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Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 23 mars 2015

Départementales : Front de gauche, la vérité des chiffres

La soirée électorale a vu culminer les approximations des commentateurs comme des sondeurs. Jamais fourchette d’estimations "sortie des urnes" n’a été aussi grande. Et le premier ministre en a rajouté une louche avec ses mirifiques 26% de suffrages socialistes.

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Il faut dire qu’Emmanuel Valls avait cette fois un prétexte commode : l’institution de binômes complexifie à l’extrême les modes de calcul. Il suffisait ainsi au chef du gouvernement – qui connaît bien l’Intérieur et ses méthodes… – d’ajouter aux scores du PS, non seulement ceux de ses alliés du moment, mais aussi ceux des "divers gauche", quand bien même ils se présentaient sans l’onction du Parti socialiste.

Pour tenter d’y voir plus clair, j’ai utilisé le fichier détaillé des résultats par binômes établi par le PCF [1]. J’ai par ailleurs constitué un fichier compilant les données de 2008 et de 2011 dans environ 1.400 cantons, pour l’essentiel hors agglomération urbaine dont le découpage autorise le regroupement simple des communes. Pour les zones urbaines profondément restructurées, il faudra donc attendre des analyses plus fines.

1. Les grandes lignes sont à peu près établies. Le tableau ci-après rappelle les résultats de 2008 et 2011.

En 2015, ce qui est à peu près assuré est le total par grandes familles politiques : la gauche engrange 36,7% des suffrages, la droite "classique" obtient 37,5% et le Front National passe de 4,8% en 2008 et 15.1% en 2011 à 26% en 2015. En tête dans plus de 300 cantons, il consolide son implantation nationale, ce que risque de confirmer le second tour de dimanche prochain. Quant à la gauche, son recul est sévère par rapport à 2008 (48,2%) et 2011 (49,5%).

Le Parti socialiste est loin de ses résultats antérieurs (26,7 et 24,9%). Les binômes où l’on retrouve ses candidats recueillent 21,1% des suffrages exprimés. Là-dessus, 0,6% sont obtenus en couple avec le PCF et 1,2 % en couple avec les Verts. Pour ces derniers, les estimations sont souvent fantaisistes. Des listes vertes autonomes ne recueillent certes que 2% du total national. Mais ce chiffre doit être doublement relativisé : par le fait que les Verts n’étaient présents que dans un quart des cantons ; par le fait qu’ils se trouvent plus dans des binômes avec le Front de gauche (1,6%) et avec le PS (1,2%) qu’en autonomie.

2. Les résultats du Front de gauche témoignent d’une plutôt bonne résistance dans un scrutin calamiteux pour la gauche.

Le PCF en 2008 et le Front de gauche en 2011 recueillent entre 8,8 et 8,9% des suffrages exprimés sur la France métropolitaine et 9,4% sur les cantons où ils sont présents (environ 3.600 au total pour 2008 et 2011). En 2015, les binômes où figure au moins une composante du Front de gauche recueillent 9,4% des suffrages exprimés sur le total des cantons métropolitains et 11,9 % sur les seuls cantons où il présentait des candidats (1.540 cantons). Si on laisse de côté les 0,6% obtenus par une alliance PC-PS, le FDG retrouve son niveau global des scrutins précédents, alors que la gauche s’effondre. Le phénomène est encore accentué si l’on se fixe sur les seuls cantons où il était présent d’une manière ou d’une autre : on se rapproche alors du résultat de la présidentielle de 2012.

L’ouverture des alliances vers d’autres composantes de la gauche dite "radicale" et surtout l’esquisse d’un rapprochement local avec Europe-Écologie-Les Verts ont montré leur utilité dans un contexte périlleux. Mais le résultat confirme aussi que le Front de gauche n’a pas su apparaitre comme une alternative attractive au socialisme recentré. La fonction de "coup de pied dans la fourmilière" a été assurée par le FN. Et les composantes du FDG n’ont pas su imposer une image suffisamment claire, dynamique et crédible pour rompre la morosité qui accompagne depuis longtemps le recul du mouvement ouvrier et le démantèlement de "l’État-providence".

3. Le résultat global du FDG ne doit pas cacher d’importantes disparités dans l’évolution de quelques années. Si l’on prend en compte les 1.400 cantons où la comparaison est possible avec 2008 et 2011, on constante des progrès dans 900 cantons environ (dont 400 sont en hausse de plus de 5%) et des reculs dans 500 autres (dont 80 connaissent des reculs de 5 à 10%).

