Accueil > Monde | Par Christelle Gérand | 5 novembre 2013

Bill de Blasio, un maire de gauche pour New York ?

New York est sur le point de se choisir un maire progressiste. Gratuité des maternelles et construction de logements sociaux, Bill de Blasio veut réduire la fracture sociale.

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« Je suis un homme de gauche qui croit en l’intervention de l’État. » Traduit en américain, un dangereux communiste dont l’ascension à la mairie de New York relève de la blague. Pourtant il ne fait aujourd’hui aucun doute que l’homme à l’origine de cette déclaration audacieuse va prendre la place du milliardaire Michael Bloomberg.

Le démocrate Bill de Blasio, futur maire de la ville la plus peuplée des États-Unis, est tout ce que son prédécesseur n’était pas. Immense, résident à Brooklyn, père d’une famille métissée. Sous Bloomberg, la ville a pris son essor. Le nombre de touristes est passé de 35 à 50 millions durant ses trois mandats, les start-up se sont multipliées au point de donner un nouveau surnom à Big Apple : la Silicon Alley, et la ville a été redessinée (nouveaux parcs, pistes cyclable, stade, etc). La question est « à quel prix » ?

En assimilant New York au roman de Charles Dickens Un conte de deux cités, Bill de Blasio a touché juste. De résidences de luxe en grands travaux, Bloomberg - le 10e homme le plus riche des États-Unis - a su attirer plus de milliardaires que la ville n’en a jamais accueilli. Une « aubaine » pour l’ancien maire. Pas pour les classes moyennes et pauvres, étranglées par un prix de l’immobilier toujours plus écrasant. 21% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. En promettant de taxer les salaires annuels de plus de 500 000 dollars (370 000 euros) pour financer l’accès à l’école maternelle, Bill de Blasio a su capter l’attention des familles qui doivent se battent pour survivre.

Il a enfoncé le clou en promettant également la cantine gratuite, la construction de dizaines de milliers de logements sociaux et une aide aux petites entreprises. Ce ne sont que des promesses de campagne, diront les septiques. Mais gagner la mairie avec de telles déclarations est, en soi, un changement profond pour la ville.

La star des minorités

Actuel médiateur de la ville, il a également fermement pris position contre le stop and frisk. Cette pratique de la police new-yorkaise consiste à arrêter et fouiller toute personne au comportement suspicieux, pour lutter contre le port d’armes et le trafic de drogue. Une humiliation qui touche les minorités dans 80% des cas, au point d’avoir été déclarée « inconstitutionnelle » parce que « raciste » en août dernier. Dès lors, la position claire de de Blasio a séduit 90% des électeurs Afros-Américains et 85% des Hispaniques. L’ascension fulgurante de de Blasio, c’est aussi celle des « minorités », dans une ville où elles sont devenues majoritaires.

Pour autant, même si de Blasio se situe très à gauche de l’échiquier politique américain, il a quand même pris garde de rencontrer les dirigeants de Wall Street le mois dernier. Il les a assuré de son soutien à cette « industrie locale ». Il a d’ailleurs reçu le soutien de pontes de la finance comme le fondateur des hedge funds George Soros ou Neil Mitchell, directeur exécutif de Morgan Stanley. Pragmatisme ou empreinte durable du style Bloomberg, l’avenir nous le dira.

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