Accueil > Résistances | Par Elsa Faucillon | 9 mars 2018

Larmes de lutte !

Faut-il se retenir de pleurer, dans la vie publique, au motif que ce serait un aveu de faiblesse ou un manque de dignité ? Ou bien les larmes expriment-elles la souffrance sociale et l’empathie qu’elle suscite ?

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N’y voyez aucune tristesse, blues ou même mélancolie de ma part. Mais j’ai comme une envie de vous parler des larmes en politique. Passons sur le pourquoi de cette inspiration, et renvoyons à un autre article les lignes de crête entre émotion et raison, ou encore entre récit et analyse. Passons également sur les larmes de crocodile, elles sont très vite repérées.

Non. Je veux juste m’arrêter quelques instants sur la puissance politique des larmes qu’on ne peut retenir, celles qui éclatent. Il y’a les larmes de grandes figures politiques, les larmes de Simone Weil, de Barack Obama. Celles d’Arlette Laguiller, Lionel Jospin, Roselyne Bachelot ou, plus récemment, Alexis Corbière chez Ardisson… Arrêt sur image : remarquez bien, c’est quand il parle des gamins de la caissière que ça monte. C’est typiquement ce qui viendrait à me faire chialer aussi. Émotion, découragement, rage, épuisement (de toutes sortes), les larmes peuvent être moquées, émouvoir, faire douter.

Alors on se retient. Pourquoi ? Parce qu’on est une femme et que ça fait chialeuse. Pas de sang-froid. Parce qu’on fait de la politique, c’est rationnel (ah ah), pas d’émotion ! Parce que les gens qui souffrent vraiment ne pleurent pas en public. Alors un peu de dignité, voyons.

Bref, je ne sais pas ce qu’il faut faire. Se retenir ? Se cacher, ou laisser les larmes se perdre, nous perdre ? Dans la réalité, il m’arrive quatre fois par semaine de ravaler mes larmes, sans être plus coutumière de la sorte que la moyenne.

Le dernier exemple en date, celui d’une réunion où une bénévole associative expliquait le cas d’un nourrisson de deux mois en centre de rétention. C’est aussi ça qui fait que je me bats. Le père d’Ahed Tamimi, Palestinienne de dix-sept ans, l’explique si bien. Sa fille est emprisonnée depuis trois mois par le gouvernement israélien et sa photo poing levé, larme à la joue, nous soulève : « Ce sont des larmes de luttes ».

Oui, c’est cela. Je n’y vois, moi, que la puissance du combat, du soulèvement.

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Vos réactions

  • Je dois admettre que le sujet est original et que l’auteure s’en est pas mal sortie ! Mais concrètement qu’est-ce qui en est à l’origine ? un pari perdu ?

    carlos Le 9 mars à 11:43
       
    • Pendant que l’auteur chouine comme une princesse capricieuse, les jeunes identitaires et autres amateurs de ratonnades infiltrent les rangs de la police et de l’armée. Quand Marion Maréchal ou Wauquiez prendra le pouvoir en 2022, leurs folies sanguinaires s’exprimera sans limite, sous couvert de la légitime défense.

      Le temps n’est plus aux larmes, il est aux armes. La Gauche doit urgemment reconquérir sa base populaire, et écouter les prolos qui n’en peuvent plus de cette immigration massive, réactionnaire, et chargée d’obscurantisme religieux.

      Migrants d’extrême droite : vous n’êtes pas les bienvenus.

      keymrad Le 9 mars à 16:11
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  • Héhé, même pas !

    faucillon Le 9 mars à 12:53
       
    • et ben bravo alors ! Je trouve vraiment pas mal du tout votre façon d’aborder un sujet à priori très difficile à traiter.

      carlos Le 9 mars à 14:34
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    • Pour être honnête, je pense que si la prise de conscience est le moteur des luttes politiques, il n’est rien sans ce carburant efficace que représente l’affect...

      carlos Le 9 mars à 15:12
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  • @kheymrad Le 9 mars à 14:20
    Heil kheymrad und die Walkyrie ! sagt doktor Faust....

    Dominique FILIPPI Le 9 mars à 14:28
       
    • Attention kheymrad ! Encore un commentaire comme ça et vous sombrez dans la nuance ! Quoi alors ! On n’est pas mieux dans l’amalgame permanent ?

      carlos Le 9 mars à 15:15
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  • Alexis Corbière chez Ardisson........dit elle

    Pourquoi ? parce qu’on a révélé qu’il ne représente à l’Assemblée que 20% des inscrits de Montreuil ?

    buda Le 9 mars à 14:38
       
    • @Buda - Si je vous suis bien, à partir du moment ou moins d’1 français sur 2 est allé voté aux dernières élections législatives, tous les députés de ce pays devraient avoir un mouchoir à la main et faire leur deuil de la démocratie représentative...

      carlos Le 9 mars à 14:46
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    • Tovaritch Buda relis bien le communiqué du politburo puis encadre le puis place le à côté de l’aieul mort à la guerre !

