Accueil > Culture | Par Marion Rousset | 9 octobre 2013

Révolte aux Beaux-Arts, les étudiants défendent leur territoire

Nicolas Bourriaud, nommé à la tête de l’Ecole nationale des beaux-arts il y a tout juste deux ans, doit affronter la colère des étudiants.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

La colère monte chez les étudiants de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Ils ont appris le 2 octobre au soir dans une note qui leur était adressée que l’hôtel de Chimay, soit quatorze ateliers, seraient fermés les 4, 8 et 9 octobre, des perturbations étant également prévues le 7 octobre. En cause ? La location de ces espaces de travail à l’entreprise Ralph Lauren pour y organiser un événement privé. Cette fermeture concerne quatorze ateliers soit quinze professeurs et plusieurs centaines d’élèves : « Plus de la moitié des étudiants de l’école se voyant ainsi privée de son espace de travail pendant cinq jours. » La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Des élèves rassemblés vendredi dernier ont installé des banderoles « L’école n’est pas à vendre » et « Les ateliers ne sont pas à louer ».

Dans la foulée, ils ont lancé une pétition pour protester contre « l’occupation des espaces de travail pour des événements privés durant les horaires réguliers d’ouverture » qui avait recueilli dans le week-end plus de 400 signatures. Ils exigent qu’ateliers de pratique artistique, ateliers et bases techniques, galeries (quand elles sont réservées par des étudiants ou des professeurs), médiathèque et amphithéâtre ne soient plus « occupés ni réquisitionnés sous aucun prétexte d’ordre non pédagogique ». Dans une lettre adressée aux étudiants et professeurs, Nicolas Bourriaud, arrivé en 2011 à la tête de l’ENSBA, a assuré souscrire à ces revendications.

Lundi après-midi, il était invité à répondre aux questions et attentes dans la salle d’honneur pleine à craquer. La presse n’était pas conviée mais, informés de cette réunion, nous nous y sommes glissés. « Existe-t-il d’autres moyens que la location ? », « En quoi est-ce si difficile de dire aux partenaires qu’il est impossible de louer ces espaces ? », « Peut-on avoir un droit de regard sur le choix des mécènes, la gestion de l’image de l’école ? », etc. Concernant l’événement Ralph Lauren, le directeur invoque le fruit malencontreux de plusieurs facteurs tels que des besoins techniques formulés tardivement et une panne informatique qui a désorganisé la communication. « Ce n’est pas la faute d’un engrenage, mais d’une décision. Vous n’avez pas su dire non », rétorque un étudiant.

Une école fonctionnelle ou une belle vitrine ? L’usage de l’argent généré par le mécénat est aussi questionné. En l’occurrence, la rénovation de l’amphithéâtre d’honneur. Une remarque fuse : « Dans l’atelier Alberola, on a des fuites au sol, vous ne trouvez pas que c’est prioritaire ? » Et un autre, amer, de pointer : « Vous améliorez la façade, mais pas la qualité de vie. Vous voulez une belle école ou une école où il fait à peu près chaud l’hiver ? » C’est que pour Nicolas Bourriaud, « il est beaucoup plus compliqué de trouver un mécène pour restaurer un espace non public comme un atelier ». Le partenariat avec Ralph Lauren aurait-il pu porter sur une rénovation du réseau électrique ? Aux dires des représentants étudiants, l’entreprise leur aurait affirmé que n’est pas impossible mais que « ça ne [leur] a pas été demandé ». Reste que le manque d’information génère de l’angoisse : « On a l’impression que l’argent sert à restaurer la vitrine de l’école et qu’une fois que le bâtiment sera aux normes handicapés, on nous enverra à Saint Ouen »

Pétition de soutien : www.petitionpublique.fr

Site des étudiants :
actionsensba.weebly.com

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?