Accueil > Politique | Par Jérôme Latta | 10 novembre 2016

De l’urgence d’une révolution dans les rédactions politiques

La victoire de Trump est l’énième symptôme d’une crise démocratique dont il n’est plus permis d’ignorer les causes profondes. Dans les grands médias, le débat politique doit être refondé en faisant enfin place aux alternatives non mortifères.

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Analyser sérieusement les causes de l’accession à la présidence de Donald Trump oblige à se plonger dans la sociologie politique complexe (bien plus qu’on ne le croit ici) des États-Unis en même temps que dans un système électoral très particulier. Ces dernières heures, la tentation a été grande de céder à telle ou telle explication globalisante, susceptible de conforter tel ou tel point de vue.

De quoi la victoire de Trump est-elle la défaite ?

Mais c’est précisément de ces manières de voir midi à sa porte que l’on peut déduire quelques enseignements significatifs, d’autant plus que ces réactions semblent, dans les médias dominants, renvoyer le même écho à chaque gifle électorale, à chaque sursaut populaire (aussi opposées soient les propositions politiques auxquelles il est recouru) : refus des traités européens ou des accords de libre-échange, victoire de Syriza, émergence de Podemos, Brexit, accession de Corbyn à la tête des Travaillistes britanniques et, donc, élection d’un dangereux démagogue à la Maison-Blanche.

Ce n’est pas parce que les propositions de Donald Trump, Boris Johnson ou Marine Le Pen sont en grande partie insensées que l’adhésion de leurs électeurs l’est aussi. Aussi, qualifier d’irrationnelles ces réactions, en trahissant au passage un mépris de classe quand il s’agit de fustiger des citoyens peu éduqués, la réduire à une "colère" [1], c’est refuser d’en voir la rationalité et le sens politique, mais aussi les causes. Car là aussi, si comprendre n’est pas justifier, c’est un préalable indispensable.

La notion de rejet des élites commence toutefois à être un peu mieux appréhendée par l’éditocratie, même si celle-ci trouve encore ce rejet injuste : dénoncer l’élite, la caste, le système, c’est être "populiste", donc déraisonnable, éloigné de cette réalité réelle et réaliste dont les gardiens du libéralisme sont les garants en même temps que ceux de la seule politique possible. Prochaine étape : comprendre, même confusément, qu’ils font partie de cette élite, ou bien qu’ils la servent avec un zèle de domestiques soucieux de conserver leurs positions.

Dans le sac du "populisme"

Les pédagogues de la soumission qui serinent depuis trois ou quatre décennies qu’il n’y a pas d’alternative sont bien obligés de constater qu’il y en a une et qu’elle s’impose assez irrésistiblement. Ouvriraient-ils un peu plus les yeux qu’ils en verraient d’autres, infiniment moins mortifères, mais qu’ils se sont attachés à disqualifier avec un zèle inversement proportionnel à celui qu’ils ont mis pour ouvrir des boulevards à la pensée d’extrême droite – banalisée, puis légitimée, puis installée partout… Avant de constater qu’ils étaient totalement désarmés face à elle.

Mais voilà : en recourant notamment à une dénonciation du "populisme" consistant à jeter dans le même mot des expressions politiques complètement opposées (selon l’antienne imbécile des "extrêmes qui se rejoignent"), en déduisant de quelques ressemblances de pure forme une identité de pensée, ce discours alimente la confusion, maintient le statu quo, entretient l’idée qu’il ne peut y avoir que de mauvaises solutions à un problème dont la réalité est elle-même niée.

Il faudra produire un gros effort de discernement, pour comprendre par exemple que dénoncer les mêmes maux ne signifie pas en avoir la même appréhension ni proposer les mêmes solutions, que des préconisations apparemment semblables ("protectionnisme", "souveraineté") peuvent procéder de visions du monde totalement antagonistes, et diversement sincères.

Pas d’alternative, vraiment ?

Le verrouillage du débat politique sur la position du "TINA" [2] a maintenu dans l’invisibilité la critique de la mondialisation financière et des dogmes économiques qu’elle charrie malgré l’évidence de leur échec, tout en contribuant efficacement au repli des citoyens au fond des impasses identitaires, xénophobes, réactionnaires. La "neutralité" journalistique n’a été en l’espèce qu’une complaisante passivité face aux dérives, dont il ne s’est plus agi que de commenter le spectacle ; être neutre aujourd’hui, c’est plus que jamais être du côté de l’idéologie dominante – que les Trump et autre Le Pen ont ensuite beau jeu de dénoncer à leur profit.

