partisocialiste.fr
Accueil > Politique | Par Nathanaël Uhl | 25 février 2015

Coups de semonce au Bureau national du PS

Après l’incapacité à trouver une majorité pour voter la loi Macron, le Bureau national du Parti socialiste a ménagé la chèvre des "frondeurs" et le chou de la politique gouvernementale. Jean-Christophe Cambadélis a encore réussi un numéro d’équilibriste.

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Au-delà du désordre social qu’elle pourrait créer selon ses détracteurs, la loi Macron continue à semer la confusion au Parti socialiste. Après l’utilisation par le gouvernement de l’article 49-3 pour la faire passer en force à l’Assemblée nationale, elle a été au cœur du bureau national du Parti socialiste, mardi 24 février.

« Mettre les points sur les i »

À l’issue d’une séance houleuse, marquée par la présence de 41 de ses membres sur 72, le Bureau national a procédé à un « rappel à la règle ». Il a voté, à 29 voix contre 9, une motion précisant : « Le Bureau national, en dialogue avec les groupes socialistes au parlement, donnera maintenant ses consignes sur les textes après audition du gouvernement ».

La tension a monté d’un cran. Depuis plus d’un an, les "frondeurs", ces parlementaires qui ne cessent de rappeler le programme sur lequel François Hollande a été élu, mènent le débat politique sur les orientations gouvernementales. Leur opposition à la loi présentée par le ministre de l’Économie et des Finances, Emmanuel Macron, n’a pas permis à Manuel Valls de trouver une majorité autour de ce texte à l’Assemblée. Le premier ministre a du faire « acte d’autorité » en utilisant l’article 49-3. Point culminant d’un psychodrame comme la rue de Solférino sait en créer. Dès dimanche soir, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, avait promis de « mettre les points sur les i ». Une manière de reprendre la main quand certains, comme le député Razzy Hamadi, demandaient l’interdiction pure et simple de la liberté de vote…

Rappel des « règles internes »

Première gâchette de Manuel Valls, Luc Cavournas, secrétaire national du PS, a claironné avant le Bureau : « Le premier secrétaire va taper du poing sur la table, c’est normal, face à des parlementaires qui ont refusé de porter une loi du gouvernement. » Le sénateur du Val-de-Marne a été parmi les plus offensifs contre les parlementaires indisciplinés. De fait, le Bureau national n’a pas sanctionné les récalcitrants, se contentant de rappeler : « Les membres du groupe socialiste au parlement acceptent les règles internes du parti et se conforment à sa tactique. En toutes circonstances, ils doivent respecter la règle de l’unité de vote de leur groupe. En cas d’infraction à cette règle, le Conseil national peut faire jouer les dispositions prévues. »

Une menace qui se veut explicite mais que les frondeurs relativisent en souriant. « J’ai compris que tous les socialistes, y compris les ministres, devaient suivre la ligne du parti », politise Guillaume Balas, secrétaire général du courant Un monde d’avance (regroupant les proches d’Hamon et Emmanuelli). Ce faisant, il rappelle que le contenu de la loi Macron est assez éloigné du programme du Parti socialiste et de celui qui a fait élire François Hollande. Un propos repris par Jérôme Guedj, membre du BN et un des animateurs du courant Maintenant la gauche : « S’il devait y avoir une discipline à respecter, encore faudrait-il qu’elle se base sur une orientation sur laquelle les militants se sont prononcés », glisse-t-il avant de rappeler son souhait d’un « congrès de clarification » sur la ligne politique et sur la manière dont le Parti socialiste doit se comporter quand il est au pouvoir.

« Un problème d’orientation politique »

La perspective du congrès, qui aura lieu du 5 au 7 juin, a donc plané sur le Bureau national de mardi. Jean-Christophe Cambadélis, tout à son élection au poste de premier secrétaire (il n’a été que nommé à cette fonction en avril 2014), a déployé tous ses talents de tacticien pour donner des gages à Manuel Valls, et donc à François Hollande, avec ses « consignes de vote » tout en ménageant les frondeurs. Il a en effet rappelé que le PS « est un parti de débat » : « Personne ne peut être inquiété pour les idées qu’il défend. Il ne peut y avoir des décisions administratives collectives. » Le premier secrétaire a évacué du texte adopté les propos les plus durs à l’encontre des frondeurs.

Plus funambule que jamais, Cambadélis prépare "son" congrès, tâchant de concilier les inconciliables. Et les « point sur les i » se sont mués en vague esquisse. Tania Assouline, membre du BN au titre de la motion Un monde d’avance, explicite : « Le PS a un problème d’orientation politique. Il ne le réglera pas par des mesures administratives ou bureaucratiques. » Reste la question : Emmanuel Macron, qui n’est plus membre du Parti socialiste, devra-t-il se soumettre aux mêmes règles que ses camarades de gouvernement ?

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Impression d’assister, là comme dans les sections locales, à un lent mais inéluctable naufrage.

    BLep Le 25 février 2015 à 22:07
  •