Or le phénomène se rapproche de celui que l’on avait observé dans des élections antérieures, et notamment les législatives de 2012 et les municipales de 2014. Dans des élections où la représentation communiste est forte (les deux tiers des candidatures en 2015 et une présence dans plus de 80% des binômes), les zones de densité ancienne forte continuent de s’effriter alors que des zones de faible implantation initiale enregistrent des poussées souvent sensibles.

Sur 180 cantons où le Front de gauche dépassait les 20% en 2008 et 2011, 135 sont en recul, dont 40 perdent la moitié du pourcentage antérieur. Les vieux "bastions" reculent encore, tandis que les territoires où le communisme s’était plus ou moins marginalisé connaissent un phénomène de renationalisation du vote. À sa manière, le vote FDG se "moyennise"…

4. Bien sûr, ce constat permet de comprendre l’extrême incertitude qui entoure le nombre de conseillers départementaux. D’ores et déjà, une quarantaine de cantons ont été perdus dès le premier tour et beaucoup de ceux qui restent en lice sont dans une situation défavorable. En fait, dimanche prochain tout dépendra de trois facteurs entremêlés : la qualité des reports à gauche ; la capacité à remobiliser l’électorat récent (celui de 2012) dans une élection peu stimulante ; l’ampleur enfin des transferts de voix entre l’électorat de la droite "parlementaire" et celui du Front national.

Notes

[1La recension des résultats a été coordonnée par Yann Le Pollotec, que nous remercions pour nous avoir permis d’accéder à ces données.

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Vos réactions

  • Oui, on se rapproche alors du résultat de la présidentielle de 2012.C’est la preuve que 2012 ne devait rien à ce mégalo de Mélenchon,mais tout à l’électorat du PCF que le microscopique pégé s’évertue à tuer.L’ouverture des alliances vers d’autres composantes de la gauche dite "radicale" et surtout l’esquisse d’un rapprochement local avec Europe-Écologie-Les Verts ont montré leur utilité dans un contexte périlleux. Oui,a fonction de "coup de pied dans la fourmilière" a été assurée par le FN.mais à termes et au fur et à mesure que le FN gouvernera,l’influence du FN diminuera.
    Et les composantes du FDG n’ont pas su imposer une image suffisamment claire, dynamique et crédible pour rompre la morosité qui accompagne depuis longtemps le recul du mouvement ouvrier et le démantèlement de "l’État-providence".Le pégé et son idéologie mitterando-gauchiste n’aide pas surtout depuis que l’on sait que Mélenchon est manipulé par Buisson et l’extrème droite.Après DSK,Cahuzac,Thévenaud,tous les bébés Mitterand ont été discrédités définitivement.
    La méthode pour le calcul est simple:additions ont été faites des scores de toutes les listes où fdg apparaissait.Ne soyons pas excessif en perrorant que cela ne signifie rien,SVP,un peu de sérieux....
    De plus il est tout à fait possible d’être écologiste,pro-nucléaire civil aprés référendum(gagné d’avance...),cotisant au PCF comme moi et partisan de plus d’alliances avec EELV et les frondeurs du PS plus qu’avec les buissono-mitterando-mélencheno-gauchistes du microscopique pégé.

    rebondPCF Le 23 mars 2015 à 20:06
       
    • Ce texte aurait parfaitement pu être écrit par un militant FN, tout y est, la haine de Jean-Luc Mélenchon, la haine de l’union de la gauche, la haine des partis composants du Front de Gauche, l’utilisation des rumeurs malveillantes comme arguments contre un homme de gauche, c’est vraiment à l’image du FN, et il est dommage de lire de telles insanités sur ce site.

      Drareg Le 24 mars 2015 à 12:39
    •  
    • Article factuellement intéressant, mais limité par son angle positiviste qui apparait dans son titre (la vérité résiderait "dans les chiffres" fournies par l’Etat ou le parti).

      Je lis à la fin de l’article que Yann Le Pollotec est le coordonnateur de cette enquête et qu’il a permis l’accès aux données, donc d’un point de vue sociologique il est le co-auteur et devrait figurer en tant que tel en titre de l’article.
      Quel étrange mépris pour les "petites mains" et quel culte de la personnalité des anciens chefs du PCF qui s’exprime ici !

