienne n’est plus le modèle du rassemblement à gauche ; la forme historique, verticale et hiérarchique, du parti politique n’est plus l’archétype par excellence de l’organisation politique.

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Vos réactions

  • Des considérations intéressantes sur la remobilisation populaire à mettre à l actif du candidat.
    Mais comment ignorer que le total de gauche est de 28 %.
    Comment ignorer que la campagne de JL M était centrée sur le personnage providentiel et que le rassemblement pour les législatives n a jamais été abordé.
    Difficile d aborder les législatives à présent de façon offensive.

    Berthier g Le 1er mai à 13:54
       
    • @ Berthier g

      Vous venez de déverser votre venin .

      On on voit bien que votre objectif c’est de battre le fachisme et la droite libérale et non pas les Insoumis et JLM .

      Vous etes un troll du FN

      GG Le 1er mai à 22:44
    •  
    • @ GG le 1er mai à 22:44

      Ou plutôt un troll de chez Macron, non ? J’en supposerais d’ailleurs autant du dénommé Éric Durand. On n’a vraiment rien à f... de ces chouineurs professionnels qui aimeraient tant nous démoraliser !

      La "gauche radicale" - appelons-la plutôt la gauche tout court - vient d’améliorer de 8 points son score de 2011. Et il lui reste certainement de la marge de progression. Donc on se prépare déjà pour la bataille des législatives !

      hopfrog Le 2 mai à 20:11
    •  
    • Adresse aux communistes "de choc"
      > Bonjour (il y en a eu de meilleurs )

      > Après avoir combattu des mois durant la candidature de Mélenchon, poussé à la voie sans issue de la primaire socialiste, puis dans l’alliance ridicule et européïste avec les loosers Hamont/Jadot, après le vote de la direction nationale du PC contre le soutien à JLM et heureusement la très courte majorité du vote militant (51%) en sa faveur, le PC a soutenu le candidat de la France insoumise comme la corde soutient le pendu. Et aujourd’hui des militants (je doute qu’ils se bousculent au portillon tant ils doivent être dégoûtés ) distribuent un appel à voter Macron, "sans le soutenir" !

      > "C’est le moment d’agir !" est titré ce grand texte historique de lutte de classe ! Car avant quand il s’agissait de populariser le programme révolutionnaire de la France Insoumise ça n’était pas le moment d’agir mais d’attendre que Mélenchon fasse un score merdique en se tournant les pousses ( manque de bol pour Laurent, Dartigolles et Chassaigne, il a fait plus de 19% et 7millions d’électeurs). A peu de voies près il était qualifié au second tour et c’était la fin de la loi travail, des délocalisations, de la casse des services publiques, la hausse du niveau de vie des salaires et retraites, la transition écologique, la 6ième république... Eh oui camarades anti JLM/France Insoumise, aujourd’hui vous distribuez vos tracts Macron au côté des traine-savates de Hamon/Jadot, comme toujours. Au loin vous voyez s’éloigner le cul du train de l’Histoire qu’une fois de plus vous avez refusé de prendre. Je ne vous salue pas .

      > Toute mon amitié et mon respect à mes nombreux camarades communistes insoumis et toute mon affection à Marie-George Buffet.

      > RMA

      >

      René-Michel Le 4 mai à 09:43
  •  
  • Le titre de ce billet en dit déjà long sur les présupposés d’autorité de son auteur : d’emblée mettre la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon dans une alternative qui n’est pas la leur.

    1) Il faudrait alors démontrer en quoi et comment le programme de la Fi est un programme "populiste".(Rappel a - Quand on soutient le candidat, on soutien le programme. b- De même quand on vote pour on ne vote pas contre : le pour-contre avec la mort dans l’âme c’est bon pour celle de l’électeur par de l’élu qui en bénéficie).

    2) Les élections sont une question tactique, par conséquent les consignes de vote ou leur absence ne devraient pas déterminer des ruptures entre camarades partageant l’essentiel du reste.

    3) Plus généralement, penser qu’un bulletin de vote qui ne fait qu’exprimer un rapport de forces extra-électoral peut, à lui seul, changer ce dernier reste une illusion à combattre. Dans ce cadre, faire confiance à celui-ci pour se débarrasser du FN participe de la même démarche.

    4) Quand, de plus, loin de travailler à désillusionner on contribuera à la confusion, en posant un acte pratique faisant d’un arriviste ni gauche, ni gauche, au service des transnationales et des banques, nanti d’un programme aggravant encore la situation des travailleurs (y compris retraités et chômeurs), un pseudo obstacle au FN, alors qu’il faut expliquer (et agir en cohérence) que la victoire sur le FN ne sera obtenue qu’en continuant la bataille engagée pour une alternative de gauche écologique et solidaire. Le vote Macron contribuerait, pour des militants de la gauche de gauche à brouiller fortement le message positif du 1er tour.

