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Accueil > Monde | Par Catherine Tricot | 24 juin 2016

Après le Brexit, refaire l’Europe

Le Brexit marque une énième faillite de la construction européenne, devenue confiscation européenne. Une nouvelle idée de l’Europe s’impose : celle des origines de ce rêve, celle des peuples.

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Les Britanniques, jeunes et vieux confondus, ont participé massivement au référendum imposé à David Cameron. Ils ont voté "leave" à 52%. Ils ont choisi la sortie de l’Union au terme d’une campagne exceptionnellement dure, voire violente. Cette campagne a été l’occasion d’entendre des discours xénophobes que l’Angleterre avait enfouis depuis les années 30. Contrairement au vote français de 2005, les voix de la contestation de la construction européenne ont pris des chemins de droite, d’extrême droite souvent. La gauche anglaise n’a pas trouvé les mots pour donner un sens progressiste au refus de cette Europe ; elle n’a pas non plus su porter un discours de refondation européenne qui rencontre la colère de son peuple. Cette gauche sort encore un peu plus affaiblie.

[Lire aussi : "Un Brexit xénophobe, un Lexit introuvable"]

Mais les Britanniques ont-ils eu d’autres façons de dire que cette Europe-là ne leur va pas ? La surdité des pilotes de l’Europe, conduit l’UE dans le mur à grande vitesse. Du nord au sud de notre continent, à chaque fois que les peuples sont consultés ils disent "non". Non au chantage comme en Grèce. Non au libéralisme comme en France. Et partout non à la remise en cause de la promesse démocratique. Va-t-on leur dénier ce droit ? Va-t-on longtemps cultiver ce paradoxe que l’extrême droite demande de consulter les peuples et que les "sages" responsables, les tenants de la bonne "gouvernance", les dirigeants européens "raisonnables" s’exclament en cœur que laisser le peuple s’exprimer est du "populisme" ?

Revenir au rêve européen

L’idée européenne est ancienne. Mais elle a été confisquée, trustée et pervertie. Elle n’était pas un rêve de commerce, mais d’échange et de paix, de démocratie et de respect. L’idée européenne, celle-là-même qu’exprime la devise "Unie dans la diversité", se disait une perceptive de commun. Mais le commun est devenu le marché commun. Et l’union est devenu le marché unique : tout ou presque s’est réduit au marché. Aux foules sentimentales il fut répondu concurrence et équilibre budgétaire. "TINA", There Is No Alternative, est devenu le prénom de l’Europe

L’idée que nous nous faisons de l’Europe est plus profonde. Elle ne remonte pas à la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Elle ne débute pas avec le traité de Rome de 1957. Elle n’a jamais été réductible au Marché commun. Notre idée européenne s’ancre dans les rêves partagés de liberté, d’égalité et de paix. Si Victor Hugo et tant d’autres se sont enthousiasmés hier, ce fut pour une grande idée, pas pour une administration tatillonne.

La première révolution moderne est venue précisément de l’Angleterre et elle porta haut les idéaux de liberté. L’Europe s’est empourprée lors de la Révolution française et une espérance d’égalité balaya le continent. Cette Europe est dans la mémoire des peuples et de chacun de nous. C’est sur ces legs que doit se bâtir un nouveau projet européen.

Libéralisme, bureaucratie, autoritarisme

Et pour cela, il faut rompre en Europe et dans chaque pays avec ce qui nous enserre au point de nous rendre malades. En Europe et dans chaque pays, il faut se dégager du carcan des traités européens qui, au prétexte d’économie, empoisonnent les âmes. L’austérité est la vérité du libéralisme contemporain. La "gouvernance" a pour nom commun bureaucratie et autoritarisme. Le rêve de paix se transmue en engrenages de guerre, en promesse d’armées intégrées et "dronéisées". Notre humanité s’abime en Méditerranée, devenue un morbide cimetière.

Parce que l’Europe ne peut châtier les peuples qui veulent inventer, comme en Grèce, parce qu’elle renoncerait à elle-même en reniant les droits humains fondamentaux qui la fondent, en méprisant la culture et les échanges entre les peuples et ses jeunes… Pour toutes ces raisons, des forces, des hommes, des femmes, des artistes et des intellectuels se lèvent.

