Accueil > Culture | Par Arnaud Viviant | 15 novembre 2013

Quelque chose d’écrit, d’Emanuele Trevi, éd. Actes Sud

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Emanuele Trevi n’a pas connu personnellement Pier Paolo Pasolini, mais cela ne l’empêche pas d’écrire un des meilleurs livres à son sujet. En revanche, il a bien connu Laura Betti, l’actrice fétiche de PPP, en tout cas dans ses premiers films. Trevi a travaillé sous ses ordres à Rome, quand elle dirigeait le fond Pasolini. Il la surnomme « la folle » et elle ne l’appelle jamais autrement que « la petite pute ». Ambiance.

Dans Quelque chose d’écrit Trevi fait un portrait hilarant et touchant de Laura Betti, mais aussi de cette Italie des années 1990 qui assiste en même temps à la première victoire électorale de Berlusconi et à la parution de Pétrole, le grand roman inachevé de PPP, dix-sept ans après sa mort. Dernier grand monument de la modernité littéraire (après, rideau !), Pétrole est réputé difficile à lire : un peu comme si le lecteur avançait, entre échafaudes et éboulis, dans un grand chantier textuel.

Ce n’est pas le moindre mérite d’Emanuele Trevi d’être ici le cicérone de cette œuvre complexe et illimitée, de le faire avec objectivité, en se rapportant au texte, mais aussi subjectivement, en se fiant à une intuition. Pour Trevi, PPP qui s’était lancé dans la rédaction de Pétrole après avoir réalisé Salo ou les 120 journées de Sodome, avait eu une révélation. Trevi écrit : «  Le fait que le monde se réduise à une marchandise lui apparaissait comme l’enfer qui a pris possession de la vie. D’une certaine manière, que l’on ne peut préciser avec exactitude, mais qui est évidente, sa transformation en spectre commence avant la nuit de l’Idroscalo (celle de son assassinat, ndlr). “Pétrole” et “Salo” sont aussi cela, deux têtes de pont, deux moyens de se projeter au-delà des limites de sa propre vie, pour adopter le point de vue d’un mort. »

Quelque chose d’écrit, d’Emanuele Trevi, éd. Actes Sud, 337 p., 23,50 euros.

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