    5) Dans un passé (lointain), on pratiquait dans nos eaux, celle du prolétariat, ce qu’on appelait le vote de classe, qui n’est pas le Front Républicain, mais un front de classe. On vote, quand on n’a pas de candidat propre, pour un candidat lié au mouvement ouvrier et social, mais jamais pour un ennemi de classe .Car il est essentiel de ne pas obscurcir la conscience d’appartenance sociale de manière à pouvoir continuer de développer la lutte (de classes) qui , seule, apportera les changements véritables.

    6) On nous a déjà fait le coup de l’alternative en 1958 : "De Gaulle ou les paras", comme d’autres "le nucléaire ou les bougiers". On a connu la CFDT en 1969 appelant à voter Poher contre Pompidou. Puis il y a eu le vote Chirac.

    7) On peut rappeler que les choses ont commencé à s’obscurcir dans les années 30 quand après une période de sectarisme, et que PC et PS se soient unis seuls un court moment, ce qui avait entraîné une dynamique et la réunification syndicale, l’unité s’est élargie au principal parti bourgeois, le Parti Radical, sous prétexte, juste, que le prolétariat devait chercher l’alliance des travailleurs indépendants, soit disant représentés par ce parti. Et on a vu ainsi, à Montbéliard, Peugeot, candidat du Front Pop (autre forme de" populisme" gommant les classes).

    8) Conclusion : Pas 1 voix pour le FN le 7 mai. Le vote Macron ne contiendra en rien le péril fasciste possible, voire l’accentuera. Le combat pour un contrepouvoir législatif de gauche antilibérale majoritaire et les ripostes déterminées des travailleurs sont la solution.

    Victor Le 1er mai à 14:08
       
    • Avec les scores si faibles soient-ils de Hamon s’il s’était retiré, JLM était qualifié au 2nd tour. Conclusion : Depuis le début, Hamon roulait pour Macron.

      René-Michel Le 2 mai à 08:08
    •  
    • @ René-Michel
      Depuis le début Hamon a été le candidat du P"s". C’est tout dire de l’illusion de croire qu’il aurait pu faire alliance avec la Fi. Mais c’est déjà du passé : autant en emporte le vent de l’Histoire.

      Victor Le 2 mai à 09:02
  •  
  • Bonjour
    Aprés avoir écrit de bon livre
    Comment résister à la loi Macron/el kohmri
    Comment résister a la démolition du code du travail
    Et dit il y a pas si longtemps:On ne peut pas rester socialiste et soutenir Macron ! sur BFM TV.......G Filoche soutient Macron !!??
    C’est le grand écartélement, il va s’en faire une déchirure

    bob Le 1er mai à 14:31
       
    • @bob - G. Filoche fait partie du PS ... La schizophrénie il connait... Apparemment ca se traite bien ! De toute façon, on peut pas l’accuser de soutenir Macron... Ce serait faux de le dire. Il votera la mort dans l’âme...

      Carlos Le 1er mai à 14:58
  •  
  • @Martelli, je souscris totalement à votre conclusion et aux 3 points que vous y évoquez. Bravo.

    Carlos Le 1er mai à 15:00
  •  
  • Il est vrai que le titre de Martelli est équivoque ; mais il écrit avec raison en terminant : "la forme historique, verticale et hiérarchique, du parti politique n’est plus l’archétype par excellence de l’organisation politique."

    Pour que le peuple devienne une force politique unie et conquérante, capable de faire reculer continuement le capital sur tous les lieux de l’affrontement, jusqu’au basculement complet du rapport de forces, un autre mode de fonctionnement doit prévaloir : il ne nous est d’ailleurs pas étranger, depuis le temps de la Belle équipe et des Jours heureux.
    Vous connaissez Pepe Mujica ? Il me semble qu’un rapprochement entre la PHI et le Frente Amplio uruguayen peut être riche d’enseignement et générateur d’optimisme (celui de la volonté, évidemment ). Voici ce qu’on peut lire dans le message d’une militante uruguayenne, Gabriela Balkey, intéressée par le développement de la PHI :

