Accueil > Monde | Par Philippe Ridou | 17 juin 2013

Soirée de soutien au peuple grec

Mardi 18 juin à 20 heures au Théâtre du Châtelet, Paris Ier. Avec le soutien de Regards.

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« Democracy, no signal » inscrit en plein dans la mire, l’image est à la hauteur du choc. Depuis une semaine la radio et la télévision publiques grecques (ERT) n’émettent plus. Les forces de l’ordre ont démonté les antennes, c’est le blackout sur les ondes. L’austérité monte encore d’un cran. Sommé par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) de dégraisser le service public de 2000 personnes en juin, le Premier ministre Antonis Samaras, a décidé unilatéralement de fermer l’ERT. En effet, le Pasok et la gauche démocratique, membres de la coalition gouvernementale, se sont opposés au décret. Cette mesure est une manière pour Antonis Samaras de faire coup double, voire triple : d’abord sortir les 2700 personnels de l’ERT des effectifs des fonctionnaires, ensuite selon sa propre expression, de « lutter contre les bastions d’opacité et de gaspillage ». Enfin, de faire oublier la privatisation ratée de l’entreprise du gaz.

Un décret totalement contraire au traité européen d’Amsterdam qui reconnaît le service public de radiodiffusion « comme directement lié aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de chaque société ainsi que la nécessité de préserver le pluralisme dans les médias » (protocole annexe au Traité d’Amsterdam). Soutenus par 65% des Grecs, et fort de la mobilisation européenne, les personnels de l’ERT occupent les locaux et continuent, malgré la coupure d’ondes, à rédiger des articles et à tourner des reportages. Certains sont postés sur Internet. Grâce à l’intervention de l’Union européenne de radio-télévision (UER), les images sont également diffusées par satellite sur les canaux via l’ERT international.

Ce lundi soir, le gouvernement grec se réunit pour décider du sort de l’audiovisuel public : une réouverture partielle pourrait être actée. Mais la mise sous contrôle de la nouvelle structure par un groupe de sages élus pour neuf ans pose la question de l’indépendance de ces médias. Une étape qui prépare l’instauration d’une future radio-télévision-internet grecque baptisée « nerit ». Ironie de l’histoire, le domaine « nerit.gr » n’a pas été acheté par l’Etat – « Des petits malins » se le sont accaparé. « Résultat, lorsqu’on tape « nerit.gr » désormais, on tombe... sur les programmes de la défunte télévision publique ERT qui continue malgré tout à diffuser sur Internet. Avec cette annonce bien sentie : « nerit.gr n’est pas disponible, svp essayer la-pizzeria-qui-a-fermé.gr », nous informe Libération. La bataille pour l’information ne fait que commencer.

En solidarité avec le peuple grec, Mediapart organise une soirée de soutien le mardi 18 juin à 20 heures, au Théâtre du Châtelet, à Paris.

Artistes, journalistes, intellectuels grecs et français viendront témoigner et défendre la nécessité d’un service public audiovisuel indépendant des pouvoirs :

  • • Thomais Papaïoannou, correspondante de l’ERT
  • • Elise Lucet, France2
  • • Jean-Paul Philippot, président de l’Union européenne de radiodiffusion
  • • Christophe Deloire, secrétaire général de RSF
  • • Olivier Schrameck, président du CSA
  • • Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris
  • • Statis Kouvélakis, chercheur, professeur en philosophie politique
  • • Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue de la revue αληthεια (Athènes)
  • • Panos Angelopoulos, Collectif de solidarité des Grecs à Paris
  • • Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil
  • • Edwy Plenel, pour Mediapart, lancera un Appel citoyen pour l’Europe de la culture et de la liberté d’information.

    Des musiciens grecs animeront la soirée : Katerina Fotinaki, compositrice chanteuse et musicienne, avec Stamos Semsis, premier alto de l’Orchestre national de l’ERT, et Orestis Kalabalikis, guitariste.

L’entrée est gratuite. Venez nombreux !

En partenariat avec Reporters sans frontières (RSF) et avec le soutien de l’Humanité, Marianne, Les Inrockuptibles, Regards, Politis ainsi que les associations Attac et le Comité Roosevelt 2012.

RSVP : invitations@mediapart.fr

Théâtre du Châtelet
1, place du Châtelet
75001 Paris

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