Accueil > Politique | Entretien par Clémentine Autain | 17 septembre 2013

Yannick Jadot, eurodéputé EELV, « Notre bilan n’est pas totalement négatif »

Ce ne sont plus des couleuvres que les écologistes avalent mais des boas. Dimanche soir sur TF1, François Hollande a douché leurs espoirs d’une taxe sur le diesel, les élus EELV devront se contenter d’un crédit d’impôt sur la rénovation thermique. Toujours selon les déclarations du Président, la future contribution climat énergie montera en puissance « de manière limitée » et n’aura « pas d’effet en 2014 ». De quoi fâcher sérieusement les écolos. Jusqu’à envisager une sortie du gouvernement ? Qu’en pense l’eurodéputé EELV Yannick Jadot ? Entretien.

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Regards.fr. Après l’intervention de François Hollande sur TF1, la question du départ d’EELV du gouvernement est-elle relancée ?

Yannick Jadot. Tant que nous pensons pouvoir faire bouger les choses, nous serons là. Je ne sais pas ce que sera le budget sur la fiscalité écologique. Je ne peux donc pas me prononcer aujourd’hui. Notre réalité, c’est que nous savons que cette affaire est compliquée. Mais s’il y a de la fiscalité écolo dans le budget 2014, ce sera grâce à nous. Et d’ores et déjà, au moins, un débat existe sur la fiscalité écolo. Si nous n’étions pas au gouvernement, il n’y aurait même pas ce débat. D’ailleurs, nous avons gagné une résolution à l’Assemblée nationale qui défend cette fiscalité. Un comité permanent d’experts a été installé après la conférence environnementale l’année dernière. Notre responsabilité, c’est de peser sur les choix gouvernementaux et le budget 2014. Si on ne vote pas le budget, on sait ce que cela signifiera en terme de coalition gouvernementale. Mais aujourd’hui, nous n’avons pas les éléments pour nous prononcer.

Où placez-vous le curseur ?

La participation au gouvernement est compliquée. Nous avons dit notre déception, même si le débat sur le gaz de schiste est clos, que la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes est différée et que nous avons une loi sur le logement. Notre bilan n’est pas totalement négatif. Pour le budget 2014, nous nous battons pour la baisse de la TVA sur l’ensemble de la rénovation thermique, sur le soutien aux énergies renouvelables, contre l’extension des porcheries industrielles. Nous nous battons et nous évaluerons dans les semaines qui viennent. Il est difficile de placer un curseur : nous jugerons ce qui sera soumis au vote. Ce qui n’est pas au rendez-vous c’est la façon de fonctionner. Le cap de la transition écologique et la méthode de travail doivent être repris. Un accord entre partis politiques dans cette Ve République n’a aucune valeur pour le Président. Cela conduit à une sorte de rapport de force permanent qui est mauvais pour le gouvernement comme pour les idées que nous portons.

On vous a vu dans rue avec les syndicats et le Front de Gauche contre la réforme des retraites. N’y a-t-il pas là un motif de rupture pour EELV ?

Nous avons clairement dit que ce projet était insuffisant. Cette loi n’est pas scandaleuse, à part sur la durée de cotisation. Mais elle ne pose aucune réforme sérieuse sur la pénibilité, la progressivité, la participation des entreprises au régime. Ceci étant, pour l’instant, ce n’est pas un casus belli.

Que diriez-vous de l’ambiance, du débat interne à EELV ?

On est tous frustrés. Nous avons souhaité participer à ce gouvernement mais il y a de la déception. On est tous d’accord sur le fait que nous ne voulons pas commenter la politique gouvernementale mais nous voulons la faire évoluer. On attend des actes. Ceux qui défendent la sortie du gouvernement sont extrêmement minoritaires au sein d’EELV. Seul Noel Mamère a pris cette position. Même les courants plus critiques ne demandent pas la sortie du gouvernement. Ceci étant, la question est posée parce que nous savons que cet automne est un moment de vérité.

Dans les sondages sur les intentions de vote pour les prochaines élections, on voit une érosion nette du vote EELV. Qu’en tirez-vous comme enseignement ?

On doit toujours s’interroger sur notre capacité à convaincre l’opinion sur nos propositions. La très grande majorité des partis politiques relayant les lobbies ont plutôt réussi à convaincre que la fiscalité écolo était forcément négative. Cela montre que nous avons du mal à faire passer nos idées en ce moment dans le contexte de crise. C’est l’ensemble de la question écolo qui est en régression. La période est aussi difficile pour les associations écologistes. On doit en prendre acte et démontrer notre capacité à répondre à la question environnementale, sociale et économique.

Que pensez-vous de l’idée de constituer une autre majorité, notamment avec le Front de Gauche et une partie des socialistes ?

Je ne me pose pas des questions qui ne se posent pas. Ce n’est tout simplement dans d’actualité car il n’y a pas de réalité qui corresponde à un tel projet.

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Vos réactions

  • Je crois qu’ils n’ont pas encore compris chez EELV que pour Hollande la stratègie énergétique et l’économie écologique ne sont pas sa priorité...

    Michel Guénot Le 21 septembre 2013 à 23:26
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