    "(...)Pour qu’un changement dure il ne faut pas qu’il soit vertigineux, il faut qu’il soit profond, et la profondeur prend un peu plus de temps.
    Le secret c’est
    1. L’éducation politique populaire.
    2. Le militantisme permanent, pas que dans les épisodes électoraux et
    3. L´existence du mouvement (à la fois une coalition des partis de gauche et un mouvement indépendant de ces partis)
    On a crée des organes de presse indépendant, pas d’internet a l’époque (un journal et une radio). Ils étaient si bien faits que les grand public les achetaient et les écoutaient. Un jour par mois chacun d’entre nous allait aux marchés avec une petite table et du matériel pour parler de politique avec les gens (on était 3 ou 4 ensemble). D’autres allaient faire de même mais dans les petites villes rurales. Comme nous étions des milliers, on pouvait assurer notre présence dans un endroit une fois pas semaine, pas toujours les mêmes bien sur. Une fois par mois ce n’est pas trop pour chacun.
    L’éducation politique va de paire avec le militantisme permanent. Ce ne sera pas la télé qui éduquera le peuple mais bien nous.
    On a ouvert dans chaque quartier un petit endroit ou nous allons nous retrouver une fois par semaine. Nous les appelons "comité de base", la même chose que vos groupes d’appui, sauf que nos comités étaient ouverts au public, visibles dans la rue. Là bas on était tous du "Frente Amplio", sans étiquette de partis, même s’il y avait des communistes des socialistes, etc, mais cela ne comptait pas. On parlait de politique et on prenait des décisions sur la position du "Frente Amplio" devant une situation et aussi on imaginait des trucs locaux pour nous rapprocher des gens.(...)"
    Texte complet sur le site de LGS, sous le titre : "La victoire sera plus certaine et durable si vous prenez la mesure du temps long".

    Autrement Le 1er mai à 19:45
       
    • @Autremtent

      Meci de me donner une chance d’être plus intelligent. Je ne connais pas l’histoire de l’Urugay , mais maintenant je vais m’informer.

      GG Le 1er mai à 23:11
    •  
    • @ Autrement
      Pour aller dans votre sens, je cite un passage du livre de Jean-Luc Mélenchon "L’ère du Peuple" - 2014 - Fayard (que beaucoup de pourfendeurs du "populisme" et la France Insoumise feraient bien de lire avant de proférer leurs anathèmes pour blasphème à la cause ouvrière) :
      "Cela ne signifie pas que le salariat ait déserté la scène ni que son rôle a cessé de joué. Il s’est redéployé en même temps que tout le reste de la société. Il n’a diminué son rôle dans l’entreprise qu’en l’augmentant au sein du peuple. Les îlots prolétariens du passé, immergés autrefois dans l’océan des paysans et des boutiquiers et des artisans citadins, les citadelles ouvrières du temps des grandes concentrations se sont agrégés aux masses urbaines sans fin.
      Bien sûr, avec la défense de leurs intérêts sur le lieu de travail, les salariés apprennent toujours à identifier les mécanismes de prédation auxquels ils sont confrontés. De même que leur qualification professionnelles leur apprend à reconnaître les fautes de gestion et les erreurs de stratégie qui mettent en danger l’entreprise ou bien dévaluent le service ou le produit. Quand ils forment des coopératives pour résister à des liquidations d’entrepirse, ils ouvrent toujours une alternative exemplaire à la propriété capitaliste.
      Mais pour autant ce n’est pas à partir de là que s’exprime dorénavant leur conscience politique la plus large. Celle-ci se construit dans la référence au collectif populaire étendu que chacun côtoie dans la vie urbaine, qu’il en partage les transports apoplexiques, les logements relégués ou les services sociaux insuffisants" (page 124 - L’Ere du Peuple - Jean-Luc Mélenchon).
      D’où sa thèse : "Tout cela bouscule bien des certitudes doctrinales. Ici c’est le peuple qui prend la place qu’occupait hier « la » classe ouvrière « révolutionnaire » dans le projet de la gauche. Cela en choquera sans doute quelques-uns. (...)" (page 121)-
      L’expérience du Front Populaire (1936-1938) en est une des illustrations positives.

      Victor Le 2 mai à 10:11
  •  
  • Bien... Puisque les insoumis ne représentent que 6% de l’électorat de la France Insoumise, quelles craintes ont donc à avoir les autres formations de gauche des candidats de "l’avenir en commun" aux législatives ?
    Bien je suis très content que les choses soient donc réglées... Les insoumis vous remercient globalement pour vos "encouragements" ! Mais on a des marrons au four...

    Carlos Le 1er mai à 20:38
  •  
  •  Guillaume et Macon (Macron ?) Propos plein de ressentiment et d’à priori. Merci pour vos conseils éclairés. Comme le prouve encore une fois ces propos, nous avons du souvent avancer contre les vents contraire d’un certains nombre de forces qui se disaient être nos compagnons de route. Si l’énergie qu’ils ont mis a nous mettre des battons dans les roues ils l’avaient mis à nous aider, nous aurions peut être pu aller un peu plus loin et qui sait être au second tour. Vouloir une VIè république et vouloir le référendum révocatoire c’est tout le contraire du césarisme. . Eh bien non, discours plein d’optimisme et d’espoir. 30% des jeunes ont voté (de ceux qui ont voté), l’on fait pour Jean-Luc Mélenchon, c’est dire...
    Ne vous inquiétez surtout pas pour les législatives. Nous aurons des candidats partout ou presque. Nous verrons bien les résultats, ce qu’ils seront. Comme le dit fort bien Alexis Corbière nous ne sommes pas une fabrique de recyclage, ni pour le PCF ni pour Les Verts et encore moins pour la garde rapprochée d’Hamon. Nous sommes à 500 000 soutiens à Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis. Dans mon groupe c’est 5 Insoumis qui viennent cette semaine de s’inscrire sur la plate forme.
    Pour ma part, et propos qui n’engage que moi, je m’abstiendrai dimanche. Un salarié ne peut pas voter Macron C’est comme demander à des ouvriers de voter pour leur patron comme délégué syndical. Bien à vous.

    rodydecoue Le 1er mai à 21:03
       
    • @rodydecoue

      Merci pour ce que vous faites, je suis solidaire.