Ceux qui occupent une position de pouvoir dans l’espace médiatique sont responsables de ne pas avoir invité à la table cette alternative-là, ou de lui avoir réservé sa morgue pour rester confinés ou confits dans la doxa de ceux qui savent et ont tranché a priori tous les débats. Peut-être ont-ils compris ou pressenti que la pensée critique de gauche est plus dangereuse pour leur confort intellectuel que la droitisation continue du champ politique, dont ils s’accommodent plutôt bien (du moins jusqu’au moment de prendre des poses de vertueuse incompréhension face au désastre).

Des institutions médiatiques comme le New York Times ou le Washington Post ont instantanément produit des mea culpa et admis que, à force d’entre-soi social et intellectuel, elles étaient passés complètement à côté du puissant mouvement qui a fait de Donald Trump le successeur de Barack Obama. En attendant que notre propre mandarinat mène une telle introspection, des deux côtés de l’Atlantique, on découvre subitement que ce résultat n’a en réalité rien d’une surprise, qu’il s’explique par une quantité de facteurs dont le point commun est d’avoir été remarquablement ignorés jusqu’alors.

Égalité des chances pour les idées

Il est temps de reconnaître les vertus des Sanders, Corbyn et autre Iglesias, ne serait-ce que leur capacité à offrir une réelle opposition à la montée de l’extrême droite, la possibilité qu’ils offrent de rouvrir les débats et le champ des possibles afin d’envisager un autre avenir que celui – désespérant – dont accouchera le combat entre néolibéralisme et néofascisme. Il est temps de faire place à autre chose que l’opposition entre le pire de la politique et la politique du moins pire, ultime recours de partis de gouvernement discrédités et incapables de refaire de la politique. L’exemple d’Hillary Clinton, candidate du gotha politico-financier qui n’aurait gagné que par défaut et n’aurait offert qu’un très relatif soulagement, est suffisamment parlant.

Il est temps d’œuvrer à une égalité des chances pour les idées, d’appeler à la révolte des rédactions contre leur chefferie afin de recréer les conditions d’un débat politique qui ne soit plus crétinisé, confisqué ou livré aux partisans du pire – comme lorsque le service public de télévision ne trouve rien de mieux que d’inviter Marine Le Pen au 20 heures de France 2, le lendemain de la victoire de Donald Trump. Il est temps de mettre un terme aux impostures de langage qui contribuent à la confusion générale, d’évincer les intellectuels médiatiques, les experts discrédités, les penseurs faisandés. Temps de prendre la mesure de la faillite démocratique qui – au sein de l’Union européenne, de la Ve République ou de la "plus vieille démocratie du monde" – conduit à ce qu’on déplore ensuite, en inversant la causalité, comme "une menace pour la démocratie" [3].

Il est temps de réarmer le journalisme contre l’extrême droite, temps qu’il mène vraiment le combat qu’il prétend mener pour la démocratie, qu’il mette un terme à l’indéfendable hégémonie de l’orthodoxie économique, qu’il réhabilite la pluralité des opinions et leur réelle confrontation, qu’il assume ses opinions et celle des autres. En espérant qu’il soit encore temps.

Notes

[1Lire cet éditorial du Monde, pas spécialement scandaleux, mais qui exprime bien cette incompréhension.

[2Le "There is No Alternative" de Margaret Thatcher.

[3Ibid.

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Vos réactions

  • Entièrement d’accord avec vos arguments, en espérant comme vous le faites que les rédactions journalistiques,intègrerons une nouvelle approche des alternatives politiques dans le traitement de la campagne électorale qui débute.

    Une remarque cependant, quand vous énumérez, les représentants des idées alternatives, pourquoi ne citer que des personnalités étrangères, Corbyn, Sanders,Iglésias et non une personnalité française ?
    Vous voyez ce que je veux dire, cela participerait à ne pas alimenter la politique du pire ici aussi, n’est ce pas ?

    Michel 65 Le 10 novembre à 11:08
       
    • Merci de votre message. Disons, pour répondre à votre question, que j’ai laissé ce blanc pour inciter les intéressés à le compléter eux-mêmes…

      Jérôme Latta Le 10 novembre à 11:47
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  • ...les intéressés,comme vous dites, complèterons, mais malgré tout c’est vous le journaliste...

