Accueil > Economie | Par Bernard Marx | 10 octobre 2013

Les économistes ne sont pas tous des sales types (3)

Revue de presse périodique de ce que disent les économistes sur le monde tel qu’il va et tel qu’il pourrait aller mieux.

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Au sommaire

Le budget 2014
« Le Capital au XXIe siècle »
La désindustrialisation

Budget 2014 : la question cachée

Depuis 2011 une politique budgétaire d’austérité est mise en œuvre en France par le gouvernement de N. Sarkozy puis de façon amplifiée par celui de F. Hollande. Il en a été de même à des degrés variables dans les autres pays de l’Union européenne. Cette politique a enfoncé notre pays comme l’ensemble de la zone euro dans la récession et aujourd’hui la stagnation, une nouvelle progression du chômage de masse et de la pauvreté. Sans réussir à résoudre les problèmes de déficit et de dettes publiques qui étaient prétendument sa raison d’être. On observera au passage le « plantage » de la « théorie économique » qui sert de justification à la défense des intérêts des marchés financiers. Cette théorie nous disait que les restrictions budgétaires étaient sans effets notables sur la croissance, la dépense privée (consommation des ménages et investissement des entreprises) étant supposée prendre le relai de la dépense publique. Mais les économistes du FMI eux-mêmes ont dû admettre qu’ils avaient fait « une erreur ». Les explications sont ici (en Anglais). En fait, l’impact négatif des politiques budgétaires restrictives est d’autant plus fort que l’on se trouve en situation d’insuffisance de la demande et de taux d’intérêt proche de zéro. Dans un tel contexte la demande privée ne prend pas le relai de la restriction budgétaire publique. Au contraire, les effets dépressifs s’entretiennent mutuellement.

Les questions de base sur le projet de budget pour 2014 rendu public par le gouvernement le 25 septembre sont donc de savoir : 1) si l’austérité budgétaire se poursuit et avec quelle ampleur et 2) si elle aura les mêmes effets sur la situation économique et sociale que celle conduite les années précédentes. Ces questions ont fort peu occupé les médias principalement attachés à faire monter
« le ras le bol fiscal » comme un nouveau consensus, annonciateur d’une future nouvelle offensive de grande envergure contre l’État social.

Parmi les rares analyses se préoccupant de la question, voici ce qu’en dit Eric Heyer, économiste à l’OFCE : 1) oui la politique budgétaire prévue pour 2014 est toujours restrictive mais avec une ampleur un peu moindre qu’en 2013 : « Le gouvernement dit que la Commission
(européenne) demande de faire 0,8 % du PIB d’efforts structurels, c’est-à-dire 16 milliards. Il annonce un peu plus, 18 milliards, et explique que ces efforts seront obtenus à 80 % par une baisse des dépenses publiques et non par les impôts. Les prélèvements obligatoires seront, en effet, stables en 2014, mais on voit bien qu’au sein des prélèvements obligatoires, vous avez les impôts payés par les entreprises et ceux payés par les ménages. Le gouvernement a choisi d’épargner les entreprises mais pas les ménages. Quand il affirme qu’il y aura une « pause fiscale », elle existe bien pour les entreprises, mais pas pour les ménages »
. 2) « Ce budget ne soutient pas la croissance, mais la pénalise au contraire, car il vise plutôt à réduire les déficits. Certains disent que réduire les déficits pourrait permettre un retour à la croissance dans 5, 6 ans, c’est discutable. Ce qui est sûr c’est qu’à court terme, ce budget ne permet pas de faire plus de 0,9 % de croissance. Et 0,9 % de croissance, ce n’est pas suffisant pour permettre à l’économie française de créer des emplois et au chômage de baisser ».

Le piège du ras le bol fiscal

Le débat se concentre donc à tort sur les impôts. Le ras le bol fiscal est affiché comme une prétendue nouvelle exigence populaire. Il est soutenu par le gouvernement, ministre de l’Économie en tête, par la droite et par le patronat. C’est un piège qu’analyse l’économiste Thibault Gajdos (directeur de recherche au CNRS) (Le Monde, 1er octobre 2013) :
« Entre 1980 et 2011, les prélèvements de l’Union européenne sont restés inférieurs à 1 % du produit intérieur brut (PIB), ceux des collectivités locales ont augmenté, passant de 3 % à 6 % du PIB, ceux de la Sécurité sociale de 17 % à 24 % du PIB, et ceux des administrations centrales de l’Etat ont diminué, passant de 19 % à 14 % du PIB. Et c’est bien parce que les prélèvements ont été massivement orientés vers la Sécurité sociale (pensions, santé, prestations sociales) que les Français ne rejettent pas l’impôt. Les Français ne veulent pas moins d’impôt : ils veulent un impôt plus juste, qui permette de financer la protection sociale. Vouloir miner ce consensus en agitant un prétendu "ras-le-bol fiscal" n’est pas seulement malhonnête : c’est dangereux ».

