Accueil > Economie | Par Laura Raim | 4 juillet 2017

Déficits publics, dette, inflation : ces chiffres magiques qui nous gouvernent

La "règle d’or" et les contraintes chiffrées que l’UE a imposées à ses États-membres pour l’’endettement et les dépenses publiques ont été fixées au jugé, sans réel fondement économique. Mais elles ont permis d’imposer une idéologie et des politiques bien réelles…

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Les intérêts de l’oligarchie ne sont jamais aussi bien servis que lorsqu’ils sont déguisés en “bonne gestion des finances publiques”. L’Union européenne est passée maîtresse dans l’art de masquer derrière des principes comptables des choix hautement politiques. Depuis la crise de la dette souveraine de 2010, on ne cesse de le marteler : les États européens doivent « respecter les règles », il en irait tout simplement du fonctionnement fluide de la machine-euro…

Contre cet enfumage, il est impératif de désacraliser les chiffres qui sous-tendent ces soi-disant “règles d’or” et de rappeler les orientations idéologiques – et les intérêts particuliers, qui ont très directement façonné les critères de la supposée “bonne gouvernance” monétaire et budgétaire du “système euro”.

Les apparences de la neutralité

Ainsi, par exemple, la cible annuelle d’inflation de seulement 2% déterminée par la Banque centrale européenne a-t-elle toutes les apparences de la neutralité technique. La BCE la justifie sur son site par son souci de contribuer à un « environnement économique favorable » et à « un niveau d’emploi élevé ». Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’une faible progression des prix vise surtout à préserver les investisseurs contre l’érosion de la valeur réelle de leurs créances, l’inflation participant à « l’euthanasie des rentiers » comme disait Keynes… Le chiffre de 2% n’a rien d’objectivement “optimal”. L’ancien chef économiste du FMI, Kenneth Rogoff, prône d’ailleurs une inflation de 5 à 6%, comme moyen de faire fondre mécaniquement les dettes publiques. Mais une telle proposition a peu de chance d’être entendue…

Quant au plafonnement dans les traités européens des déficits publics à 3% du PIB et de la dette publique à 60% du PIB, son origine est pour le moins anecdotique : il provient d’une décision de l’équipe d’économistes qui entourait le président François Mitterrand en 1981. Parmi eux, Guy Abeille, qui raconte au Parisien en 2012 : « On a imaginé ce chiffre de 3% en moins d’une heure, il est né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. (…) Mitterrand [voulait] qu’on lui fournisse rapidement une règle facile, qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent ». L’équipe choisit le 3 : « C’est un bon chiffre, un chiffre qui a traversé les époques, cela faisait penser à la Trinité ».

La règle des 60% pour les dettes n’est pas mieux fondée puisqu’elle découle elle-même des 3% de déficit ! Elle correspond en effet au niveau où se stabilise le ratio dette / PIB sous des hypothèses moyennes de taux de croissance et de taux d’intérêt lorsque le déficit est à 3%.

Neutraliser l’action politique

Ce sont pourtant ces critères de convergence, littéralement sortis du chapeau, qui seront inscrits dans le traité de Maastricht de 1992 et renforcés en 2012 dans le cadre du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Celui-ci impose notamment aux pays dépassant les seuils de 3% et 60% de soumettre à la Commission et au Conseil européens leurs programmes de réformes structurelles contraignants, ainsi que leurs projets d’émission de dette. Le TSCG prévoit en outre l’inscription d’une “règle d’or” dans les constitutions nationales, soit un « mécanisme de correction automatique » des finances publiques déclenché lorsque le déficit structurel dépasse 0,5% du PIB. Bien entendu, ce dispositif « ne sera pas soumis à la délibération parlementaire », précise le Traité.

Bref, des mesures de “bonne gestion” appliquées en mode “pilotage automatique”, bien faites pour brider les investissements publics – l’obligation d’atteindre l’équilibre budgétaire fermant en pratique la voie de l’emprunt –, ouvrir la santé, l’éducation ou encore l’énergie au secteur privé et, plus profondément, neutraliser l’action politique autonome et discrétionnaire en matière économique.

