Accueil | Par Collectif | 22 juin 2021

TRIBUNE. Jean-Marc Jancovici… une imposture écologique ?

Une quarantaine d’associations écologistes reviennent dans une tribune sur les engagements écologistes de Jean-Marc Jancovici.

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En France, s’appuyant sur l’inquiétude liée à la crise climatique, une industrie d’État - le nucléaire - tente d’imposer ses avantages pour préserver le climat, en diffusant des informations souvent tronquées ou approximatives, voire mensongères.

Parmi les personnalités au centre de ce travail de réhabilitation d’une industrie pourtant très malmenée (plusieurs accidents à travers le monde, en crise financièrement, l’impossible gestion des déchets…), Jean-Marc Jancovici et ses réseaux, structurés autour d’une entreprise, Carbone 4, et d’une association : Le Shift Project.

La pensée de Jean-Marc Jancovici structure celle du Shift Project et de Carbone 4. Ces dernières sont en fait des outils au service de la vision de la société que développe Jancovici. Il part d’un point de vue d’ingénieur pour arriver à une position idéologique qui va bien au-delà d’un discours sur l’urgence climatique.
 Au-delà du discours de Jancovici, c’est cette vision de la société que nous dénonçons.

C’est en pensant à nos ami·es, avec qui nous partageons de nombreux combats écologistes (au sens large), que nous avons écrit les lignes qui suivent, car l’influence de Jean-Marc Jancovici traverse plusieurs de ces courants se réclamant de l’écologie, les influençant parfois. Nous pensons que ces camarades doivent aborder les arguments de cet expert avec à l’esprit un certain nombre d’éléments : qui finance les entreprises (et associations) liées à Jancovici ? D’où parle-t-il ? Que dit-il vraiment ? Quel intérêt peut-il en tirer ? Quelle vision du monde y a-t-il derrière ce discours ?

Qui est Jean-Marc Jancovici ?

Diplômé de l’École Polytechnique et de l’École Nationale Supérieure des Télécommunications de Paris, il enseigne à Mines Paris Tech. Il est membre du Haut Conseil pour le climat. Il conseille à ce titre les dirigeants politiques. Au cœur de l’élite, il est un premier de cordée ! Ce parcours qui lui permet d’asseoir sa place dans les cercles du pouvoir, lui permet aussi de se faire respecter des médias (même quand il les malmène [1]), dans un monde où la place des experts techniques, des « savants » l’emporte sur le reste.

À noter, à ce stade, l’implication historique considérable des grandes écoles (Polytechnique, l’École des mines) dans la fabrique des futures élites du nucléaire français. La plupart ont été formées dans ces incubateurs du nucléaire, sans jamais remettre en question cette énergie. Cette élite aura été déterminante dans le lancement du programme nucléaire en France. Remettre en cause le nucléaire serait reconnaître que cette élite nous a conduit dans l’impasse qui est la nôtre aujourd’hui. Seules quelques personnalités issues de ces Hautes Écoles, comme Albert Jacquard et Bernard Laponche, ont remis en cause ce modèle dominant.

Jean-Marc Jancovici est aussi co-fondateur et co-dirigeant de l’entreprise Carbone 4, un cabinet de conseil indépendant spécialisé dans la stratégie bas carbone et l’adaptation au changement climatique. Ceci n’est pas anodin, car quand il fait une conférence devant des dirigeant·es ou des cadres d’entreprises, il est devant sa potentielle clientèle, et n’hésite pas, par ailleurs, à leur proposer de la formation.

Le Shift Project

Selon sa propre présentation [2], The Shift Project est un think tank qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone. L’objectif du Shift Project est donc en premier lieu économique. À l’image de son Président, Jean-Marc Jancovici, The Shift Project défend le climat en présentant le nucléaire comme une énergie non carbonée (nous y reviendrons plus loin).

La plupart des dirigeant·es et collaborateur·ices du Shift Project viennent des Hautes Écoles (ingénieur·es, polytechnicien·nes, énarques, HEC…), du monde de l’entreprise, de l’industrie, du milieu bancaire. Certain·es sont d’ancien·nes hauts-fonctionnaires ayant travaillé dans des ministères. On trouve dans le conseil d’administration des représentant·es d’EDF, de Bouygues, de Vinci… (entreprises étroitement liées au nucléaire).