      Cela rejoint le problème du FDG qui stagne, comme l’article le prouve :
       focalisation sur l’appareil partidaire, le cartel de partis et sur les scores électoraux par étiquettes, alors que la fraction qui se mobilise pour l’autre gauche toute tendance confondue est très faible en nombre d’inscrits.
       culte des personnalités médiatiques (là où l’Internationale ne voulait aucun tribun), jeux politiques et discussions de salon entre personnages représentatifs, depuis les conciliabules avec des "frondeurs" et ex-ministres jusqu’aux clubs désincarnés aux noms pompeux (Chantiers de l’espoir, etc.)
       éloignement culturel du PCF et de l’autre gauche des groupes populaires au profit de la "nouvelle petite-bourgeoisie" (Pierre Bourdieu).

      En vérité, l’article ne fournit pas une ligne au sujet du vote massif et récurrent des employés et ouvrières-ouvriers (50% de la population) en faveur du FN, ou encore au sujet de la grève des urnes que pratique la majorité du groupe populaire. Il serait encore mieux de parler de prolétariat mais cela nécessite une autre définition que celle des cases statistiques pré-étables.

      Goldwasser Le 24 mars 2015 à 16:13
    •  
    • Ben ils sont beaux les commentaires !.... en étant unis comme ça on comprend les scores éclatants du Front de Gauche et l’afflux des militants !
      C’est réellement motivant !

      moribon Le 26 mars 2015 à 09:37
    •  
    • réponse à @moribon
      "en étant uni comme ça on comprend les scores du Front de gauche"
      L’unité de façade de l’Union de la gauche a précédé le virage néocapitaliste de 1983 sous Miterrand, puis l’effondrement du PCF, puis le naufrage de la gauche plurielle le 21 avril 2002 dont l’auteur, Roger Martelli, faisait partie aux côtés de Robert Hue.
      En revanche, la critique ouverte des anciens partis et schémas, l’entrée en dissidence de milliers de gens qui n’ont suivi aucune consigne ni appel à l’unité, a permis le puissant débordement du non de gauche en 2005.
      Aujourd’hui, les réformistes sans réforme de la majo présidentielle veulent tous l’unité électoraliste pour sauver leur peau, mais en faisant l’économie d’une critique de fond, donc sans unité ni cohérence intellectuelle et politique.
      Si le FDG espère s’en sortir de la même manière, en mettant son éloignement spectaculaire du prolétariat et de l’intelligentsia politique sous le tapis, en célébrant quelques accords locaux qui ont réussi, il va continuer à représenter moins de 5% des inscrits. Comme c’est le cas aujourd’hui.
      Vous pourriez considérer que ma participation à ce débat témoigne d’une volonté positive de ne pas abandonner la lutte, même si tous les cadres partidaires sont vérolés, à l’évidence.

      Goldwasser Le 26 mars 2015 à 13:48
  •  
  • "Les vieux "bastions" reculent encore, tandis que les territoires où le communisme s’était plus ou moins marginalisé connaissent un phénomène de renationalisation du vote. "(voir texte ci dessus)
    et ça ? c’est pas un peu grâce à Melenchon ?
    le PCF ne serait plus rien (et c’est désolant...) si Melenchon n’avait pas amené cet élan nouveau !
    allons ! d’ailleurs, ce n’est pas le moment de ce genre d’analyse ! c’est le moment de se rassembler ! et avec Melenchon, c’est mieux !

    Cacéco Le 23 mars 2015 à 20:37
       
    • Le PCF sera toujours le parti des travailleurs, et tout citoyen favorisant la lutte des plus humbles contre les nantis, et donc tout citoyen de gauche membre ou sympathisant du PCF doit être le bienvenu, et non pas l’ennemi.

      Je crois que certains camarades se trompent de combat et d’adversaire et c’est réellement dommage.

      Dénigrer ceux qui participent au combat de la gauche c’est finalement faire le jeu de la droite, et ceux qui ne comprennent pas cela devraient mieux réfléchir.

