Accueil > Société | Par Nathanaël Uhl | 24 octobre 2013

Violences policières contre le DAL, les mouvements populaires en ligne de mire

Samedi 19 octobre, la répression d’une manifestation de mal-logés occasionne une douzaine de blessés dont Jean-Baptiste Eyraud, du DAL. Elle semble frapper particulièrement les mouvements de "sans" et les revendications pointant les contradictions du gouvernement.

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Même lorsqu’il se rend à l’Inspection générale des services (la police des polices), Jean-Baptiste Eyraud est accueilli par un cordon de CRS. Le porte-parole de l’association Droit au logement (DAL), vient pourtant porter plainte contre des membres de ce corps de policiers après les violences qu’il a subies de leur part samedi 19 octobre. La manifestation contre la répression et les violences policières prévue le lundi suivant a été interdite par le Préfet de police de Paris. Une répression qui interroge jusque dans les rangs de la majorité gouvernementale.

Le 19 octobre, les mal-logés sont rassemblés place de la République à Paris, comme c’est le cas depuis le mardi précédent. Ce samedi, la manifestation pacifique s’inscrit dans le cadre d’une journée européenne d’action pour le logement. A Paris, environ 200 personnes y participent. Claude Chaumeil, militante du DAL présente sur les lieux, témoigne d’une « violence disproportionnée ». La répression occasionne une douzaine de blessés, selon le DAL, dont Jean-Baptiste Eyraud qui souffre de deux côtes cassées. Une vidéo, diffusée sur Youtube, montre des militants encerclés par les forces de l’ordre, des bousculades, et brièvement un policier donnant deux coups de pied au porte-parole du DAL à terre.

Pour Jean-Baptiste Eyraud son association est « dans la ligne de mire » : « On se mobilise, on bouge. Alors voilà… » Dans un communiqué, le DAL évoque d’autres incidents en province le même week-end, notamment à Toulouse et Poitiers. Mais d’autres mouvements ont été victimes de violences policières : des salariés de Goodyear rassemblés devant le siège du groupe à Rueil-Malmaison le 12 février dernier aux syndicalistes de l’Hôtel Dieu à Paris. Sans oublier l’acharnement judiciaire contre les « 5 de Roanne ». Pour Jean-Baptiste Eyraud, il y a là une forme de cohérence. « C’est caractéristique de la période. La répression frappe surtout les mouvements populaires, les mouvements de "sans" : sans-papiers, sans logements, sans emploi… »

Mais la violence policière exercée le 19 octobre a bouleversé jusqu’au sein de la majorité. Dans un communiqué signé de Pascal Durand, secrétaire national, Europe Ecologie-Les Verts condamne des « violences policières inacceptables ». Le parti écolo, qui siège au gouvernement, réclame l’ouverture immédiate d’une enquête « pour faire toute la lumière sur cette répression inadmissible ».

Présente aux côtés des mal-logés dès le mardi 15 octobre, Danielle Simonnet, secrétaire nationale du Parti de gauche, a aussi rejoint le rassemblement place de la République le samedi, après l’intervention des CRS. Elle témoigne de l’encerclement des manifestants restant et de leur privation de libertés. Pour elle, la répression est symptomatique de la politique du gouvernement : « Elle frappe particulièrement les mouvements porteurs de revendication qui illustrent la contradiction entre les promesses du candidat Hollande et les actes du gouvernement. »

Si EELV a réagi, Cécile Duflot, prise à partie par les manifestants le 19 octobre, ne s’est pas exprimée. Contacté à plusieurs reprises, le cabinet de la ministre était injoignable, occupé au Sénat par la discussion sur le projet de loi sur le logement, projet auquel le DAL s’oppose.

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