Podemos en Espagne, Jeremy Corbyn en Grande Bretagne, le Mouvement pour la démocratie en Europe : Diem 25 de Varoufakis, Brian Eno, Ken Loach, Slavoj Zizek ou Julian Assange. Tous prolongent les mobilisations européennes des marches de chômeurs et des femmes, des lanceurs d’alerte du Luxleaks, des opposants aux mines de charbon en Allemagne ou au transfert des déchets nucléaires par train au travers du continent. Tous veulent construire un autre avenir commun. Nous sommes de ceux-là.

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  • Le Brexit a ceci de positif : il démontre qu’une sortie de l’UE est possible. Il est moins réjouissant en ce qu’il s’appuie en grande partie sur le nationalisme, la xénophobie et la peur de l’immigration. Il ne remettra probablement pas en cause l’orientation libérale du Royaume-Uni.

    Il nous faut un Frexit pour une politique en rupture avec celle que sert l’UE.

    Citoyen74 Le 24 juin à 10:47
  •  
  • « Podemos en Espagne, Jeremy Corbyn en Grande Bretagne, le Mouvement pour la démocratie en Europe : Diem 25 de Varoufakis, Brian Eno, Ken Loach, Slavoj Zizek ou Julian Assange. Tous prolongent les mobilisations européennes (...) »

    Et rien ni personne en France ?

    Citoyen74 Le 24 juin à 10:49
       
    • Rien en France ?
      L’Europe, on la change, ou on la quitte.

      Les insoumis sauront pour qui voter en avril 2017.

      Les collabos voteront PS, LR, ou FN. Et la crise s’accentuera !

      Jlm2017

      Pierre Magne Le 24 juin à 14:51
    •  
    • Comment ça, rien ni personne ? Mais enfin, il ne vous aura sûrement pas échappé qu’en France, la seule personnalité politique comparable à la fois à Jeremy Corbyn, Varoufakis, Brian Eno, Ken Loach, Slavoj Zizek ou Julian Assange, celle qui incarne l’essence même de toutes les positions critiques – et d’ailleurs l’électorat ne s’y trompe pas – c’est Marine Le Pen.

      Yves-André Peremer Le 24 juin à 16:34
    •  
    • @ Yves-André Peremer (le 24 juin à 16:34)

      Les positions critiques de Mme Le Pen ne sont qu’une posture, et d’ailleurs cette dame n’est pas tellement "en phase" avec l’électorat.

      En effet, le masque est tombé avec l’affaire de la loi El Khomri : Mme Le Pen a condamné les manifestations qui protestent contre cette loi scandaleuse, directement inspirée des directives de la Commission de Bruxelles. Au moins 60 % des Français rejettent la loi El Khomri mais Mme Le Pen soutient cette loi imposée par les eurocrates de Bruxelles (et surtout de Berlin). Cherchez l’erreur...

      Bref, sur toutes les questions économiques et sociales, Marine Le Pen est en fait une grande amie de tous ces gens qui veulent détruire notre pays. Ce qu’il y a, c’est qu’elle est juste trop "timide" 😄 pour avouer cette amitié.

      Du moins pour l’instant. Mais si jamais elle est élue, les choses pourraient bien changer...

      Le Spectateur français Le 26 juin à 08:56
  •  
  • L’Europe doit crever ! Lutter contre le fascisme, c’est lutter contre l’UE, se bagarrer contre la loi travail c’est un combat à mort contre l’UE !

    Alors quand je lis ça...Comment dire pour rester poli, couttois, urbain, de bonne compagnie...

