Photo Laurent Hazgui
Accueil | Tribune par Collectif | 5 décembre 2018

[TRIBUNES] 18 personnalités livrent leurs regards sur les gilets jaunes

Près d’un mois après le début du mouvement des "gilets jaunes", intellectuels, artistes, politiques, syndicalistes et personnalités de la société civile donnent à Regards leur lecture de ce soulèvement populaire.

Vos réactions (2)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

 

Retrouvez l’ensemble
des tribunes
ci-dessous

 >Clémentine Autain
 >Bertrand Badie
 >Ludivine Bantigny
 >Esther Benbassa
 >Alain Bertho
 >Laurent Binet
 >Thomas Branthome
 >Paul Chemetov
 >Rokhaya Diallo
 >Bernard Friot
 >Pierre Khalfa
 >Philippe Panerai
 >Thomas Porcher et Farid Benlagha
 >Olivier Tonneau
 >Christophe Ventura
 >Dominique Vidal
 >Arnaud Viviant

 

Clémentine Autain

La première victoire est déjà remportée. Oui, le mouvement des gilets jaunes a déjà réussi à marquer le paysage social, à imprimer le débat public, à faire émerger de nouveaux visages qui posent des mots sur la dureté d’un quotidien si méconnu des sphères de pouvoir. Les colères se répondent en écho...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Gilets jaunes : que la colère se mue en espérance

 

Bertrand Badie

Dans sa nature peu structurée et brouillonne, le mouvement dit des gilets jaunes traduit d’abord un sentiment d’exaspération profonde. Si la cristallisation sur la taxe des carburants a marqué l’enclenchement du mouvement, celui-ci est vite apparu comme motivé par un mal être social beaucoup plus diffus. Ce profond malaise traduit dans sa gravité la disparition du social comme paramètre de l’action publique, laissant le champ libre au complet monopole de la rationalité économique...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Le risque est réel de voir la contestation se droitiser

 

Ludivine Bantigny

Ayons à ce sujet une certaine lucidité : devant la densité de la situation, chacune et chacun voit midi à sa porte. On a beau être là, discuter, manifester, lire tous azimuts et recueillir des témoignages et des récits, il est encore impossible d’agripper avec certitude ce qui se noue et se joue. Le mouvement en cours est tout aussi enthousiasmant qu’insaisissable, aussi surprenant qu’exaltant. C’est un moment historique, assurément, et sa complexité y participe : l’histoire n’est jamais linéaire, elle n’est jamais simple non plus...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> La grève pour accroître le souffle de la colère

 

Esther Benbassa

Le fait d’être une élue et une intellectuelle pose parfois des problèmes. Les deux n’abordent pas toujours les questions de la même façon. Mais en ce qui concerne le phénomène des gilets jaunes, les analyses, cette fois, convergent. Nul n’aura manqué de noter que les politiques ne se sont pas pressés de se pencher sur le problème. Et que peu d’entre eux ont rejoint les manifestations. Les intellectuels, pour la plupart, ont eux aussi fait profil bas...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Ce mouvement populaire ressemble à la France

 

Alain Bertho

Depuis quelques semaines nous assistons en direct à l’émergence d’une mobilisation politique de type nouveau. Et depuis quelques semaines gouvernement et partis partagent une erreur de diagnostic : cette mobilisation ne serait qu’un cri de colère, un mouvement social spontanée qui verrait sa vérité dans sa seule sociologie. Peuple des campagnes et des petites villes, France des "territoires" oubliés ? Sans doute. Mais surtout et d’abord mobilisation collective durable et populaire bien au-delà des truismes sociologiques...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Crépuscule du parlementarisme ?

