Accueil > Culture | Par Roger Martelli | 27 mai 2015

50 nuances de rouge

Professeure de Lettres, Pascale Fautrier a publié son roman Les Rouges en 2014, la saga d’une "dynastie" familiale de gauche. Il sort ce mois-ci en édition de poche. Une occasion de se plonger dans ce livre attachant.

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Tout le monde n’a pas la chance d’être dans une famille où l’on est communiste depuis… 1789. Dans celle de Pascale Fautrier on a été continûment jacobin après 1789, démocrate socialiste en 1848-1849, insurgé en décembre 1851, communard avec Zéphirin Camélinat, puis guesdiste, socialiste et communiste avec le même Zéphirin, figure totémique de la saga familiale. Communiste, on l’est à fond, bouffeur de socialistes jusqu’en 1934, antifasciste avant-guerre, résistant, stalinien à 100% puis à 100% critique avec Bernard, le père, brillant et intransigeant, jusqu’à la rupture avec le PCF, si douloureuse pour tant de communistes "fervents".

Tout cela se passe en Bourgogne, dans l’Yonne, au pied de la basilique de Vézelay, où fut prêchée la première croisade et d’où partent encore les pèlerins de Compostelle, puis à Migennes, ville cheminote et fief communiste, jusqu’à il y a peu. Dans cette famille enracinée, on n’a connu que le bleu de la Grande Révolution et le rouge de la révolte ouvrière.

Héritage formidable, héritage écrasant

Avec une telle continuité de mémoire, l’histoire intime et l’histoire tout court se chevauchent. Par héritage et transmission soigneusement entretenue, génération après génération, on finit par "être" soi-même le peuple, l’univers ouvrier, le combat prolétarien, le communisme comme architecture de valeurs, comme mode de vie et comme parti. Héritage formidable, héritage écrasant qui donne toute sa singularité à ce qui est, en même temps, une histoire commune, pouvant se partager avec tant d’autres.

Pascale Fautrier a choisi une forme qui, à elle seule, dit cette complexité et cette totalité. Elle est la narratrice de la saga, mais sa voix est alternativement la sienne, celle de sa grand-mère qui a lui a donné les mots et les images de ses racines, celle de ses aïeux, celle de son père. Ce livre vaut d’être lu, car il raconte en même temps l’Histoire avec un grand "H", des histoires particulières et une histoire personnelle, qui ne fait pas le tri entre le public et le privé, le politique et l’intime. Pour qui ne connaît pas l’histoire, ce livre est un acte d’éducation populaire et une réflexion sur l’histoire, sur la politique, sur l’engagement, sur une conviction qui peut fonctionner comme une foi. Pour qui la connaît un peu mieux, c’est une manière originale de penser la dialectique redoutable de l’individu et du collectif, de l’éthique de la vérité et des intérêts partisans.

Comment rester rouge ?

On n’est pas obligé de s’intéresser à tout. On peut préférer l’évocation d’Antoine, le vigneron jacobin, ou de Zéphirin, le bronzier communard, plutôt que celle de "JC" – Jean-Christophe Cambadélis – l’étudiant trotskyste et anticommuniste devenu un hiérarque de la rue de Solferino. Mais dans tout le parcours, quel que soit le personnage central, il y a le désir, dans chaque membre de la lignée, de rester fidèle à un engagement d’égalité réelle et de totale liberté.

Rouge, toujours, solidaire et libre, sans compter. Comment l’être aujourd’hui, après tant de tensions, de générosité et de souffrance, d’espoirs fulgurants et de rudes désillusions ? Pascale Fautrier avoue qu’elle ne saurait le dire de façon simple. Continuer et être fidèle, à une couleur, à une idée, à un parti pris ? Sans doute, mais pas de la même manière. Continuer, lucidement, sans oubli et sans cynisme : Pascale Fautrier a essayé de vivre cette tension. À sa manière, dans ses dialogues, aimants et/ou tendus, avec sa grand-mère, avec son père ou avec "JC". On apprécie ou on n’apprécie pas les choix retenus, à tel ou tel moment. Mais on ne peut rester indifférent devant l’écriture élégante et vive, l’honnêteté, la sensibilité et la volonté farouche de persister, contre vents et marées.

