Dans les locaux de l'usine Fralib à Gémenos. Deux des "101 raisons de lutter". (Photo: E.R.)
Accueil > Résistances | Par Emmanuel Riondé | 3 octobre 2013

Fralib, l’année de la Scop ?

Trois ans de lutte à Fralib. Entre appel au boycott et échéances judiciaires, le lancement d’une Scop reste le cap fermement tenu par les salariés.

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Samedi 28 septembre, les salariés de Fralib, à Gémenos dans les Bouches du Rhône, ont franchi le cap des trois ans de lutte. Trois jours avant, la Cour de Cassation, Chambre sociale, avait rejeté le pourvoi des dirigeants concernant la 2ème procédure (annulée par la Cour d’Appel d’Aix en Provence le 17 novembre 2011). Le deuxième PSE est donc définitivement annulé. Une nouvelle victoire judiciaire importante pour les salariés après celle acquise le 28 février dernier quand la Cour d’Appel d’Aix avait annulé la procédure du 3ème PSE. Cette fois, Unilever est également condamné à payer 3 000 € au Comité d’Entreprise.

Trois ans après l’annonce, le 28 septembre 2010, de la fermeture du site de Gémenos par la direction, les salariés continuent donc de remporter les batailles dans les prétoires.
« Nous attendons maintenant avec beaucoup de sérénité le jugement qui sera rendu le 15 octobre prochain par le juge de l’exécution du Tribunal de Grande Instance de Nanterre que nous avons saisi pour qu’une astreinte soit fixée et contraindre le Groupe Unilever à respecter les décisions de justice de notre pays », assurent les Fralib dans un communiqué du 25 septembre.
Un Groupe qui, de son côté, refuse de présenter un nouveau PSE et d’entamer le dialogue avec les salariés porteurs depuis près de deux ans d’un projet de SCOP visant à relancer la production de thé et d’infusions sur le site. Plutôt que de se plier aux décisions judiciaires, Unilever poursuit sa stratégie de pourrissement. Il peut pour cela compter à la fois sur sa bonne santé économique - avec en 2012, un chiffre d’affaire de plus de 51,3 milliards d’Euros dont 2,6 en France - et sur le peu d’empressement du gouvernement à intervenir dans le dossier. Un gouvernement probablement convaincu que « la réputation de conduire quotidiennement ses affaires avec intégrité » dont se prévaut Unilever est fondée. « Nos salariés et nos partenaires sont sensibilisés à ces principes tels que le respect de la loi (...) », assure, sans rire, le site du groupe.

Fidèles à leurs habitudes, les Fralib continuent donc de prendre leur lutte et leur destinée en main. Le week-end des 15 et 16 septembre à la fête de l’Humanité, ils ont vendu des sachets d’infusion de tilleul conditionnés par leurs soin sur le site de l’usine qui leur appartient. Du tilleul acheté dans les Baronnies (La Drôme) « à un prix rémunérant justement les producteurs ». Une dimension essentielle de leur projet de reprise en Scop. Le fruit d’une réflexion globale sur la production qui se veut à la fois inscrite dans l’espace local et intégrant des paramètres économiques, sociaux et environnementaux. « Nous avons apporté la preuve et fait la démonstration que nous pouvions mettre en œuvre une partie de notre projet sur une production locale avec des produits de la région, qui privilégie les circuits courts, qui favorise les producteurs locaux de plantes aromatiques et médicinales et que l’outil de travail pouvait redémarrer à tout moment. », soulignent les salariés, convaincus de la viabilité de leur projet et toujours bien décidés à le défendre. Samedi, pour leurs trois ans de lutte, ils ont lancé une nouvelle campagne de boycott des produits du groupe.

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