      Drareg Le 24 mars 2015 à 12:53
    •  
    • si les vieux bastions(PCF) reculent ils sont ou les nouveaux(PG)
      qui avancent ??
      le PCF ne serait plus rien sans Melanchon ah bon en parlant de lui il est ou ?? pourquoi ne s’est il pas présenté à HENIN BEAUMONT ??? lui qui devait qui rassemble ou rassemblera tel SYRYZA te Ulysse
      pour SYRYZA la belle promise couche avec la bete sourires conférences de presse commune il est beau le changement européen
      les fonctionnaires grecs attendent toujours leur augmentation leur emploi à statut et la nationalisation des aéroports
      par contre sur le terrain des luttes des campagnes départementales les militants PCF PG NPA et même PS se retrouvent contre une fermeture programmée de crèche municipale avec les parents et les assistantes maternelles à LIMEIL BREVANNES
      c’est cela la vérité des chiffres des rassemblements

      ouvrierpcf Le 24 mars 2015 à 22:30
    •  
    • OuvrierPCF,

      Je vois bien votre haine de Mélenchon. Et de Syriza. Mais on peut se demander qui est allé à la soupe aux municipales ? Qui ?

      Qui fait le forcing pour être autonome du PS ? Et qui par contre vend ses électeurs pour conserver son siège de sénateur ?

      Alors à d’autres, PCF, PG et autres, ramons tous dans le même sens, contre le courant libéral dominant.

      Bien à vous.

      Fab Le 25 mars 2015 à 18:37
  •  
  • Des fois, il est préférable d’attendre quelques jours pour publier des analyses statistiques intéressantes.

    ARDUS Le 23 mars 2015 à 21:01
       
    • Tant de hargne "ouvrier PCF" contre Jean-Luc Mélenchon ne nous fait pas oublier tout ce que l’on doit, en tant que militant Front de Gauche à la personnalité de J-L Mélenchon.

      A l’inverse de vos attaques ad hominem et contre son camps comme vous le faites avec force vigueur, il travaille au rassemblement de la gauche, et je suis persuadé que c’est mieux que de critiquer bassement.

      Vous auriez souhaité que JL Mélenchon se présente à Hénin Beaumont, oui, et pourquoi pas dans les 1539 autres cantons aussi ?

      Evidemment il aurait dû se domicilier dans les 1540 cantons possibles pour être en règle avec les obligations électorales mais sans doute que pour vous, ceci n’est qu’accessoire.

      Syriza, la coalition de la gauche radicale ne gagne les élections en Grèce que le 25 Janvier 2015, et Alexis Tsipras ne devient premier ministre que le 28 Janvier 2015.

      Mais cela ne vous empêche pas, deux mois après de vous étonner que ne soit pas résolue la situation catastrophique laissée par le très conservateur Antonio Samaras, l’homme de la Troïka, (Commission européenne, Banque Centrale Européenne et Fond monétaire Internationale) conduisant à la plus grande misère tout le peuple Grec depuis 2012,.

      C’est incroyable de mauvaise foi, et tellement excessif que c’en est pitoyable.

      Drareg Le 25 mars 2015 à 14:05
  •  
  • Tiens vous acceptez les voix socialistes . Dans mon département ( 91 ), le PG ne veut pas faire voter PS et prone le ni ni !

    nesror 91 Le 23 mars 2015 à 21:15
       
    • Le PS est en telle dichotomie entre sa politique (de droite) menée au plus haut niveau, et une certaine résistance (un peu plus de gauche) menée localement, où les dernières alliances avec la gauche ont un peu plus de sens.
      Il serait cependant quand même temps de faire imploser ce parti en ses (au moins) deux composantes inconciliables et qui plombent actuellement toute sa crédibilité, ce qui "contamine" aussi ses éventuels alliés.

      Smidge Le 24 mars 2015 à 08:29
  •  
  • Il faut voir la réalité en face :
    1—Le FN gagne —et on ne peut pas se fier /se baser sur les sondages —comme indicateur/références
    2-L’UMP est numero uno —donc, victoire de la droite—à confirmer au second tour
    3- Le PS fait un score calamiteux—
    et sans oublier qu’un électeur sur deux ne vote pas ! Cela = pour ceux/celles qui ne voient les pbs qu’en termes électoraux :
    de quoi peut-on se réjouir là-dedans ? ou
    "Faut-il donc se résigner à l’inexorable ? " pour citer C.Autain, ipse.
    Pas la peine de bluffer : les prochaines années (décennies ?)seront difficiles + Il faut arrêter de voir (diaboliser) uniquement le pb Le Pen
    alors que l’avenir de la gauche et de ce que sont les"forces de l’Autre Gauche" ... est en jeu :
    En France, et dans toute l’Europe.
    Il faut regrouper une force révoutionnaire pour reconstruire euh, tout + et lutter surtout contre l’ignorance. pour l’éducation : c’est tout.

    luc cuvier

    luc cuvier Le 23 mars 2015 à 21:26
  •  
  • Selon ces statistiques l’abstention n’existe pas. Ce qui permet à chacun de faire l’impasse sur la nécessaire reconquête de cet électorat essentiellement populaire.

