photo cc James Steakley
Accueil > Politique | Par Isabelle Lorand | 24 juin 2015

Delap’

François Delapierre, l’ami, le fils spirituel comme il le présentait parfois, le compagnon de lutte de Jean Luc Mélenchon est mort ce week-end d’une tumeur au cerveau. L’hommage d’Isabelle Lorand.

Vos réactions (5)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

François Delapierre avait quarante-quatre ans et laisse deux filles et une compagne, Charlotte. C’est à elle que je pense ce soir, elle, avec qui j’ai milité pour la défense des droits humains, moi représentant le PCF et Charlotte, le Parti de gauche.

Avec Delap’ j’ai partagé les mois si intenses de la campagne des présidentielles à L’Usine. Secrétaire national du Parti de gauche, il était alors le directeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2012. Nous étions au quotidien dans ce lieu transformé en fabrique à idées et à rencontres pour notre campagne commune.

Dire que j’étais toujours raccord avec François serait mentir. Pourtant j’avais de l’admiration pour lui, et surtout beaucoup d’affection. Sa gueule d’ange et son regard rieur cachaient une figure déterminée du Front de gauche. Si j’osais, je dirais un patron… Avant les foules enthousiastes dans les meetings et les quatre millions de voix dans les urnes, nous avons engagé une campagne faite de bric et de broc dans cet entrepôt désaffecté.

Qu’est-ce qu’on a pu se cailler sans chauffage, sous cette verrière ! Mais nous, les héritiers de Victor Hugo, avions une certitude : « Rien n’est plus imminent que l’impossible ». Alors le froid ou les doutes ne craignaient pas de nous déstabiliser. Et il faut bien le dire, chaque échange avec François était, au-delà des désaccords, tellement marqués par sa clairvoyance et sa finesse, que l’on en ressortait revigorés. Sa connaissance du monde cathodique et sa recherche pour le subvertir me régalaient délicieusement.

Je me souviens d’un échange peu avant la sortie de Délinquance : les coupables sont à l’intérieur. Je le conjurais de ne pas affaiblir la force de sa pensée par un titre autant réducteur que provocateur. Mais pour lui, pas de doute, pour franchir le mur médiatique, pas d’autre choix. Non par excès ou volonté de cliver, mais par conviction profonde qu’avoir le bon message c’est bien. Le faire passer c’est mieux. Ce à quoi j’arguais que la marginalisation me paraissait un coût bien élevé... En tout cas, un piège difficile à gérer.

Bref, entre la JC qui m’avait faite et SOS où il avait fourbi ses armes, c’était le choc des cultures ! Mais c’était tellement sympa…

François Delapierre va manquer à ses amis du Parti de gauche, qui le pleure. À Charlotte, à sa famille, à Jean–Luc. À moi aussi.

Vos réactions (5)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Du même auteur

1er avril 2000
Par Isabelle Lorand

Expérimentation

Vos réactions

  • En 1985,aucun choc des cultures:J’étais à la JC et comme ceux de l’UEC,ce sont les jeunes communistes qui ont vendu le plus de pin’s avec la main de SOS racisme..
    Aujourd’hui je suis toujours membre du PCF et la lutte anti-raciste et pour la laïcité à la française,reste au coeur de mon combat,le même qu’en 1985,le Mitterandisme en moins,Contrairement à Monsieur Mélenchon .

    Heavy dan Le 24 juin 2015 à 13:36
  •  
  • La décence en ce très triste moment m’empêche de dire ce que je pense de ce billet faussement compatissant et du commentaire de Heavy dan plein de fiel. Deux choses sont sures :
     depuis vingt six ans, chaque jour me conforte dans le bien fondé d’avoir quitté le PCF,
     demain, je serai au Père Lachaise.

    Fulgence Le 24 juin 2015 à 22:50
  •  
  • Pour sentir l’ampleur de la perte pour le mouvement anti-libéral en France que cause le décès de François Delapierre, se reporter à la page : https://www.lepartidegauche.fr/mobilisation/hommages-francois-delapierre-32767

    Mac Cullers Le 25 juin 2015 à 08:22
  •  
  • Une immense perte.

    Aubert Sikirdji Le 25 juin 2015 à 09:32
  •  
  • Il releverait de la simple décence, pour un tel sujet, de suspendre les sempiternelles, stériles et infantiles querelles de chapelle dont les commentaires sur notre site sont trop souvent le désolant théâtre. Lesquels commentaires sont désormais suspendus pour cet article.

    Jérôme Latta Le 25 juin 2015 à 09:56
  •