Evidemment la légitimité de l’impôt est minée de toute part : par un système fiscal illisible, complexe, faiblement progressif et même régressif pour les plus riches ; par un dumping fiscal européen qui favorise l’évasion fiscale à grande échelle pour le grand capital et concentre les impôts sur le travail et la consommation ; par la dégradation des services publics que l’impôt finance ; par la faiblesse des réformes mises en place par le gouvernement Hollande.

Bref si l’on veut sortir du piège il faut remettre la question de la réforme fiscale en haut de l’agenda politique plaident ensemble Thomas Coutrot d’Attac, Vincent Drezet de Solidaires, Liêm Hoang Ngoc de Paris I, Dominique Plihon de Paris XIII et Xavier Timbeau de l’OFCE (Le Monde, 1er octobre 2013). « Pour en finir avec le "ras-le-bol fiscal", nous estimons qu’il faut au contraire affirmer le rôle central de l’impôt dans une société et mener une véritable réforme fiscale de fond portant non pas sur le niveau global des impôts et taxes, mais sur leur structure … Il s’agit d’engager sans tarder une réforme dont l’orientation serait de rendre la fiscalité :

  • – plus juste, c’est-à-dire mieux répartie entre agents économiques (riches/pauvres, petites/grandes entreprises, pollueurs/non-pollueurs) et plus progressive, tant au niveau local et national qu’européen. A ce sujet, des règles communes européennes sont absolument nécessaires, par exemple en matière d’imposition des sociétés, pour neutraliser les effets pervers de la concurrence et de l’optimisation fiscales ; l’instauration d’un taux plancher sur une base unique est indispensable ;
  • – plus simple, ce qui passe par une réduction importante du nombre de dispositions dérogatoires (les "niches fiscales") et permet de dégager des ressources sur la base d’un système fiscal dont la progressivité serait harmonieuse et permettrait d’en finir avec un système caractérisé par des taux marginaux élevés assis sur des assiettes étroites ;
  • – plus stable, afin de renforcer la lisibilité fiscale une fois la réforme achevée ».

It’s the capital stupid !

Dans le climat actuel des idées et des politiques mettant en accusation le travail, son coût et les droits sociaux des salariés présumé excessifs, il est d’utilité publique que le débat porte sur le capital.
La nouvelle somme de Thomas Piketty, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’économie de Paris (« Le capital au XXIème siècle », Les livres du nouveau monde, Seuil, 968 pages) et la médiatisation qui l’entoure sont donc appréciables.
Le travail de Thomas Piketty porte essentiellement sur la répartition des richesses et sur leurs inégalités. Le plus gros du livre est consacré à étudier l’histoire des patrimoines et du capital depuis le XVIIIe siècle et la révolution industrielle. Il repose sur un énorme travail statistique conduit par l’auteur en collaboration internationale avec de nombreux chercheurs.

L’enjeu est posé dès la première page : il s’agit de savoir si la dynamique du capitalisme « conduit inévitablement à une concentration toujours plus forte de la richesse et du pouvoir en quelques mains comme l’a cru Marx au XIXe siècle ? Ou bien les forces équilibrantes de la croissance, de la concurrence, et du progrès technique conduisent-elles spontanément à une réduction des inégalités et à une harmonieuse stabilisation dans les phases avancées du développement, comme l’a pensé Kuznets au XXe siècle ». (Simon Kuznets est un économiste américain d’origine russe, l’un des pères des comptabilités nationales après la 2ème guerre mondiale, prix Nobel en 1971). Les réponses apportées quoiqu’« imparfaites et incomplètes » sont sans ambiguïté. La dynamique historique du capitalisme est effectivement une dynamique de concentration des patrimoines et des revenus. Un rééquilibrage a eu lieu au XXe siècle. Il est le résultat des destructions de patrimoine des deux guerres mondiales, des nationalisations et des institutions sociales de l’après-guerre qui ont réduit l’accumulation du patrimoine privé et favorisé une croissance forte plus proche de celle du rendement du capital. Mais depuis les années 1970 le mouvement s’est inversé, retrouvant la dynamique historique fondamentale du système. A tel point qu’actuellement, au début des années 2010, la totalité de ce que possèdent les Français en patrimoine mobilier, financier est de l’ordre de six à sept années de revenu national, soit le niveau de la « belle époque »au début du XXe siècle, alors qu’en 1950, 1960, on en était à deux ou trois années.