Et qui le finance ? Entre autres… EDF, Bouygues, Vinci, BNP Paribas, Enedis, Vicat (un cimentier international lié à l’industrie nucléaire). Le Shift Project ne s’adresse pas à n’importe qui : l’adhésion en tant que membre est réservé aux entreprises, avec lesquelles le Shift signe une convention. Le montant, supérieur à 25 000 €, est défini par un barème en fonction du chiffre d’affaires. Ainsi managée par plusieurs acteurs du monde de l’économie et notamment du nucléaire cette association est en situation de conflit d’intérêt, beaucoup de ses acteur·ices étant à la fois juge et partie.

Jancovici dans le texte

Jean-Marc Jancovici défend le système économique et politique responsable de la crise écologique que nous vivons. Étudions ce qu’il dit. Usant d’une rhétorique parfois fine, il semble défendre une forme de décroissance… tout en s’appuyant financièrement sur les plus grosses entreprises. Mais s’élever contre la croissance, sans remettre en cause le système industriel, financier, économique et au final politique, n’a pas de sens. Il est incohérent de défendre une forme de sobriété sans critiquer la société productiviste responsable des émissions de gaz à effet de serre… surtout en s’appuyant sur les plus grands acteurs du monde industriel !

Jean-Marc Jancovici est d’ailleurs un fervent défenseur de l’économie capitaliste, sur un mode décomplexé : « Chez Carbone 4 on est des sales capitalistes. Est-ce que vous pensez que je ferais mieux mon travail si j’étais fonctionnaire ? Je peux vous dire que non. » [3]Il préconise une société autoritaire pour sauver la planète : « Il faut être capable de s’imposer des efforts extrêmement significatifs, et il faut un pouvoir très fort pour faire respecter ces efforts. » [4]

Son idée de la décroissance ne tient aucunement compte des nécessaires transformations sociales pour éviter un accroissement des inégalités, déjà considérables : « Il va falloir accepter de payer plus cher nos déplacements. » [5] déclare-t-il. Ou bien encore : « Il est tout à fait impossible de concilier trajectoire 2°C et hausse du pouvoir d’achat. » [6] Sur la taxe carbone, « tout le monde, même les Français modestes, va devoir faire des efforts parce que même les Français modestes consomment trop d’énergie. » [7]

Sa vision de la société est élitiste. Il appelle de ses vœux un gouvernement d’experts. Le ou la citoyen·ne serait, après un apprentissage… avec un enseignant du Shift, en capacité de comprendre l’expert à défaut de participer lui-même, ou elle même, aux décisions. « En matière de climat et d’énergies, tout citoyen doit être capable de comprendre ce que dit l’expert, et cela demande au moins 5 à 10 heures de formation. » Citation signée : Jean-Marc Jancovici, président du Shift… et enseignant ! [8]

Sa vision des hommes et des femmes est patriarcale [9]. « Le technicisme est une affaire d’homme. [...] Le discours féminin [...] est globalement un discours de douceur. C’est une des raisons pour lesquelles je suis favorable à ce qu’il y ait plus de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises. C’est pas pour une raison d’égalité homme femme. [...] Je m’en fous sincèrement, au sens (où) une femme qui a vraiment envie, elle fait ses preuves et elle avance. »
« Arriver dans les hautes sphères politiques c’est un parcours de brutes, et ça ne correspond pas à l’essentiel de la psychologie féminine. [...] Un certain nombre de femmes politiques très visibles sont des hommes en jupe. » L’ensemble de ces citations, sur divers sujets, permettent déjà de comprendre à quel endroit Jean-Marc Jancovici se situe et quelle société il défend. Mais encore…

Le nucléaire pour remplacer le charbon ! Une position parfois sidérante et incohérente. Avec toujours le même aplomb, il minimise totalement l’impact des accidents de Tchernobyl et Fukushima : « Fukushima aura surtout été un problème médiatique majeur, avant d’être un désastre sanitaire ou environnemental majeur. » « Du point de vue des écosystèmes, et ce n’est pas du tout de l’ironie, un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite. » [10]

Incohérente, sa proposition sur la suppression du charbon grâce au nucléaire. La production d’électricité mondiale est assurée à 40 % par le charbon et à 10 % par du nucléaire, celui-ci représentant 2% de la consommation finale d’énergie. Remplacer le charbon par du nucléaire d’ici 2040 nécessiterait que la part du nucléaire dans cette consommation finale d’énergie passe de 2 à 10 %. Mais il faudrait construire plus d’un millier de réacteurs (et sans doute beaucoup plus) pour atteindre cet objectif d’ici une vingtaine d’années ! Dans ses bonnes périodes, le nucléaire a connecté au réseau en moyenne 15 réacteurs environ par an. Le nucléaire est totalement hors délai pour sauver le climat !