    Michel 65 Le 10 novembre à 12:07
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  • Très bon article, mais il est important de préciser que dans cette élection Américaine, ce sont les démocrates et le clan Clinton qui ont été battus. En effet, selon le journaliste de l’Humanité C. Deroubaix les démocrates ont perdu entre 20 à 25% des voix par rapport à l’élection de B. Obama. D. Trump ferait le même score que M. Romney à l’élection de 2012. Cela veut dire qu’une partie de lectorat démocrate s’est réfugiée dans l’abstention. Il semble que ce constat infirme la thèse répandue par les médiats et les fameux experts, d’un raz marée du vote populaire vers D. Trump. Les républicains ont mobilisé leur camp et peut être un peu au delà, à l’inverse, faute de répondre aux aspirations de son électorat naturel, les démocrates ont démobilisé leur camp.D. Trump dans sont programme a promis de baisser de 40% les impôts des plus riches, qui ne sont pas" des petits blancs déclassés", et dont on peu raisonnablement penser qu’un certain nombre d’entre eux ont voté pour lui.

    B. Senders, dont il faut rappeler qu’il est indépendant et non pas démocrate, aurait peut être fait mieux que H. Clinton ? C’est ce que disaient les sondages, mais les sondages...

    GG Le 10 novembre à 12:20
       
    • B. Senders, dont il faut rappeler qu’il est indépendant et non pas démocrate, aurait peut être fait mieux que H. Clinton ? C’est ce que disaient les sondages, mais les sondages...

      Aucuns sondage n’a affirmé que Sanders aurait fait mieux que Trump. C’est illogique. Rien qu’aux primaires, Clinton est passé devant lui, tout simplement parce qu’elle était plus conservatrice. Obama était ce qu ’il y avait de plus à gauche, et il a été remplacé par le plus extremiste de droite. Ou alors, les democrates et indépendants auraient fait deux candidats pour le clan democrate ? Ils ne sont pas assez idiots. Trump passait avec plus de scores, puisque deux divisées par deux, font un, et non pas 3, le 3 qui était le chiffre pour battre Trump.

      Je l’ai lu, moi aussi, que "Sanders aurait pu battre Trump", c’est pour moi un slogan populiste, sans aucun sens, destiné à des buts politiques pour des gens qui ne connaissent pas la politique. Mathématiquement, c ’est impossible.

      FFI Le 10 novembre à 13:11
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    • Non Sanders n’était pas indépendant lors de l’élection vu qu’il a tenté d’obtenir l’investiture du parti démocrate.

      AlanP Le 11 novembre à 11:30
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  • Très bien mais va-t-il falloir demander la permission à Bilderberg ?

    Jeannot Le 10 novembre à 12:27
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  • Les Français s’intéressent moins à la politique qu’autrefois de la génération de leurs parents, ou grands parents. Beaucoup de biens sociaux ont étés accomplis depuis la fin de la guerre RSA, 35 heures, etc, et ils sont moins en attente des politiques pour résoudre ces sujets, sauf le chaumage évidement, principale contrainte des Français. Sans oublier l’attente de l’amélioration des conditions sociales et des revenus dans l’industrie. Et le journalisme ne réponds pas correctement à sa mission, d’information, de culture politique, d’enseignement de la population sur les programmes des candidats à ces élections.

    Donc il y a déjà dans ce manque d’information, une réponse à l’attention des gens. Pour beaucoup, la politique se résume à des leaders, une étiquette politique dans leur dos. Et une petite page de programme simplifié et résumé, pour ne pas trop faire travailler le cerveau des gens sur un sujet qu’ il ne comprennent pas.

    On va prendre l’exemple de Trump qui a fait une realiti show à la télé très demandé, et qui est passé président. Les gens l’ont trouvé sympa à la télé en train de manger des hamburgers, ou aller à la piscine, ils ont voté pour lui. Pour la politique, il ne faut pas trop leur demander pourquoi ils ont voté pour lui. Cà và se résumer en quelques mots.

    En France pareil, mais moins pire, on présente des candidats, leur look, leur apparence, leur étiquette, mais vide sur leur programme.

    Prenons pour exemple, la primaire de droite à la télé, 7 candidats réunis comme dans questions pour un champion, sans buzers, mais avec deux journalistes pour remplacer Julien Leppers, et des candidats qui annoncent dans le moins de mots possible leur programme. S’il y en a, du moins ...
    Autre exemple :
    Un Melenchon qui nous fait de la Quinoa, un Montebourg qui va au salon du jeu vidéo, un Hamon, ect ...

    Tout est à refaire au niveau politique, les journalistes ne sont pas fait pour faire de l’audience, mais pour parler politique. Tant que le peuple ne leur en fait pas la remarque, ils continuent. Un cercle ....

