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Accueil > Politique | Par Guillaume Liégard | 1er septembre 2015

Changer l’Europe ou changer d’Europe

La gauche radicale doit échapper à l’impuissance à laquelle la condamnent aussi bien le repli nationaliste que le statu quo, et dépasser la question de la sortie de l’euro ou de l’UE. Pour porter son propre projet, européen et antilibéral.

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« Pour chaque problème complexe, il existe une solution simple, directe… et fausse. » H.L. Mencken.

« Le problème, c’est que nous avons gagné en période de crise », avait déclaré Michel Rocard aux débuts des années 1980. « Mais s’il n’y avait pas eu la crise, nous n’aurions pas gagné », lui avait répondu Pierre Mauroy.

La victoire de Syriza en janvier 2015, les six mois de bras de fer avec les différentes institutions européennes (Commission européenne, Eurogroupe) ou internationales (FMI) se sont conclues par l’adoption d’un troisième mémorandum encore plus dur que les précédents et par la mise sous tutelle de fait de la Grèce. Ce nouveau plan, adopté grâce à l’appui du Pasok et de Nouvelle démocratie, a provoqué une scission dans Syriza qui va bien au-delà des rangs traditionnels de la gauche de ce parti. Depuis lors, un débat fait rage partout en Europe sur la stratégie qui doit être celle de la gauche de transformation sociale : sortir de l’euro ou non, et pour faire quoi ? Construire un nouveau mouvement européen ou tenter un détour par l’échelon national – et si oui avec quels risques de dérives identitaires ? Autant de questions sérieuses qui méritent un débat approfondi sans tabou ni raccourci.

Hypothèse A : un mouvement pan-européen

Changer l’Europe telle qu’elle existe au profit d’une autre construction européenne, démocratique, respectueuse des droits sociaux et qui ne se bâtisse pas en forteresse de barbelés a été la pierre de touche de presque tous les mouvements de la gauche radicale en Europe. Pour un tel projet, deux chemins ont été envisagés.

Le premier est l’émergence d’un mouvement qui soit d’emblée pan-européen, de masse et qui viendrait bousculer les fondations de l’Europe libérale. Une telle hypothèse suppose une réelle homogénéité à l’échelle continentale, ou au moins une forte convergence politique, sociale et culturelle. Il n’en est rien, bien au contraire. La politique européenne telle qu’elle est menée depuis au moins vingt ans (Maastricht 1992) est objectivement conforme aux intérêts des pays d’Europe du Nord : disons l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, sans doute la Flandre en Belgique (mais ils sont majoritaires) et l’Autriche, auxquels ont pourrait ajouter certains pays d’Europe centrale qui relèvent de la périphérie économique de l’Allemagne. Dire cela, c’est dire que cela profite non seulement aux bourgeoisies nationales, mais aussi à une fraction significative du salariat de ces pays, même s’il y a de nombreux laissés pour compte.

La discordance des rapports de force, des opinions publiques est profondément ancrée dans l’hétérogénéité des réalités nationales quand elle ne renvoie pas à des traumatismes historiques anciens : le rapport très particulier des Allemands à leur monnaie est inscrit dans la crise de la République de Weimar de 1923. Dans ces conditions l’apparition « d’un mouvement européen pour la démocratisation de l’euro », avancée par Yanis Varoufakis, est sans doute attrayante intellectuellement, mais en pratique inaccessible pour une longue période.

Hypothèse B : la théorie des dominos

Le second chemin pour transformer l’Europe relève de ce qu’on pourrait appeler la théorie des dominos. À partir d’une victoire dans l’un des pays de l’Union européenne s’enclenche un processus dynamique qui nourrit en retour la radicalité dans d’autres pays, permettant de nouvelles victoires et la modification du rapport de forces. Bref, après la Grèce et Syriza, vient le tour de Podemos en Espagne, prélude à de nouvelles victoires – et pourquoi pas en France ?

Ce scénario simple, crédible n’avait qu’un défaut, celui de penser que les libéraux aller regarder passer le train et applaudir à leur propre défaite avec fair-play. Évidemment, conscientes du danger, les élites européennes ont montré qu’elles étaient prêtes à tout et surtout au pire. Sur le fond, sur la forme, rien n’aura été épargné au peuple grec. La conclusion du bras de fer entre le gouvernement grec et l’Union européenne est que le chemin d’une auto-transformation de l’Europe par effet boule de neige est et sera écrasé dans l’œuf.

