Accueil > Monde | Par Emmanuel Riondé | 11 juillet 2013

La mort d’Ilan Halevi

Disparition d’une grande figure du mouvement national palestinien.

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Ilan Halevi n’aura pas vu avant de mourir l’avènement d’un Etat palestinien, projet pour lequel il s’était tant battu et avait tant donné. L’homme qui est mort hier à Clichy, à l’âge de 69 ans, n’était pas connu du grand public. Mais tous ceux qui s’intéressaient un tant soit peu à la question palestinienne l’avaient lu, entendu et/ou croisé au moins une fois, tant son histoire et sa trajectoire personnelle ont été intimement et durablement liées à cette grande affaire du XXe siècle. Se disant « 100% juif et 100 % arabe », il était né en France en 1943 au sein d’une famille juive. Rejoignant l’Organisation de libération de la Palestine dans les années 70 après avoir milité dans les rangs de l’extrême-gauche israélienne antisioniste, il représentera plus tard l’OLP auprès de l’Internationale socialiste et sera vice-ministre des affaires étrangères du gouvernement Abbas. Proche d’Arafat, on avait pu apercevoir - c’était peu fréquent - sa silhouette ronde et bonhomme dans les médias, au moment de la mort du président palestinien en France en novembre 2004.

Intellectuel (auteur de plusieurs ouvrages), journaliste (il fut l’un des piliers de la regrettée Revue d’études palestiniennes), musicien et polyglotte, Ilan Halevi était avant tout un dingue de politique. Tous ceux qui l’ont connu témoignent aujourd’hui de sa pertinence, de la finesse de ses analyses, de son humour aussi. Il se sera totalement engagé au sein du mouvement national palestinien, jouant notamment un grand rôle ces vingt dernières années au cœur du dispositif diplomatique. « Il n’est pas exagéré de dire qu’Ilan Halevi a joué un rôle clé dans le long processus de reconnaissance de la Palestine par la Communauté Internationale » écrivait hier Michel Warschawski. Tous les amis de la Palestine sont en deuil ce matin. C’est l’un de leurs vieux camarades, pas le moindre des combattants, qui est mort hier.

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