La présentation du nucléaire comme énergie non-carbonée est biaisée et ne tient pas compte du bilan carbone de l’ensemble de la chaîne : l’extraction et la transformation de l’uranium, la construction et l’entretien des installations, les tonnes de déchets, ainsi que les innombrables transports tout au long de la chaîne industrielle… et la gestion des accidents qui durera encore de nombreuses années. Tout cela ne fera jamais du nucléaire une énergie décarbonée.

Et puis, désormais, les épisodes climatiques croissants, extrêmes et imprévisibles (tempêtes, sécheresses, inondations, tremblements de terre…) menacent toutes les industries à risque. Les réacteurs nucléaires ont un besoin vital d’eau pour être refroidis en permanence sous peine d’accident majeur pouvant entraîner la fusion du cœur du réacteur. Sans oublier, l’eau rejetée par les centrales qui réchauffe fleuves et rivières, mettant en danger la faune et la flore, ni la production de déchets ingérables, d’une dangerosité extrême, légués aux générations futures. Non le nucléaire n’est décidément pas une énergie compatible avec l’écologie !

Jancovici, un écologiste ?

Un discours social inégalitaire, la défense du système économique et politique en place, l’appel à une gouvernance autoritaire, conduite par des élites sous influence d’“experts”, un discours patriarcal, la connivence avec les multinationales, la négation des plus importantes catastrophes industrielles, la promotion du nucléaire dont la crise climatique renforce les dangers… devrait rendre incompatible la vision de Jean-Marc Jancovici avec une vision écologiste du monde.

Si le doute subsiste, alors il nous faut proposer notre vision de l’écologie
Nous défendons :

  • Une re-localisation qui permettrait de poser les besoins énergétiques au plus près des territoires en évitant les gaspillages ;
  • Une écologie basée sur la démocratie, le respect de la terre et de ses habitant·es dans leur globalité et leur diversité. Antiraciste, féministe, sociale et rendant enfin justice aux populations colonisées ;
  • Une écologie non confisquée par les experts. Il ne s’agit pas de nier le rôle important de la science dans nos sociétés, ni son rôle de conseil, mais les grands choix de société appellent une véritable démocratie où un peuple informé et qui débat, est acteur des décisions qui pèsent sur la vie de chacun·e ;
  • Une écologie basée sur la sobriété, et non pas sur la continuité de l’infernal couple production/consommation ;
  • Une écologie qui se débarrasse du nucléaire, cette énergie centralisée et anxiogène, menace permanente, liée depuis toujours à la culture guerrière, au nucléaire militaire et à l’opacité de ses noirs secrets défense.

Non, le Shift Project et Jean-Marc Jancovici ne nous proposent pas de véritables alternatives écologistes et politiques à la crise que nous traversons.

Oui, il nous faut, organisations, citoyen·nes, continuer à réfléchir ensemble et démocratiquement aux solutions que nous souhaitons mettre en place, sans nous laisser confisquer notre pouvoir par des élites auto-proclamées expertes.