    FFI Le 10 novembre à 12:55
       
    • Juste pour conclure, "l’influence de beaucoup de medias" par des partis politiques . Je ne parlerai pas de "contrôle", c ’est un terme populiste qui n’ a pas de sens car nous sommes en démocratie et en liberté de presse, pas comme en Russie. Mais d’influence sur les grands médias qui appartiennent à un petite minorité de patrons de presse en relation avec des partis . Et qui peuvent influencer l’opinion.

      Juste pour finir sur deux exemples En France. Un Jospin liquidé, avec un second tour Droite / Extrême droite, par une grande campagne d’insécurité à la télé, couplé avec une division de la gauche avec un NPA dont ils parlaient beaucoup pour mieux diviser la gauche . Pourtant bilan impeccable, avec un taux de croissance mondial à 4,5 %. Mais les Francais ont eu peur sur l’insécurité. Qui n’était pas plus présente qu’autrefois.

      Aujourd’hui, je ressens la même influence. On liquide du Hollande dans tout les médias, et on fait monter du Melenchon (Sondages par les organes de droite, notamment, comme le Figaro, par exemple) donc gauche divisée en deux , et du Lepen (Télé à outrance), et la droite qui est première avec 36 % d’intention de votes, candidat unique sans dire un mot audible, qui se tait et attends son deuxième tour contre Le Pen, sachant pertinemment qu’elle passera, même avec les voix de gauche pour ne pas laisser du Faschisme en France.

      On est pas dans le contrôle des médias. Regardez, vous trouvez partout le journal l’Humanité. Un seul journal pour un parti. La droite, elle, en a plusieurs. Mais par une influence des médias, qui couplé avec une inculture politique des francais, fait une opinion influencé des Francais en politique.

      On parle de presse et télé, je ne vais pas écrire sur les médias internet, c ’est devenu pour moi une poubelle à propagande de tout bords confondus, Facebook, You tube, Twitter, des réseaux qui devaient être personnels, pour parler famille, culture, et beaucoup d’autres choses, et qui est devenu un nid de propagande, pour partis populistes surtout, parce que pas de Directeurs de presse, moins de lois sur la calomnie sur le net, donc on peux écrire ce que l’on veux, sous toutes formes d’identité (Au fait, je suis BDPIF déguisé, je me cache sous un faux nom, , je préviens) et enlever en suivant ses commentaires, en cas de menaces de procès pour calomnies et autres.

      Sinon, vous avez un fait un très bon article. Utile. Bonne continuation, j’ai remplis mon quota de commentaires, place aux autres, donc à moins de questions sur mes commentaires, je n écris plus. Bonne Journée.

      FFI Le 10 novembre à 13:49
    •  
    • Il y a quand même beaucoup de bons journalistes...
      Recopié des tweets de Politis" :
      Bernard Langlois @Panouille
      "S’agit pas de "sonner le tocsin". Mais de se rassembler derrière le seul candidat capable de faire gagner la gauche. Tu vois pas qui ?"

      Lecteur Le 11 novembre à 10:52
    •  
    • "Aucuns sondage n’a affirmé que Sanders aurait fait mieux que Trump."
      "Je l’ai lu, moi aussi, que "Sanders aurait pu battre Trump", c’est pour moi un slogan populiste, sans aucun sens, destiné à des buts politiques pour des gens qui ne connaissent pas la politique. Mathématiquement, c ’est impossible."

      C’est mathématiquement tout a fait possible et tous les sondages donnaient Sanders plus large vainqueur face a Trump que Clinton. Tous.
      http://www.usatoday.com/story/news/politics/onpolitics/2016/11/09/bernie-sanders-donald-trump/93530352/
      C’est le cas typique de Bayrou en France. Il ne passera jamais au second tour mais si il était au second tour il gagnerait a chaque fois peu importe l’adversaire.
      Une petite vidéo qui explique bien le phénomène : https://youtu.be/ZoGH7d51bvc

      AlanP Le 11 novembre à 11:37
  •  
  • La consanguinité idéologique d’une classe déconnectée de la réalité et convaincue d’avoir raison avant pendant et après l’élection, et le rejet de toute autre pensée, voilà ce qui mène à Trump.
    A méditer également pour un blog comme Regards.
    Enfin bon je connais la suite.

