Accueil > Culture | Par Thomas Bauder | 13 juin 2013

Just the Wind, ce vent mauvais qui souffle sur l’Europe

Ours d’argent au dernier festival de Berlin, Just the Wind, du réalisateur hongrois Bence Fliegauf, revient via la fiction sur la vague d’assassinats de familles Rroms perpétrés en Hongrie ces dernières années. Un film sans compromis ni complaisance.

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Voilà un film dont l’histoire commence mal et se termine encore moins bien. Soit Mari et ses deux enfants, roms de Hongrie, tentant de s’en sortir dignement dans un pays qui ne les a jamais porté dans son cœur, en attendant d’émigrer au Canada. Leur quotidien ne serait que misérable s’il n’était pas aggravé par une menace qui pèse sur les familles isolées, celle de se faire assassiner en pleine nuit par un groupe armé.

Tiré de faits réels ayant eu lieu en Hongrie entre 2008 et 2009, le film de Bence Fliegauf prend le parti de dénoncer le racisme torve de la société magyarde envers les Rroms sans pour autant se complaire dans la bonne conscience doloriste. Ainsi le portrait des villageois montre-t-il une communauté Rrom loin, très loin des clichés « gypsie kings ».

A la façon des frères Dardennes, le réalisateur choisit de suivre l’action avec un temps de retard, de façon à ce que le spectateur n’en sache pas plus que le personnage, qu’il soit dans la même inquiétude de l’instant suivant. Un procédé efficace jusqu’à la suffocation… A l’issue de la projection on ne peut s’empêcher de repenser aux propos tenus il y a peu par un élu UMP qui déclarait à propos des deux mille Rroms présent sur le territoire de la métropole marseillais que c’est « deux mille de trop. Même s’ils étaient dix, c’est encore trop ». En Hongrie comme en France c’est toujours avec des Guy Tessier que ça commence. Avec au bout de la haine, toujours le même visage, celui dégueulasse de la mort. Si ce n’est que le vent, il pue terriblement.

Just the Wind de Bence Fliegauf. Avec Katalin Toldi, Gyöngyi Lendvai, Lajos Sárkány. En salles le 12 juin.

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