Premiers signataires
Amis de la Terre Poitou
Anv-Cop21 Montpellier
Arrêt du nucléaire Hérault
Attac France
Attac Alès
Attac Flandre
Attac La Ciotat
ATTAC Montélimar
Attac Montpellier
Chang (Collectif halte au nucléaire Gard)
Collectif alarme nucléaire de l’orléanais
Collectif antinucléaire de Vaucluse
Collectif Arrêt du nucléaire
Collectif Contre l’Ordre Atomique (Adn75)
Collectif des Faucheuses et faucheurs volontaires d’OGM de l’Hérault
Comité soutien Bure Hérault
Confédération Nationale du Travail Hérault (éducation santé social)
Coordination Antinucléaire Sud-est
Coordination Stop Cigéo
Décroissance Ile de France
Eau Secours 34
Ensemble Hérault
Fédération Sud rail
Fédération des travailleur-se-s de la CNT (FTE-CNT)
Greenpeace Montpellier
Maison Commune de la Décroissance
Mouvement contre le crime atomique
Nouveau Parti Anticapitaliste Hérault
Réseau Sortir du nucléaire
Sortir du nucléaire Aude
Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye
Sortir du nucléaire Pays nantais
Sortir du nucléaire 49
Sortir du nucléaire 72
Stop Nucléaire Drôme-Ardêche
Tchernoblaye
Technologos
Théâtre de l’Adn
Union Communiste Libertaire Hérault
Vivons sans nucléaire (Poitiers)

Notes

[1Émission de Guillaume Erner, France Culture, le 7 novembre 2019 : Transition énergétique : avons-nous encore le temps ?

[2Voir la conférence de l’Atlanti Forward Thinking Series à Genève le 17 septembre 2020, à partir de 1h41mn

[3Facebook live le 8 mai 2020 à 1’26’30

[4Facebook de Jean-Marc Jancovici. Live le 2 décembre 2019 à partir de 3’45

[5Émission #EtApres. France 2 - 16/04/2020 à 1’45

[6L’Express, Jean-Marc Jancovici : Baisse du réchauffement et hausse du pouvoir d’achat

[8Rapport : the shift project.org Page 5.

[9Entretien sur Présages le 22/02/2018 pour l’ensemble de ce paragraphe à 1’21

[10La Tribune, février 2012

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Vos réactions

  • bonjour,
    je déplore que cette tribune ne permette pas au lecteur de mieux comprendre l’argumentation proposée par JM Jancovici ou le Shift Project, et les arguments opposés, mais se concentre sur la construction d’un soupçon de malhonnêteté intellectuelle, et reprenne des éléments de communication basiquement anti-nucléaires (ex : le nucléaire "hors-délai" pour le climat). Vous pouvez ne pas apprécier le personnage mais contribuer à une argumentation établie me semble + constructif !
    Par ailleurs cette focalisation sur le nucléaire est particulièrement trompeuse sur l’enjeu "énergie-climat" tel qu’amené par Jancovici, qui évoque et détaille constamment les éléments de transition énergétique souhaitables, dans tous les secteurs, pour d’abord sortir des énergies fossiles. Politiquement il ne me semble d’ailleurs pas constructif de faire du nucléaire une ligne de démarcation entre écologistes, alors qu’une union nationale est nécessaire pour réaliser ce qui est du niveau de l’effort de guerre.
    Je pense que le dogmatisme est le danger mortel de la pensée (écologiste ou pas) et que les assertions présentes dans cette tribune desservent à la fois leurs auteurs et la finalité écologiste d’accéder au pouvoir.

    masquelier Le 22 juin à 16:13
       
    • "contribuer à une argumentation établie me semble + constructif"
      Lisez la tribune, il y a des arguments (qui expliquent par ex pourquoi on ne peut pas augmenter la part du nucléaire dans le monde de façon significative)

      bob Le 26 juin à 16:08
    •  
    • Le dogmatisme c’est VOUS qui le portez ! Puisque vous le défendez si véhémentement !

      Gallienne Le 29 juin à 12:40
  •  
  • Vous n’avez rien compris au discours de JM. Jancovici, vous avancez des arguments sans aucune justification ni source.

    JMJ n’a jamais été pro nucléaire en soi, il dit juste que le nucléaire sera un amortisseur de la décroissance inéluctable du fait de la raréfaction des ressources et de la nécessaire décarbonation de l’économie.

    Relisez le sous cet angle et récrivez votre article.