    Monsieur HR Le 23 mars 2015 à 22:23
  •  
  • Dans un contexte de propagande FN dont l’outrance ne peut échapper à personne, propagande réalisée au nom de l’information sans complexe par nos médias, le résultat des élections départementales aurait pu être pire pour la gauche.

    La politique PS n’étant que la continuation de la politique de la droite de Sarkozy, politique prétendument réalisée au nom de la gauche, et ce malgré la réalité, cette atteinte à l’image de la "gauche" ne peut que nuire profondément à l’ensemble des partis réellement de gauche.

    Comment combattre ses faux amis "socialistes" ses adversaires qui admettent eux représenter la droite, un parti FN assisté par les médias pour dissimuler leur vrai projet d’établir une société raciste, antisémite et d’injustice sociale, dans une France dégradée par de faux socialistes qui osent prétendre agir au nom de la gauche ?

    Il faut combattre les mensonges journaliers de nos médias, peut être pour ce faire ne pas hésiter à ester en justice, pour faire respecter un minimum de déontologie journalistique, et de respect de la vérité de l’information ;
    La propagande ne peut remplacer l’information et l’huma doit dénoncer toutes les fausses informations assénées par les médias, peut être aidé en cela par ses lecteurs !.

    Drareg Le 24 mars 2015 à 12:27
  •  
  • le FdG et les écolos chassent dans un marigot de « classes moyennes » gaucho-bobo qui fait au total un peu plus de 10%. Si l’on fait la somme de leurs scores dans les scrutins des dix ou quinze dernières années, on aboutit toujours à peu près à ce résultat, avec une remarquable stabilité. Le discours de ces groupuscules n’a aucune chance de porter en dehors de ce groupe sociologique, et les dirigeants – et militants – du FdG sont trop sectaires pour se mettre à la place des autres et comprendre les décalages.

    populo Le 24 mars 2015 à 13:07
  •  
  • De toute façon, le cercle des prérogatives des départements n’est pas encore défini. Si la déroute du PS est massive, le gouvernement, par malice restreindra ce cercle au minimum, c’est fort à parier.

    totoLeGrand Le 24 mars 2015 à 14:08
  •  
  • Cette analyse est pertinente et intéressante. C’est le genre de papier dont on aimerait qu’il passe le mur de la censure médiatique qui s’est abattu sur le commentaire des élections départementales depuis dimanche soir...
    Une faiblesse de l’analyse est de traiter comme anecdotique les alliances FdG(PcF, PG, Ensemble)+EELV+citoyens(voire Nouvelle Donne). Or ces alliances et leur bon résultat global (13%) sont l’indication d’un possible déblocage de la situation politique.
    Elles indiquent qu’on pourra bientôt sortir des spirales vicieuses initiées, depuis les municipales, par la compromission d’une partie du Pcf avec les solfériniens, qui a rendu illisible le Front de Gauche pour de longs mois.
    http://blogs.mediapart.fr/blog/olchantraine/240315/pas-tres-motivant

    Olivier Chantraine (59) Le 24 mars 2015 à 15:13
       
    • oui, je suis de votre avis. Le FDG en s’élargissant à d’autres composantes de gauche sociale et écologique traduit bien le cœur et l’essence de ce mouvement de recomposition politique. Il faut continuer dans cette voie. Ne jamais oublier que le bipartisme+FN attaquent au cœur notre République laïque, sociale et solidaire.Les lois antisociales PS/UMP amorcent la mèche, la désintégration ethniciste du FN parachève la contre révolution culturelle, la réforme territoriale démembre l’ensemble, ouvert ainsi à tous les pillages prévus par TAFTA. Je ne voterai plus jamais pour ces croquemorts patentés de la République. POur anticiper, résister, je ne vois qu’un FDG ouvert et libre

      jorie Le 25 mars 2015 à 10:24
  •  
  • Aucune compromission si ce n’est celle d’Olivier Chantraine avec le projet d’enterrer le PCF.
    Or l’examen de la déroute du fdg version pégé,montre que celle ci,est totale.
    Comment ,Olivier Chantraine,peut il raisonner sur des perspectives,si c e n’est celles de constater l’emprise du FN ?
    La grande erreur du fdg Mélenchoniste est de prendre les communistes et les citoyens pour des imbéciles.

