Accueil > Monde | Par Christelle Gérand | 8 octobre 2013

États-Unis, les nouvelles stratégies des anti-avortements

Aux États-Unis, depuis l’arrêt Roe v. Wade de 1973, l’avortement est un droit constitutionnel. Mais il en faut davantage pour décourager les pro-life, qui réussissent à faire reculer ce droit dans de nombreuses villes, voire d’États.

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La tactique locale. A défaut de pouvoir faire interdire l’avortement, les militants pro-vie redoublent d’efforts pour mettre fin aux IVG tardifs. Roe v. Wade autorise en effet les États à les limiter et même les interdire. 12 États proscrivent la procédure après 20 semaines, estimant que le fœtus peut ressentir la douleur à ce stade de son développement. Mais même dans les autres États, les avortements tardifs sont menacés, en particulier ceux dans lesquels il ne reste qu’une clinique. Par souci d’efficacité, les militants pro-vie concentrent leurs efforts sur les villes qui les autorisent.

Ainsi, si l’État du Nouveau Mexique, contrôlé par les Démocrates, a refusé de limiter le droit des femmes à avorter, la clinique de la capitale Albuquerque est en péril. Les pro-vie ont réuni 27 000 signatures - bien plus que les 12 091 nécessaires - pour obliger la mairie à organiser un référendum. Le 19 novembre, les électeurs devront décider du sort des avortements après 20 semaines, sans exception en cas de viol ou inceste. D’après les sondages, l’interdiction devrait passer.

Bud et Tara Shaver, qui ont déménagé à Albuquerque pour pouvoir y militer à plein temps après une « formation » dispensée par l’organisme Operation Rescue, jubilent d’avance. Il ne reste aujourd’hui que trois cliniques pratiquant des avortements au troisième trimestre aux États-Unis. Et peut-être bientôt seulement deux.

Le rezonage. En Virginie, les pro-vie se sont attaqués à la clinique qui pratiquait le plus d’IVG. Ils se sont relayés 18 mois durant pour prier chaque jour devant la clinique de Fairfax. Le propriétaire a fini par demander à la clinique de déménager de la zone résidentielle dans laquelle elle se trouvait, du fait des perturbations occasionnées. Mais lorsque la clinique a demandé un permis pour ouvrir dans un autre bâtiment, la mairie a sorti de son chapeau une nouvelle ordonnance réclamant davantage de places de parkings. En juillet, elle a reclassifié les cliniques en « installations médicales » nécessitant un permis spécial de 4 800 dollars.

Hygiène et sécurité. États et municipalité ne cessent d’augmenter - sans raison autre que de porter un coup économique aux cliniques - les critères d’hygiène et de sécurité. Depuis 2012 par exemple, les cliniques du Mississipi doivent être sponsorisées par un hôpital local. Les hôpitaux évitent les pressions des pro-vie en ne délivrant pas les précieux permis. C’est également le seul État à exiger que les praticiens d’IVG soient des obstétriciens-gynécologues.

En Pennsylvanie et en Virginie, l’État exige dorénavant que les cliniques répondent aux exigences des blocs opératoires. Installer des lavabos à robinet mains-libres, remplacer le système de chauffage et de climatisation entre autres a coûté 400 000 dollars à la clinique de Pennsylvanie du Sud-Est.

La tactique locale est efficace : depuis 2010, plus de 50 cliniques ont dû fermer leurs portes.

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