    Mat Le 22 juin à 16:25
  •  
  • Bonjour,
    Je tombe par hasard sur cette tribune, qui m’accable complètement. Je rejoins tout à fait le commentaire de Masquelier. Encore une tempête dans un verre d’eau.
    Qui est Jean-Marc Jancovici ? C’est cela, la question importante ? Si tout le monde ne le sait pas déjà, tout le monde peut bien l’imaginer en l’écoutant, pour la simple raison qu’il n’a jamais caché son parcours. Oui, Jancovici est très probablement un bourgeois capitaliste et patriarcal. Et après ? Beaucoup de scientifiques ont de tels pédigrées, cela n’a rien de surprenant et cela n’a surtout que très peu d’intérêt présentement. Ce n’est pas en prenant les gens pour des naïfs ou des idiots, en instillant le doute quant à un agenda soi-disant caché, que vous convaincrez qui que ce soit de l’invalidité des positions de Jancovici.
    Plutôt que : "Qui est Jancovici ?", la question à poser est : "Que dit Jancovici ?". Mais il est certain que travailler à démonter des arguments demande davantage de travail intellectuel que compiler une bio et quelques interviews. Il y a urgence à trouver des solutions crédibles à la catastrophe en cours (climatique, écologique, sociale…), il s’agirait donc de répondre point par point aux argumentations de Jancovici (en les rapportant correctement et dans leur intégralité, si possible), en y opposant des propositions précises et motivées.
    Autrement dit, en évitant les vœux pieux et creux pour un monde d’amour et de lendemains qui chantent. Comment pourrons-nous y arriver, concrètement ? Voilà la vraie question.

    Diane Le 24 juin à 15:38
  •  
  • @Mat
    entièrement d’accord avec vous , mais vous en demandez beaucoup aux deux petits commissaires politiques dignes des plus belles années staliniennes .
    d’abord tenter de disqualifier la personne plus que réfuter les arguments c’est un procédé classique très courant ici , d’autres sur d’autres sujets en ont fait l’ expérience , Rachel Khan par exemple.
    Mr Jancovici a le mérite de nourrir le débat sur les questions d’avenir de la planète , hors des débats politiciens.
    son approche intéresse de plus en plus , ce qui fait sortir du bois toute l’écologie politicienne.

    dan93 Le 24 juin à 15:43
  •  
  • @ Diane
    bien dit et avec clarté

    dan93 Le 24 juin à 15:45
  •  
  • Bonjour,
    Est-ce que les auteurs ont vraiment regardé les conférences de Jean Marc Jancovici et lisent ses articles notamment sur Linkedin ?
    Il préconise l’utilisation du nucléaire pour amortir le choc que représente la décarbonation de notre mode de vie afin de limiter la hausse des t° (et au passage respecter les accords climatiques).
    Dans ses articles ou conférences, il parle entre autres d’un nécessaire retour à une grande "frugalité" dans notre vie quotidienne (sur de très nombreux plans), et indique que ces changements vont être douloureux (et conflictuels), et que plus on tarde à les effectuer, plus ce sera difficile.
    Le présenter comme étant un lobbyiste de la filière nucléaire est malhonnête.
    Si la question "d’où parle-t-il" est judicieuse, alors il faudrait aussi poser cette question pour d’autres acteurs (par exemple ceux de l’éolien).
    Et la conclusion de l’article parle d’elle même, car il s’agit bien pour toutes les associations listées de de ne pas se laisser confisquer leur pouvoir, qu’elles se sont auto- arrogées sans demander la permission à quiconque, et de à diffuser leurs discours idéologiques.

    Yves Le 24 juin à 23:51
  •  
  • La science ne peut être dénoncée en elle-même et les applications permises par ses découvertes ignorées. La physique nucléaire ne fait pas exception à cette règle. Les techniques qui en sont issues doivent être appliquées avec discernement, mais non interdites comme si elles étaient d’essence maléfique, intrinsèquement perverses. Les filières d’énergie nucléaire doivent être maîtrisées mais non interdites. Le projet de les éradiquer est une forme d’obscurantisme.

    Glycère BENOIT Le 25 juin à 09:07
       
    • L’obscurantisme est de vouloir persister à tout prix avec le nucléaire quand d’autres sources d’énergies plus avantageuses, moins chères et moins dangereuses existent.
      Demandez-vous pourquoi la planète investit 10 fois plus dans les EnR que dans le nucléaire en ce moment ?
      Est-ce à dire que Jancovici aurait raison seul contre la planète entière ?

