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Accueil | Par Loïc Le Clerc | 3 janvier 2019

Gilets jaunes : pour remédier à sa violence sociale, l’Etat n’a que la violence policière

Quand un mouvement populaire d’ampleur tel que celui des gilets jaunes apparaît, protestant contre la violence sociale subie au quotidien, l’Etat n’a donc qu’une seule réponse : la répression policière.

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Près de 5000 gardes à vue, 4000 réponses pénales (dont pas loin de 700 comparutions immédiates) et, actuellement, 216 manifestants en prison. Voilà pour le volet judiciaire. Ajoutons à cela les milliers de blessés, les mutilés à vie du Flash-Ball et des grenades (de désencerclement ou lacrymogènes) et les morts – déjà dix depuis le début du mouvement.

Tel est le triste et provisoire bilan de la gestion par l’Etat de même pas deux mois de mobilisation des gilets jaunes. La force, la peur, la prison et la mort. Le tout au nom d’un "ordre" qu’il faudrait rétablir. Grands dieux ! Ah non, nous ne sommes pas en guerre civile et la France n’est pas une dictature, mais elle est devenue une honte pour quiconque se dit démocrate et républicain.

 

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L’IGPN, la fameuse "police des polices", a déjà ouvert 48 enquêtes. En parallèle, 24 photographes et journalistes ont annoncé leur intention de porter plainte pour violences policières. Les témoignages inondent les internets vidéos à l’appui. Les forces de l’ordre jouent à un jeu malsain, entre provocation et zèle. Que l’on soit "casseur", manifestant ostensiblement pacifiste ou même journaliste, chacun en a eu pour son coup de matraque.

Etat d’urgence permanent

Qu’importe les communiqués outrés du Défenseur des Droits ou d’Amnesty international, la France préfère la sécurité, coûterait-elle l’ensemble des libertés fondamentales. Rappelons que nous sommes le pays de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et seulement celui de cette déclaration.

Déclarer ne suffit plus.

En mai 2016, la répression à l’encontre des manifestants opposés à la loi Travail avait déjà atteint un niveau élevé. Nous étions quelques mois après les attentats de novembre 2015, la France était alors sous le régime de l’état d’urgence, justifiant de fait cette répression. A l’époque, les banlieusards s’étonnaient de voir les citadins découvrir la violence policière, quotidienne pour ceux-ci.

Depuis, au gré des lois antiterroristes, l’état d’urgence est entré dans le droit commun. C’est désormais au tour des "périphéries" de découvrir les méthodes de l’Etat. Quelle ne fut pas leur surprise !

Engrenage policier

Il aura peut-être fallu attendre ce mercredi 2 janvier et l’arrestation d’Eric Drouet, une des figures médiatiques des gilets jaunes, pour qu’un électrochoc eut lieu. Un symbole que l’exécutif pourrait bien avoir à regretter.

Qui vivra verra.

 

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D’ici là, l’Intérieur a déjà commandé de nouveaux LBD 40 (les Flash-Balls) et fait part de son intention de faire évacuer tous les ronds-points occupés de France. Et cela ne se fera pas avec une tape dans le dos. On assiste-là à la logique qui fut celle de Notre-Dame-des-Landes : d’un côté, assurer que le mouvement s’essouffle, de l’autre, jeter de l’huile sur les braises encore chaudes. Subtil, intelligent.

 

Loïc Le Clerc

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Vos réactions

  • https://paris-luttes.info/temoignage-d-une-mere-d-un-gilet-11394

    M Le Clerc, contactez-moi si vous le souhaitez
    et merci pour votre article

    Emmanuelle Posse Le 3 janvier à 20:45
  •  
  • La violence (fusse-telle institutionnelle) engendre toujours la violence... bon ben je vois pas trop ce qu’il y a de difficile à comprendre là-dedans.

    carlos Le 7 janvier à 10:27
  •  
  • Tout ce que fait le gouvernement déplaît à la majorité des citoyens. Tout ce que fait la majorité des citoyens déplaît au gouvernement.
    Cela n’est-il pas le signe d’une crise de régime ?

    Pour y répondre le gouvernement ne sait que renforcer la violence d’état qu’il juge seule légitime car à son service.

    L’histoire avance ! Le gouvernement changera-t-il les citoyens ou les citoyens changeront-ils de gouvernement ?

    Quelle sera la réponse ? Qui prendra le dessus ?

    Cela s’appelle la politique qui ne peut se faire que dans l’action et la réaction.

    Bernardino Le 8 janvier à 10:25
  •  
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