On objectera, à raison, que la situation était d’autant plus difficile que la Grèce est un petit pays exsangue qui ne pèse que 2% du PIB de la zone euro. Il ne peut pourtant en être autrement, les premiers succès pour la gauche radicale ne peuvent venir que des maillons faibles du capitalisme européen – pour faire simple, les pays d’Europe du Sud. Or précisément, l’expérimentation d’une politique alternative leur est d’autant plus difficile qu’ils sont périphériques et donc vulnérables aux institutions européennes et internationales (BCE, FMI). Pour ces pays, le choix est terriblement difficile. Il faut donc soit se soumettre, et alors appliquer une politique autrefois combattue, soit sauter dans le vide, sans garantie. Il n’en demeure pas moins que l’acquis de la victoire de Syriza, c’est qu’une rupture qui part d’un cadre national demeure possible. Ce n’est pas rien.

Euro ou pas euro, le piège du repli national ?

Alexis Tsipras n’avait certes pas de mandat pour sortir de la zone euro : l’argument est abondamment utilisé et il est parfaitement vrai. Mais il n’avait pas non plus celui de poursuivre la politique de ces prédécesseurs. Les 61% de "non" au référendum du 5 juillet étaient même un mandat limpide contre le mémorandum. Pourtant, le premier ministre grec n’a pas fait ce choix, précipitant la division de son propre camp. L’alternative – et il n’y en avait pas d’autre – était le Grexit. Par nature, il est difficile d’entrevoir toutes les conséquences qu’aurait une sortie de l’euro, surtout pour un petit pays comme la Grèce. Les difficultés d’une telle décision sont probablement largement sous-estimées par la gauche grecque elle-même. Mais a-t-on bien apprécié tous les ravages que va produire le nouveau plan, socialement et politiquement ? La perspective d’Aube dorée ne sera-t-elle pas renforcée, non pas en septembre, mais dans six mois, dans un an ?

Mais au-delà du cas grec, la question du type de stratégie européenne qui doit être développée traverse presque tous les pays européens. Dans un récent article publié sur ce site, Roger Martelli insiste sur le danger mortifère du repli national. Au moment où paraissaient les errements d’un Sapir, monomaniaque de la sortie de l’euro, appelant à une convergence avec le Front national, l’article est bienvenu. Mais d’où vient l’impression que ce texte aurait tout aussi bien exprimé les mêmes positions s’il avait été écrit avant la crise grecque. Dit autrement : peut-on faire comme s’il ne s’était rien passé ? C’est impossible.

À l’évidence, nos difficultés de mobilisations sont vraies à tous les étages territoriaux, et elles sont aussi grandes à l’échelle nationale qu’à l’échelle européenne. On pourrait même se demander : comment construire un mouvement de solidarité contre l’austérité en Grèce quand on n’a même pas été foutu de se battre contre la loi Macron ? Mais la question n’est pas là. La constitution de la zone euro s’est faite dans des conditions bien particulières qui, de fait, empêchent concrètement la mise en place d’une politique antilibérale. Pour choisir un exemple, les contraintes qui s’exerceraient pour un authentique gouvernement de gauche ne seraient pas les mêmes pour la Grande-Bretagne que pour un pays de la zone euro comme la France. Il nous faut donc trouver les voies pour briser ce carcan.

Une perspective européenne et antilibérale

Dans ces conditions, la question préalable n’est pas celle de la monnaie, mais celles des premières mesures à prendre une fois parvenus au pouvoir. Si possible dans le cadre de l’euro, mais ce qui n’est pas négociable, c’est que ces mesures soient prises in fine et que donc la rupture est un des possibles. La sortie de la monnaie commune n’est donc pas un point de départ, mais l’aboutissement éventuel d’un combat, ce qui suppose évidemment de l’avoir sérieusement envisagé. Alors oui, dans cette hypothèse, la rupture se fait au départ à partir d’un État et d’un seul, et le risque nationaliste existe bel et bien. La question est alors de savoir si l’on essaie de le conjurer par une politique adéquate, ou si l’on renonce par anticipation. Même dans ce cas, penser que la zone euro est un rempart absolu aux nationalismes de tout poil et à l’extrême droite florissante paraît bien hasardeux.