Les Rouges , de Pascale Fautrier. Points-Seuil, 8,80 euros.

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Vos réactions

  • J’ai combattu "JC" alias Cambadellis au début des années 70 à la fac, à Nanterre. Il était aussi sympathique et franc du collier qu’aujourd’hui. Je ne vois vraiment pas ce que ce petit aparatchik manipulateur vient foutre dans un bouquin intitulé "les rouges " où il n’a pas sa place, pas plus que ne l’aurait son alter ego Pierre Laurent qui l’a invité Place du Colonel Fabien à la mi-mai. L’histoire des rouges après la désastreuse, liberticide et sanguinaire épopée de la troisième internationale, des paradis socialistes et des partis "fréres" est à inventer dans les luttes d’aujourd’hui et de demain avec toujours à l’esprit : "Plus jamais ça et plus jamais avec ces partis là ni ces hommes politiques là ou leurs descendants éventuels" (toute ressemblance...n’est pas fortuite). Et je ne lirai pas ce bouquin parce que je porte la même histoire, qu’elle à tendance nuire encore ces temps ci en nous entrainant dans le mur de l’échec comme toujours et que certains jours j’aimerais pouvoir faire de ce passé définitivement table rase .

    Fulgence Le 30 mai 2015 à 23:32
       
    • "plus jamais avec ces partis là ni ces hommes politiques là ou leurs descendants éventuels" ????

      Arfff, tout seul alors ? parce que l’un est trop rouge, l’autre pas assez.

      Ah, le collectif est quelque chose de dur à apprendre. ça me fait marrer ceux qui parlent d’inventer des choses ... mais selon leur seule idée et leur seule voie.

      Cher camarade, tu seras hélas obligé de faire avec beaucoup d’autres camarades avec lesquels tu n’es pas d’accords sur tout .... ou tu ne feras rien !

      Pascal, PCF 06, un des descendants éventuels (puisque, vu mon âge, je n’ai eu le droit de vote qu’après la chute du mur) avec qui tu ne voudras, a priori, jamais travailler au mieux-être commun.

      Pascal de Nice Le 3 juin 2015 à 17:36
  •  
  • Non, ce n’est pas de la haine, que j’entends chez Fulgence... Il a déchiré le voile d’absolu. Quand Mr Maurice ne sait, au-delà de tout, que définitivement, et tragiquement, vainement, dérisoirement, obstinément l’épaissir...