    « L’idée européenne est ancienne. Mais elle a été confisquée, trustée et pervertie. Elle n’était pas un rêve de commerce, mais d’échange et de paix, de démocratie et de respect. L’idée européenne, celle-là-même qu’exprime la devise "Unie dans la diversité", se disait une perceptive de commun. Mais le commun est devenu le marché commun »

    Comment peut-on encore et encore nous ressortir ce mensonge qui plus est dans un journal communiste ? L’idée Européenne n’a jamais été autre chose qu’une construction patronale visant à écraser les salaires et le mouvement ouvrier, et n’a jamais servi d’autres intérêts que ceux de l’impérialisme Américain ! Bon sang de bois, c’est quoi ces prudences de bigot (e) pour appeler un chat un chat ! Annie Lacroix Riz a écrit Aux origines du carcan Européen , l’Europe sous l’influence Allemande et Américaine 1900-1960 éditions Delga, le Temps des cerises disponible dans toutes les bonnes librairies et elle montre de manière iimparable, archives à l’appui ce processus qu’on ne peut comprendre sans une analyse rigoureuse des impérialismes, de leur concurrences, de leurs guerres suivies de repartages.et des stratégies des capitalistes pour maximiser le profit ? Comment le PC a t’il pu tomber aussi bas et reproduire les niaiseries Disneyiques Européistes les plus mensongères des sociaux-traitres qui nous ont vendu leur merde durant des décennies ?

    Désolé je n’ai pas été plus loin.... En ce moment j’ai de l’énergie à dépenser pour autre chose que de telles âneries.

    Simon Chalumot Le 24 juin à 15:13
       
    • La CE n’est-elle pas le prolongement de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) qui n’était rien d’autre qu’un marché unique du charbon et de l’acier ?
      Le PCF qui a été souvent seul a combattre la CECA semble avoir la mémoire défaillante.

      choucroute Le 30 juin à 06:42
  •  
  • Il faudrait surtout arrêter de "rêver", Catherine Tricot, quand il s’agit d’équilibres entre Nations capitalistes. Mais ça fournit du jus au capitalisme comme dans Matrix, ceci expliquant cela. Bientôt ce sera du sang, et c’est déjà le cas.

    Sissi président, Sissi éditorialiste. Le kitsch permet le fascisme.

    L’Europe existe. L’UE détruit l’Europe. Sortons de l’UE !

    Musée de l’Europe Le 24 juin à 16:17
  •  
  • Et j’avais pas vu que c’était exactement le même discours que Valls Tricoté dans Regards : Manuel Valls
    « C’est le moment d’être digne des pères fondateurs, de refonder une nouvelle Europe en écoutant les peuples. »

    Tsipriote, va !

    Musée de l’Europe Le 24 juin à 16:20
  •  
  • Entièrement d’accord avec Simon.

    De plus, si la droite la plus extrême profite aujourd’hui de la victoire du Brexit, c’est parce que la gauche — je veux dire, la vraie — la lui a abandonnée sans combattre ! Ce n’est pas le peuple qui a abandonné la gauche, c’est le contraire. Les résultats des dernières séquences électorales, ici, en France notamment dans le Nord-Pas-de-Calais (entre autres exemples) autrefois o combien terres rouges, le démontrent. la pauvre chimère de refonder une "Europe sociale" dans le cadre actuel des traités quasiment constitutionnalisés au profit du capital avec son bras armé, l’Euro, est impossible. au moins le maffieux Juncker eut le mérite d’être franc en énonçant qu’un vote "démocratique" ne pouvait aller à l’encontre de ces cages d’acier. Nos amis hellènes pourraient en témoigner. Il va falloir que les "nonistes" de 2005, se réveillent...

    Oui, Simon, je vous donne raison : réservons notre énergie pour autre chose.

    Babeuf

    babeuf Le 24 juin à 16:34
       
    • Tout à fait d’accord avec Simon, évidemment.

      Question : pourquoi "la gauche" mélenchoniste est-elle aussi frileuse sur la question ; et la gauche intellectuelle lordonienne aussi ? Parce qu’il faut faire alliance avec les frondeurs et le but est de reformer un PS soit-disant plus à gauche, comme en Grèce ? Et comment pensent-elles arriver à qqchose avec les seuls électeurs "de gauche" (votant pour des partis "de gauche") qui sont divisés sur le sujet, car un des deux "cœurs" de la gauche (du Todd relu kitchissimement par Ruffin) a le portefeuille à droite et le racisme social à fleur de peau, en stigmatisant pour tout arranger des électeurs sociologiquement de gauche (ce qui est très différent de stigmatiser les partis pour lesquels il votent) sur le mode antifa neuneu ? Les "veilleurs" méritaient-ils de se faire attaquer à coups de barre de fer ?

