Accueil > Politique | Par Clémentine Autain | 13 janvier 2014

« La seule liaison qui nous intéresse est celle de Hollande avec le libéralisme »

Vos réactions (8)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Les présumées aventures sentimentales du président de la République ont fait les choux gras médiatiques ces derniers jours. François Hollande aura donc réussi à inverser une courbe, celle de la vente de Closer. Après l’omniprésence de l’affaire Dieudonné, ce sont les affres d’un homme « normal » qui trompe sa femme, au plus haut sommet de l’État, qui font la une des journaux. Dire que l’on s’en fout est un doux euphémisme. La seule liaison qui nous intéresse est celle de François Hollande avec Pierre Gattaz ou disons, plus généralement, avec le libéralisme économique. Les polémiques successives occupent le terrain en lieu et place du coeur de l’action gouvernementale, de son incapacité à modifier l’ordre existant, de sa facilité à prolonger les méfaits de l’orientation sarkozyste. Les crises multiples sont-elles si effrayantes que la diversion, le zapping soit devenu un sport national par incapacité à affronter le « dur » des problèmes contemporains ? Nul doute que les Français sont lassés, préoccupés et, pour beaucoup, désespérés par ce climat.

En attendant, l’affaire Trierweiler marque les défiances actuelles dans le rapport entre le privé et le politique. La « première dame de France » est considérée comme une femme à statut. Ainsi, l’état de santé de Valérie Trierweiller serait un enjeu national car elle est un personnage public. Avons-nous élu un couple à la tête de l’Etat ? Valérie Trierweiler n’a pas de fonction publique, le statut de première dame n’en est pas un. D’ailleurs, elle revendiquait un temps son indépendance. La compagne du Président n’est pas un personnage politique, même si son rôle auprès de Hollande ne doit pas être sous-estimé, même si la tradition internationale fait du couple présidentiel une entité diplomatique.

Par ailleurs, Hollande et le PS peuvent réagir vertement contre cette atteinte à la vie privée que constitue la révélation de cette liaison extra-conjugale mais il ne faut pas oublier que le couple avait en son temps posé intimement dans Paris Match. À mesure que leur parole et leur pouvoir semblent amoindris, les politiques deviennent des personnages people. Nicolas Sarkozy a excellé dans cet art de la mise en scène intime. En donnant ce qu’il voulait et en portant plainte contre les journalistes et photographes qui racontaient une autre version. Ce privé donné en partage est aussi une façon de contrecarrer le sentiment d’un éloignement des hommes politiques de la majorité des citoyens. Leurs émotions, leur vie intime ainsi racontées sont censées les rapprocher de nous.

Cette méthode est dangereuse… À force de se mettre à nu pour masquer la faiblesse des clivages politiques, ils prennent le risque de ce genre de dérapages. Puisque droite et gauche divergent de moins en moins sur le fond, c’est le style de l’homme qui prend la première place. La presse people est l’une de celle qui se porte le mieux. C’est dire si notre société ne tourne pas rond.

Vos réactions (8)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • On savait Hollande petit imitateur du Florentin. On le croyait roublard, on le découvre potache attardé !
    Pauvre France...

    Jean-Paul Garnier Le 14 janvier 2014 à 03:36
  •  
  • Un journaliste qualifié hier, Valérie Trierweiler de maîtresse et Julie Gayet de courtisane, ce en quoi je suis tout à fait d’accord. Pour moi nul besoin de première dame, elle n’a aucune légitimité. Par contre ce qui serait intéressant c’est de reconnaître le droit à la polygamie, car qu’est ce d’autre, femme + maîtresse ou maîtresse + courtisane ainsi que époux + amant ou amant + courtisan. Allez un peu de courage, allons jusqu’au bout et plus d’hypocrisie !!!!

    Mathieu Le 14 janvier 2014 à 06:26
  •  
  • « son incapacité à modifier l’ordre existant »… Ne faudrait-il pas plutôt écrire : « son acharnement à préserver l’ordre existant » ?

    Ferdinand Le 14 janvier 2014 à 11:31
  •  
  • je supporte de moins en moins cette façon de dire qu’on en parlera pas tout en n’en parlant !

    l’essentiel est bien : La seule liaison qui nous intéresse est celle de François Hollande avec Pierre Gattaz ou disons, plus généralement, avec le libéralisme économique. Les polémiques ...............affronter le « dur » des problèmes contemporains ?

    C’est 5 lignes ........
    et 30 lignes à quand même s’étendre sur le fait divers !

    cohérence ?

    PrNIC Le 14 janvier 2014 à 18:36
  •  
  • Un seul mot d’ordre : Vive la 6é République !!!
    Démocratique, solidaire, émancipatrice....

    G.P. Le 14 janvier 2014 à 22:34
  •  
  • françois hollande
    tu nous trompes avec le capitalisme.
    Le socialisme est bien cocu maintenant.

    Claeys olivier Le 15 janvier 2014 à 08:16
  •  
  • Puisque droite et gauche divergent de moins en moins sur le fond, c’est le style de l’homme qui prend la première place.

    Clémentine, il faut perdre ce fâcheux tic de langage qui consiste à assimiler le PS à la gauche. Il était une fois....
    Le PS version Hollande n’est même plus social-démocrate car les sociaux démocrates étaient réformistes. Ceux-la ne sont que démocrates à la sauce anglo-saxonne, c’est à dire une droite ripolinée.

    Francis B. Le 15 janvier 2014 à 09:08
  •  
  • Je tire la chasse !

    Peretz Le 17 janvier 2014 à 11:53
  •  
Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?