    Aubert Sikirdji Le 31 mai 2015 à 09:57
       
    • Occasion de débat ?...
      .
      Chacun sa route chacun son chemin
      Passe le message à ton voisin...
      (Tonton David)
      .
      Mais plus tard :
      .. « And now, the end is near ;
      And so I face the final curtain… »
      (Paul Anka : “My way”…)
      Le rideau tombe...
      .
      Lorsque je parle de déchirer le voile d’absolu, plutôt que le laisser absurdement s’épaissir, ce n’est pas par « manque de respect » de qui que ce soit, ni d’un individu, ni d’une institution qui l’a formé !...
      C’est que la question de LA NOSTALGIE n’est pas un faux-problème.
      .
      Pardons de faire dans « le freudo-marxisme », mais...
      .
      Jacques a dit que si on est né, ce n’est pas pour cela qu’on est sorti de l’auberge...
      .
      Allons voir Jacques Lacan (« Les complexes familiaux »), sur « La nostalgie du Tout... » : « S’il fallait définir la forme la plus abstraite où on la retrouve, nous la caractériserions ainsi : une assimilation parfaite de la totalité à l’être. Sous cette formule d’aspect un peu philosophique, on reconnaîtra ces nostalgies de l’humanité : mirage métaphysique de l’harmonie universelle, abîme mystique de la fusion affective, utopie sociale d’une tutelle totalitaire, toutes sorties de la hantise du paradis perdu d’avant la naissance et de la plus obscure aspiration à la mort. »
      .
      Je répète :
      Lorsque je parle de « déchirer le voile d’absolu, plutôt que le laisser s’épaissir », ce n’est pas par « manque de respect »...
      C’est que la question de LA NOSTALGIE n’est pas un faux-problème.
      .
      Certaines civilisations ont (eu) une pratique INITIALE, anti-nostalgique : « le sacrifice du placenta », à la naissance d’un enfant !... (Je ne développe pas...)
      .
      « Ni haine, ni oubli ? Ni remords, ni regrets ? Aucun ressentiment ? A quel prix ? Celui d’une anesthésie des sentiments ? D’une indifférence au "reste du monde" ? Du « rien ne compte », autocentré, à part mon cher Peu ce Feu, le PCF, où je RETROUVE MES ETERNELLES SENSATIONS de « mêlée humaine » ?... Et parfois un vrai sentiment océanique ?!?... De Baigneur incorrigible et impénitent, que « jamais l’on ne pourra jeter avec l’eau du bain du 20ème siècle ? »... »...
      .
      Il faut pourtant partir du fait que pour la grande majorité des gens, aujourd’hui, le PCF, le problème, c’est qu’ils s’en fichent totalement, comme d’une vieille chemise !... Et ce n’est pas parce que... « les gens » eux-mêmes seraient, pour ainsi dire, « devenus des ennemis » !...
      .
      Il faut dire que c’est une véritable HISTOIRE D’AMOUR qui se joue entre des militants « de convictions profondes », et leur Parti, oui oui, qui mobilise leur enfance, et donc « de l’infantilisme »...
      Ah ! « Le vert paradis des amours enfantines » (Baudelaire) !...
      .
      Mais « il faut aller plus loin », dans cette affaire de nostalgie. (Voir Lacan ci-dessus )...
      Concernant ceux qui « PLACENT UN TAS D’ESPOIR DANS LEUR DRAP-PEAU ROUGE » !... N’y a-t-il pas de la Nostalgie, qui se joue même avant : nostalgie de la matrice, du placenta, de l’utérus, d’un univers « aux diverses nuances de rouge » ?...
      .
      Où l’on était bien, hein Tintin...
      .
      C’est quoi, naître au monde ?
      .
      Ce n’est jamais un processus achevé. Certes, IL Y A DES VOILES A DECHIRER !...
      .
      Amicalement,

      Aubert S.

      Aubert Sikirdji Le 20 juin 2015 à 14:49
  •  
  • Les débats sont évidemment encouragés dans les commentaires des articles de regards.fr, mais, faut-il le rappeler, dans les limites de la courtoisie et du respect des autres contributeurs. Les messages recourant à l’insulte ou relevant d’une agressivité gratuite sont et seront supprimés.

    Chacun est, d’autre part, invité à rester dans le cadre défini par le sujet de l’article plutôt qu’à en prendre prétexte pour relancer de sempiternels et stériles débats qui dégénèrent trop souvent dans l’invective. Il existe, ailleurs sur le Web, suffisamment d’espaces d’expression pour que notre site ne soit pas accaparé de la sorte.

    Jérôme Latta, rédacteur en chef de regards.fr.

    Jérôme Latta Le 3 juin 2015 à 13:41
       
    • Merci, Jérôme Latta, d’avoir supprimé mon post exagéré.
      Car il se trouve que je suis de ceux qui militent contre la réciprocité des intolérance... (tout en pratiquant "l’intolérance envers l’intolérance", ce qui est un sport périlleux, mais nécessaire, si l’on ne veut pas se contenter de camper dans un humanisme de confort...)
      Ceci dit, la fascisation des esprits n’est pas non plus acceptée par Pascale Fautrier.
      ...Il arrive qu’à se sentir parfois un peu seul l’on perde momentanément ses capacités de patience intellectuelle et les pédales de la bonne expression requise, tout est affaire d’entrainement...
      Et de savoir parfois, je le reconnais, respirer avant d’écrire...