      GG Le 1er mai à 23:27
    •  
    • Jolie manif du 1 Mai, ce matin à La Rochelle, plus de monde que les années passées m’a-t’il semblé. Beaucoup de militants de la France Insoumise présents en tant que tels, de nombreuses têtes que je n’avais pas encore vues. Sans compter bien sûr les Insoumis qui défilaient sous la bannière de leur syndicat.
      "Ni Macron, ni Le Pen", je crois que c’est le slogan qui avait le plus de succès.

      En tout cas, pas de mines abattues, pas de vaincus désabusés, mais au contraire une "force consciente d’elle même" (pour reprendre une antienne de JLM) qui s’affirmait haut et fort.
      Mercredi on lance la campagne des législatives avec nos candidat(e)s sous l’étiquette France Insoumise, et on ne demande l’autorisation à aucuns partis.

      DMc Le 2 mai à 00:04
    •  
    • "Ni Macron, ni Le Pen", je crois que c’est le slogan qui avait le plus de succès.

      Pour moi, c ’est un slogan complètement populiste.
      Nous sommes au deuxieme tour, et il ne reste que deux candidats, soit Macron, soit Le pen. Donc il auront forcement l’un des deux.

      Nous avons la gauche la plus bête du monde.

      bdpif Le 2 mai à 02:13
  •  
  • @Martelli

    Un très bon article que j’ai pris plaisir à lire.
    Evidemment, je lis vos article en évacuant le petit partis pris. Comme quand j’enlève le gras des magrets de canards en les mangeant.

    Vous êtes un architecte de la prose.
    Hélas, trois fois hélas, quelques petits points que vous n’avez pas abordés.

    1. Marine le Pen est en train de répéter sur tout les médias la rhétorique du mouvement de Jean Luc Melenchon.
    "Macron, c ’est la finance" etc ...
    Elle ratisse chez les insoumis.
    Donc les gens associent un peu les discours des deux partis qui deviennent un peu inquiétants et donne envie, devant l’exemple de Trump et du Brexit, de vite revenir à des conformistes dans leurs idéaux. Vouloir la révolution de gauche et se ramasser du front national à la place, au second tour, ça inquiète.
    Tout cela ne donne vraiment pas une bonne impression du mouvement de Jean Luc Melenchon.

    2. La droite, le PS et le PCF vont remonter très vite et vont vite revenir à leur état initial. Autant il a fallu quelques semaines pour que la FI passe de 10 à 19 %, autant elle peut redescendre très vite en deux semaines. Surtout que toute la nation et les mouvement politiques de Gauche en appellent à voter Macron pour que Le Pen fasse le score le plus bas possible ,que l’on ne reproduise pas le cas "Trump" en France, autant la FI deviens vite impopulaire de ne pas l’avoir fait. Elle inquiète.

    Moi je serais vous, je ne serais pas aussi confiant que vous pour ces législatives.

    En tout cas, le PCF ne devrait pas se faire impressionner, ni enlever ses candidats des législatives pour la FI. Il aura plus à y perdre qu’à y gagner.

    bdpif Le 2 mai à 02:02
       
    • Que marine lepen copie maladroitement les discours et programme de la FI , on le savait déjà .. Maintenant c’est le discours de Fillon... Quel étrange mélange !

      Carlos Le 2 mai à 09:04
    •  
    • Il a un fusil a tirer dans les coins et un poignard à nous planter dans le do. On peut comparer sa haine à notre égard à celle de Le Pen. Ces deux là s’entendent comme deux larrons en foire !!! Il dit de Martelli qu’il a du gras dans ses articles, bdpif lui en a dans son cerveau.

      rodydecoue Le 2 mai à 09:29
    •  
    • PS vous avez dit PS ???
      Mais, mon bon monsieur il est MORT, enfin fini cette lente agonie.

      Bon à part cela,regrets aux proches et tout et tout.

      denis

      denis Le 2 mai à 18:28
  •  
  • @ martelli

    Mais, en sens inverse, entre un quart et un tiers des électeurs du Front de gauche d’hier ne se sont pas reconnus dans le leader de la France insoumise.

    Je ne vois pas d’où est tirée cette assertion. Où est passé ce gros million de personnes ?