 

Laurent Binet

Ce qui compte, c’est le mot d’ordre. A cet égard, "Macron démission !" me semble tout à fait éloquent. Ce n’est pas, on le suppose aisément, pour sa trop grande bienveillance en faveur des migrants que les gilets Jaunes demandent le départ du président. Ce qui caractérise Macron, c’est sa politique antisociale. Par voie de conséquence, "Macron démission !" est une revendication sociale. A partir de là, peu importe qui ils sont, leur cause est juste...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> « Macron démission ! » est une revendication sociale

 

Thomas Branthome

L’événement est venu. Soudain. Frappant "par surprise" comme l’écrivait jadis Marx de la révolution de février 1848. Éclairant d’une lumière crue toutes les dimensions d’une société en souffrance que d’aucuns ne voulaient ni voir ni entendre. Comme si le temps des hommes, refusant sa domestication par la prétendue "fin de l’histoire", avait soudainement décidé de ressortir « hors de ses gonds » (Shakespeare). Depuis tout le monde le sent : un ressort s’est cassé...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Nous touchons ici aux grands événements

 

Paul Chemetov

Des ronds ? Point ! Cette question répétée en boucle et cette réponse, d’un autre temps, résumeraient-elles ce qui se joue chaque jour aux quatre coins du pays et se montre sur les écrans des télévisions familiales : des feux (de joie ?) et des gilets (jaunes !)...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Des ronds ? Point !

 

Rokhaya Diallo

Dès leurs premières apparitions les gilets jaunes ont choqué. Les images d’ignobles agressions homophobes et racistes ont circulé sur les réseaux sociaux présentant un visage repoussant d’un mouvement dont l’étendue était pourtant bien plus vaste que ces graves incidents. Mais comment peut-on être étonné de voir les gilets jaunes traversés par les tensions qui traversent la France ?...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> La colère populaire n’est jamais élégante

 

Bernard Friot

On ne peut pas imputer le déphasage des partis et syndicats de gauche avec le mouvement des gilets jaunes à la seule difficulté de relations avec les catégories populaires. Elles sont réelles mais il y a des militants populaires au Parti communiste et à la CGT ! Et d’ailleurs les relations sont également difficiles avec les alternatifs qui créent des entreprises sur un mode non capitaliste, alors qu’ils sont sociologiquement proches des adhérents de nos organisations....
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Nos échecs répétés ont beaucoup affecté notre crédibilité

 

Pierre Khalfa

Parti de quartiers populaires des métropoles et de déserts ruraux ou périphériques, le mouvement des gilets jaunes est pour l’essentiel le fait de personnes qui n’avaient pas l’habitude de se mobiliser et qui, pour la plupart, ne sont pas issues d’une tradition syndicale ou politique de gauche. On pouvait donc craindre les tentatives d’instrumentalisation de l’extrême droite et de la droite extrême, ce d’autant plus qu’ont eu lieu plusieurs dérapages homophobes ou racistes. La dynamique du mouvement et son élargissement ont relativisé cet aspect, même s’il n’a pas totalement disparu...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Tout est possible, même le pire

 

Philippe Panerai

Que dire après un week-end de confusion marqué par des violences complaisamment mises en scène ? Une évidence d’abord : inconnus il y a un mois, les gilets jaunes sont aujourd’hui porteurs d’une question qui domine la politique française, celle d’une certaine forme d’égalité, voire même de fraternité pour reprendre les termes de notre devise nationale. Ils déjà ont acquis la liberté, celle d’exister, de se reconnaître, de se rassembler...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Les gilets jaunes ont acquis la liberté d’exister

 

Thomas Porcher et Farid Benlagha

La colère des gilets jaunes était prévisible, elle trouve sa source dans la mise en place depuis plus de vingt ans de politiques économiques profitant à une minorité et fragilisant le plus grand nombre (les classes moyennes et modestes). La promesse des élites faite au peuple n’a pas été tenue, cette colère, si elle n’est pas prise en compte à sa juste mesure, pourrait être dramatique électoralement. La politique libérale, de droite comme de gauche et même des deux réunis, est à bout souffle, il faut une réponse politique à la hauteur et un changement radical du mode de régulation de notre économie.
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Une colère qui mérite une réponse collective à gauche

 

Olivier Tonneau

« M. Foulon a été pendu hier par arrêt du peuple ». Depuis que j’ai lu cette phrase, elle me fascine. Elle apparaît au bas d’une lettre de Maximilien Robespierre à son ami Buissart datée du 23 juillet 1789. Robespierre y narre les débuts de la Révolution, qui ont déjà « fait voir en peu de jours les plus grands événements que l’histoire des hommes puisse présenter »...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> « M. Foulon a été pendu hier par arrêt du peuple »

 