      Cordialement,

      Aubert Sikirdji

      Aubert Sikirdji Le 4 juin 2015 à 14:43
    •  
    • P.S. : ...Pour ce qui est de la courtoisie, je renvoie par exemple à la teneur constructive de mon échange avec Pascale Fautrier, sur ce site, le Le 4 novembre 2014 à 14:54 (+ sa réponse Le 4 novembre 2014 à 16:20), sous l’article " L’Ère du Peuple de Jean-Luc Mélenchon : une note de lecture", ici : http://www.regards.fr/web/l-ere-du-peuple-de-jean-luc,8024

      Aubert Sikirdji Le 4 juin 2015 à 14:54
  •  
  • @ Totolegrand-opportuniste-d-extreme-droite,
    Vous pouvez toujours « diagnostiquer » cela comme un déplorable atavisme ayant produit « une structure psychologique d’illuminé »...
    Oui, je vous le confirme, ...je suis et resterai « un rouge »...
    Et donc, ...en fonction de nos précédents échanges, en l’occurrence à propos du « principe de réalité », qui s’opposerait à celui de plaisir et d’illumination soixante-huit-tardif (un « principe de réalité » dont on nous rebat aujourd’hui les oreilles pour imposer « les réformes structurelles » sadiquement, et prétendument « nécessaires », et auquel des esprits comme le mien prétenderaient illusoirement pouvoir déroger), car c’est de cela qu’il s’agit, je vous propose de lire ces quelques phrases, écrites en ce petit matin, pour faire une petite mise au point, en vous priant de bien vouloir me pardonner d’avoir toujours l’air d’avoir réponse à tout :
     Non ! ...Le dit « communisme », -...et le dit Maurice, que vous semblez estimer, à vous croire, malgré tout ce qui vous sépare, pourrait vous le dire lui-même...-, n’est pas qu’un big fantasme obsolète, une lubie collective, irréaliste et, comme vous le dites souvent, a-pragmatique,... une utopie monstrueuse, ubuesque et sanglante ayant inverti et perverti le principe espérance,... dont non seulement l’humanité aurait trop tardé à se débarrasser, dans la mesure où ses « réalisations » étaient manifestement trop idéalistes et volontaristes pour ne pas s’effondrer comme châteaux de sable (d’autant plus violemment et soudainement que ses suppôts psychorigides, ...en ayant cru pouvoir, en son nom, ériger en réalité des « contre-sociétés », croyaient aussi pouvoir ne plus douter "scientifiquement" de rien !...),
    ...Un fantasme, autrement dit, criminel, dont il serait aussi bien indispensable d’exterminer dans l’œuf la moindre des résurgences, ou ressemblance, s’en réclamant peu ou prou, vu les précédents !...
    Car une première remarque s’impose : que les réacs en tous genre ne se réjouissent pas trop vite (à l’échelle de l’Histoire), de ce qui se répète à l’envie dans les média, par une formule toute faite, comme ayant été un effondrement « du » communisme... Car, au-delà du constat, non anodin mais insuffisant, lorsque l’on parle « des crimes du communisme », du fait que ce sont des communistes eux-mêmes qui s’y sont retrouvés pris au piège et victimes de « leur idéal » instrumentalisé...(d’aucuns pourraient se dire : « -c’est bien fait pour eux !... »), il n’est nulle preuve actuelle que l’effondrement de « l’hypothèque » communiste, si l’on veut bien entendre ce que j’écris là, ne soit pas une chance, précisément pour l’hypothèse communiste, une chance, pour elle la première, qui aurait même un peu trop tardé !!!... Etant « un » communiste -(je préfère dire cela à « étant communiste », ça fait trop religieux...)-, ... il se trouve que je ne suis pas de ceux qui parlent de « la chute du mur de Berlin » comme d’un traumatisme, bien au contraire, ni comme d’un effondrement de mes convictions !!!!... Pas du tout !... Et j’affirme cela sans opportunisme aucun, non non :... je vous prie de le croire !...
    Pointons « en passant » le fait suivant, qui est que si le « néolibéralisme » s’est soutenu d’un genre de nouvelle croisade idéologique, d’une « nouvelle guerre froide », si l’on veut,... par laquelle il aurait définitivement disqualifiée cette sinistre hypothèque, telle une emprise du « Mal », qui aurait pris une grande partie de la planète en otage..., un phénomène bel et bien réel a confirmé néanmoins en parallèle, et même relancé massivement l’hypothèse communiste : ...à savoir l’extension de la révolution informationnelle !...
    Sans se faire, à nouveau, d’illusions « automatiques » et mécanistes, sur ce que celle-ci implique d’élans inédits de gratuité, force est de constater qu’un logiciel, ça peut se COPIER !... Ça peut se transmettre sans que pour autant son précédent possesseur en soit dépossédé !!!... C’est vraiment une révolution des possibles !... Une considérable actualisation de l’idée de PARTAGE...(n’ayant pas besoin de la médiation étatiste)...
    Mais, ceci posé : en même temps, ...il serait en réalité très prétentieux de faire comme s’il n’avait fallu n’attendre qu’aujourd’hui pour que le communisme puisse apparaître comme un tant soit peu quelque chose d’un mouvement, qui ait à voir avec le réel !... Il ne faut pas délirer en sens inverse, par une sorte de nouvel anachronisme opportuniste !....
    Si l’on prend vraiment de la hauteur spatio-temporelle :
    Déjà, il faut dire qu’accuser « le communisme » ne dédouane pas le capitalisme, lui le premier, de nous placer dans une « schizophrénie »... : qui prétend qu’il ne serait pas, lui le premier, « hors-sol » ? ...Car le capitalisme est un ordre très paradoxal : tout à la fois « hyper-réaliste », et déréalisant : « objectiviste » par le bas ( par les « règles » incontournables, dites « du marché »...), et « subjectiviste » par le haut ( par l’illusion du « c’est mon choix »...) Que d’oxymores, pour qui se donne la peine de l’observer, sont régulièrement convoqués pour la politique de sa « gouvernance » !!!!...
    De fait, s’il existe une « mission historique » du communisme qui reste et perdure plus que jamais, ce serait bien de résoudre tendanciellement l’opposition et le divorce entre l’objectif et le subjectif..., en vue de libérer l’imagination, pour sortir de l’imaginaire marchand, dans une vision « démocratique-nouvelle » et élargie de la dite « réalité » : une vision, oui, tendanciellement (ce tendanciel est très important) « totale »... Qui d’ailleurs n’a pu se faire, naguère, totalitaire, que par un passage à la limite , de l’imagination , produisant un mirage, un somnambulisme collectif de la raison...