      Dominique FILIPPI Le 9 mars à 14:55
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  • kheymrad Le 9 mars à 14:39
    Savant le descendant des niebelungen ! Moi si j’étais toi j’invoquerai Sainte Anne.....

    Dominique FILIPPI Le 9 mars à 15:04
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  • Attention aux attaques ignobles genre "vous n’avez pas le monopole du cœur"...

    Dominique FILIPPI Le 9 mars à 15:09
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  • à partir du moment ou moins d’1 français sur 2 est allé voté aux dernières élections législatives dixit Carlos .......

    Corbières à Montreuil : 60% abstention !
    40% à partager en deux !!!!, il a de quoi pleurer le révolutionnaire professionnel.

    buda Le 9 mars à 15:22
       
    • Tu fais comment pour dire autant de conneries à chaque réponse ?

      Dominique FILIPPI Le 9 mars à 15:49
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    • @buda

      Vos « arguments »sont stupides et fallacieux . Tout d’abord les absents ont toujours tort. Rien n’indique que si les abstentionnistes avaient voté , À Corbière aurait fait un % inférieur, au contraire. Ca me fait plaisir de vous imaginer , suite à la victoire d’A Corbière, marinant dans vos vomissements de haine.

      Gege Le 9 mars à 18:46
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  • Alexis Corbière a fait un bon score au second tour dans sa circonscription Montreuil-Bagnolet ( 58%). L’abstention a touché tous les candidats y compris bien sûr les candidats et candidates communistes élu(e)s aux dernières législatives
    Cela ne rend personne illégitime mais cela pose un problème de représentation . L’hyper présidentialisation de la vie politique en est une des causes principales. Les gens se rendent bien compte, aujourd’hui plus que jamais, que l’assemblée élue n’a quasiment aucun pouvoir, à part se soumettre à l’exécutif

    Andr.G Le 10 mars à 13:26
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  • Nous connaissons d’Aragon cette phrase chantée : "il ne faut pas pleurer dans ce siècle où nous sommes, cela ne sert à rien"... Aragon qui témoigna - car vous voulez vous placer hors de la logique des "larmes de crocodile"- d’avoir vu Staline pleurer à l’enterrement de Kirov...
    Vous parlez, Elsa, de « lignes de crête entre émotion et raison, ou encore entre récit et analyse »... Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une ligne de crête, mais d’un critère de vérité. ...Oui, les mots si on les laisse faire, parfois..., sont porteurs d’émotion jusqu’aux larmes... Il y a quelque chose de très émouvant à POUVOIR faire un récit..., ce qui ne s’oppose pas à la capacité analytique : car, en fait,... en poussant suffisamment loin l’analyse, dite dialectique !... L’émotion « intellectuelle », ça existe..., « pas seulement » sous l’effet d’une pulsion de compassion !... Ainsi ça m’a pris, naguère, en entendant un penseur à la hauteur, comme Henri Lefèbvre... C’était un temps où il était beaucoup question du « retard de 56 » au PCF... J’ai eu « en live » la sensation que lui ne s’y était pas laissé emprisonné... Et je fus submergé d’une émotion, oui, "rationnelle" !...

    Aubert Sikirdji Le 10 mars à 14:47
       
    • ...Je rappelle qu’Elsa... Triolet disait : "je parle pour dire"...

      Aubert Sikirdji Le 10 mars à 14:53
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    • Je ne verrais pas d’inconvénient à ce que Regards supprime mes commentaires précédents. Je préfère qu’il soient censurés plutôt qu’ils soient prétexte d’une "réponse" par le genre d’insanité que le dit "kheymrad" s’est permis d’y accrocher, à 15h38. Avec lequel je n’ai aucune intention de "discuter".

      Aubert Sikirdji Le 10 mars à 20:24
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  • "question du retard de 56(Hongrie)au Pcf " Aubert Sikirdji.....{}.......

    en effet en voila une référence ! alors qu’il s’est agit d’une contre-révolution financée et orchestrée par la Cia lors de la Guerre Froide , précurseur des Prague et autres "révolutions colorées" ayant pour seul objectif de rétablir le Capitalisme à l’Est de l’Europe libéré du Nazisme par les Troupes Russes.

    buda Le 11 mars à 01:56
       
    • À rester sur le thème de l’affectivité, posé par Elsa Faucillon,... je conseille toujours la lecture d’un roman remarquable, de Pierre Courtade, qui s’intitule « La Place Rouge ». Car à parler de larmes, nous parlons d’Amour !... Et c’est de quoi traite ce roman : d’amour et politique. Ce qui y est intéressant, c’est le « traitement » de la question de la supposé « faiblesse » politique, précisément au lendemain de 1956 !... De voir comment « le tri » se fait, entre deux camarades (hommes), l’un étant supposé au départ le plus fiable, le plus costaud « politiquement », et l’autre plus suspect de « sentimentalisme »...

      Aubert Sikirdji Le 11 mars à 12:09
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