      Musée de l’Europe & de l’Afrique Le 24 juin à 21:19
  •  
  • J’attends avec impatience la suite de l’histoire Brexit, surtout d’un point de vue théorique, nous verrons bien si c’est l’institution qui fait l’économie ou si c’est l’économie qui fait l’institution (je parle bien sûr d’un axe, la question est de savoir où est placé le curseur). En ce qui me concerne, j’opte pour la seconde solution : l’institution reflète les rapports de production, même si celle-là agit sur ceux-ci. Ce qui veut dire que, pour moi, une sortie de l’UE ne fera pas sortir les peuples de l’austérité. Mais je peux me tromper, l’histoire nous le dira.

    cazueladepolo Le 24 juin à 18:16
       
    • @ cazueladepolo (le 24 juin à 18:16)

      La sortie de l’euro n’entraîne pas automatiquement la fin de l’austérité économique : sur ce point, tous les économistes un peu sérieux sont d’accord depuis longtemps.

      La sortie de l’euro permet seulement de retrouver une liberté de manœuvre, puisqu’elle permet à un gouvernement (s’il le souhaite) d’échapper aux politiques de désinflation compétitive imposées par les eurocrates de Bruxelles et de Berlin. Elle permet de retrouver la liberté, mais il reste le problème essentiel de savoir quoi faire de cette liberté.

      Donc, pour mettre fin aux politiques austéritaires, la sortie de l’euro n’est évidemment pas une condition suffisante. En revanche, c’est une condition nécessaire.

      hopfrog Le 25 juin à 00:04
  •  
  • Depuis que j’ai appris la nouvelle, une question me taraude : quid du TAFTA ?

    J’ai un début de réponse ici, http://www.lecourrierduparlement.fr/brexit-et-tafta-deux-dossiers-lies-meme-sils-nen-ont-pas-lair/ , qui dit qu’avec le départ de la Grande Bretagne, les intérêts étasuniens sont menacés.

    Puis, je lis ça "Le 14 juin 2013, le Conseil de l’Union Européenne (chefs d’État et de gouvernement) a donné mandat à la Commission Européenne d’ouvrir des négociations avec les États-Unis en vue d’aboutir à un accord transatlantique pour créer le plus vaste marché du monde.", ici, https://www.collectifstoptafta.org/tafta/article/10-c-est-quoi , et je me dis alors : maintenant que la Grande-Bretagne s’en va, le mandat donné à la commission par le Conseil Européen est il encore valide ?

    cazueladepolo Le 24 juin à 19:38
  •  
  • Une grande victoire de la démocratie et du peuple contre les souffrances qui lui ont été imposées.
    Mais attention nos élites vont réagir.
    Il ne faut pas croire qu’ils vont digérer cet affront simplement.

    Thomas Le 24 juin à 23:38
       
    • Je crains que les dictateurs européens ne fassent revoter les britanniques, jusqu’à ce qu’ils votent "bien" comme les irlandais. Ils trouveront bien un prétexte pour cela.

      Julien Le 24 juin à 23:46
  •  
  • Pensez-vous que la paix et la démocratie puissent se passer des gouvernements nationaux ?
    Et quelle différence faites-vous entre échange et commerce ? Voulez-vous revenir au troc ?
    Pendant que vous vous contentez de grandes phrases, aux basques d’un Varoufakis, l’Europe est en train de tuer tout ce qu’il y a de progressiste en Europe.
    La droite libérale et l’extrême-droite n’ont pas le monopole du peuple. Mais avec de telles discours européistes, si.
    Être "souverainiste ? Beurk. Si votre positionnement est aussi simpliste, le Merkoland a de beaux jours devant lui. La contagion peut se produire et les peuples peuvent continuer à demander que leur pays reprenne le contrôle de son destin (protège sa culture, ses ressources, ses capacités d’être en paix avec les autres). Il semble qu’une certaine gauche reste tout à fait incapable de porter la parole du peuple. Si Mélenchon est seul, c’est en ce sens.

