Accueil > Culture | Chronique Mon oeil par Clémentine Autain | 26 septembre 2013

La Vie domestique, 24h dans la vie d’une femme

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Ce film est un bijou. De réalité. La réalisatrice Isabelle Cjazka, remarquée en 2010 pour son premier long métrage D’amour et d’eau fraiche, signe aujourd’hui La Vie domestique, une adaptation du best seller anglais de Rachel Cusk (Arlington Park). Le film se passe dans une banlieue parisienne, autour de quelques femmes de milieux favorisés ayant suspendu leur activité professionnelle pour élever leurs enfants. Le personnage principal, joliment incarné par Emmanuelle Devos, tente de décrocher un entretien pour un emploi dans une maison d’édition. Nous la suivons pendant 24h, au cœur de sa vie familiale et domestique, aux côtés de ses voisines – Julie Ferrier, Natacha Régnier, Helena Noguerra - qui vivent un quotidien du même tonneau. Le spectateur, la spectatrice sont embarqués dans ses difficultés matérielles, ses tensions intérieures et extérieures, ses désirs contradictoires, son enfermement dans la maison. L’approche est particulièrement réussie parce qu’elle n’est ni simpliste ni caricaturale, évitant de distribuer les mauvais points aux « salauds » masculins et les bons points aux femmes opprimées. C’est tout l’enjeu de l’intériorisation des rapports de domination qui est ici mise en scène. Les hommes semblent ailleurs (de la maison). Et eux aussi insatisfaits… de voir leur femme insatisfaite.

La Vie domestique permet d’entrevoir les marges de progression pour parvenir à l’émancipation individuelle et collective. Il montre le jeu de rôles dans lequel hommes et femmes sont enfermés et nous parle de ce moment de l’histoire, le nôtre, où les identités masculine et féminine sont troublées, bousculées par les avancées du droit des femmes. À sa façon, le film nous emmène là où nous pouvons défaire le genre pour réinventer les places et les désirs de chacune et chacun. Intimiste, à la fois dramatique et drôle, le film d’Isabelle Cjazka sonne comme un anti Desperate Housewives, cette série américaine qui mettait en scène quatre femmes de banlieue chic de façon normative et irréelle. On respire.

La Vie domestique, d’Isabelle Czajka. Avec Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier. En salles le 2 octobre.

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