Accueil | Tribune par Collectif | 29 juin 2019

[TRIBUNE] Trains des primeurs, 15 jours pour gagner !

25 personnalités appellent à la mobilisation pour sauver la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis.

Vos réactions (9)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

15 jours. Voilà la durée de vie qu’il reste au train des primeurs. Alors que nous ne cessons d’alerter, depuis des mois, sur la mort du dernier train de fruits et légumes de France, rien n’est fait. Pire gouvernement, direction de la SNCF et chargeurs jouent un jeu de dupes, se renvoyant continuellement la responsabilité, avec pour unique objectif de fermer la ligne sans faire de bruit. La messe de mise à mort est annoncée pour le 12 juillet !

Alors que les enjeux écologiques sont immenses, que le compte à rebours a commencé, il est totalement irresponsable de supprimer un train qui, chaque jour, amène 1200 tonnes de fruits et légumes frais, depuis la plateforme Saint-Charles de Perpignan au MIN de Rungis, pour le remplacer par 25.000 camions. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur du crime écologique, car il s’agit bien d’un crime que s’apprête à commettre le gouvernement : chaque train supprimé équivaut à 44 tonnes de CO2 dans l’atmosphère ! La vie de nos enfants est-elle moins importante que le poids des lobbys routiers ?

Derrière les mots, il y a les actes. Ce sont eux les véritables juges de paix. Et nous sommes loin du compte ! Si le gouvernement affiche une volonté d’atteindre la neutralité carbone en 2050, aucune décision concrète n’est prise pour engager un véritable report modal de la route vers le rail. Pire, en votant un pacte ferroviaire qui privatise l’activité fret SNCF en la transformant en SAS, Emmanuel Macron entend sonner le glas du fret ferroviaire public. Or, nous savons que le transport est le principal émetteur de gaz à effet de serre du pays (30%). Plus de 95% sont issus du mode routier, qui émet 130 millions de tonnes équivalent CO2. Un chiffre qui s’est accru de 39%, entre 1990 et 2015.

Les conclusions du rapport du Haut Conseil pour le climat sont un rappel à l’ordre sévère pour la majorité présidentielle. Sa présidente, Corinne Le Quéré, indique que « tant que l’action, en réponse au changement climatique, restera à la périphérie des politiques publiques, la France n‘aura aucune chance d’atteindre la neutralité carbone en 2050 ». Pourquoi ne pas se saisir du train Perpignan-Rungis pour engager une grande politique publique autour du fret ferroviaire ? Demain nous savons que le volume de marchandises transporté en France va exploser, augmentation de 45,2% des volumes de marchandises transportés, par la route, d’ici à 2030 et de 85,92 %, d’ici à 2050. Nous devons, dès aujourd’hui, lancer un grand plan d’investissement public pour que l’ensemble des MIN et ports de France soient embranchés au réseau ferroviaire. Faisons de l’intermodalité une arme contre le réchauffement climatique. Il y a urgence !

Oui la France est dans le rouge et le thermomètre chauffe dangereusement ! Selon une étude de « nature climate change », les chances de rester sous les deux degrés, d’ici la fin du siècle, sont de l’ordre de 5%. Si nous constatons une baisse des émissions de gaz à effet de serre (-1,1%), le rythme de baisse est insuffisant et largement en deçà des objectifs fixés par la Stratégie nationale bas carbone (-1,9%). Une diminution qui doit être portée à -3,3% à l’horizon 2025 ! Sans un changement complet et profond de notre modèle économique, en rupture avec les logiques libérales, il sera impossible d’atteindre cet objectif. Allons-nous regardez la planète se consumer sans agir ?

Comment comprendre, alors que nous traversons des pics de pollution, de plus en plus répétitifs, que des automobilistes et, à juste titre, se voient infliger des restrictions de circulations, tout en assumant de jeter des milliers de camions sur nos routes déjà saturées ! Pour rappel, sur l’A86 à hauteur du MIN de Rungis, un camion passe toutes les six secondes. De l’autre côté, au point frontière du Perthus, sur l’autoroute A9, plus de 9000 camions passent par jour. Entre Perpignan et Narbonne, ce sont 11.000 camions jours ! Quelle hypocrisie !

