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Accueil > Economie | Par Guillaume Liégard | 2 décembre 2013

Après la marche pour une Révolution fiscale

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A l’initiative du Front de Gauche et avec la participation de Lutte Ouvrière et du NPA, « La marche pour une Révolution fiscale » a battu les pavés parisiens le 1er décembre. Dans une ambiance joyeuse et combative des dizaines de milliers de personnes sont venus dénoncer l’injustice fiscale. La banderole de tête indiquait « Contre l’injustice fiscale, taxer le capital, non à l’augmentation de la TVA ». Car tel est bien l’enjeu d’une mobilisation progressiste pour une nécessaire remise à plat de la fiscalité. L’existence de multiples niches fiscales permettant aux ménages les plus aisés de réduire significativement le montant de leur impôt est bien connue. Surtout on sait depuis les travaux [1] de Thomas Piketty la nature non pas progressive mais régressive de l’impôt en France. Le taux global d’imposition se révèle, en effet, plus lourd pour les revenus les plus faibles que pour le 1% le plus riche dès lors qu’on réintègre la TVA dans le calcul de la « pression fiscale ». en France, l’impôt sur le revenu est le plus faible d’Europe. Même si l’on prend le total de l’IR et de la CSG, le niveau de l’imposition des revenus français représente ; 7,5% du PIB en France contre plus de 26% au Danemark, 13,5% en Suède, 10,4% au Royaume-Uni ou encore 9,3% en Allemagne.


Pourtant dès le premier janvier 2014, le taux intermédiaire passera de 7% à 10%, et le taux principal passera de 19,6% à 20%. Deux augmentations qui font craindre une hausse des prix. Selon les premiers calculs de l’Insee, la hausse du 1er janvier devrait déboucher sur une augmentation moyenne des prix d’environ 0,35%. Dans un pays, où d’ores et déjà les sommes collectées par la TVA sont bien supérieurs à celles de l’impôt sur le revenu (IR), on mesure le choix idéologique du gouvernement.

Dans ces conditions, une réponse populaire, claire sur ses propositions comme dans sa composition s’imposait. Loin des ambiguïtés et des instrumentalisations productivistes et patronales des Bonnets Rouges, la Marche pour une révolution fiscale doit initier un mouvement pour que les tenants d’une justice sociale et donc fiscale reprennent la main. Le cortège, parti de la place d’Italie, s’est achevé symboliquement à proximité du ministère des Finances à Bercy, qualifié par Jean-Luc Mélenchon de « portique aux mains des banques », par un meeting en plein air. Pour reprendre la conclusion de l’intervention de Clémentine Autain, « ce n’est qu’un début... ».

Lire aussi Marche le 1er décembre pour la Révolution fiscale par Pierre Khalfa

Notes

[1Pour une révolution fiscale - Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle de Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez, éd. La République des Idées, 133p., 11,80 euros.

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