Évidemment, tous les pays ne sont pas égaux pour supporter un tel rapport de forces. Pour des nations comme la Grèce et le Portugal, on le sait maintenant, c’est impossible au sein de l’Europe et il est probable que ce ne serait guère facile à l’extérieur. Les mêmes qui veulent les contraindre à des politiques inhumaines s’emploieraient, n’en doutons pas, à châtier ces impudents par tous les moyens. Il en va autrement pour un pays comme la France. Non pas que le résultat serait nécessairement très différent pour la monnaie unique. Il est tout à fait possible que Frédéric Lordon ait raison quand il écrit : « C’est bien en ce point d’ailleurs que se tient l’erreur presque "logique" des croyants de "l’autre euro possible". Car s’il s’avérait que se crée effectivement un mouvement consistant de plusieurs pays rendant plausible une révision significative des principes de l’euro… c’est l’Allemagne, sans doute accompagnée de quelques satellites, qui prendrait le large. Si bien qu’au moment même où il serait sur le point d’être changé… l’euro serait détruit ! Il n’y aura pas "d’autre euro" dans son périmètre actuel – avec l’Allemagne –, car tout autre euro possible sera inadmissible pour elle, et se fera sans elle. » Mais alors, quel est le problème ?

Refuser le repli national et continuer à défendre une perspective européenne avec qui voudra, tel doit être le projet d’une gauche radicale. Il ne s’agit ni de maintenir l’euro coûte que coûte, ni d’en sortir à tout prix mais de pouvoir s’affranchir des politiques libérales, et donc d’avoir les moyens politiques et les cadres institutionnels et monétaires pour le faire. Entre le statu quo qui avalise l’Europe telle qu’elle est et les projets nationalistes, il doit y avoir place pour un autre projet qui permettrait de regrouper rapidement plusieurs pays dans une conformation et des contours qui restent à définir.

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Vos réactions

  • Salut Guillaume et merci, je suis tout à fait raccord. C’est ce que j’écris aujourd’hui par ailleurs, dans mon blog.
    C’est chouette de voir que l’équipe de Regards, avec ses différences, a quelques fondamentaux communs.
    Amitiés,

    Nathanaël Le 1er septembre 2015 à 15:48
       
    • Vous en êtes encore là ? À mariner dans le marécage de votre gauche machin, gauche truc ? Relisez les anciens sages : "Il n’y a plus la gauche et la droite. Il y a des gens qui sont en haut et qui veulent voir les grands horizons parce qu’ils ont une très lourde, difficile et lointaine tâche à accomplir ; il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages." (Conférence de presse du 17 novembre 1948)

      JP Garnier Le 7 septembre 2015 à 18:14
  •  
  • Analyse qui fait du bien tant certains sont dans les certitudes sans avoir peut être pris la mesure des choses.

    A verser au dossier de la reflexion "Comment faire pour avancer"

    Merci.

    jeannedau Le 1er septembre 2015 à 16:13
  •  
  • Ouais... Que du temps perdu en attendant que la Grèce change l’Europe ou anime les cellules européennes en dispersion , ou dieux savent, nous en donnent des idées sur le comment faire. Foutaises. Tous ensemble et en même temps stoppont le déploiement d’une Europe non choisie et néfaste pour ne pas dire autre chose.

    Car c’est ce temps perdu en inaction et observation par télé interposé qui a permis l’avancement des travaux de la construction européenne. Agir vite et ensemble doit être la consigne unique à une certaine date et à certaines places. Sinon, comme vous le dites bien c’est le repli national. 2a

    Aa Le 1er septembre 2015 à 16:32
  •  
  • "ni maintenir l’euro coûte que coûte, ni en sortir à tout prix mais pouvoir s’affranchir des politiques libérales, et donc avoir les moyens politiques et les cadres institutionnels et monétaires pour le faire."

    Joli plaidoyer pour piétiner sur place. Pour "s’affranchir des politiques libérales", encore faut-il se sortir des griffes de la finance. Impossible sans s’émanciper de l’UE.

    À l’aune de l’actualité récente, croire encore en l’UE relève de la foi religieuse, pas de la raison.

    Jean-Marie Le 1er septembre 2015 à 16:46
       
    • M’avez-vous bien lu ?
      Je n’écarte pas du tout la sortie.

      Mais en soi la sortie ne règle aucun problème, dirions-nous que la Grande Bretagne est moins libérale ? Pas sûr quand même.