Lors de son discours de politique générale, le 12 juin dernier, Édouard Philippe affirmait que les 12 prochains mois du quinquennat Macron seront ceux « de l’accélération écologique ». De son côté, la ministre des transports, Élisabeth Borne, se dit consciente « de la nécessité de faire plus » sur la pollution. Il est temps de passer des discours aux actes !

Allons-y ! Sans attendre ! Dites non aux 25.000 camions supplémentaires sur les routes ! Déclarez cette ligne d’intérêt national et confiez le monopole de gestion à fret SNCF, pour que vive le train des primeurs !

Nous lançons aujourd’hui un appel à la mobilisation générale !

Citoyen-es, élu-e-s, syndicalistes, militant-es associatifs, ensemble mobilisons-nous pour mettre le fret ferroviaire public au service de la survie de notre planète.

 Manon Aubry, députée européenne LFI,
 Olivier Besancenot, membre du NPA,
 Laurence de Cock, historienne,
 Laurence Cohen, sénatrice PCF du Val-de-Marne,
 Maxime Combes, économiste et porte-parole d’ATTAC ,
 Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du logement,
 Karima Delli, députée européenne EELV,
 Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine,
 Olivier Faure, secrétaire national du PS,
 Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne,
 Yannick Jadot, député européen EELV,
 Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime,
 Aurore Lalucq, députée européenne Place publique,
 Mathilde Larrère, historienne,
 Jean-Luc Mélenchon, député LFI des Bouches-du-Rhône,
 Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne,
 Carine Petit, maire Génération.s du 14ème arrondissement de Paris,
 Thomas Porcher, économiste,
 Thomas Portes, responsable national du PCF en charge du collectif des cheminots,
 François Ruffin, député LFI de la Somme,
 Pascal Savoldelli, sénateur PCF du Val-de-Marne,
 Isabelle Saporta, journaliste,
 Gabrielle Siry, porte-parole du PS,
 Sophie Taillé-Polian, sénatrice Génération.s du Val-de-Marne,
 Marie Toussaint, députée européenne EELV,
 L’ensemble des député-e-s français-e-s et européen-ne-s de la France insoumise.

Vos réactions (9)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Je soutiens toutes les petites gares et tous les services publics je suis habitante de la campagne j ai beaucoup voyagé étant jeune et grâce aux trains sncf

    Moreau Le 29 juin à 22:07
  •  
  • Non à l arrêt des frêts ferroviares améliorer et développer

    lebrun Le 30 juin à 09:04
  •  
  • La lutte contre la pollution (CO2, gaz sulfureux, métaux lourds) passe par le développement du trafic ferroviaire. Celui ci tant pour les passagers que le fret doit être privilégié, sans être dé humanisés. Les petites gares et leur personnel sont indispensables ; il n’y a pas que le fric qui compte.

    carpentier JM Le 1er juillet à 00:28
  •  
  • L’Assemblée nationale vient de voter l’urgence écologique : un des axes prioritaires est celui du transport . Remplacer une ligne par 20000 camions de Perpignan à Rungis, accentue considérablement la pollution et donc le réchauffement climatique. Le gouvernement doit, restaurer les lignes de fer secondaires pour désenclaver les territoires et favoriser le frêt ferroviaire....c’est une priorité absolue

    ZREHEN LINDA Le 1er juillet à 07:10
  •  
  • Il nous font chier avec la pollution et leur vignettes crit’air alors non à l’arrêt du fret. Et non aux 40 000 camions supplémentaires sur les routes.

    geoffray Le 1er juillet à 13:21
  •  
  • Immense NON aux camions supplémentaires sur la route, place aux trains . Avec des camions supplémentaires, il y aura trop de pollution c’est logique.

    BLANC Colette Le 1er juillet à 20:35
  •  
  • Non aux camions laissez le trafic ferroviaire et améliorez le davantage

    foellner. martial Le 2 juillet à 10:39
  •  
  • Les changements doivent prendre en compte les urgences climatique, le train reste encore le meilleur moyen

    Manon Le 2 juillet à 13:50
  •  
  • non au trafic routier - gardons nos lignes ferroviaires
    Eliane

    vigouroux Le 3 juillet à 23:21
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.