Accueil > Politique | Par Catherine Tricot | 26 novembre 2013

Emmanuelle Cosse, portrait d’une ascension

Article publié le 26 novembre 2013. Ancienne rédactrice en chef de Regards,
Emmanuelle Cosse sera très probablement
la future secrétaire nationale d’Europe
Écologie-Les Verts. Le départ précipité
et pas tout à fait volontaire de Pascal
Durand, l’actuel secrétaire national,
accélère le mouvement. Emmanuelle Cosse
a de nombreux atouts pour briguer
et emporter ce poste. Portrait.

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Son engagement est fermement
à gauche. Tenante du
« non » au référendum de
2005, cette proche de Cécile
Duflot pourrait faire la
synthèse dans une maison
verte qui hésite beaucoup.
Emmanuelle Cosse a rejoint récemment
EELV mais son passé militant associatif,
à Act-Up puis aux côtés du Gisti où elle
met sa formation de juriste au service des
sans-papiers, lui ouvre les portes d’un
parti qui valorise l’engagement associatif
et cherche la présence d’acteurs de la
société civile. Dès 2008, où elle soutient
les Verts lors des municipales à Paris.
Un bout de chemin qui n’a pas été suivi
de grande assiduité. Au point qu’Emma
hésite en 2009 à entrer sur une éventuelle
liste Patrick Braouezec aux régionales.
Pas de liste Braouezec. Pas
d’Emma au Front de gauche : elle ne fait
pas partie du sérail Front de gauche et
n’entre pas dans les radars. Elle rejoint
la liste écolo, seule à lui proposer un
engagement politique. Dans la foulée,
elle franchit le pas de l’adhésion avec
le passage des Verts à EELV. Emma est
une femme de sa génération : la gauche
à gauche, c’est oui ; explorer sans fin
les différences entre toutes ses composantes,
c’est pour elle sans grand
intérêt. Elle va où elle pense qu’elle peut
agir. Élue vice-présidente de la région
Ile-de-France, elle prend en charge le
logement. Ça lui va comme un gant. Elle aime les questions concrètes et faire
avancer les dossiers.

Cela ne lui pose aucun problème de
passer de Têtu à Regards. De Regards
aux Verts. Sa colonne vertébrale est
moins écolo ou sociale que morale.
Elle campe sur des valeurs qui sont
au coeur de ses engagements. Son
relatif désintérêt pour les débats de la
politique instituée la conduit à négliger
des questions qu’elle va pourtant
devoir traiter. Exemple : être ou ne pas
être au gouvernement ? Qu’en pense-telle
vraiment ? En vérité, je crois qu’elle
s’en fout un peu. Duflot peut trouver ça
pratique dans un moment de grandes
incertitudes stratégiques.

Évidemment, elle ne devient pas présidente
d’Act-Up, vice-présidente de région,
secrétaire nationale d’EELV sans
qualités personnelles, sans le vouloir
et sans aimer le pouvoir. Elle obtient
ce qu’elle veut. Mais quand elle est
quelque part, c’est à fond. À Act-Up, où
je l’ai rencontrée, elle avait la fermeté
des activistes de l’urgence. À Regards,
elle partageait l’esprit d’auto-organisation
qui conduit la « rédac chef » à
réécrire les articles, vérifier une facture
puis animer une réunion de rédaction.
Des articles de presse font état d’un
certain autoritarisme d’Emmanuelle
Cosse. Nous ne l’avons jamais vue ainsi
au journal. Au fond, Emma est de la
couleur du milieu où elle se trouve. Elle
y déploie une énergie exceptionnelle
pour le faire fonctionner. Ne lui demandez
pas aussi de le changer. Alors, le
problème c’est peut-être plus la vie
interne des Verts que la psychologie
d’Emma Cosse.

Lire aussi :
Sergio Coronado, « Pour peser il ne suffit plus de s’ancrer à gauche »
Les Verts, concentré de contradictions)
Rouges et verts, une utopie ?

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