Les salariés de PSA dans les rues de Bobigny, le 8 novembre 2012 © Nathanaël Uhl
Accueil > Economie | Par Nathanaël Uhl | 25 avril 2013

PSA, rumeur de fermeture anticipée mais vrai bond en bourse

Annoncée pour 2014, la fermeture du site PSA d’Aulnay-sous-Bois pourrait intervenir plus tôt. Quoique démentie, cette information a provoqué une hausse de 8 points de l’action PSA. Les actionnaires se partagent, en sus, 350 milliards d’euros.

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C’est la journée qui en dit long sur la situation à PSA. Ce mercredi 24 avril, coup sur coup, le directeur financier du constructeur automobile annonce une fermeture anticipée du site d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le cours de l’action PSA enregistre une « envolée » de 8 % à midi, l’assemblée générale des actionnaires se répartit 350 millions. Une concordance de faits qui témoigne que le capitalisme contemporain estime ne plus avoir besoin de salariés pour créer de la richesse. PSA a annoncé un plan de 11 000 suppressions d’emplois incluant la fermeture de l’usine d’Aulnay et 1 400 licenciements à Rennes, le 12 juillet dernier.

Aux premières heures de ce mercredi, une fuite fait état que le site PSA d’Aulnay pourrait fermer dès cette année, alors que l’usine est sensée fonctionner jusqu’en 2014. Le directeur financier fait état de la grève des salariés du site séquano-dyonisien, « paralysant la production », pour expliquer cette décision. Quelques heures plus tard, PSA dément et parle d’une « erreur d’interprétation » tout en continuant d’accuser la CGT, dernier syndicat à soutenir la grève, d’être à l’origine des difficultés que rencontre le groupe. Des informations qui sont contredites par le fait que la direction a organisé depuis janvier le « vidage » de l’usine d’Aulnay, la mettant dans l’impossibilité technique de produire.

Cette annonce, bien que démentie, a un effet immédiat sur le cours de l’action PSA à la bourse de Paris. A midi, hier, il enregistre une hausse de 8 points.
Au même moment, les actionnaires sont réunis en assemblée générale au siège du constructeur, avenue de la Grande-Armée à Paris. PSA propose, « de ne pas verser de dividende au titre de l’exercice 2012 » compte tenu des résultats du Groupe en 2012 et « afin d’affecter en priorité les ressources financières au développement du Groupe ». La réalité des faits est encore une fois toute autre.

Les résolutions 15, 16 et 17 de l’ordre du jour distribuent la bagatelle de 350 millions d’euros aux actionnaires et à « certains salariés ». L’ordre du jour explique : « L’accord de l’assemblée des actionnaires est sollicité pour autoriser M. Varin (président de PSA) à acheter, avec l’argent de l’entreprise, des actions PSA en bourse (opération dite de "rachat d’actions") pour un montant pouvant aller jusqu’à 320,44 millions € et l’autoriser à détruire tout ou partie des actions PSA achetées ». Pour une entreprise au bord de la faillite, l’opération questionne.

Quelques 200 salariés se sont donc rassemblés une nouvelle fois devant le siège parisien de PSA. En grève depuis 15 semaines, ils ont exprimé leur refus du « chantage » patronal à la fermeture anticipée. « C’était ce qu’ils avaient prévu de faire. Quand ils parlaient d’une fermeture en 2014, c’était en fait en janvier 2014, explique Philippe Julien, secrétaire du syndicat CGT d’Aulnay. PSA veut coller sur le dos des grévistes l’anticipation. Ils se servent de ce prétexte parce qu’ils sont en échec complet devant la détermination des grévistes. »

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