Accueil > Monde | Par Guillaume Liégard | 22 octobre 2013

Espionnage de la NSA, de mieux en mieux

Les nouvelles informations révélées par le journal Le Monde sur les activités d’espionnage des États-Unis en France sont proprement consternantes.

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Au début de l’été, le premier épisode de l’affaire Snowden, cet informaticien de la NSA qui a révélé au monde l’écoute généralisée par les USA de ses partenaires européens, était déjà gratiné. On se rappelle la situation rocambolesque d’Edward Snowden bloqué pendant de longues semaines à l’aéroport international de Moscou et demandant l’asile politique à 21 pays dont la France. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait alors non seulement refusé d’accorder cet asile mais s’était en plus ridiculisé en interdisant le survol de l’espace aérien français à l’avion du président bolivien Evo Morales en provenance de Moscou. Cette haute diplomatie s’était achevée par un incident diplomatique avec quatre pays d’Amérique latine.

Dans son édition du lundi 21 octobre et sur la base d’une étude attentive de documents de la NSA, le quotidien Le Monde a révélé l’ampleur de l’espionnage de la NSA qui a tout particulièrement ciblé la France. Les données d’institutions gouvernementales, d’entreprises et de particuliers ont été massivement interceptées et enregistrées. Par exemple, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d’enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par la NSA. Les documents font aussi apparaître que les États-Unis se sont intéressés de très près aux activités d’une entreprise comme Alcatel-Lucent. On n’ose imaginer le tollé généralisé si une telle activité d’espionnage industrielle avait été le fait d’un pays comme l’Iran ou la Chine...

Devant, l’ampleur des révélations, le gouvernement français, qui contrairement au Brésil ou à l’Allemagne avait été bien discret, a été obligé de réagir. Le président socialiste de la commission des lois à l’Assemblée nationale a dû se résoudre à déclarer : « Les États-Unis n’ont pas d’alliés, que des cibles ou des vassaux ». De son côté, Laurent Fabius a convoqué l’ambassadeur des États-Unis au Quai d’Orsay. Ces réactions constituent le strict minimum syndical et seront sans conséquence aucune. Pourtant une autre attitude est possible. Après des éclaircissements d’Obama qu’elle a trouvés peu satisfaisants la présidente du Brésil, Dilma Roussef, a décidé le 17 septembre d’annuler une visite d’État aux USA, initialement prévue le 23 Octobre. Par simple respect de lui-même, ou pour peser sur les négociations du traité transatlantique, on aurait pu espérer un geste équivalent du gouvernement français. Il n’en sera rien.

Sûr de son fait, le gouvernement américain vient de déclarer « ce que nous faisons, tout le monde le fait » : une forme de bras d’honneur doublé d’un cynisme sans limite, mais après tout pourquoi donc se priver.

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  • Cela fait partie des conséquences du 11-Septembre, alors qu’on ne sait toujours pas qui a organisé ces attentats..

    Arnaud Le 23 octobre 2013 à 03:07
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