    polanyienne Le 25 juin à 04:31
       
    • Il y a un petit hic dans votre commentaire Polanyienne : si nous regardons la géographie des votes (http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-voici-la-geographie-du-vote-581892.html), nous remarquons que les monarchistes/impérialistes (Angleterre, Pays de Galles, unionistes d’Irlande du nord) ont voté en faveur du Brexit tandis que les nationalistes (Écosse, Républicains d’Irlande du Nord) ont voté pour le maintient. Si je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il est simpliste de rejeter le souverainisme a priori - même si je ne crois pas que ce soit la bonne stratégie dans un pays impérialiste comme le nôtre - il est tout aussi simpliste de voir l’européisme comme un rejet de la souveraineté populaire. N’oublions pas que les pays d’Amérique Latine, dont s’inspire Mélenchon, lient souveraineté et intégration régionale bolivarienne.

      cazueladepolo Le 26 juin à 02:18
  •  
  • Personne n’envisage que notre pays se retrouve isolé dans une Europe qui serait laissée aux mains des forces les plus réactionnaires. Pour construire une "Europe des peuples" progressiste, il faut des règles strictes contre le dumping social et fiscal, il faut des règles strictes pour sauvegarder ce qui peut encore l’être de notre écosystème, il faut des règles strictes pour garantir la démocratie la liberté et la souveraineté des peuples.
    Il faut sortir des traités actuels et remettre l’ouvrage sur le métier sous la vigilance des peuples.
    Si cela s’avère impossible, ce que l’on ne pourra pas savoir avant d’avoir essayé, alors il faudra consulter le peuple français pour savoir s’il veut continuer dans cette Union Européenne.

    choucroute Le 25 juin à 07:43
  •  
  • C’est une sortie de l’union européenne virtuelle pour l’instant, ce seront les classes dirigeantes anglaises qui choisiront de rester ou pas pour de vrai,
    en accord avec la "communauté internationale" comme de bien entendu.

    On parie ?

    Arouna Le 25 juin à 08:33
       
    • Pendant que les médias nous font le grand carnaval, cazueladepolo a bien raison de chercher des infos sur les liens entre une sortie éventuelle de la GB de l’UE et le TAFTA, Les journalistes doivent creuser et informer, c’est essentiel.

      Arouna Le 25 juin à 10:40
  •  
  • La question essentielle est celle-ci : est-ce que la société de la marchandise est viable ? Non !

    Qu’ importe le système politique, ce qui nous surplombe, c’est l’économie marchande. C’est elle qui fait de notre société une société totalitaire dans le sens où elle régit tous nos rapports sociaux.

    Le capitalisme se heurte depuis des dizaines d’années à ses limites interne et externe. Interne car les gains de productivité énormes issus de la micro électronique font qu’ il faut moins de temps de travail productif pour fabriquer une marchandise ; qu’il faille pour compenser ces gains, produire plus et essayer de trouver de nouveaux débouchés (d’où la casse des services publics et la transformation en marchandise de tout ce qui peut l’être) ; que la valeur économique dans chaque marchandise diminue (et les prix aussi) et donc que la marchandise se dévalorise du fait d’un besoin de travail moindre pour la fabriquer. De plus, la solvabilité des acheteurs diminue aussi notamment à cause des gains de productivité et de la diminution du temps de travail et donc des salaires.

    L’austérité est une politique de salauds, cyniques qui n’amène que misère et malheurs. Cette politique n’a qu’un but : la crédibilité pour emprunter à taux bas.

    Depuis les années 70, le capitalisme se perpétue grâce à l’emprunt et au crédit. Seulement, ce système ne peut durer qu’ avec de nouveaux emprunts.

    L"industrie financière, la spéculation et la dérégulation ont été nécessaires pour que ce système ne s’écroule pas. Si les "décideurs" n’avaient pas fait cela, il y aurait eu effondrement de l’économie depuis pas mal de temps. La financiarisation de l’économie n’est pas la cause de la crise, mais la conséquence de celle-ci (sur accumulation du capital ne trouvant plus de débouchés dans l’économie productive et sur production).

    Pour les peuples, la relance keynésienne est plus juste et permettrait de reconstruire notamment les infrastructures publiques dégradées et une protection sociale digne de ce nom.

    Cependant, cette relance aggraverait les dettes souveraines qui sont la prochaine bulle financière. Et celle-ci est largement plus grave que celle de 2008 qui n’a été qu’un pétard mouillé.

