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Accueil > Résistances | Par Nathanaël Uhl | 30 avril 2013

Virgin Megastore : dans l’indifférence, la mobilisation continue

Faute de repreneur, les 26 magasins Virgin Megastore pourraient fermer au 30 juin entraînant le licenciement de 1 016 salariés. Une offre a été déposée par le groupe Rougier & Plé, insuffisantes pour les syndicats. Ils réclament aux propriétaires un plan social digne de ce nom.

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« En fait, je vaux 250 euros. » Lionel, venu avec 3 de ses collègues d’Avignon, a du mal à digérer l’offre de reprise des 26 magasins Virgin Megastore, en liquidation judiciaire. Il précise bien : « C’est la seule ». Pour l’heure, au-delà des chiffres annoncés ici et là, seul le groupe Rougier & Plé a déposé un plan de reprise de la chaîne de distribution culturelle. Faute d’accord, il reste aux 1 016 salariés de la marque fondée par Richard Branson un plan social réduit au strict minimum. Aussi, avec ses collègues de toute la France, Lionel a pris le train pour grossir le rassemblement intersyndical de ce 30 avril.


L’actionnaire principal actuel, le fonds d’investissement Butler Partner Capital, a annoncé qu’il pourrait mettre un peu au pot du plan social. Lionel, 13 ans d’ancienneté, a fait son calcul, il n’y a rien : « Il n’y a pas de plan social. Je m’en sors avec deux mois de salaire en prime. Vous imaginez ce que ça donne pour quelqu’un qui n’a que 5 ans de boîte ? ». Après avoir été manifester sous les fenêtres de Butler, ce mardi matin, c’est à Arnaud Lagardère, actionnaire minoritaire après avoir vendu l’essentiel de ses parts à Butler, que les manifestants veulent demander des comptes.

L’offre Rougier & Plé n’a pas l’heur de plaire aux salariés. Le groupe, propriétaire entre autres de Graphigro, propose 1,2 millions d’euros pour le matériel, le mobilier, les salariés (auxquels il propose 285 postes de travail), les 26 magasins (dont il ne conservera que 11 sites). Et le stock, estimé, selon Lionel, à « 30 millions d’euros ». Résultat, selon ses calculs encore, Lionel « vau(t) 250 euros » pour Rougier & Plé.

Les salariés de Virgin ont espéré quand les responsables de la Fnac et de Cultura sont venus visiter les magasins, après avoir collecté toutes les données financières mises à disposition dans la fameuse dataroom. Las, les deux groupes n’ont fait aucune offre. Lionel fulmine : « Ils se sont offerts une étude de marché à l’œil sur notre dos ! » Pour lui, les deux concurrents de Virgin Megastore attendent leur tour. « On va vers la fermeture au 30 juin. Ils patientent en se disant que nous viendrons toquer à la porte sans ancienneté, avec un salaire de misère. On est bien dans le monde de la finance. »

Raison de plus pour les deux cents salariés de Virgin, accompagnés par une délégation du Front des luttes (Front de gauche), pour aller manifester jusqu’aux fenêtres du groupe Hachette. Sit in et slogans à l’appui, ils ont demandé une rencontre avec Arnaud Lagaradère, qui a fini par y consentir. Les grévistes de ce jour entendent bien l’amener à ouvrir le portefeuille pour abonder le plan social. Lionel résume : « On se bat pour avoir mieux que le minimum légal ». A l’heure actuelle, Hachette réclame 6,5 millions d’euros d’arriérés à Virgin Megastore. De source syndicale, Butler Partner Capital a laissé une ardoise de 22 millions.

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