    Je ne parle pas de ceux qui n’aiment pas telle ou telle caractéristique de l’homme et expriment des réserves, mais des électeurs qui se sont prononcés ou abstenus.

    DMc Le 2 mai à 09:51
  •  
  • Plus de dépenses publiques et plus de déficits égalent plus de dettes et plus de chômage.

    Eurostat vient de publier les derniers chiffres.

    France.
    Dépenses publiques en 2016 : 56,2% du PIB
    Déficit en 2016 : 3,4% du PIB
    Dette en 2016 : 96% du PIB
    Taux de chômage en janvier 2017 : 10%

    Allemagne.
    Dépenses publiques en 2016 : 44,3% du PIB
    Excédent en 2016 : 0,8% du PIB
    Dette en 2016 : 68,3% du PIB
    Taux de chômage en janvier 2017 : 3,8%

    Tout est dit.

    luc Le 2 mai à 10:47
       
    • @Luc

      Tiens un libéral qui c’est égaré ici , il a perdu la boussole !

      GG Le 2 mai à 11:59
    •  
    • @ GG Le 2 mai à 11:59

      Oui, l’air c*n et la vue basse, et fier comme tout d’avoir réussi à aligner trois malheureux chiffres... C’est bien simple, on croirait entendre ce pauvre François Lenglet, le charlatan-télévangéliste adoré des merdias :-D

      Bon. Pour quelques instants de franche gaieté, ce monsieur est parfait. Pour des analyses économiques sérieuses, il y a Jacques Sapir (et bien d’autres).

      hopfrog Le 2 mai à 20:51
  •  
  • Mr Martelli

    Tout au long de votre article , vous semblez suggérer qu’ il existerais plusieurs gauches . Cela ajoute de la confusion à la confusion.

    En effet parler d’ " une gauche bien de gauche " , " la gauche la plus critique " etc... suggère qu’il existerai deux gauches , une première gauche et une deuxième plus de gauche . Je crois que cette représention du champ politique , économique, et social, appartient au passé, elle ne rend plus compte la réalité

    Il n’y a plus plusieurs gauches , il y a dorénavant une seule gauche incarné par la FI . La majorité des membres du P"s"acquis aux lois du marché vont se recomposer dans une mouvance type parti démocrate à l ’Américaine. La minorité restante devra choisir entre suivre la majorité ou rompre avec elle . Dans tous les cas de figure , à court ou moyen terme, la social démocratie n’ est plus .

    Mr Martelli dans votre analyse vous utilisez l’expression " villes communistes ", cette expression laisse penser que tous les électeurs qui ont placé un maire communiste, à la tête de leur commune , sont communistes. Cela ne correspond pas , ou plus , à la réalité. L’autre expression que vous utilisez " viiles ayant à sa tête un maire communiste " correspond mieux. Certains militants communistes qui interviennent sur ce forum , ne tiennent pas compte de cette réalité, et insultent l’avenir, ils desservent leur cause. Les électeurs des élus communistes ne sont pas tous communistes, de la même façon les gens qui se réclament du communisme, ne se retrouvent pas tous dans le PCF.

    A court , et moyen terme pour le peuple de gauche, l’espoir de conquête dans le champ politique, c’est la FI , son programme, son leader . Cela ne veut pas dire que tout est figé , toutes les bonnes volontés et toutes les propositions sont les bienvenues. Il faut prendre en compte et accepté que la FI est mouvement et pas un parti .

    Pour l’emporter, l’objectif de la FI ne peut pas être de siphonné des voix au " frondeur" membres du P"s", ni celles du PCF , qui à eux deux , on peut le regretter , ne représente qu’un faible pourcentage. D’autant que si B Hamon venait à rompre , une bonne partie de ses électeurs ne le suivraient
    pas . Comme l’a rappelé JLM l’objectif c’est les 10 millions d’abstentionnistes qu’il faut convaincre de voter Insoumis.

    Accorder trop d’importance aux chiffres ne permet pas d’apréhander la réalité dans toutes ses dimensions. Un exemple : le vote FN , même si le vote d’adhésion à ses thèmes c’est renforcé , il faut prendre en compte qu’une partie de ses électeurs sont dans le vote sanction , de pus certains électeurs du FN croient fermement que M Lepen va protéger et défendre les pus faibles . Il y a là , tout un travail politique à faire por la France Insoumise .

    GG Le 2 mai à 11:42
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  • Globalement, reconnaître que les électorats n’appartiennent à personne n’a rien d’extraordinaire en soit. Non, l’électorat de la France Insoumise n’appartient pas à Mélenchon... comme d’ailleurs celui de Hamon, Macron, Lepen, etc... C’est pourquoi, il aurait eu tort de le revendiquer en donnant une consigne de vote pour le second tour. Ce que les autres, par contre, se sont sentis de devoir faire, si sûrs de leur responsabilité de "pasteurs" guidant leurs troupeaux vers de plus verts pâturages.