    Aujourd’hui, nous ne pouvons plus revenir au capitalisme des années des 30 glorieuses. La ré industrialisation est impossible du fait des gains de productivité et de la baisse tendancielle du taux de profit. Même en Chine, cela ne fonctionne pas.

    L’ avenir sera de se poser la question de savoir quelle société nous voulons. Avec les moyens de production immenses que nous possédons, va-t-on continuer à exclure et rendre superflues des millions et des millions de personnes ou alors allons-nous utiliser ces moyens pour satisfaire les besoins de toutes et tous ?

    Malheureusement, les capitalistes utiliseront tous les moyens coercitifs à leur disposition pour faire perdurer leur domination et leur système absurde qui n’est pas là pour satisfaire des Besoins légitimes mais pour générer de la survaleur, du profit donc de l’argent.

    cyril Le 25 juin à 13:31
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  • Un nouveau déni de démocratie se prépare en UE.

    Il y a une pression immense outre-manche dans les médias, dans les milieux de la finance, et chez les politiques en faveur d’un nouveau référendum.

    Il faut d’autre part, que le parlement Gb entétine ce vote, et ce ne sera pas forcément le cas, beaucoup de MP s’apprêtent à ne pas tenir compte des résultats du référendum.

    Julien Le 26 juin à 00:42
  •  
  • Brexit, le drame ! Un pays de plus au monde qui ne fait pas partie de l’UE.

    Il parait que la Finlande menace de partir car elle ne veut pas payer les dettes des autres. On se demande si ceux qui sont censés conduire les états ont réellement lu les traités avant de les signer.

    choucroute Le 26 juin à 07:55
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  • Il ne s’agit pas seulement , de sortir de l’Europe, comme de la mondialisation ou de la Finance...il s’agit de sortir du capitalisme, et là, la gauche réformiste, de GB comme de France est très frileuse. Je rejoint donc Cyril , qui a écrit avant moi, 13 h31, Bravo !.Nous n’avons plus le choix, la classe ouvrière, les couches populaires, les classes moyennes sont dos au mur, soit elles passent a l’offensive, soit elle subissent , et subiront des attaques permanentes, et tout les acquis ouvrier et populaires seront repris un à un (retour a l’exploitation absolue) au lieux de la baisse du temps de travail on aura l’augmentation du temps de travail,explosion de la précarité, flexibilité, pauvreté ; remise en cause des retraite, travail jusqu’a 70 Ans ....
    Donc ce n’est pas une question d’Europe, mais de logique capitaliste !!!

    bob Le 26 juin à 11:54
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  • Il est abusif d’affirmer que le Brexit s’est joué sur des idées d’extrême droite. On a passé sous silence qu’une bonne partie de l’électorat la plus à gauche du Labor a voté aussi pour le Brexit et avait déjà manifesté son opposition à la position officielle de Corbyn (qui n’est d’ailleurs pas un fervent fan de l’UE mais a voulu la jouer pragmatique). C’est notamment vrai au Pays de Galles où, hormis Cardiff et une autre ville, un électorat habituellement acquis au Labor s’en est largement détourné pour voter pour la sortie de l’UE.
    Il ne s’agit pas pour autant de nier l’impact des idées racistes et sécuritaires mais elles il convient de les nuancer.
    Et sur le fond, cet article est assez désespérant car il entretient toujours l’idée d’une réforme possible de l’UE de l’intérieur alors que tout le système est juridiquement et politiquement bloqué pour que cela n’arrive pas. Le jour ou la "vraie" gauche aura enfin compris l’évidence d’une sortie de l’UE - et donc de sa destruction programmée - elle aura fait un grand pas vers l’intelligence.

    Zlotzky Le 26 juin à 20:08
  •  
  • Bonjour
    je vais étre un peu provocateur ,a mondialisation, la financiarisation, le libéralisme, l’Europe on booster le capitalisme, et permis temporairement de retarder sa crise finale.
    Mais principalement au profit des catégories supérieurs.
    Mais que ferons nous si , le système capitaliste rentre en récessions, si nous appliquons des politiques inadéquates ?.
    Le replis exagonale est-il possible ?.

    bob Le 29 juin à 13:47
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