Aussi arbitraires soient-elles, ces contraintes budgétaires s’avèreront ainsi des armes redoutables au service des intérêts privés pour abattre l’État social. L’ultralibéral Alain Madelin vendait la mèche dès 1992 : le Traité de Maastricht est « une assurance-vie contre le retour de l’expérience socialiste pure et dure », se réjouissait-il. La Grèce en sait quelque chose. L’élection en 2015 du candidat de la gauche radicale, qui s’engageait à rompre avec les politiques d’austérité et de privatisations qui tuent son pays à petit feu depuis cinq ans ne changera rien : après avoir livré bataille quelques mois, Alexis Tsipras renoncera à son programme et poursuivra la destruction des services et droits sociaux au nom du “respect des règles” européennes. Décidément, les 3% sont l’ennemi des 99%…

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Vos réactions

  • Bravo, voila qui est dit clairement. Cette dénonciation de l’imposture des chiffres devrait être largement diffusée auprès de ce qu’il reste de citoyens. Nous sommes gouvernés par des automates de la pensée. En complément : lire les économistes atterrés et le dernier livre de J. Stiglitz sur l’Euro.

    Julien Le 4 juillet à 13:09
  •  
  • Sur les chiffres magiques, voici les 100 pages du projet de loi d’habilitation du gouvernement :

    (http://www)
    assemblee-nationale.fr/15/pdf/projets/pl0004.pdf

    ainsi que le 1er et seul visible sur le site de l’Assemblée Nationale des 139 amendements déposés par la France Insoumise (sur + de 230 au total) en réponse à celui-ci :

    (http://www)
    assemblee-nationale.fr/15/amendements/0004/CIONSOC/AS110.asp

    désolé si en doublon...

    carlos Le 4 juillet à 14:46
  •  
  • Excellent article, c’est bien le fond de la question, y compris les 3% de Bruxelles contre les 99% !
    Je connais bien la Grèce ; si l’on ne sort pas des traités, comme l’explique l’Avenir en commun, c’est le même écrabouillement général qui nous attend.
    Pour l’analyse de la situation européenne dans son ensemble, et les moyens qu’ont les peuples de se défendre, on peut lire sur le site de Laïki Enotita (Unité Populaire, Paris) l’étude de Stathis Kouvelakis : (https://)
    unitepopulaire-fr.org/2017/07/02/la-grece-la-frontiere-leuropepar-st-kouvelakis/
    L’étude complète se trouve sur le site de Contretemps, Revue de critique communiste : (https://www.)
    contretemps.eu/grece-frontiere-europe-forteresse/

    Autrement Le 5 juillet à 11:19
       
    • Pour être complet dans la documentation :
      les articles de l’HUMANITE
      les analyses de la revue ECONOMIE et POLITIQUE

      buda Le 5 juillet à 14:36
  •  
  • Très bon rappel,

    la règle d’ or entérinée juste après l’élection de hollande consolidait encore le fameux "cadre" non négociable.
    Le traitement infligé à la Grèce sert d’exemple pour tous les rêveurs qui oseraient imaginer sortir ou seulement desserrer l’étreinte du "cadre".
    Comme la vue de personnes sans toit dormant sur des cartons sur le chemin de son travail pousse l’employé précaire en CDD à la résignation.

    Ce serait intéressant de ressortir les perles de tous les terroristes économiques néolibéraux, qui à une autre époque encensaient le "miracle Grec" et montraient ce pays en exemple de réussite, c’était une des rengaines qui tournaient en boucle pour faire l’apologie de UE dans les années 90.

    Arouna Le 6 juillet à 08:50
  •  
  • En cours d’économie l’on vou apprend qu’un des principaux leviers d’action sur l’économie, dont dispose un gouvernement, c’est son pouvoir d’action sur la monnaie .

    A partir du moment où selon le dogme de l’ordoliberalisme , apparu en Allemagne dans les années 30 , doctrine économique selon laquelle l’état, le politique ne doit pas intervenir dans le champ économique , que l’économie étant une science , elle relevait par conséquent ,de l’expertise scientifique , et non du politique ; nos gouvernants ont abdiqué tout pouvoir d’action sur l’économie.

    C’est à partir de cette doctrine qu’ a été construite l’UE , avec notamment le traité de Maastricht qui constitutionnalise l’indépendance de la BCE , sur le modèle de la Bundesbank . Ne relève plus du politique que les questions sociétales .

    Depuis le traité de Maastricht , toutes les règles misent en place par l’EU , dont le traité de constitution , vont dans ce sens . À savoir retiré à la délibération populaire toute possibilité d’action sur l’économie , devenue dorénavant affaire de spécialistes. Petit cercle d’initiés en service commandé , dont nous abreuvent la quasi totalité des médias aux mains de quelques milliardaires.

