Accueil | Par Thomas Portes | 4 décembre 2020

TRIBUNE. Djebbari, menteur en chef d’un gouvernement écocidaire !

Ils avaient promis le fret, ils ont choisi l’option la plus polluante. Question de gros sous. Sauf que c’est avec notre santé qu’ils jouent à la roulette.

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Le fret ferroviaire allait être une priorité. Du ministre des Transports Djebbari au Premier ministre Jean Castex, en passant par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, toutes et tous nous promettaient des miracles. Enfin nous allions mettre fin aux murs à camions, et son cortège de dumpig social, pour relancer le train de marchandises, ce fabuleux outil saccagé par des années de politiques d’austérité.

Le 24 Juillet Jean Castex en visite sur le triage de Bonneuil-sur-Marne annonçait même la réouverture de la ligne Perpignan-Rungis « dans les prochains mois ». Vous savez il s’agit de cette ligne fermée par la SNCF et remplacée par 45.000 camions par ans sur nos routes. Enfin ils avaient compris.

Et depuis ? Rien. Pas l’ombre d’un train sur la ligne Perpignan-Rungis. Et sur le reste du réseau ? Rien de neuf sous le soleil jupitérien. Au travers d’entre filets de la presse régionale, on apprend même qu’ici où là des lignes continuent d’être fermées ou que la SNCF refuse de les rouvrir. Dernier exemple en date, la ligne Sain-Bel/Courzieu-Brussieu, située dans le Rhône, fermée en 2019, et qui pourrait retirer plus de 9000 camions par an des routes. Raison invoquée pour refuser sa réouverture, son coût. On parle de 13 millions d’euros de travaux. Ce n’est rien au regard des sommes que l’état offre chaque année aux plus riches via des suppressions d’impôts et des exonérations de taxes. Pour ce gouvernement les cadeaux aux riches ça n’a pas de prix, la lutte contre la pollution en revanche oui. Et tant pis si 45.000 personnes décèdent chaque année en raison justement de cette pollution. Surtout n’allons pas fâcher les lobbys routiers pour quelques milliers de morts !

Que faudra-t-il pour qu’enfin nos décideurs prennent conscience de la gravité de la situation ? Alors que l’année 2020 sera classée parmi les trois plus chaudes de l’histoire de l’humanité, que les rapports d’alertes climatiques s’empilent aussi rapidement que les dividendes grossissent dans les poches des actionnaires, rien ne change. Et ce n’est pas la communication autour du délit d’écocide qui va cacher les trahisons criminelles de ce gouvernement. Car c’est bien de crimes dont on parle, et plus précisément d’écocides. Au lieu de choyer le secteur de l’aviation, notre ministre des Transports, ferait bien de se préoccuper de la Société Nationale du Chemin de Fer. Car pour relancer le fret public, il faut des moyens humains et financiers. Et que vient-on de découvrir ? Que la direction de fret SNCF prévoit de supprimer 600 postes dont une centaine de conducteurs … On aurait presque envie d’en rire si la situation n’était pas si grave. Grave, je pèse mes mots. Pour donner à voir les ravages qu’engendre notre modèle de société, il suffit de regarder l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Celle-ci a atteint, en 2020, 410 parties par million (ppm), soit un niveau inégalé depuis plus de 3 millions d’années. Ce n’est pas un Perpignan-Rungis qu’il nous faut mais des milliers en France et en Europe où, soit dit en passant, la France fait vraiment office de mauvais élève.

Ça chauffe partout mais la priorité de Castex et de son gouvernement n’est décidément pas à la relance du train, et encore moins du fret. Ils préfèrent batailler dans l’hémicycle pour sauver les SUV, ces mastodontes ultra pollueurs ou parier sur l’hypothétique avion à hydrogène. Comme toujours avec cette majorité, les mots ne sont pas suivis d’actes. Si parfois attaquer l’opposition sur le non-respect de la parole donnée, chose qui au passage abime durablement la politique, fait partie du « jeu » parlementaire, ici nous n’avons pas le temps de jouer.

La planète brûle, et ma génération ne veut pas être celle qui va être sacrifiée au non de femmes et d’hommes aveuglés par un logiciel libéral obsolète et mortifère. Sur le fret nous avons, je le crois, gagné la bataille des idées. Mobilisons-nous maintenant pour gagner celle des actes. Une raison pour vous convaincre ? Chaque jour où le train Perpignan-Rungis ne roule pas, ce sont 44 tonnes de CO2 qui sont jetés dans l’atmosphère. Combien cela représente de morts ? Nombreux sont ceux qui ne préfèrent pas le savoir.

 

Thomas Portes, militant politique et syndicaliste CGT-Cheminots

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