    populo Le 24 mars 2015 à 16:10
  •  
  • il me semble que le verbe culminer est intransitif

    colette PARENT Le 24 mars 2015 à 17:58
  •  
  • Bien tristes toutes ces querelles entre personnes qui, sur le fond, espèrent la même chose : un monde différent où l’argent ne serait plus seul maître à bord.
    Alors si nous tous, ne sommes même pas capables de nous unir en oubliant les bobos, les gauchos, et tout le reste, il n’y a plus rien à espérer.

    Cacéco Le 24 mars 2015 à 19:34
  •  
  • Une fois de plus, le travail de Roger nous est très utile. Pour ma part, je reste prudent en ce qui
    concerne les comparaisons pour des raisons que Roger mentionne lui-même. La première est liée
    au redécoupage, à la création de binômes et, pour le nombre d’élus dimanche prochain, à la règle
    des 12,5% des inscrits. Pour ces raisons, seuls 1400 cantons ont pu, à cette étape, être identifiés,
    sur 2054.
    La seconde tient au caractère inévitablement arbitraire de la règle qui veut que sont pris en
    considération les binômes constitués avec au moins un candidat membre d’une des composantes
    du Front de gauche. Impossible, aujourd’hui, de faire autrement mais avec des composantes qui ne
    sont pas les mêmes que lors du précédent scrutin.
    Si les binômes composés avec un membre du PS (parfois sous l’appellation "majorité
    départementale") sont effectivement peu nombreux, leurs résultats sont sensiblement supérieurs
    à ceux obtenus en moyenne par les autres binômes pris en considération. Cette donnée apparaîtra
    nettement dimanche pour le nombre d’élus. Certains de ces binômes ont même été élus dès le
    premier tour.
    L’indication des résultats dans les seuls cantons où le Front de gauche avait des candidats est utile
    mais les seules analyses valables sont celles établies sur l’ensemble du champ électoral du scrutin
    concerné.
    A ce propos, il s’est dit beaucoup d’âneries sur le score du FN puisque pour montrer à quel point la
    campagne du Premier ministre avait été efficace, on est allé jusqu’à comparer les résultats sortis
    des urnes...à ceux que donnaient depuis des semaines les sondages. Du jamais vu ! En vérité, le FN
    est le grand gagnant de ce scrutin d’autant plus qu’il était le parti qui présentait le plus de
    candidats et qui, de ce fait, prenait le plus de risques s’agissant de son score national, avec en plus,
    un seul élu sortant. Pour ma part, je considère que la campagne de Manuel Valls a contribué à
    l’excellence du résultat de l’extrême-droite tout en mobilisant un petit nombre d’électeurs de gauche décidés à s’abstenir.
    Enfin, il s’agissait d’abord d’élire des conseillers départementaux. Jusqu’à dimanche, nous pouvons
    encore y faire quelque chose car la donnée qui sortira des urnes sera, à mes yeux, de première
    importance.

    Lucien Atencia Le 25 mars 2015 à 07:54
  •  
  • Je ne vois pas "populo", dans la contribution d’Olivier Chantraine ou se situe le projet "enterrer le PCF ?

    Olivier Chantraine rappelle d’ailleurs pour ceux qui l’oublieraient que le PCF est un parti membre influent de l’union du Front de Gauche, et qu’il serait malvenu d’opposer le PCF au Front de Gauche.

    Je constate comme beaucoup la bonne entente entre Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et les autres personnalités représentantes des partis de gauche, et je ne vois pas l’épisode ou Jean-Luc Mélenchon est supposé prendre les communistes et les citoyens pour des imbéciles comme vous l’affirmez en l’écrivant ?

    Un certain nombre de contributeurs sont favorables à l’union de la gauche réalisée dans le Front de Gauche, et même favorable à son extension la plus large possible, ce qui s’applique bien sur aux anciens socialistes de bonne foi bernés par le PS actuel, bernés par ses dirigeants et autres membres du gouvernements y compris.

    Il semble évident que lorsque Manuel Valls souhaitait changer le nom du parti socialiste, c’est bien pour être en accord avec ses idées de droite, et on ne peut le lui reprocher.