    A tout cela il faut ajouter le rôle joué par la Cour de Justice Européenne et par la commission . Le Monde Diplomatique de ce mois-ci a publié une excellente conférence sur la prise de pouvoir de ces 2 institutions. Conférence tenue par Dieter Grimm, ancien membre de la Cour constitutionnelle fédérale allemande et professeur.

    GG Le 6 juillet à 09:23
       
    • @GG - Il est bon de rappeler que c’est pour éviter "l’inflationnisme" des 70’s d’une part et mettre fin aux crises du change des 80’s d’autre part, que la BCE (façon "Bundesbank" comme vous le rappelez) a été conçu avec un niveau d’indépendance très élevé par rapport aux politiques et aux intérêts nationaux diverses au sein de l’U.E....

      Mais on si l’on s’est bien appliqué à la tâche de les en séparer, il s’est avéré que sa porosité par rapport aux influences des intérêts privés du marché s’est accentué jusqu’à imposer des politiques d’austérité strictes aux pays membres de l’Union. La question de l’indépendance "réelle" inscrite dans les statuts de la BCE est donc à reposer à l’aune entrautre de cette constatation ! En effet, la Banque Centrale Européenne dépasse le cadre de ses prérogatives d’origine pour agir comme un vecteur de l’idéologie politique libérale et donc concoure à travailler pour les intérêts privés qui en tirent profit, au détriment des politiques d’Intérêt Général...

      Or, le fait que la BCE en imposant des politiques majoritairement refusées par les citoyens concernés, du fait d’agir tantôt dans l’intérêt d’un seul des pays membres (l’Allemagne), tantôt en faveur des intérêts "privés" (du marché dira t’on... voir l’incident emblématique dit du 18 mai), affiche une capacité de nuisance effective au projet d’intégration européenne de manière générale, peut tout à fait justifier une refonte institutionnelle complète de la Banque Centrale Européenne en toute légalité dans le cadre actuel, notamment quant à la mise en place d’un contrôle démocratique accru, seule garantie de son indépendance vis à vis des intérêts "privés" mais aussi "étatiques" !

      La BCE tire aujourd’hui sa légitimité de ses résultats... C’est ce qu’on appelle l’"output legitimacy". Mais qui lui a fixé et à le pouvoir de lui fixer ses objectifs ? La réponse est : Les Etats membres ! Avec une victoire des forces humanistes et sociales dans l’Union Européenne, le "dialogue monétaire" avec le Parlement Européen pourrait bien en arriver à une discussion sur la mise en place de "leviers de pression" capable d’orienter l’activité de la BCE... Sans affirmation d’une volonté générale européenne, comme au niveau national d’ailleurs, alors effectivement, les choses resteront immuables, même si elles n’étaient pas écrites ! Il faut travailler à construire une opposition au projet libéral forte en Europe comme nous le savons déjà et comme Mélenchon a déjà commencé à le faire...

      carlos Le 6 juillet à 13:34
  •  
  • @Carlos

    " L’indépendance politique de la BCE est essentielle à la réalisation de son objectif principal de maintien de la stabilité des prix. C’est un élément fondamental du système monétaire de la zone euro... " Source : écb.eureupa.eu .{{}}

    "Quels sont les principaux piliers de l’indépendance de la BCE ?
    Le cadre institutionnel de la politique monétaire unique protège la BCE de tout type d’influence politique. L’indépendance de la BCE s’appuie sur cinq piliers principaux inscrits dans les statuts du Système européen de banques centrales et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

    Indépendance institutionnelle

    Le traité stipule que la BCE ne doit pas solliciter ou accepter des instructions venant d’une institution, d’un gouvernement ou d’un autre organisme de l’Union. De même, les gouvernements des États membres et les autres institutions de l’Union européenne ne sont pas autorisés à influencer les organes de décision de la BCE.

    Indépendance personnelle

    Les statuts protègent l’indépendance personnelle des membres du Directoire de la BCE. Ceux-ci sont nommés pour un mandat non renouvelable de huit ans et ne peuvent être relevés de leurs fonctions qu’en cas de faute grave, ce qui leur permet de prendre des décisions responsables et objectives.

    Indépendance fonctionnelle et opérationnelle

    Ses statuts confèrent à la BCE l’ensemble des compétences nécessaires pour réaliser son objectif principal de stabilité des prix. À cet effet, l’Eurosystème exerce seul la compétence de la politique monétaire dans la zone euro. Par ailleurs, la BCE a l’interdiction d’accorder des prêts directement au secteur public et est ainsi préservée des pressions venant des autorités publiques.

