Accueil | Par Pierre Jacquemain | 26 septembre 2019

Éducation nationale : un suicide pour alerter

Samedi dernier, Christine, directrice d’école, s’est donnée la mort dans son école. Elle a laissé une lettre accablante pour dire sa souffrance et pointer la responsabilité de l’Education nationale. Ce soir, un hommage était rendu à Pantin.

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Christine était directrice d’école depuis plus de trente ans. Ce week-end, « épuisée », elle a décidé de mettre fin à ses jours. Son geste ne souffre d’aucune ambiguïté : avant de se donner la mort dans son école, elle a écrit une lettre à tous (lire ci-dessous), qu’elle a adressé personnellement à ses collègues directrices de directeurs d’école de la ville de Pantin. « C’est un geste de lanceur d’alerte », confie sa collègue Alexandra. Et d’ajouter : « On est tellement tenu de ne rien dire, coincé par le secret professionnel et le devoir de réserve. Dès qu’on s’ouvre de nos conditions de travail en dehors de l’institution, on risque la convocation par l’académie et la sanction. Il reste ce geste ultime pour se faire entendre ».

 

 

Ce soir, quatre jours après cette déflagration, les instits et les parents d’élèves de Pantin se sont donnés rendez-vous devant le perron de son école, l’école Méhul. L’atmosphère était au chagrin. Et à la colère. « Rien ne peut justifier un tel épuisement. Ce suicide est un appel à tenir et à résister au service des enfants et du service public de l’Education nationale », a énoncé une des institutrices de l’école. Très applaudie, une mère d’enfant, elle-même professeure des écoles a appelé à se mobiliser le plus vite possible : « On ne peut pas reprendre le cours de nos vies comme ça. C’est impensable que l’institution ait demandé de reprendre les cours dès le lendemain », a-t-elle lancé.

Depuis le drame, une intersyndicale s’est réunie et a depuis annoncé une marche blanche qui auront lieu le jour des obsèques de Christine ainsi qu’un appel à une journée de grève dans tout le département. « L’extrême souffrance au travail est responsable. L’institution est coupable », disent les syndicalistes, eux aussi vivement applaudis. De fait, ce soir il y avait une grande absente : personne de l’académie n’avait fait le déplacement pour écouter et partager ce moment intense.

 

[cliquez sur la lettre pour pouvoir la lire]

 

 

Pierre Jacquemain

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