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Accueil > Politique | Par Nathanaël Uhl | 12 juin 2013

Convention du PS sur l’Europe, une majorité contre l’austérité

Les militants socialistes ont voté le texte de la convention sur l’Europe. Ils ont aussi adopté les amendements déposés par la gauche du PS qui refusent l’austérité en France et en Europe. La contradiction avec la politique du gouvernement gène la rue de Solférino.

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La convention du Parti socialiste promet d’être chaude. Convoquée ce dimanche 16 juin à Paris, elle fait déjà polémique. L’aile gauche du Parti socialiste, qui a fait le choix de présenter des amendements au texte présenté par la direction nationale, dénonce en effet « des tripatouillages électoraux ». Le vote dans les sections a eu lieu jeudi 6 juin. Il a donné des résultats probants pour la minorité qui prône une réorientation immédiate de la construction européenne et le refus de l’austérité.

Pour l’aile gauche du PS, menée par le trio Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Henri Emmanuelli, la convention Europe avait mal commencé. Elle s’est vue interdire de texte alternatif. Le courant « Maintenant la gauche » et la sensibilité « Un monde d’avance » ont donc choisi de déposer des amendements qui, mis en cohérence, dessinent une réorientation de la politique européenne du Parti socialiste. Pour eux, il s’agit bien de « passer des mots (de la campagne) aux actes ». En mars 2012 et à plusieurs reprises par la suite, François Hollande avait affirmé sa détermination à renégocier le traité européen de discipline budgétaire. Pour Sophie, militante du PS en Seine-Saint-Denis, « il s’agit de retrouver l’âme du discours du Bourget ».

Depuis, il a été adopté par le parlement sans aucune retouche. La « règle d’or » budgétaire, le Mécanisme européen de stabilité et le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance en Europe sont passés comme une lettre à la poste. Un état de faits que la gauche du PS n’entend pas accepter et qu’elle a soumis au vote des militants, quitte à froisser le voisin et partenaire allemand. L’un des amendements déposés consiste enfin, en toute logique, à refuser le traité relatif au grand marché transatlantique.

Jeudi dernier, 35 000 militants du Parti socialiste (sur 184 395, selon la rue de Solférino) se sont déplacés pour voter les 13 amendements soumis à leur vote. Les 4 propositions déposées par Un monde d’avance et Maintenant la gauche ont obtenu entre 60 % et 73 % de « vote pour ». Une majorité des militants socialistes s’étant prononcés ont donc clairement exprimé leur volonté d’une nouvelle donne politique à l’échelle européenne, prenant le contrepied des actes posés par le gouvernement Ayrault. Une contradiction difficile pour l’équipe d’Harlem Désir. L’équipe du premier secrétaire du PS a donc trouvé une parade : pour qu’un amendement soit adopté, il faut qu’il obtienne plus de 50 % des exprimés. Contrairement aux règles en vigueur auparavant, il ne suffit plus qu’un texte recueille plus de voix « pour » que de voix « contre » pour être accepté.

La manœuvre a fait bondir les ténors de la gauche du PS. Marie-Noëlle Lienemann dénonce « un mode de calcul aussi inédit que farfelu (qui) aboutit à un résultat politiquement absurde ». Gérard Filoche moque le « théorème Harlem » selon lequel « François Hollande n’aurait jamais été élu président de la République. Et l’ANI n’aurait pas non plus été adopté à l’Assemblée Nationale ». Le député des Landes Henri Emmanuelli tempête : « Que les militants soient dépossédés de leur expression sur l’avenir de l’Union Européenne n’est pas acceptable. Leurs positions sur la politique d’austérité, la banque centrale européenne ou encore le Traité Transatlantique sont claires et tranchées ».

Au final, les militants socialistes qui ont été voter ont choisi, à une large majorité, la « suspension du pacte de stabilité », le « changement de la politique de change européenne », le « refus du grand marché transatlantique » et un appel « à passer des paroles aux actes pour le sursaut en Europe ». Bref, ils ont dit niet à l’austérité en France et en Europe. Ces exigences, posées démocratiquement, font écho aux préoccupations mises en avant par l’autre gauche, aussi bien du côté de nombre de militants et dirigeants d’Europe Ecologie – Les Verts que du Front de Gauche. A croire que, si les appareils ont du mal à se parler, les militants, eux, veulent s’entendre.

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Vos réactions

  • Pour une fois BRAVO ! Le gouvernement va-t-il entendre ?
    Va-t-il enfin changer de cap ? Va-t-il choisir enfin ?

    Paul REGUER Le 17 juin 2013 à 10:12
       
    • si l’autisme se soignait, ça se saurait

      colonel vabien Le 20 juin 2013 à 10:03
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  • A quel jeu de Gribouille, perdant-perdant, jouent nos dirigeants avec l’austérité ? L’histoire ne dit pas si cet hurluberlu, qui se jetait à l’eau pour éviter la pluie, s’est noyé ou s’il savait nager. Mais il est certain que la déflation qui normalement suit la décroissance, qui menace en France, et qui a commencé en Grèce et autres pays latins, sous la pression des banques, arrangera ceux qui ont des liquidités. Les entreprises petites et moyennes seront phagocytées.
    Vive la décroissance et la colonisation financière des pays du sud, et probablement ensuite aussi, celles du reste de l’Europe. Sauf la Grande-Bretagne, qui sortira de l’U.E et évidement la Suisse pays où règne la finance internationale. C’est le prix à payer pour la paix décerné à l’U.E avec juste raison...

    Peretz Le 22 juin 2013 à 08:40
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