    Aubert S. Le 16 juin 2015 à 10:27
       
    • Cela ne suppose pas que l’on prétende « mettre le rêve de côté » !... Comme si l’on pouvait s’en vacciner !... Quelle fatuité ! ...Au contraire, « il faut rêver » !... ( Comme le disait Lénine : prendre ses rêves au sérieux, mais rester sérieux avec ses rêves...) Envers et malgré les rituels répressifs dont nous avons tous hérité, du genre « -Eh, Toto, tu rêves ? – Rends-toi utile !... »
      Exemple extrait de René Char (« Partage formel ») :
      « L’imagination consiste à expulser de la réalité plusieurs personnes incomplètes pour, mettant à contribution les puissances magiques et subversives du désir, obtenir leur retour sous la forme d’une présence entièrement satisfaisante. C’est alors l’inextinguible réel incréé. »
      On ne supprimera jamais, en définitive, le pouvoir créatif et reconstructeur de l’illusion. La question, c’est de savoir s’en sauvegarder, lorsqu’elle se fait mirage, pas de s’en affranchir... Tous ceux qui prétendent avoir définivement et complètement « traversé le fantasme », ne sont-ils pas en « réalité » des imposteurs, porteurs des nouveaux et réels dangers d’épuration ?!?...

      Aubert S. Le 16 juin 2015 à 17:18
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