Accueil > Politique | Par Sophie Courval | 22 janvier 2014

Hollande, premier patriarche de France

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« Les affaires privées se traitent en privé. » Ainsi parlait François Hollande, tout auréolé d’une dignité très Ve République, en réponse aux journalistes qui l’interrogeaient sur ses aventures adultérines lors de sa dernière prestation télévisuelle. « Les affaires privées se traitent en privé. » Si seulement c’était vrai… peut-être que François Hollande aurait évité de traverser tout Paris en scoot, casque au vent, pour rejoindre sa jeune maîtresse, sachant qu’il était Président et donc susceptible d’être photographié à tout moment. Peut-être que le soir de son élection, il nous aurait épargné le patin de la victoire face caméra avec Valérie Trierweiler, ainsi intronisée dans son rôle de « Première dame » (la version élyséenne de la femme au foyer ?).

Car en réalité, s’il avait réellement voulu garder privée sa vie privée, il l’aurait fait. Or au lieu de cela, il nous rejoue, dans une version légèrement remaniée (hors mariage), l’histoire du couple présidentiel de la Ve république. À savoir une représentation publique du privé, qui promeut le modèle du couple bourgeois, largement inspiré du XIXe siècle : Monsieur aux affaires du pays, Madame aux bonnes œuvres (travail non rémunéré) et quand Monsieur a des maîtresses, Madame regarde ailleurs et garde le sourire lors des déplacements officiels. C’est dire si l’on aimerait que la vie privée des hétéros-Présidents français reste privée tant cette répartition des rôles entérine les stéréotypes de sexes et impose le modèle de la domination masculine au sommet de l’État. Évidemment, il ne s’agit pas ici de porter un jugement moral sur la fidélité en général, et les infidélités du Président en particulier, mais bien de souligner que le couple bourgeois réclame une femme vertueuse et compréhensive tandis qu’il autorise les « liaisons mondaines » du mari.

Et gare à celle qui tentera de modifier, même à la marge, la narration bien rodée de la vie privée du couple présidentiel. Pour preuve, depuis le début du mandat de Hollande, Valérie Trierweiler, « "ingérable" dans les "moments de faiblesse" », n’a pas tout à fait tenu sa place de « Première-dame-même-pas-mariée » (un statut conjugal qui aurait nécessité de sa part davantage d’humilité ?), et sa cote, affaiblie par un tweet « déplacé » adressé au rival politique de la première dame du Président, peine à s’en relever. « Ne vous mariez pas avec Valérie, on l’aime pas », conseillait en mars dernier une Dijonnaise à François Hollande. Une franche hostilité qui semble ravivée par sa récente hospitalisation pour « grosse fatigue »« À l’heure ou Hollande veux en finir avec le gaspillage de la sécu, Trierweiler serait bien inspirée de se calmer chez elle » [1] – tandis que les amours adultères de Hollande lui confèrent pour de bon le statut de Président normal… dans la lignée de ses prédécesseurs.

Notes

[1Relevé sur les forums de discussion.

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