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Accueil > Politique | Par Pierre Jacquemain | 29 janvier 2017

Comment Valls, de Rugy, Pinel et les autres s’apprêtent à trahir les électeurs de la primaire

Après s’être engagés à soutenir le vainqueur de la primaire, Valls, de Rugy, Pinel et les autres s’apprêtent à de pas respecter l’engagement qu’ils avaient pourtant pris devant leurs électeurs. Les défections avant la clarification ?

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lls ont fait la leçon à la terre entière. En particulier à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron parce qu’ils refusaient de participer à la primaire de la "Belle alliance populaire". Ils ont martelé combien cette primaire était l’unique occasion de faire gagner la gauche. En particulier à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron accusés de défaire la gauche. Et de la diviser. Ils ont rappelé, chacun des sept candidats, qu’il y avait des convergences majeures entre eux.

Un éphémère "rassemblement"

« Ce qui nous rassemble (...) est beaucoup plus fort que les divisions qu’on peut avoir », avait lancé Manuel Valls au micro d’Europe 1, en décembre dernier. Sans doute était-ce un écho à son slogan de campagne d’alors : "Faire gagner tout ce qui nous rassemble". Enfin, ils ont dit "oui". Ils ont même dit "oui" trois fois lors des débats télévisés. À la question « Vous engagez-vous à soutenir le vainqueur de cette primaire ? », l’unité était bien réelle. Du moins en apparence.

Depuis dimanche dernier, une tout autre histoire est sur le point de s’écrire. Valls n’est plus le favori et Hamon pourrait gagner l’élection avec une très large avance. Mais les candidats de la gauche gouvernementale – François De Rugy et Sylvia Pinel, venus prêter main forte à Manuel Valls dans cette primaire, semblent bien décidés à entacher la soirée de Benoît Hamon. Alors qu’un soutien de François de Rugy à Manuel Valls était, si ce n’est naturel, au moins attendu, le candidat écologiste a finalement publié une note sur son blog pour prévenir : « Je ne me résous pas aujourd’hui à devoir choisir entre écologie et responsabilité », a-t-il lancé. Malin. Un soutien à l’ancien premier ministre aurait pu lui coûter son ralliement, qu’il annoncera sans doute dans les prochaines heures, au mouvement d’Emmanuel Macron.

Défections vers Macron

Et il ne sera pas le seul. Nombreux, parmi les socialistes et autres participants à la primaire, ne voudront pas soutenir le programme de Benoît Hamon. Comment Manuel Valls, Myriam El Khomri ou Jean-Marie Le Guen – pour ne citer qu’eux – pourraient-il faire campagne avec une profession de foi qui annonce l’abrogation de la loi Travail ? Pas étonnant que les parlementaires socialistes s’organisent en ce moment pour déposer dès la semaine prochaine, en réunion de groupe socialiste, un droit de retrait. Les députés socialistes réformateurs vont jusqu’à évoquer « l’objection de conscience » pour ne pas faire la campagne de l’un des leurs.

C’est dire l’état de décomposition du Parti socialiste. Et si certains se mettront en retrait de la campagne, près de soixante-dix députés socialistes devraient annoncer leur ralliement à Emmanuel Macron la semaine prochaine. Ironie de l’histoire, celui qui était encore il y a quelques jours le secrétaire national du PS en charge des adhésions, avant d’en démissionner le 20 janvier dernier, Mao Peninou (adjoint d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris), s’apprête à annoncer ce soir son adhésion au mouvement En Marche.

Vers une clarification

La primaire de la Belle alliance populaire n’aura été qu’une trahison de plus envers un électorat de gauche aujourd’hui déboussolé. Les sept candidats avaient pris un engagement devant leurs électeurs : celui de soutenir le vainqueur. La plupart d’entre eux s’apprêtent à ne pas respecter cet engagement. Ces mêmes candidats qui disent « vouloir faire de la politique autrement » décernent partout, sur les plateaux de télévisions et de radios, des brevets en crédibilité. Mélenchon ? Pas crédible. Le revenu universel d’existence ? Pas crédible. La transition énergétique ? Pas crédible. C’est la gauche tout entière – son idéal, ses valeurs, ses progrès, ses rêves et ses utopies aussi – qui n’est pas crédible à leurs yeux. « La gauche doit-elle être de droite pour gouverner ? », interrogions-nous cette semaine… Sans doute que leur crédibilité politique va aussi en prendre un sacré coup.

Une chose est sûre, le divorce est désormais consommé. Et c’est sans doute ce qui pouvait arriver de mieux à la gauche. À savoir, une clarification. Maintenant, le plus dur reste à faire : reconstruire. Et faire émerger une gauche de transformation, unie, à la hauteur des enjeux à venir.

