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Les galères d’une TZR

Par Geneviève Barrat| 6 décembre 2011
 
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Enseignant, un métier en mutation.

Un témoignage de Geneviève Barrat, professeur de mathématique dans des lycées parisiens.

J’ai débuté à l’éducation nationale en 1972, l’année de mes 20 ans. Durant toutes ces années j’ai pris un réel plaisir à enseigner, même s’il y a eu au cours de cette longue carrière des moments difficiles.

En 2005 j’ai obtenu, à ma demande, une mutation à l’île de la Réunion. J’y suis restée 4 ans et en 2009 je suis rentrée à Paris, comme titulaire sur zone de remplacement (TZR - un TZR est un professeur titulaire de l’enseignement secondaire, affecté sur une zone de remplacement obtenue au mouvement intra-académique du mouvement national, ndlr). Depuis je galère. Affectée sur plusieurs établissements, victime de « magouilles » d’un proviseur qui pour placer quelqu’un d’autre a annulé l’affectation que j’avais reçue, mon recours auprès du recteur a été considéré sans objet…

À nouveau cette année, de gros problèmes à la rentrée, où une fois de plus sur deux lycées, je suis « contrainte » d’accepter des heures supplémentaires et comme je les refuse on n’accède à aucune de mes demandes de modifications d’emploi du temps qui est de l’avis général invivable. Au rectorat où j’ai pris rendez-vous avec un médecin puis une DRH, Mme Rosselet, il sera noté sur mon dossier que je suis victime de maltraitance administrative, mais il faut cependant que je travaille cette année encore dans des conditions déplorables.

Ceci dit, il ne s’agit là que de problèmes de gestion des personnels. Il y a de moins en moins de profs, donc ceux qui sont encore là se doivent d’accepter les heures sup. au mépris de leur propre choix. Quant aux élèves, ils avaient il n’y a pas si longtemps des heures en demi classe, ce qui leur permettait d’avoir un rapport plus direct avec les professeurs et, pour les plus timides, d’enfin oser poser des questions, de passer au tableau etc. On parle d’échec scolaire mais il faut savoir que ces heures dans la réforme du lycée ont été supprimées et soit disant remplacées par l’aide individualisée, ce qui n’a pas du tout le même objectif. De plus, cette aide n’est pas systématique ; je suis professeur de maths et si cette heure existe au lycée Fénelon pour l’une de mes classes de seconde, ce n’est pas moi qui l’assure. Au deuxième lycée où j’enseigne, Maximilien Vox, elle n’existe pas. Je pourrais aussi vous parler des gadgets, cahiers de textes, de notes, sur logiciel accessible aux familles que nous sommes tenus de remplir alors qu’il n’y a au plus que 3 ordinateurs dans la salle des professeurs (à Vox, un seul).

Bref je dois partir en retraite à la rentrée scolaire 2013 2014, et j’en suis à attendre impatiemment cette échéance.


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