      bob Le 26 juin à 16:12
  •  
  • Jancovici me fait penser un peu à Raoult : une forte personnalité avec une melon énorme (et l’arrogance qui va avec), un peu gourou (avec certains adeptes très vindicatifs), pas mal escroc (des études un peu trafiquées pour coller aux résultats attendus, pas mal de bobards)...
    Une grosse différence quand même : Raoult est un vrai scientifique qui a fait des découvertes et qui a publié des papiers. Janco n’est pas un scientifique (il le dit lui-même) mais plus un "expert" auto-décrété et un lobbyiste du nucléaire.
    Une foule de scientifiques à travers le monde contredisent les travaux de Janco. Par ex quand les 3000 climatologues du GIEC proposaient des scénarios à 1,5° avec baisse de la part du nucléaire (scénarios impossibles selon Janco).

    bob Le 26 juin à 16:05
       
    • Moi, je trouve étrange que les anti-nucléaires, confrontés à la contradiction entre le sujet de leurs obsessions et l’impératif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (plutôt que de les augmenter, si vous voyez ce que je veux dire), aient décidé de lancer l’hallali sur Jancovici, comme si discréditer Jancovici allait par transitivité discréditer l’énergie nucléaire et convertir les citoyens aux idées des signataires de la tribune.

      En soi, c’est déjà un bel aveu d’échec argumentaire que de recourir à une rhétorique qui tient essentiellement de la personnalisation et du procès en sorcellerie, avec l’invocation quasi-magique du sexisme pour faire bonne mesure.

      Mais puisque vous avez décidé de vous défouler sur ce brave Jancovici, n’hésitez pas à donner la référence des « études un peu trafiquées » et des « bobards », qu’on puisse juger sur pièces.

      Et je terminerai en disant que les anti-nucléraires feraient mieux de ne pas trop solliciter la comparaison « santé publique et pandémie de Covid » (en essayant de faire croire que les partisans du recours au nucléaire seraient des sortes de fan de Didier Raoult qui s’ignorent), alors que parmi les figures très actives du militantisme anti-nucléaire on trouve des gens comme Michèle Rivasi, parlementaire EELV bien connue pour son obscurantisme anti-vaccins.

      On peut évoquer plus généralement la perméabilité d’EELV (et notamment, bien sûr, de sa frange la plus radicale) à tout un tas de pratiques pseudo-scientifiques ou pseudo-médicales : ce n’est pas chez les pro-nucléaire qu’on trouve facilement des partisans de la biodynamie, de l’homéopathie et autres charlataneries (citons au hasard Jacques Boutault, sympathique ex-maire du 75002 qui affirmait en 2019 que l’homéopathie permettait soigner efficacement le choléra...).

      Bref, Jancovici a certainement des tas de défauts, mais au moins il ne flirte pas de façon manichéenne et naïve avec un certain nombre de théories et de visions du monde « alternatives » et remettant en cause des connaissances scientifiques établies.

      Ian Brossage Le 27 juin à 18:58
  •  
  • Triste tribune.
    Le discours de Mr Jancovici y est pour le moins tronqué. Elle a toute l’arrogance qui est reprochée à Jancovici.

    Je l’écoute toujours avec un grand intérêt malgré ses attitudes de matamore ( mais j’en connais d’autres, en particulier dans mon camp politique ! ) Je ne partage pas ses conceptions politiques mais il ne me semble pas qu’elles affaiblissent son argumentation sur un certain nombre de sujets. Et franchement, quand je lis cette tribune, je n’ai pas de doute pour situer où sont les idéologues.

    Décrédibiliser Jancovici au motif de son "point de vue d’ingénieur" et de "polytechnicien" est d’une tristesse infinie. Il est clair qu’un point de vue "politique" permet de promettre à peu de frais tous les lendemains qui chantent et de dessiner sur le papier un monde conforme à nos désirs, par exemple une décroissance sans conséquences désagréables.

    Je suggère à Regards, plutôt que de reproduire cette tribune au seul titre de ses signataires, d’organiser des débats sur les sujets cruciaux posés par Jancovici au lieu de les enterrer par les oukases d’écologistes qui refusent d’être contestés sur leur terrain. Jancovici a des analyses qui débouchent sur des questions dérangeantes mais à mon avis très pertinentes. Si on refuse de s’y atteler, on risque, effectivement, que ce soit ceux qui ont les moyens d’agir ( les "multinationales" ) qui dessinent le monde de demain.

    F Breton Le 1er juillet à 11:29
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