Accueil > Nos sélections | Chronique Mon oeil par Clémentine Autain | 18 septembre 2013

Le féminisme expliqué aux petites filles

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La littérature enfantine est connue pour être un haut lieu de la normalisation des comportements garçons/filles. De Martine à la plage au Petit ours brun, c’est bien le monde séparé du rose et du bleu, des princesses et des chevaliers, qui domine - de façon caricaturale pour les albums d’hier, de façon parfois plus subtile mais bien réelle dans ceux d’aujourd’hui. Or, progressivement, des albums tordant le coup aux stéréotypes sexistes émergent dans les bacs des librairies. En cette rentrée, deux d’entre eux attirent l’œil féministe. La militante Delphine Beauvois signe un efficace On n’est pas des poupées dans un univers graphique particulièrement séduisant, celui de Claire Cantais. Avec pour sous-titre « Mon premier manifeste féministe », on ne s’étonne pas d’y retrouver quelques notices, en fin d’album, de femmes célèbres telles que Simone de Beauvoir. La belle maison d’éditions Rue du Monde livre dans le même temps Le Grand zoo de la mode, un plaidoyer rigolo contre la mode imposée par les magazines. Une sorte d’éloge de la beauté au naturel. Le tout reste bien rose, histoire d’appâter le chaland féminin de 4 ou 6 ans… Qui ne manquera pas de nous interroger sur les idées bizarres véhiculées dans ces livres. Sans doute que le travail de création d’imaginaires d’un nouveau genre pour les petites filles, que Nelly Chabrol-Gagne [1] appelait de ses vœux dans son magnifique Filles d’albums, n’est pas encore né, ici comme ailleurs. Mais l’entreprise de sensibilisation antisexiste dès le premier âge a maintenant des outils simples et esthétiquement réussis. Ce n’est pas rien.

On n’est pas des poupées, Delphine Beauvois et Claire Cantais, La ville brûle, 14 euros. Parution le 3 octobre, www.lavillebrule.com

Le grand zoo de la mode, Kristin Roskifte, Rue du Monde, 16 euros.

Notes

[1Nelly Chabrol Gagne, Filles d’albums. Les représentations du féminin dans l’album, L’Atelier du poisson soluble, Le Puy-en-Velay, 2011, 240 pages, 38 euros.

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  • Je trouve très dur d’être père de deux petits garçons et de trouver dans leurs lectures un monde à l’ancienne où maman est gentille, fait la cuisine, le ménage, les courses, ... tandis que papa n’apparaît que pour être rassurant.
    Or dans le monde connu des enfants, c’est à dire le monde qu’ils voient, tout ou presque se passe à la maison.
    Ainsi leurs lectures confortent les garçons dans leur désir de jouer, d’être dans un monde imaginaire, malgré les parents qui s’efforcent au partage des tâches, malgré la présence du père dans la maison.
    C’est avant tout aux garçons qu’il faut expliquer le féminisme, c’est terrible de découvrir que leurs livres n’ont pas évolués. On se retrouve désarmé.

    Zéroheure Le 28 septembre 2013 à 00:57
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  • Pauvre Clémentine ! Ton point de vue est entièrement basé sur une perception erronée du monde, un ressentiment irrépressible et grotesque, qui voudrait une égalité en tout, entre les sexes, entre les races, entre les ruminants et les carnivores, entre les végétariens et les cannibales, entre l’air et l’eau, entre la glace et le feu.
    Mais le monde est INEGALITE EN TOUT.
    Il ne s’agit pas de ne pas lutter contre l’injustice, il s’agit de reconnaître et respecter la nature. Tu auras beau ruminer toute ta vie, essayer de pisser debout, de te faire greffer une bite, tu ne seras jamais un homme. Tu auras beau essayer de faire pisser les garçons assis, tu ne leur colleras jamais un utérus, des seins et du bon lait. Moi, je te jetterais dans la toundra glacée avec une lance, pour singer le mâle et tuer l’auroch, puis le prendre sur ton dos pour le ramener dans la grotte, nourrir les femelles au foyer et les marmots, à l’abri du vent et de la neige.
    Voilà où conduit l’illusion égalitaire. Trop d’études pour les imbéciles ne fait pas des êtres intelligents, mais des cons supérieurs. A entendre trop de parasites supérieurs ânonner sans relâche des conneries supérieures, de nature à faire régresser notre civilisation, on souhaite les mettre au travail dans la dure réalité pour faire avancer la France. Comme disait mon père : "une pelle et une pioche, et les routes seront bien creusées pour l’avancée des mâles conquérants".
    Salutations. Terranova

    terranova Le 28 septembre 2013 à 02:27
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  • terranova, ta vision semble effectivement provenir de la toundra glacée de ton imaginaire où, avec une lance, tu singes toi-même le mâle et tues l’auroch, puis le prends sur ton dos pour le ramener dans la grotte, nourrir les femelles au foyer et les marmots, à l’abri du vent et de la neige.

    Accessoirement, ton post est très belle illustration de la façon dont on convertit magiquement la nature en culture, puis la culture en nature. Il semble cependant que les "cons supérieurs" soient bien les mâles dominants préhistoriques qui croient pouvoir survivre aujourd’hui.

    Ce ne sont évidemment pas les différences qu’il faut abolir, mais les rapports de domination.

    Mes excuses si ton message était au second degré : auquel il serait tout aussi drôle – mais évidemment moins dramatique – que si une personne authentique l’avait posté.

    terraancestra Le 30 septembre 2013 à 12:41
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