    D’ailleurs, la spécificité de l’électorat de la France Insoumise c’est que sa base n’est pas adossée à un parti, mais à un type d’organisation moins pyramidale, plus ouverte, permettant la concaténation de forces militantes englobant un large panel des autres formations de "gauche", à défaut de celle des appareils eux-mêmes, comme nous aurons pu le noter avec l’exemple du PCF. Ainsi, bon nombre des 56000 adhérents communistes ont apporté une contribution majeure à la dynamique de la France Insoumise, contrastant avec le peu d’engagement des cadres qui sont censés les représenter... Il y a donc des militants communistes, socialistes, écologistes ou d’autres formations de gauche radicale qui se sont rassemblés ainsi, avec des anti-partidaires, des "humanistes" ou des quidams ne se réclamant d’aucun bord, autours d’un projet et d’un programme qui n’étaient pas celui, pour les encartés en tous cas, de leur appartenance "militante originelle".

    L’inconvénient d’une part, en est que la fragilité de l’édifice est évidente car le socle de ce mouvement est par nature très mouvant que ce soit géographiquement ou "politiquement" ! Il lui faut donc sans cesse convaincre ses sympathisants pour conserver leur confiance ! La cohérence n’est donc pas une donnée facultative dans les positions et le discours politique qui sont les siens...
    D’autre part, fondamentalement en appelant plus à la conscience citoyenne qu’aux accords d’appareils, on a tendance à insister sur le fait qu’il est "seul", contrairement à l’usage pour les partis de la 5ème république si prompt à mettre en place des alliance et des stratégies communes pour préserver leurs intérêts... C’est ainsi que beaucoup ont reproché à PHI de ne représenter que 250.000 "clics" avant le 1er tour et rien d’autres. La tentation aujourd’hui à nouveau d’utiliser le même argument, malgré le score réalisé, refait son apparition, même si dorénavant, on s’ajustera à dire que ce mouvement démocratique n’est supporté que par un peu plus de 500.000 "clics"...

    La limite de ces raisonnements consiste à rappeler que du coup :
     la capacité de mobilisation d’un tel mouvement qui dépasse les guerres de clochers, voir même le clivage droite/gauche par bien des aspects (dimension écologique majeure voire centrale), s’avère supérieure à tous les autres mode d’organisation politique : la confiance que génère l’exemplarité dans un tel contexte est donc primordiale ( la charte des législatives va dans ce sens).
     De même, l’un des atouts très peu exploité de cette plasticité, cette absence de dogme ou de pensée unique, provient de la possibilité de tisser des liens forts avec les acteurs de terrain sociaux, culturels et écologiques. En effet, si le programme a été présenté à beaucoup d’entre eux pour en déterminer l’efficacité, il n’en reste pas moins que leur rôle d’expertise pourrait s’avérer "continu" dans la production, l’évolution ainsi que l’évaluation des mesures défendues par la France Insoumise ! Il y a donc une relation de confiance à nouer en leur proposant de s’investir "concrètement" à leurs côtés (et selon les besoins exprimés) dans les causes "justes" et "honnêtes" que ceux-ci défendent ! A noter pour illustrer la demande évidente en ce sens des acteurs de terrain, "l’appel des solidarités" regroupant 140 associations et promu par N. Hulot lors de ces présidentielles...

    Les stratégies "d’influence et financière" des partis pour les législatives étant directement engagées aux législatives, il est tout à fait compréhensible que ceux-ci rappellent leurs "troupes" pour appuyer leurs candidats plutôt que celui qu’il auraient pu supporter pendant la présidentielle. Certains militants se retrouveront donc à devoir choisir entre leur conscience... et leur identité politique revendiquée. Ils ne seront en toute probabilité pas le plus grand nombre et c’est tant mieux. Mais dans ces conditions, il y a déjà un tour de force en soit à ce que PHI puisse proposer des candidats dans la plupart des circonscriptions... s’avancer sur les résultats comme le font certains ici serait donc un tantinet téméraire !

    Ce qui est sûr, c’est que les législatives seront donc importantes pour vérifier si le projet porté par la France Insoumise a su s’imprimer largement dans les esprits de ses 7 millions d’électeurs du 1er tour. Dans l’absolu, je gage que l’avenir de la France Insoumise dépendra beaucoup de sa capacité à garder sa cohérence et à s’inscrire plus au côtés des associations engagées socialement, écologiquement, culturellement, etc..