    Indépendance financière et organisationnelle

    Afin de limiter davantage encore les influences extérieures sur l’Eurosystème, la BCE et les banques centrales nationales disposent de leurs propres ressources financières et revenus. Les statuts permettent à la BCE d’organiser sa structure interne comme elle l’entend. Cette autonomie donne à l’Eurosystème la possibilité d’effectuer toutes les tâches qui lui sont confiées.

    Indépendance juridique

    Enfin, la BCE est dotée de sa propre personnalité juridique et peut ainsi former des recours devant la Cour de justice de l’Union européenne pour faire valoir son indépendance, si nécessaire..." Meme source.

    A la création de l’euro H kohl a été très clair , c’est l’euro mark ou c’est sans l’Allemagne . Pour changer le statut de la BCE , il faut changer les traités . Pour changer un traités de l’UE il faut l’unanimité , statiquement cela n’arrivera pas , la règle de l’unanimité est là pour ça . A Court et à long terme les allemands dans leur immense majorité n’accepteront pas de remettre en cause l’indépendance de la BCE , elle fait partie du roman national allemand. Sur ce point ils seraient soutenus par les pays faisant partie de sa zone d’influence.

    D’autre part un peu d’inflation n’est pas nécessairement négatif, sauf pour les rentiers, elle fait baisser la dette mécaniquement. Quand au taux changes la monnaie "unique " n’est pas obligatoire, on peut avoir une monnaie " commune " , c’était le cas de l’écu .

    Des structures économiques aussi différentes que celle de L’Allemagne et celle de la Grèce , pour ne citer que cette dernière , ne peuvent avoir une monnaie unique qu’à la condition que soit opérer d’importants transferts de richesse du plus riche vers le plus pauvre., Et ça ni les Allemands , ni leur économie ne pourraient le supporter . Et pour finir il est important qu’un pays puisse se refinancer directement auprès de sa banque centrale et non pas auprès des marchés financiers comme c’est le cas actuellement.

    GG Le 6 juillet à 16:51
       
    • @GG - lorsque j’évoquais l’inflation et les crises du change, c’était epour relativiser ce que vous présentiez comme une unique cause de la création de la BCE :
      "C’est à partir de cette doctrine qu’ a été construite l’UE , avec notamment le traité de Maastricht qui constitutionnalise l’indépendance de la BCE]."
      En l’occurrence, pour moi l’inflation "n’est pas le diable"...

      carlos Le 7 juillet à 12:15
  •  
  • @GG - Pour ne prendre que le cas grecque, typique, la BCE en décidant de faire sienne la stratégie exigée par les créanciers, de même plus largement en entretenant un dialogue permanent entre ses représentants et certaines multinationales, fonds de pension ou grosses banques internationales (que nous résumerons sous le terme de "marchés") avec les scandales que tout le monde connaît, font que sa "prétendue indépendance" a donc été réduite à rien ! Or, comme vous le rappelez si bien :

    " L’indépendance politique de la BCE est essentielle à la réalisation de son objectif principal de maintien de la stabilité des prix. C’est un élément fondamental du système monétaire de la zone euro... " Source : écb.eureupa.eu ""

    => Le non respect des statuts courants de la BCE par les autorités de la Banque Centrale Européenne remet en cause directement le cadre légal qui est actuellement le leur... A ce titre, la légitimité d’une action juridique visant à garantir cette indépendance s’avère recevable... d’autant plus avec avec les traités actuels qui instituent cette "indépendance" ! A noter que la cour de justice européenne est compétente à statuer contre la BCE...

    Mais attention... N’interprétez pas de façon erronée mon propos, je suis moi-même convaincu qu’il faut sortir des traités actuels pour leur en substituer de nouveaux plus en phase avec l’objectif de "solidarité" entre les peuples cher à l’Union Européenne ! L’indépendance de la BCE est un leurre... autant affirmer ce à quoi elle doit servir ! Pour autant, je suis d’avis qu’il faut mettre devant leurs propres contradictions sans attendre tous les acteurs de la destruction de l’Union européenne ! A noter tout de même et pour relativiser encore cette fameuse "indépendance" que les gouverneurs des banques centrales nommés généralement par les pouvoirs politiques à l’échelon national disposent "en conseil" du pouvoir de réformer les statuts de la BCE... C’est pourquoi une victoire massive des "gauches" dans l’Union européenne rendrait beaucoup plus aisé ce que tout le monde croit impossible aujourd’hui.

    carlos Le 7 juillet à 12:07
  •  
  • @Carlos

    Quand je met l’accent sur l’indépendance de la BCE comme c’est inscrit dans les traités , il s’agit d’indépendance vis à vis du politique , et par conséquent de la délibération populaire , et non pas l’indépendance vis à vis du champ économique dont elle est un des agents à part entière.