      La question n’est pas d’abord institutionnelle, mais politique. Nous on mènera une politique anti libérale. S’il faut sortir de l’euro pour cela, alors il faudra le faire.

      Guillaume Liégard Le 1er septembre 2015 à 17:50
    •  
    • Je suis ravi que l’idée de sortir de l’union européenne commence à faire son chemin. Ne vous leurrez pas, il faudra bel et bien en sortir.
      Pour rappel il faut l’unanimité des membres pour modifier un traité. La vraie question que devrait se poser Regards c’est : " Quel est la probabilité que nous l’ayons ?"
      Poser la question c’est y répondre.

      Val Le 1er septembre 2015 à 19:42
    •  
    • "S’il faut sortir de l’euro [...]
      Tout concourt à démontrer que ça n’est plus conditionnel, mais bien une nécessité. C’est ma différence, et ma conviction.

      Contrairement au FN, ce ne sera que provisoire, en vue d’une refondation plus conforme aux principes de base de l’éthique politique. Pardonnez-moi ce truisme, rendu indispensable à cause des Joffrin et autres consorts de mauvaise foi.

      Jean-Marie Le 1er septembre 2015 à 19:59
    •  
    • Ma réponse (19:56) s’adressait à Guillaume Liégard. J’aurais dû le préciser pour plus de clarté.

      Jean-Marie Le 1er septembre 2015 à 20:04
  •  
  • La question n’est pas de "changer l’Europe ou de changer d’Europe" (votre titre), elle est bien de" s’affranchir des politiques libérales (votre conclusion) austéritaires et mortifères avec pour conséquences hautement probable, dès lors qu’on s’y attèle vraiment, une sortie de la zone euro (voire de l’UE), "laquelle n’est valable que si [elle] va de pair avec la socialisation des banques, avec une réforme fiscale favorable à ceux d’en bas, avec une solution radicale à la dette |23|. Sinon on aura une sortie de droite à la zone euro. C’est bien pourquoi une partie de l’extrême droite soutient de façon souverainiste cette sortie. Il faut l’éviter. Il faut une sortie progressiste, favorable au peuple." (Eric Toussaint - CADTM) .

    Victor Le 1er septembre 2015 à 19:02
       
    • Pour rappel et juste comme ça, au passage, l’extrême droite ne propose pas une sortie de l’UE.

      Val Le 1er septembre 2015 à 19:29
  •  
  • @ Val
    Merci de votre rappel mais il n’a pas lieu d’être si vous m’avez bien lu et distingué mes propos de ceux de Eric Toussaint. Ma parenthèse - et hypothèse - ne concerne pas un parti particulier mais un pays membre de la zone euro et de l’UE amené de gré ou de force à quitter l’UE après avoir quitté de gré ou de force celle-là.

    Victor Le 1er septembre 2015 à 20:15
  •  
  • Tout ça , c’est bien dit, mais vous ne proposez aucune solution.
    Vous dites que : le mouvement pan-européen ne marche pas car il n’y a pas d’homogénéité démocratique pan européenne à gauche, la théorie des dominos serait écrasée par la réaction libérale, le repli national serait mortifère.
    Vous voulez regrouper rapidement plusieurs pays qui le souhaiteraient. Mais en supposant que ça se fasse, vous oubliez le carcan juridique pan-europeen, les votes à la majorité, la libre concurrence du travail sans contre-partie sociale, les règles de l’OMC etc...
    Tout ça semble très complexe à mettre en oeuvre d’un point de vue juridique, technique, démocratique et social, sans parler du problème majeur des migrants et de leur coût social à venir.

    En clair bonnes questions, mais perspectives utopistes.

    Le retour à la nation et son cadre protecteur associé à des conventions inter états semble bien plus réaliste et facile à mettre en œuvre. Sans être mortifère. Souvenez vous, nous avons déjà vécu comme ça. A l’époque, il y avait de l’emploi et des droits sociaux pour les travailleurs.

    totoLegrand Le 2 septembre 2015 à 01:17
  •  
  • Bravo pour cette analyse qui ouvre des perspectives. Mais pourquoi limiter notre réflexion à l’Europe ? N’avons-nous pas plus en commun avec les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Maliens,... qu’avec les Finlandais et les Estoniens ?

    gib Le 2 septembre 2015 à 11:48
  •  
  • Je me trompe ou la proposition du PG d’organiser un sommet international du plan B va dans le sens de ce que vous dites ?
    Proposition d’Eric Coquerel le 18 août (voir http://www.eric-coquerel.fr/node/299) relayée par JLM sur son blog et lors de son discours de clôture du remue-méninges du PG, d’ores et déjà acceptée par O. Lafontaine et Y. Varoufakis...
    Le PG a proposé de lancer l’organisation de ce sommet lors de la prochaine fête de l’huma...

