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Notre-Dame-des-Landes, les irréductibles reprennent leurs terres

Reportage, Vidéo, par Samuel Wahl| 22 novembre 2012
Notre-Dame-des-Landes, les irréductibles reprennent leurs terres Photo Jan Slangen CC BY-NC-SA 2.0
 
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25kms à couvrir, 100 000 personnes attendues ! Ce week-end, les militants opposés au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes organisent une grande chaîne humaine pour encercler la zone d’aménagement différé. Pour l’occasion, regards.fr vous propose de revivre, en mots et en images, la manifestation du 17 novembre dernier, tournant historique de la mobilisation. Au programme, un reportage et trois vidéos, dont une interview de Jean-Luc Mélenchon.

Samedi 17 novembre, 40 000 piétons, cyclistes, tracteurs, tous opposants au projet d’aéroport développé par Vinci et défendu par Jean-Marc Ayrault, ont convergé vers Notre-Dame-des-Landes, pour réoccuper les terres après la première vague d’expulsions lancée il y a un mois par la préfecture de Loire-Atlantique. Jean-Luc Mélenchon était de la partie.

Réoccuper, réhabiter

« Tous les chemins mènent à Rome… sauf ceux de Notre-Dame-des-Landes », pouvait-on lire sur une pancarte du cortège, baptisé « Opération Astérix » en réponse à « l’Opération César » déclenchée par les autorités. De fait, ce petit coin de bocage nantais pourrait bien devenir un lieu d’enlisement pour le gouvernement. La foule s’y est déployée sans discontinuer sur les 5 km qui permettent d’atteindre le Bois de la Rohanne, au cœur de la ZAD, Zone d’Aménagement Différé devenue « Zone A Défendre ». Une chaîne humaine s’y est rapidement formée pour décharger des remorques de planches, palettes, et bottes de paille, dégager des clairières, et bâtir, en quelques heures seulement, salles communes, bibliothèque, atelier, cabanes d’habitations et sanitaires. Occupants sur le terrain depuis déjà trois ans, écolos-warriors, activistes de la mouvance Reclaim the fields et étudiants en architecture de Nantes ont pour idée commune que réoccuper dans la durée c’est réhabiter, en résistance légitime plutôt qu’en « guérilla » permanente ; et s’il faut s’armer, c’est au besoin de pelles, de marteau ou de clous, mais surtout de persévérance.


A la nuit tombée, produits locaux, feux de joie, prises de paroles et concerts sous chapiteaux, ont clôturé la journée au son du « folklore de la zone mondiale », invitant les participants à rester mobilisés pour les jours à venir, notamment à l’écoute de Radio Klaxon, la radio pirate des Zadistes : même si les constructions sont très directement menacées, la préfecture ayant déjà annoncé que tout avait « vocation à disparaître », cet événement a marqué un temps fort dans la constitution d’un réseau « d’irréductibles », aptes à développer en maints endroits des alternatives concrètes, aux autoroutes comme aux impasses de la société contemporaine.

Paradigme écologique, autonomie et logique citoyenne

Les formes de mobilisation originales qu’a pris cette journée, parfois drôles ou poétiques, reflètent la radicalité des pensées et des imaginations à l’œuvre dans la ZAD. Et Geneviève Azam l’indique sur le site reporterre.net : la parole agissante des zadistes est sortie du maquis, pour infuser jusqu’au colloque André Gorz qui s’est tenu simultanément à Montreuil, où se posait la question de la conciliation de l’autonomie et des institutions.

La ZAD offre un cas pratique en la matière : les organisations politiques avaient pour consigne de se faire discrètes, or les soutiens politiques étaient nombreux, notamment au sein des écologistes, où Eva Joly, Noël Mamère et Jean-Vincent Placé ont fait le déplacement, mais se sont vus reprocher la participation d’EELV au gouvernement. A défaut d’y laisser des plumes, on dit aussi que ce jour-là, José Bové a égaré sa pipe à Notre-Dame-des-Landes...


Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche, s’est associé à ce mouvement de « reconquête citoyenne », comme il s’y était engagé pendant la campagne présidentielle. Après avoir marché dans le cortège, du village au lieu dit « La Vache-rit », il a été accueilli par Sylvain Fresneau, un des plus gros exploitants concerné par les expropriations. C’est là, entre la poire et le fromage, qu’il a répondu à nos questions sur les issues possibles à cette affaire : s’il y a, à ses yeux, des actions légitimes, légales ou non, par ailleurs tous les recours ne sont pas épuisés, « contrairement à ce que prétend M. Hollande », a-t-il souligné. Au niveau européen effectivement, une plainte pour procès inéquitable a été déposée devant la Cour européenne des droits de l’Homme, et une pétition contre le non-respect par la France de la directive-cadre sur l’eau doit prochainement être mise à l’étude au Parlement européen. Ce qui devrait laisser au gouvernement le temps du dialogue qu’il faut mener, rappelle-t-il. « Deux conceptions de la gauche » s’opposent, affirme Jean-Luc Mélenchon, celle productiviste, ne validant qu’une dimension économique dite rationnelle ; et celle qui intègre le paradigme écologique, non comme simple cosmétique, mais au fondement même de la logique politique.

Ecosocialisme

Dès sa fondation, le PG s’est prononcé contre ce « grand projet inutile » de partenariat public/privé, concédant au géant du BTP Vinci des terres cultivées dans cette « zone humide » particulièrement sensible, où la pollution atmosphérique et sonore mettrait aussi en péril la préservation des ressources naturelles. Sur le terrain, les élus sont engagés corps et âme, à l’instar de Françoise Verchère, co-présidente du CéDéPa, collectif d’élus opposés à la réalisation du projet d’aéroport, qui a fait un grève de la faim au mois d’avril avec deux paysans menacés d’expulsion, aboutissant après 28 jours à un accord avec les responsables du Nantes Métropole, du Conseil Général et du Conseil Régional, qui retarde la mise en œuvre des procédures d’expulsion jusqu’à l’issue des recours légaux. Prenant le relais au plan national, Corinne Morel-Darleux, Secrétaire nationale à l’écologie du Parti de gauche et Mathieu Agostini, responsable de la commission écologie du PG, appellent à prolonger les discussions et ouvrir plus largement la réflexion, aux « Assises de l’écosocialisme » qui doivent se tenir prochainement à Paris.


Pour suivre les infos sur place :
http://zad.nadir.org
http://acipa.free.fr
Pour aller plus loin :
http://ecosocialisme.com/

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