    L’impossibilité de changer le statut de la BCE et donc les traités , ne relève de la croyance, c’est une hypothèse que de nombreux paramètres valident . Vous parlez de victoire massive de la " gauche " , pour ne prendre que le cas allemand , le SPD n’a surtout pas pour projet de remettre en cause l’indépendance de la BCE comme 90% des citoyens allemands . Cette réalité fait qu’à court et long terme il ne sera pas possible d’envisager sérieusement pouvoir changer les traités. Il est possible qu’à très , très long terme l’Allemagne évolue sur ce point . Mais d’ici là les CETA , les TAFTA , le dumping fiscal, le dumping sociale , les politiques d’austérités, les privatisations, les délocalisations intra européenne, auront fait de la France une vaste station balnéaire. D’où l’intérêt du plan B si le programme l’Avenir en Commun venait à remporter la majorité .

    GG Le 8 juillet à 06:32
       
    • @GG- lorsque j’ai cité le cas grecque pour signifier que la BCE n’était pas indépendante, les créanciers sur lesquels elle a alignée sa politique étaient des Etats... Dont notamment l’Allemagne ! En l’occurence, la BCE a donc défendu des intérêts "nationaux" particuliers au combien politique ! De surcroît, le fait que la BCE soit un acteur économique ne doit pas pour autant la soustraire à ses propres missions "d’intérêt Général" ( fixées initialement par les États membres)... Elle doit rester un agent "indépendant" des intérêts privés qui font et défont les marchés et n’a pas pour vocation d’en enrichir certains (Goldmann & Sachs, etc...)... Ce qui a valu plus d’un scandale et très probablement l’obligera à terme à se reformer sous la contrainte et à devoir accepter un contrôle démocratique !

      Quoiqu’il en soit, tout ça ne remet pas en cause le fait que je sois pour le plan "B" et la mise en place de nouveaux jalons pour une coopération solidaire ecologiste avec les autres pays membres et des partenaires extérieurs qui le souhaiteront si les forces destructrices libérales préfèrent risquer la destruction de la communauté européenne en acceptant que la France pratique une nouvelle fois la politique de la Chaise vide en sortant des traités plutôt que d’accepter d’en discuter de nouveaux plus à même de rendre les peuples solidaires !

      Carlos Le 9 juillet à 16:52
  •  
  • Il ne s’agit pas d’une crise financière, mais de l’économie elle-même donc du capitalisme. L’ hypertrophie de l’industrie financière est une des conséquences de la non possibilité de valorisation de la valeur dans la sphère productive. Depuis la fin des années 60 et début années 70, c’est l’industrie financière qui "tire" l’économie. La politique monétariste a été une des réponses à la perte de profit dans la sphère productive.

    Je rappelle que l’augmentation de la valeur économique ne se fait que grâce à la production de marchandises par le travail humain vivant. Or, de nos jours, ce travail tant à disparaître du fait des forts taux de productivité.

    Avant, on pouvait compenser les gains de productivité par l’augmentation de la production. Ce n’est plus suffisant aujourd’hui du fait que la micro-électronique a envahit les procès de production.

    Le capital a besoin de trouver de nouveaux territoires, qu’ils soient spatiaux ou temporels pour pouvoir se valoriser. C’est pourquoi, nous assistons à la marchandisation de tous les aspects de nos vies et à le destruction de l’ Etat social.

    L’ Etat opère une ponction sur la plus-value pour pouvoir fonctionner. Cette est liée à la distribution. Or celle-ci ne peut que diminuer au regard de la dévalorisation générale dans la production de marchandises.

    Une relance keynésienne permettrait de surseoir au désastre des politiques actuelles, mais en aucun cas de sauver le soldat capital.

    Le capitalisme a atteint sa contradiction interne à savoir qu’il a absolument besoin de plus de travail humain vivant pour perdurer tout en détruisant ce travail par les avancées technologiques.

    cyril Le 12 juillet à 13:09
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