    Alain2678 Le 2 septembre 2015 à 12:43
       
    • Jusqu’en juin, Mélenchon n’évoquait l’éventualité d’une sortie de l’UE que du bout des lèvres. Mais face à la poussée d’une plateforme alternative à la sienne au Congrès soutenue par 45% des militants, principalement axée sur la sortie de l’UE , et accentuée par le "revirement" de Tsipras , le voilà à la tête d’une campagne pour un plan B, mais qu’il propose seulement après une tentative de refonte des traités via le plan A... Attention, pas trop vite quand même...
      Alors qu’il sait pertinemment que sa politique ne peut en aucun cas obtenir l’aval de la très grande majorité des autres pays européens , n’est-ce pas encore de la procrastination ? et pour aboutir à quoi ? à tenir en haleine des gogos jusqu’en 2017 et appeler in fine à voter PS au 2ème tour ?

      LOLILOLA Le 2 septembre 2015 à 20:30
  •  
  • L’auteur pense que : « Il doit y avoir place pour un autre projet (!!!) qui permettrait de regrouper rapidement plusieurs pays (!!!) dans une conformation (?) et des contours (!!!) qui restent à définir (!!!). On n’est pas sorti de l’auberge.
    Les grecs auraient été heureux d’apprendre qu’il existait des solutions à leurs difficultés présentes et à venir. On se demande aussi pourquoi cela n’a pas été pensé et acté bien avant. Actuellement la seule solution susceptible de faire bouger réellement les lignes est l’adoption d’un plan B. Tout le reste n’est de l’ordre que du possible.

    rody Le 2 septembre 2015 à 18:52
       
    • Pour les grecs, et c’est à peu près clairement écrit, je pense qu’il n’y avait pas d’autres choix que de sortir. Ceci dit je ne crois pas que cela aurait été une promenade de santé mais le choix fait par Tsipras se paiera cher lui aussi.

      Pour le reste ne croyant ni à l’hypothèse A, ni à l’hypothèse B énoncée dans cet article (pour les raisons que j’avance), il reste alors 2 solutions : un choix purement national que je crois faux et dangereux et un autre projet européen (sans doute pas avec tout le monde donc).

      Guillaume Liégard Le 2 septembre 2015 à 19:04
    •  
    • Guillaume Liégard

      "2 solutions : un choix purement national que je crois faux et dangereux et un autre projet européen (sans doute pas avec tout le monde donc)"

      Les oppositions radicales de gauche sont trop minoritaires pour espérer un projet européen avant longtemps.

      Est-il vain d’espérer que nos leaders anticapitalistes se questionnent sur leur inefficacité et entament leur examen de conscience ?
      Vont-ils nous condamner à laisser le FN l’emporter, puisque seul capable de faire sauter le blockhaus de Bruxelles ?

      L’avenir qui s’annonce, avec pour horizon plus que probable le trio PS-LR-FN est noir, très noir.

      Ras le bol les bavardages et les projets sur la comète. Il est plus que temps de se lancer dans l’action.

      Jean-Marie Le 3 septembre 2015 à 00:07
  •  
  • “La constitution de la zone euro s’est faite dans des conditions bien particulières qui, de fait, empêchent concrètement la mise en place d’une politique antilibérale ”
    Relisez-vous. Si l’on considère votre postulat , il n’y a pas de politique de gauche possible dans le cadre de l’euro. Ce que je pense. Alors pourquoi toute cette litanie et ces critiques des "inconditionnels" de la sortie de l’euro ?
    Elle est inévitable. La différence avec vous est que vous aurez perdu un temps précieux à vous gratter plutôt qu’à soigner la plaie. Comme Mélenchon d’ailleurs. Comme quoi...

    Avez-vous écouté Spiglitz ? C’est drôle que personne ne le cite...

    Personne ne vous reprocherait de n’être pas dans une gauche radicale, évitez seulement de vous présenter comme telle. A moins que la Fase (ou Ensemble) n’en soient pas ? J’ai pu me tromper, mais alors comment vous définiriez-vous ?