    C’est à dire, en redonnant à la parole politique la valeur perdue par d’autres et en s’ancrant fortement dans la "réalité de terrain" au travers d’actions bien concrètes sous le contrôle des experts concernés pour offrir de façon "permanente et bouillonnante" des débouchés politiques aux problématiques quotidiennes de notre société !

    carlos Le 2 mai à 15:54
       
    • pour complément, il est important de rappeler que c’est le plus souvent le travail des associations qui reste le seul et unique rempart pour beaucoup de malheureux contre l’exclusion... s’investir à leur côtés répond bien à l’exigence d’agir concrètement sur le terrain pour ceux qui souhaitent apparaître crédibles et légitimes dans leur propositions politiques !

      carlos Le 2 mai à 16:05
    •  
    • @Léon - se compter ou s’unir ? Dans les faits, l’union a eu lieu à la présidentielle derrière un projet suffisamment rassembleur pour mobiliser plus 7 millions de voix sous le signe de la rupture avec les pratiques habituelles de la 5ème république... La cohérence du mouvement ne peut pas être écartée de l’équation que vous posez.

      L’étiquette "avenir en commun" est donc adossée à une exemplarité que vous jugez "artificielle" mais dont l’utilité est de redonner confiance aux électeurs... Ce qui implique qu’elle soit clairement respectée par celui qui voudrait l’obtenir. Rien de bien normal en somme que de lui demander de s’engager en ce sens. Pour autant les personnalités "libres" et d’exception reconnues unanimement pour leur engagement indiscutable comme Ruffin, n’ont de fait pas à passer par cet exercice... Quoiqu’il en soit, si le candidat est communiste (j’imagine que c’est de ça qu’on parle), il le restera par la suite et les accords de financement étant prévus par la charte, il n’y a en somme que la motivation à s’inscrire dans la démarche collective de décision et le respect des principes portés par la charte qui pourraient poser problème au candidat... Ou au PCF...

      Lorsque d’autres candidats défendant d’autres programmes sont en lice, un accord national peut être envisagé je pense sur deux aspects :
       des points de convergences programmatiques (avec un objectif de lois à faire voter)
       la qualité du candidat et sa capacité à vouloir s’inscrire dans ce rapprochement.

      Pour ce qui serait d’arrangements "locaux", si aucun accord national n’est possible, je crois que c’est aux candidats et groupes d’appuis de ces circonscriptions de les gérer à leur manière... En faisant appel au besoin aux lumières du comité législatif de la France Insoumise.

      Je ne crois donc pas que la France Insoumise rejette toute union... A voir avec le PCF où se situe le problème concrètement...

      Carlos Le 2 mai à 17:34
    •  
    • je vois que le commentaire de Léon a disparu....

      carlos Le 2 mai à 18:44
  •  
  • Cet article me laisse assez perplexe. La description chiffrée est, comme toujours avec Martelli pour ce genre d’analyse, bien faite et intéressante. Mais je ne comprends pas les 6 dernières lignes en forme de conclusion, d’ailleurs assez péremptoires, comme si elles ne souffraient pas de discussion. Ma lecture du reste me conduit plutôt à des conclusions inverses de celles présentées... Il faudrait étayer les choses et, par exemple, reprendre chacun des trois aspects de cette conclusion (peut-être hâtive ?) et les étoffer. Car c’est là que l’on énonce les enjeux décisifs...

    Abbé Béat Le 2 mai à 16:02
       
    • Bien... je trouve pour ma part que le triptique apparaît plutôt cohérent avec l’état des lieux que Martelli déroule :

      "le face-à-face du socialisme et du communisme n’est plus l’axe ordonnateur de la gauche française ".
      => la capacité de ces 2 partis à mobiliser et à enclencher des dynamiques a grandement décliné depuis 20 ans... Je vous renvoie aux chiffres des encartés à jour de leur cotisations, à la mutation du "militant actif" type en "simple adhérent", ainsi qu’à leurs dissensions internes...

      " l’union de la gauche dans sa forme ancienne n’est plus le modèle du rassemblement à gauche"
      => Les alliances d’appareils traditionnellement capables de rassembler des électeurs convainquent de moins en moins et renvoient plus dans les interprétations à une "compromission" qu’à l’expression de ce qu’on appelait positivement auparavant une "majorité plurielle"...

      "la forme historique, verticale et hiérarchique, du parti politique n’est plus l’archétype par excellence de l’organisation politique"
      => là par contre, je serai tenté de nuancer le propos car en l’occurrence, la France Insoumise avec son organisation plus horizontale que verticale, reste un mouvement démocratique dont la caractéristique principale en fait plus une plateforme qu’un parti à part entière ! Je remplacerai donc bien "parti politique" par "formation politique". Un détail sans doute mais qui a son importance. PHI vient donc illustrer par l’exemple ce qui apparaît en effet comme une affirmation...