Bien entendu les différences sont sensibles d’un siècle à l’autre et entre les pays, selon l’histoire et les luttes sociales et politiques de chacun d’entre eux. Le capital a changé de main. La terre et la dette publique comptent moins que le capital industriel et financier et le patrimoine immobilier. Une classe moyenne patrimoniale a émergé dans tous les pays riches depuis le milieu du siècle dernier. La concentration des patrimoines aux USA était moins forte qu’en Europe au XIXe siècle. Elle est maintenant plus élevée ainsi que les inégalités de salaires avec l’émergence de rémunérations extrêmement élevées, notamment parmi les cadres dirigeants des grandes entreprises et de la Finance.

Le passé dévore l’avenir

Le facteur essentiel de ces inégalités est que le rendement du capital privé (constitué par les intérêts les dividendes, les plus-values, les loyers) tend à être continuellement et significativement plus élevé que la croissance du revenu global, même déduction faite des impôts. Cela entraîne une diminution inexorable de la rémunération du travail et une concentration des revenus en même temps que du patrimoine. L’avoir prend le pas sur le faire. « Le passé dévore l’avenir » dit Thomas Piketty. « En moyenne, ce que rapporte le capital dans une année va être d’au moins 4 % ou 5 % et, pour les plus hauts patrimoines, 7 %, 8 %, voire plus. Quand la croissance est de 5 %, les choses s’équilibrent puisqu’on peut entrer dans le jeu, accumuler à partir de son salaire, de son travail. Quand l’évolution de la production est au mieux de 1 %, la logique qui se met en place est terrible : les patrimoines qui viennent du passé sont recapitalisés plus vite que la production et les salaires, et ça conduit à un degré de concentration des patrimoines extrêmement élevé » (débat à la fête de l’Humanité 15 septembre 2013 avec Emmanuel Todd et Jean-Christophe Le Duigou).

Or selon Thomas Piketty, la tendance de la croissance au moins dans les pays riches devrait être durablement au mieux de 1% par habitant et par an ce qui déjà ne serait pas si mal. Dans ces conditions les inégalités vont devenir insupportables. « Les défenseurs du marché devraient s’en inquiéter. Aussi concurrentiel soit-il, ce marché n’empêchera pas, dans les décennies à venir, le rendement du capital d’être supérieur, au taux de croissance, et donc les inégalités de se creuser, mécaniquement. Avec le risque qu’un repli national brutal - nationalisme politique ou protectionnisme exacerbés - finisse par servir de soupape de sécurité aux tensions sociales ».

Thomas Piketty prône le retour à une imposition conséquente des hauts revenus et un impôt progressif annuel sur le capital. Une mesure à mettre en œuvre, sinon au niveau mondial, du moins au minimum au niveau européen. Cela fait de la transformation de l’Europe une bataille cruciale.

Inutile de préciser que les « défenseurs du marché » n’ont pas été touchés par la grâce. Ainsi Jean-Marc Daniel, économiste au très patronal Institut de l’Entreprise, accuse Thomas Piketty d’aborder « le problème de l’accumulation du capital de façon plus partisane que vraiment scientifique » (Le Monde, 30 août 2013). « En théorie économique, explique-t-il, si le capital rapporte tant, c’est-à-dire si son prix est si élevé, c’est qu’il est relativement rare…Si on laisse son volume augmenter du fait du libre jeu du marché, son rendement baissera, la tendance à son augmentation et sa concentration se corrigeront ». Qu’importe donc les faits retracés avec soin par Thomas Piketty. Pour cet esprit « scientifique », la preuve du pudding c’est qu’on en a la recette et non pas qu’on le mange.

Cela dit, si l’apport de Thomas Piketty est incontestable, on peut aussi regretter qu’il soit question quasi uniquement des effets de la loi de l’accumulation du capital sur la répartition et non sur la production elle-même. « Le Capital au XXIe siècle est étudié ici comme capital-propriété, et non comme capital–fonction ( distinction importante de Marx) constate l’économiste François Chesnais. On n’y trouvera rien sur la concentration, l’internationalisation de la production ou la mise en concurrence mondialisée des travailleurs qui sont le substrat du rendement du capital ». (Le Monde, 30 août 2013).

Thomas Piketty constate à juste raison que « l’évolution technologique ne mène pas nécessairement ni même naturellement à l’égalité ». « L’importance globale des qualifications augmente, mais l’importance globale du capital non humain, de l’immobilier, des machines et des équipements, des brevets, augmente également très fortement. Donc l’équilibre entre les deux, à très long terme, ne change pas nécessairement. Pour donner plus d’importance au travail et plus de contrôle aux travailleurs dans le processus de production et dans la société, il ne faut pas compter sur l’évolution technologique. Il faut compter sur les institutions bien humaines, sociales, fiscales, organisationnelles. Ça dépend de nous, en fait. La rationalité technique ne conduit pas vers la rationalité démocratique ».