    LOLILOLA Le 2 septembre 2015 à 19:56
  •  
  • Le défaut majeur de cet article est de faire le black-out sur les vraies possibilités de combat, et en Grèce, et ailleurs, et chez nous : la question de la dette. Nous faisons un audit (c’est l’erreur centrale de Tsipras de ne pas avoir suivi Toussaint et Zoé Constantopoulou sur ce point) et nous décidons souverainement de ne pas payer la partie illégitime et odieuse. Ensuite, advienne que pourra, fin du contrôle de Bruxelles sur notre budget et son prétendu "déficit", fin de validité (pour nous) des traités que la France a rejetés par referendum, fin de la politique d’austérité et des "réformes structurelles" imposées par ces "traités", fin de l’esclavage pour dette. La France est assez puissante économiquement pour se réorganiser sur cette base, si la volonté politique y est, et c’est aussi une bonne base de développement pour toutes les luttes, de l’usine à l’hôpital et à l’université.
    Le PG explique sur son site (résumant les positions de J. Généreux) que la question centrale est bien celle de la dette, et non directement celle de l’euro. Cette position peut faire l’unanimité de la gauche radicale, au lieu du brouillard et aveu d’impuissance qui sert de conclusion à cet article.

    Pourquoi G. Liégard n’en dit-il pas un mot ? Simple oubli ?

    Autrement Le 3 septembre 2015 à 09:56
       
    • Sauf que vous ne pouvez pas unilatéralement dans une Europe à 27 faire le choix de ne honorer vos engagements où alors il vous faut sortir de tous vos engagements et contrats.
      Mais Tsipras n’a pas eu l’envergure pour faire ça. IL a sans doute eu peur des conséquences sociales pour son peuple.
      C’est la différence entre les promesses de programme et la réalité des responsabilités gouvernementales.
      Ca doit pas être si simple.

      totoLegrand Le 4 septembre 2015 à 00:20
  •  
  • totoLegrand dit : "Sauf que vous ne pouvez pas..."

    Eh bien justement, "Nous, on peut" !
    C’est le titre du livre de Jacques Généreux, qui explique "Pourquoi et comment un pays peut toujours faire ce qu’il veut face aux marchés, face aux banques, face aux crises, face à la BCE, face au FMI..." (Seuil, 2011). Trop peu connu !

    Autrement Le 4 septembre 2015 à 09:21
       
    • Tu peux nous faire économiser 20 balles et nous dire en substance en quoi ça consiste ?

      Val Le 4 septembre 2015 à 09:52
  •  
  • @Val (je recommence car j’ai l’impression que ma réponse précédente n’est pas partie).
    Non, je n’ai pas le temps, car bien qu’à la retraite, je travaille encore.
    Le livre de J. Généreux doit se trouver d’occasion ou en bibliothèque.
    Pour une illustration récente, sur le cas de la dette grecque, voir ce que dit Eric Toussaint dans sa conférence (et qu’avait appuyé Zoé Constantopoulou, présidente du Parlement) : Tsipras aurait pu... : video-conférence de 2h à retrouver sur Youtube (lien refusé par Regards), mais la lecture du livre prendrait bien 2h aussi !

    Texte extrait d’une conférence de J. Généreux lui-même, en lien ICI.

    Autrement Le 4 septembre 2015 à 10:49
  •  
  • Merci, je vais voir ça. Car depuis ce matin je me gratte la tête en me demandant comment nous pourrions le faire sans une sortie de l’union en bonne et due forme ; en gros sans mettre les pieds sur la table et envoyer les autres pays bouler malgré les traité, j’entends.

    Val Le 4 septembre 2015 à 13:13
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  • "sortie de l’union en bonne et due forme" ha et pour faire quoi

    Bea Le 4 septembre 2015 à 15:49
       
    • Par quoi voulez-vous commencer ?

      L’abandon d’une monnaie mortifère ? Le contrôle des capitaux et plus globalement le rétablissement d’une frontière économique ? La renationalisation de certains pôles industriels stratégiques ?
      C’est loin d’être exhaustif mais ça représente déjà un bon début, non ?... Et pour tout vous dire Béa, j’ai le secret espoir qu’à l’occasion de ce grand chambardement il y ait une grande opération coups de balais parmi nos politiques.

      Val Le 4 septembre 2015 à 21:14
  •