@pjacquemain

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Vos réactions

  • Sauf que contrairement a ce que vous affirmez, je pense que cette scission a été voulue, programmée par l’élysée. avoir en France comme en suéde, en allemagne, en angleterre, ou aux USA deux partis qui gouvernent au centre en alternance. les républicains et les démocrates (tiens la droite a pris les devants ceci n’est que l’acte deux) et aux extremes ceux qui sont pas d’accord avec ce schéma et le plus faibles possibles. D’ou la rhetorique sur l’extrême droite et l’extrême gauche. Macron n’aura été que l’éclaireur du futur parti démocrate.

    jean marie Digny Le 29 janvier à 15:27
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  • Et la carabistouille continue -> Une journaliste de Buzzfeed a pu voter 4 fois au second tour des primaire PS.
    (J’arrive pas à mettre le lien)

    Durruti Le 29 janvier à 17:57
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  • Certains ne manqueront pas de dire que « les rats quittent le navire ». Mais il faut chercher à savoir ce que ces rats faisaient sur ce navire.
    L’éclatement du PS n’est rien d’autre que la fin d’une bulle spéculative. Ceux qui ont investi dans ce parti, dans le seul but d’ y recueillir des profits matériels ou symboliques (postes, carrières, honneurs …) s’apprêtent aujourd’hui à le quitter parce que la rentabilité attendue de leur activité spéculative n’est plus au rendez vous. Il n’y a plus de retour sur investissement et c’est la débandade. La liste des ralliés à Macron, après la liste de ceux qui étaient prêts à rallier Sarkozy en 2007, en constitue un exemple édifiant. C’est plutôt triste pour ceux qui pensaient sincèrement pouvoir participer à une action de transformation de la société vers plus de justice sociale.
    Il n’est pas exclu que le même phénomène se produise à droite si la candidature Fillon venait à s’effondrer. Les mêmes causes produisant les mêmes effets.

    Monsieur HR Le 29 janvier à 19:03
       
    • "Ceux qui ont investi dans ce parti, dans le seul but d’ y recueillir des profits matériels ou symboliques (postes, carrières, honneurs …) " Ceux -la sont à la tête du PS depuis le début. Après l’assassinat de Jaurès qui combattait le danger de guerre impérialiste, ils ont dés 1914 soutenu la boucherie des tranchées, la politique coloniale, les pleins pouvoirs à Pétain, l’armée contre la grève des mineurs à la fin des années 40, la guerre d’Algérie...
      Aujourd’hui c’est la main dans la culotte du MEDEF, la condamnation des syndicalistes CGT, la loi El Khomeri, la répression brutale des manifestations syndicales . Maintenant c’est le troll Hamon, déguisé comme une bagnole volée, et il faudrait qu’on l’accueille comme le messie ! On est pas des poissons roses ! Insoumission hasta la victoria siempre !

      René-Michel Le 31 janvier à 14:28
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    • Quand les rats quittent le navire celui-ci est en train de couler et très vite les derniers passagers et le capitaine (s’il ne quitte pas le navire avant tout le monde) se retrouvent sur le radeau de la méduse.

      choucroute Le 31 janvier à 17:22
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  • Mais enfin, moi ce qui me choque c’est qu’Hamon aurait soutenu Valls si celui ci avait gagné. Certes, c’est la règle mais enfin c’est se fourvoyer. Et il faudrait déjà faire confiance à Hamon ! Un peu de recul ! Quel programme ses camarades du PS le laisseront construire !
    Depuis 1 an Melenchon et la FI construisent un vrai programme très abouti.

    Victoire belle Le 30 janvier à 23:12
       
    • Il n’y a rien de choquant à cela, il est un apparatchik du ps depuis 25 ans. Être socialiste solférinien c’est son job. Ne sont étonnés que ceux qui se faisaient des illusions sur le gaillard. Il est pour tout en étant contre, il synthétise quand ça l’arrange, il est contre mais enfin on peut voir, il carabistouille avec Montebourg contre Hayrault pour placer Valls puis se trire du gouvernement parce qu’il prépare sa candidature à la primaire, il est contre Hollande mais sollicite son soutien pour la présidentielle, il n’assume pas tout le bilan du quinquénnat quoique....Bref c’est Hamon, c’est un cadre du ps, simplement.

      choucroute Le 31 janvier à 17:29
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  • Mais il ne faut pas se faire des illusions, Valls, Pinel, Rugy, et leurs semblables, ne sont que des arrivistes, traîtres, mangent m.... sans conscience, de la même trempe que les Fillon avec un seul objectif : la place, le train de vie et tout ce qui va avec.

    Mais quelle absurdité, quel abus de conscience que de les qualifier de "réformateurs".

    Une seule ligne politique pour eux, leurs intérêts personnels et rien d’autre.
    La société, le peuple, l’écologie ils s’en moquent comme de leur première chemise.

    Arthurr Le 31 janvier à 05:35
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  • bourdieu avait dit pas mal de choses définitives sur cette engeance : voir sa vidéo sur you tube "bourdieu-gauche" et l’on comprend l’alliance macron-royal-hollande

    CHRISTIAN Le 31 janvier à 10:01
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