photo Aurélien Pic
Accueil > Politique | Par Catherine Tricot | 14 septembre 2016

Candidature à la présidentielle : les trois options du PCF

Candidat anti-Hollande, candidat maison ou… Jean-Luc Mélenchon ? Le Parti communiste doit choisir entre ces trois hypothèses pour la présidentielle 2017. Passage en revue.

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Qui le PCF va-t-il soutenir à l’élection présidentielle ? La décision sera prise début novembre et elle reviendra aux militants, qui seront tous consultés. À ce jour, le débat se conduit entre une fiction et deux options : un candidat de rassemblement de toute la gauche anti-austérité, un candidat communiste, Jean-Luc Mélenchon. Tour d’horizon des hypothèses et de leurs chances d’aboutir.

Une alternative au futur candidat social-libéral… et à Mélenchon

Le discours, c’est celui de la direction du PCF : la gauche ne peut gagner que rassemblée. Mais la gauche ne peut gagner sur la base sociale-libérale. Il faut donc un candidat unique de la gauche qui ne soit pas Hollande ou un de ses affidés. Problème : il y aura un candidat social-libéral. Certainement Hollande. Macron peut-être. Donc il n’y aura pas de candidat unique de la gauche. Problème supplémentaire : Pierre Laurent se dit prêt à soutenir un candidat socialiste, ancien ministre sûrement, face à Jean-Luc Melenchon. Oups !

Tous les candidats critiques du hollandisme – présents, putatifs ou futurs – étaient donc les bienvenus à la fête. Hamon, Lienemann, Montebourg, Mélenchon, Filoche, Taubira, Duflot… tous été invités et tous sont venus. Montebourg est venu chercher un soutien communiste qui lesterait à gauche sa candidature et lui apporterait une crédibilité politique et institutionnelle lui faisant encore défaut. Même si l’hypothèse a séduit dans l’appareil communiste, l’affaire s’annonce difficile. Son appel à réconcilier le travail et le capital n’augmente pas sa cote de popularité parmi les militants déjà circonspects.

Christiane Taubira, qui vient de refaire surface à la une de Libé, a également des appuis au sein d’un encadrement communiste soucieux de faire émerger une candidature alternative à Mélenchon et susceptible de faire un beau score. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, confiait au quotidien que Christiane Taubira « permet de lier beaucoup de personnalités à gauche ». Pas sûr, là encore, que le corps militant suive. Taubira appelle à l’union de toute la gauche tout en renouvelant son soutien à Hollande qui « a eu de très beaux mots » lors de son discours de jeudi. Elle valorise « la politique budgétaire, la lutte contre la pauvreté, la relation avec la société »

La ligne "identitaire" d’une candidature communiste

Trouver un candidat socialiste ou radical de gauche qui tient un discours susceptible d’emporter le cœur des militants communiste n’est pas chose aisée ! Cette idée d’une candidature unique à gauche a déjà peu de chance d’aboutir dans l’espace politique… elle en a encore moins dans le champ communiste. C’est dire.

La première véritable option est celle d’une candidature communiste. Elle fut défendue lors du dernier conseil national du PCF par la carpe et le lapin, à savoir Frédéric Boccara – chef de fil des économistes orthodoxes du PCF – et Christian Picquet – ex de la LCR désormais membre du PCF et de sa direction. Tous deux ont promu cette position identitaire. Ils ont été rappelés au réalisme par Pierre Laurent qui leur demande de s’interroger sur le résultat d’une telle candidature.

Le secrétaire national s’inquiète des effets immédiats d’un tel repli : les législatives s’annoncent difficiles. Ont-elles besoin d’être plombées par une candidature au score liliputien ? Les tenants de cette ligne ont néanmoins quelques chances de l’imposer tant l’acrimonie est forte à l’égard des socialistes et de Mélenchon. Rappelons qu’en 2011, dans un contexte moins tendu entre partenaires du Front de gauche, alors que la direction était unie et sans ambiguïté autour de la candidature Mélenchon, ce choix n’avait obtenu que 59% des votants à l’intérieur du PCF ; 41% s’étant prononcé pour une candidature communiste. Les tenants d’une ligne identitaire espèrent emporter cette fois la majorité en tirant bénéfice d’une direction communiste empêtrée dans une proposition éthérée.

Vers un soutien à Jean-Luc Mélenchon ?

L’autre option est celle d’un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Dans les travées de la fête de L’Humanité et dans les stands, cette option tenait la corde. Nombreux regrettaient que cela ne soit pas déjà chose faite et que, du coup, la force communiste, évidente ce week-end, se trouvait réduite à l’expectative.

Un appel sorti la veille de la Fête, "En 2017, faisons Front commun", défend un soutien à celui qui fut le candidat commun en 2012. Le texte parle aux communistes. Les griefs fait à Mélenchon n’y sont pas édulcorés. Notamment concernant ce qui est ressenti comme une tentative d’hégémonie sur l’espace d’alternative avec le mouvement France Insoumise : « Jean-Luc Mélenchon entend que La France insoumise qu’il a créée soit le cadre unique d’organisation des campagnes électorales de l’an prochain. Tout cela ne pourrait aboutir qu’à des candidatures fratricides, y compris aux législatives, et à un désastre complet ». En conclusion, les signataires attendent que Jean-Luc Mélenchon lève les points bloquants. L’appel réunit plus de deux mille signatures, essentiellement issues des rangs communistes. Mais on relève aussi les signatures d’artistes et d’intellectuels de renom comme Annie Ernaux, Patrick Chamoiseau, les Pinçon-Charlot, Christophe Aguiton…

Prochaine étape fin septembre, avec une nouvelle réunion de la direction communiste. Jean-Luc Mélenchon peut-il d’ici là prendre les initiatives qui permettent de faire baisser la tension en s’expliquant notamment sur deux sujets qui fâchent : son mouvement France Insoumise a-t-il vocation à s’imposer à tous, parti communiste compris ? Comment seront décidées les candidatures à l’élection législative ? Les communistes sont dans le désarroi et rarement d’accord entre eux, sauf sur l’idée de continuer le PCF. Faut-il en faire l’enjeu de l’élection présidentielle ? Pour une fois, la balle est dans les deux camps.

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