    Thomas Le 10 novembre à 22:58
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  • Cher Jérôme, avez-vous laissé le nom du candidat français en blanc parce que ça vous arrache la bouche de prononcer son nom alors que vous n’avez cessé de le détruire jusqu’à ce jour ?
    Je parle de Macron.....bien entendu . Chacun l’aura compris.

    choucroute Le 11 novembre à 06:55
  •  
  • A propos de l’élection de D Trump, restons lucides, je note que :
    1/ En nombre de voix, Clinton (59 440 000 voix ) est devant Trump (59 245 000 voix ). Trump ne l’emporte que grâce à l’étrange système des grands électeurs. Rien du raz de marée populaire qu’on veut bien nous présenter. Avec le système électoral français, Trump ne serait tout bonnement pas élu.
    2/ Rien ne permet donc d’affirmer que l’élection de Trump est la volonté du peuple américain. D’autant plus que le taux de participation s’établit à seulement 54 %, Trump ne recueille en fait qu’un peu moins de 27 % des voix par rapport au nombre des inscrits ; je ne pense pas que cela amènera nos brillants commentateurs à relativiser leur points de vue ; la France ne pouvant espérer faire mieux, je ne pense pas non plus que cela amènera nos partis professionnalisés à enfin s’interroger sur les limites actuelles de notre chère démocratie réduite, dans les faits, à une demi-cratie.
    3/On ne sait pas bien s’il s’agit d’une victoire de Trump (-2 millions /Romney) et de ses idées ou d’une défaite de Clinton (-4 millions /Obama) plombée par le soutien qu’elle a cherché et obtenu auprès du secteur financier US que la population ne peut plus supporter ; en France certains vénèrent bien M Macron l’homme issu de la banque Rotschild.
    4/ les instituts de sondage se sont une fois de plus fourvoyés ; je ne pense pas que cela amènera nos propres médias ou nos organisations politiques à devenir plus circonspects à l’égard de cette brillante méthode de divination. Ont ils essayé les marabouts ou les cartomanciennes ?
    5/ La désindustrialisation du pays n’a pas porté chance au pouvoir en place ; ça pourrait bien être la même chose chez nous.
    6/ Les américains ont voté pour un mauvais candidat, qui ne leur apportera que des désillusions, mais l’autre, soumise à Wall Street, ne valait pas mieux ; là encore nous risquons de connaître l’an prochain le même type de galère.
    7/ Pendant la campagne il nous a été expliqué que Trump avait imposé sa candidature contre le parti Républicain. Aujourd’hui on nous dit que les Républicains contrôlent l’ensemble des institutions US. Cela me semble contradictoire. Les analystes fluctuent trop pour être honnêtes.
    8/ Au fait, y a t il un journaliste suffisamment éclairé pour nous dire quelle est la position de M Trump sur le traité Transatlantique qui nous lierait les mains face aux pouvoir des multinationales, qu’elles soient US ou européennes ?

    Monsieur HR Le 11 novembre à 11:59
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  • Ceux qui espèrent que trump va être un « coup de pied dans la fourmilière » se trompent gravement, je le craint.
    Il va continuer à fond dans le néolibéralisme et user encore plus du bon vieux mythe du gars solitaire qui ne doit tout qu’à lui-même et rien au collectif pour rouler tout le monde dans la farine.
    Ils ne sont pas rendus les rêveurs qui se sont laisser abuser par ce démagogue et son arnaque de retour au supposé âge d’or américain des années 50.

    Les syndicalistes sont très mal barrés, les américains ne sont pas prêt d’avoir une sécu.
    Bernie Sanders a représenté un vrai espoir mais le parti démocrate n’en voulait pas.
    Il n’y a de toute façon rien à attendre de de ce genre de gros partis, car contrairement aux personnes qui souffrent de ce système, les dirigeants seront bien à l’abri des saloperies de trump et ils ont 5 ans pour fabriquer un nouveau prototype de JFK/Obama à présenter aux désespérés pour l’alternance.

    Le gros avertissement avec une cata pareille c’est qu’il faut vraiment quelque chose de lourd en face de ce genre de faux mouvement rebelle en France, de toute cette crapulerie lepen /sarko/

    Ici même, je ne vois que la candidature Melenchon pour passer à autre chose, mais il faudra compter sur les médias « mainstream » pour bien l’enfoncer et la belle presse de « centre gauche » ne le soutiendra jamais.

    Arouna Le 11 novembre à 14:04
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  • Sur les pronostics du grand prophète BHL, voir ICI, et autres contributions réjouissantes sur LGS !

    Autrement Le 11 novembre à 18:44
  •  
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