Christophe Ventura

Un cyclone traverse la France. Surgis en dehors des partis politiques, des organisations syndicales, mais également de toutes les vagues de mouvements sociaux et de leurs acteurs qui ont scandé l’histoire des vingt-cinq dernières années de notre pays, les gilets jaunes ont fait irruption sur la scène nationale avec l’énergie d’une force sociale brute alimentée par l’accumulation longue des colères populaires contre le pouvoir...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Les gilets jaunes ont acquis la liberté d’exister

 

Dominique Vidal

Une caractéristique me frappe – comme simple citoyen – dans la couverture médiatique du mouvement des gilets jaunes et plus encore dans l’attitude de nombre de responsables politiques à son égard : c’est l’incapacité à traiter le phénomène dans sa diversité et ses contradictions...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> Et si nous réinventions la dialectique ?

 

Arnaud Viviant

Depuis quelques semaines, les journalistes de radiotélévision ont un nouveau tic de langage. Pour tout et n’importe quoi, ils ne cessent d’utiliser l’expression "en marge". "En marge du G20", "en marge de l’accord sur le climat", "en marge de l’hémicycle", "en marge de cette affaire", etc. On pense à la fameuse phrase de Godard : « C’est la marge qui tient la page »...
A LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ ICI >> La République en marge

 

Retrouvez l’ensemble
des tribunes
ci-dessous

 >Clémentine Autain
 >Bertrand Badie
 >Ludivine Bantigny
 >Esther Benbassa
 >Alain Bertho
 >Laurent Binet
 >Thomas Branthome
 >Paul Chemetov
 >Rokhaya Diallo
 >Bernard Friot
 >Pierre Khalfa
 >Philippe Panerai
 >Thomas Porcher et Farid Benlagha
 >Olivier Tonneau
 >Christophe Ventura
 >Dominique Vidal
 >Arnaud Viviant

Vos réactions (2)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Le titre est biaisé. Il ne s’agit pas de 15 personnalités, mais de 15 personnalités de gauche et d’extrême gauche, puisqu’il y en a appartenant au parti communiste, ou proche de lui. Parti révolutionnaire s’il en est. Et rien n’empêche, en restant dans les standards du langage politique courant, de placer la FI dans le périmètre de l’extrême gauche, tant cette notion a des contours flous. Ils sont propices à tous les abus et imputations calomnieuses. Celles s’appuyant sur l’expression ’extrême droite’ sont très souvent utilisées.

    Au demeurant ce que nous disent ces 15 commentateurs, aux compétences solides, est intéressant. Mais il aurait été plus intéressant encore, sur le plan journalistique, d’inviter des personnalités de droite. En démocratie, cela n’a rien d’extravagant. La compétence n’y est pas orientée.

    Le mouvement des gilets jaunes, justement, est caractérisé par la largeur de son spectre politique. On y trouve toutes les tendances. Il nous dit assez que l’action politique ne se réduit pas à la gauche et à l’extrême gauche. Le piquant eût été de donner un écho à cette diversité dans les colonnes de Regards, ce qui n’aurait pas dénaturé sa ligne éditoriale.

    Glycère Benoît Le 6 décembre à 07:44
  •  
  • Lectures du soulèvement fort intéressantes. Un grand merci à Regards.

    Le rôle de "la gauche radicale" est d’appréhender, en avançant, la complexité...

    Et non, "Glycère Benoît", qui vous voulez "piquant", ...la droite et l’extrême-droite peuvent faire des phrases, leurs objectifs restent dogmatiques et simples : accorder éventuellement, et passagèrement telle légère concession aux "petits", mais en planquant derrière eux la revendication des gros de "moins de taxes, donc d’état social" !...

    Il n’y a pas de quoi faire des livres de cet art du recyclage idéologique !...

    Un jeune libéral agile et simpliste qui, par exemple, s’est fait élire député dans ma circonscription, conseilla à son propre électorat, lors d’une réunion de campagne électorale, qui lui demandait quoi faire pour la désertification des centres-bourgs et villes, alors que les ceintures de zones commerciales périphériques absorbent tous les "clients"..., répondit que les gens n’avaient qu’à se discipliner pour aller dans les petits commerces !...

    Voyez-vous, dans le genre de considérations sur les "problèmes urbanistiques" réels..., je préfère lire quelqu’un comme Paul Chemetov !... Qui parle bref, mais profond...

    Aubert Sikirdji Le 6 décembre à 14:12
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.