      carlos Le 2 mai à 18:38
    •  
    • Réponse à Carlos du 2/5 :
      Je ne vais pas apporter une réponse détaillée à vos observations, ce serait beaucoup trop long, car il s’agit à mon sens de problèmes de fond. Je voulais simplement manifester mon désaccord avec les conclusions péremptoires de Martelli, justement parce qu’elles énoncent des certitudes sans démonstrations et même en contradiction avec le constat (crédible) qui les précède. Par exemple : après avoir constaté que les résultats de JLM sont élevés dans l’ancienne banlieue rouge où le parti « traditionnel » PCF reste fort, comment dire sans étoffer son discours que la forme parti est obsolète ? Martelli joue là un peu trop de l’argument d’autorité qui repose sur ses compétences (sérieuses) d’historien. Pour les 3 conclusions qu’il évoque la disparité entre ses constats et les leçons tirées me semblent discutables. Je dois dire que mon mécontentement à ce sujet vient d’être renforcé par son dernier papier (dans une continuité accusée avec le présent texte) qui prône le vote Macron à tous vents…

      Abbé Béat Le 3 mai à 11:24
  •  
  • @leon

    Je n’ai à aucun moment , nié l’existence du PCF ou d’autres partis, je constate la mort clinique du P"s" , celle d’EELV , et la très faible influence du PCF dont je ne me réjouis pas . Vous parlez de respect, il doit exister dans les deux sens , ce qui n’est pas toujours le cas avec certains dirigeants communistes et certains militants , notamment concernant la personne de JL Mélenchon . Pour le reste contrairement à certains , mes adversaires c’est le FN raciste , les libéraux et pas les communistes, par ailleurs tous les communistes ne retrouvent pas tous dans le PCF.

    GG Le 2 mai à 22:33
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  • Je suis en colère contre l’esprit de facilité qui vous entraîne à utiliser le mot "populiste" à tort et à travers de manière moutonnière. Je me souviens qu’un écrivain comme Jean Pierre Chabrol a obtenu le grand prix de la littérature populiste. Doit on le rejeter, le considérer comme un fasciste ?
    Aujourd’hui, ceux qui abusent du mot « populiste » sont ceux qui souhaitent la fin de la démocratie au profit d’une technocratie à laquelle ils appartiennent ou croient appartenir.
    Les sempiternels recours à l’utilisation péjorative du terme populiste ne servent qu’à discréditer les classes populaires en leur prêtant des sentiments réactionnaires, racistes et xénophobes et à justifier ainsi le maintien au pouvoir des prétendues élites économiques, médiatiques et politiques qui, seules, représenteraient la civilisation. Celles ci, dont les politiques démontrent chaque jour leur toxicité, s’accommodent très bien de la disparition d’élus issus des classes populaires et d’un absentéisme électoral des catégories populaires qui réduisent la démocratie à une peau de chagrin.
    Pour qualifier le FN pourquoi ne pas utiliser le terme de fasciste qui lui va comme un gant. Inutile d’insulter le peuple.

    "La formation qui se revendique anti-islam, eurosceptique et porteuse des valeurs familiales traditionnelles" ne se déclare nullement populiste. Qu’est ce qui vous amène donc à la qualifier comme telle, sinon vos préjugés à l’encontre ces classes populaires ?

    Monsieur HR Le 4 mai à 16:45
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  • je suis un peu surprise par la teneur des débats, après un article interessant sur le fond
     le mot populiste n’a pas le meme sens qu’autrefois. il est devenu péjoratif, qu’on le veuille ou non, et designe une politique prétendant s’adresser au peuple en flattant ses ressentiments pour obtenir un pouvoir personnel autoritaire. FI n’est pas populiste, il faut etre ferme contre cette assimilation lancée par les médias pour disqualifier tout mouvement contestataire.
     sur le contenu de la campagne de FI. je n’aime pas particulierement Melenchon, et son splendide isolement peut effectivement mener à une deception catastrophique. mais ayant participé à la campagne de FI et vu aussi bien les militants de FI que les reactions des gens qui ont voté JLM même en ne l’appréciant pas forcement comme personne, je dois bien reconnaitre que ce qui a décidé les gens (comme moi) ça a bien été le contenu du programme, qui correspond à enormement d’aspirations fortes, en particulier des jeunes : la transition écologique, elle est ressentie comme nécessaire et vitale par beaucoup. la suppression des controles au faciès, des flash-balls etc aussi. on peut multiplier les exemples : le programme est costaud et correspond à des aspirations profondes, et là dessus beaucoup de communistes sont en accord. ce n’est pas pour rien que les grandes assoc democratiques (amnisty international, greenpeace, ldh etc) ont dit que le programme de JLM etait celui qui prenait le plus en compte leurs demandes.
    alors, je trouve positif que des gens en colère , au lieu de voter FN, aient recommencé à croire à un changement et à vouloir voter pour celui ci. mais si on gache cette esperance ensuite, les consequences en seront irrémediables : entre la politique de Macron et les déceptions profondes , on se retrouvera dans la meme situation désespérée qu’en Italie

    dominique Le 6 mai à 08:23
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