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Accueil > Société | Par Sophie Courval | 9 septembre 2013

Les Sans-papiers marchent sur le Grand Paris

Le 7 septembre dernier, les militants Sans-papiers ont commencé leur grande marche à travers l’agglomération parisienne du Grand Paris à la rencontre de ses élus et de ses habitants.

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Samedi midi, l’union nationale des Sans-papiers (UNSP) inaugurait à sa manière la nouvelle place de la République à Paris. Regroupés devant la statue, une centaine de militants équipés de banderoles et de mégaphones se préparaient à partir pour une longue marche en Ile-de-France. De fait, pendant un mois, migrants et Sans-papiers parcourront les villes du Grand Paris à la rencontre des élus et des habitants des quartiers. Objectif ? « Questionner les pouvoirs en place sur les répercussions que peut avoir sur notre avenir la transformation à l’échelle d’une vingtaine d’années de l’agglomération parisienne en une métropole à dimension européenne et mondiale, indique le texte de l’appel à la marche. […] Attirer l’attention de tous, et des pouvoirs publics en particulier, sur les interstices, les zones fragiles, les angles morts, les parts d’ombres, les hors-champ, tout ce monde des “sans” que le projet aura négligés, oubliés. »

Pour ce faire, les militants ont prévu d’organiser des débats avec les habitants des quartiers et notamment auprès des jeunes. « Depuis 20 ans, les partis politiques ne trouvent pas de solution aux problèmes des banlieues. Nous, nous avons des idées. Nous avons beaucoup de choses à échanger avec les jeunes des cités, et nous sommes bien placés, parce que ce sont nos enfants, nos petits-enfants, les enfants de nos frères », déclare Sissoko Anzoumane, porte-parole de la coordination parisienne des Sans-papiers. Et d’ajouter : « Une cité dans une ville, c’est comme un village. Les habitants doivent s’organiser entre-eux en s’inspirant de la gestion villageoise qui existe en Afrique pour participer aux débats et mettre la pression sur les politiques. »

Afin de préparer au mieux leur périple à travers le Grand Paris, les membres de l’UNSP ont envoyé des courriers aux élus locaux afin de les rencontrer pour échanger mais aussi pour travailler l’organisation des débats et être accueillis. Bilan : zéro réponse. Dans certains départements, comme celui de la Seine-Saint-Denis, les militants pourront compter sur le réseau associatif. Dans d’autres, ils devront se débrouiller seuls. « Nous camperons devant les mairies en espérant que les élus comme les habitants viendront à notre rencontre, explique Sissoko Anzoumane. Nous organiserons des débats devant les centres de rétention, les sous-préfectures et les préfectures pour expliquer le sens de cette marche et convaincre les Français »

Car de fait, l’enjeu de cette action est aussi « Dénoncer la politique du gouvernement à l’égard des Sans-papiers ». Les membres de l’UNSP envisagent d’ailleurs de récolter un maximum de signatures au bas de la pétition rédigée pour l’occasion, avant de la déposer à l’Elysée, point d’arrivée de la marche prévue le 6 octobre prochain. Parmi les revendications inscrites à l’ordre du jour, on retrouve pêle-mêle, la régularisation de tous les Sans-papiers, la fermeture des centres de rétention, l’arrêt des expulsions, le respect du droit d’asile et…la promulgation du droit de vote pour les étrangers. Une mesure phare du programme de campagne de François Hollande tombée dans les oubliettes du Palais présidentiel. « Jamais un gouvernement PS n’a appliqué des lois aussi extrêmes à l’égard des Sans-papiers, constate Sissoko Anzoumane. Nous avons voté François Hollande, nous voulons une politique de gauche. »

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  • Merci de couvrir cette actualité en partant du terrain et de ce qui se fait dans les mobilisations concrètes. Sur ce sujet comme bien d’autres, on ne voit pas bien la différence entre la gauche de gouvernement et la droite.

    Slupin Le 11 septembre 2013 à 14:36
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