Certes, mais c’est tout de même un peu court alors qu’il s’agit précisément d’avoir quelques idées sur la façon dont les luttes sociales peuvent se saisir des énormes transformations technologiques en cours avec des objectifs de « rationalité démocratique ». L’accumulation, la concentration du capital sont loin d’être neutres sur le type de productivité prédominant dans l’économie. Comme on l’entend tous les jours, la baisse du coût du travail est leur méthode privilégiée.

La théorie économique contre l’industrie ?

Dans le Monde du 25 septembre 2013, Augustin Landier (Professeur à l’Ecole d’économie de Toulouse) et David Thesmar (Professeur d’économie à HEC Paris) plaident contre la politique industrielle du gouvernement et pour que l’Etat accompagne la désindustrialisation au lieu de la combattre. Tout cela au nom de la « théorie économique (qui ) fournit des clés pour délimiter, avec précision, le périmètre des actions de l’Etat ». Et donc la « Théorie économique » nous tiendrait à peu près ce langage : « Oui, la France se désindustrialise : ce n’est ni une pathologie ni une catastrophe. Cette évolution, "grand espoir du XXe siècle" selon l’économiste Jean Fourastié, il est temps que l’Etat choisisse de l’accompagner plutôt que de la combattre inutilement. Dans la société postindustrielle, la révolution numérique fournit des emplois épanouissants pour les travailleurs qualifiés ; mais les services offrent aussi beaucoup d’emplois potentiels pour les travailleurs peu diplômés. Plutôt que de mobiliser la capacité fiscale du pays pour le sauvetage d’une industrie qui remplace toujours plus les travailleurs peu qualifiés par des robots, on pourrait la déployer pour rendre solvables ces emplois de services qui seuls pourront guérir le pays de son chômage de masse ».

Pour un peu France, Espagne, Italie, Finlande, Irlande, Portugal, Grèce devraient donc se réjouir et non pas déplorer que leur capacités de production de l’industrie a reculé de 10% à 30% depuis 2008, cependant que l’ Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, ou la Belgique dont les capacités ont continuer d’augmenter devraient se plaindre.

Sauf que comme l’explique Patrick Artus (Natixis Flash économie, 19 septembre 2013)
« Les conséquences de cette évolution sont très importantes et insuffisamment analysées :

  • - divergence des niveaux de revenu et de croissance entre les deux groupes de pays, puisque les salaires industriels sont plus élevés et que les gains de productivité sont plus élevés dans l’industrie ;
  • - migrations vers les pays où l’industrie s’est concentrée, la population active suivant les emplois ;
  • - difficulté croissante à équilibrer la balance commerciale dans les pays désindustrialisés, d’où la nécessité pour ces pays de comprimer fortement et durablement leur demande intérieure ;
  • - difficulté croissante à stabiliser les taux d’endettement dans les pays désindustrialisés, avec le recul de leur PIB potentiel et la contraction de la partie plus sophistiquée de leur économie ».

    Elle a vraiment bon dos la « Théorie économique ». L’industrie reste un pilier essentiel du développement économique et social. Elle est responsable d’une part importante de la recherche et développement de l’innovation et des exportations. La mise en œuvre et la maitrise des mutations technologiques et du savoir tout comme l’essor des services ne peuvent exister sans socle industriel.
    L’enjeu de la politique économique n’est donc pas de savoir s’il faut ou non défendre et reconquérir des capacités de production industrielle mais de savoir si cela peut se faire en privilégiant la baisse des coûts salariaux et la mise en cause des droits sociaux. L’analyse de Catherine Sauviat et Claude Serfati , économistes à l’Ires , « La compétitivité de l’industrie française : évolution des débats, initiatives et enjeux », publiée en mai 2013 reste de ce point de vue d’une grande actualité. Après avoir analysé les impasses de la politique actuelle, les auteurs concluent :
    « La France, comme un certain nombre d’autres pays européens, est confrontée à l’alternative suivante : continuer à multiplier les mesures de compétitivité coût via la poursuite d’une politique de réformes structurelles au détriment de ses partenaires dans une logique concurrentielle, ou bien s’orienter vers le développement de programmes visant à renforcer sa compétitivité structurelle, à repenser ses spécialisations dans le cadre d’une logique coopérative à l’échelle européenne, fondée sur des complémentarités et non plus sur des rivalités entre voisins ». Une fois encore la bataille de la transformation de l’Europe apparait essentielle.
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