    Il reste aux militants de l’ancien parti socialiste proche de la gauche et aux sympathisants de gauche du PS, enfin à tous ceux qui ont vraiment le cœur à gauche de se déterminer à l’aune de l’honnêteté morale de leur adhésion.

    Hollande, Valls, Sapin, Macron, ont ceci de commun qu’ils ne sont pas de gauche, ils n’en ont ni la pensée, ni la volonté, ni les agissements, il faut quand même que leurs électeurs le sachent et apprécient la situation sérieusement.

    La force de la gauche ne se reconstituera que dans l’unité la plus large avec les femmes et les hommes qui ont la la justice sociale dans les tripes, et non pas dans le faux semblant.

    Drareg Le 25 mars 2015 à 13:06
  •  
  • Pour moi, un intérêt majeur de ces élections, en sus des résultats bruts, aurait été d’apprécier si le concept de FdG a de l’avenir. C’est en effet ce que je souhaite sur la base d’une vision que je pense marxienne : le FdG est, théoriquement, l’union nécessaire des couches moyennes et des couches populaires, c’est à dire de tous les "exploités du Capital". C’est sa force potentielle, car même s’il ne mobilise au départ (et de plus en plus, s’il se développe) qu’une fraction de ces catégories sociales il peut être progressivement majoritaire et débuter ainsi la "révolution citoyenne" prônée par beaucoup, étant entendu qu’ensuite il entraînera par "effet majoritaire" ( effet aujourd’hui détenu par le PS) une fraction toujours plus grande des "opprimés" du Capital. C’est en cela qu’il est pour moi l’avenir... Malheureusement, la bouteille à l’encre des unions diverses et variées prônées par les organisations de la gauche de gauche (en gros, les partenaires du FdG) avec leurs dénominations fantaisistes (qui a permis aussi au Ministère de bidouiller les "alliances" qui lui convenait, pour le but bien décrit par R. Martelli et Coquerel) ne permet pas de mesurer cet avantage du FdG, à travers les résultats de ces élections fussent-ils décortiqués savamment comme l’a fait Martelli . Le mot FdG est mis à toutes les sauces, l’entité identifiable FdG est pour moi impossible à saisir. Je ne peux donc pas savoir si ce concept de FdG, tel que je le définis (union des opprimés en tous genres du Capital) progresse. Quelqu’un a-t-il les mêmes préoccupations que moi ? A-t-il distingué quelque chose de positif (ou négatif) à ce sujet ? En un mot, le FdG est-il réellement en progrès ? Et de quel progrès s’agit-il ?

    Alain Brachet Le 25 mars 2015 à 18:55
       
    • Alain Brachet,
      La vision de Karl Marx rassemble les diverses catégories socioprofessionnelles en deux classes sociales principales ;
      le prolétariat qui est la classe dominée et la bourgeoisie qui est la classe dominante.

      Pour Karl Marx une classe ne peut exister qui si elle a conscience d’être une classe et c’est bien depuis quelques années cette conscience de classe qui est battue en brèche, par ces subdivisions fictives entre, classe moyenne, classe populaire, classe des "sans dent" classe des Français d’origine immigrés, enfin, la classe dominante ne sait plus quoi inventer pour nous diviser et nous priver de toute conscience de classe.

      Le Front de Gauche a déjà amélioré cette perception de classe dominée pour ne pas dire classe ouvrière, et c’est déjà un succès.

      Entre un pauvre au RSA, un pauvre au RMI, un pauvre au SMIC et un travailleur pauvre quelle différence ?
      La classe dominante a réussi à faire croire à ceux qui perçoivent un, deux ou trois SMIC qu’ils sont devenus des bourgeois !, d’ou la difficulté pour ces gens là, de définir les revenus moyens de cette fumeuse classe moyenne.

      Il est courant de constater aujourd’hui dans les manifestations organisées par le Front de Gauche des militants, sympathisants et représentants des partis de gauche plus ultra tels NPA et autres partis anticapitalistes qui ne se seraient pas déplacés auparavant.

      Bien sur la censure des médias à l’égard de la gauche, et la propagande faite au PS et autres partis de droite et d’extrême droite ne facilite pas les choses, mais il est quand même remarquable que dans ce contexte des plus défavorables le Front de Gauche continue d’exister et progresse petit à petit.

      Sans doute faut il expliquer encore et encore, que l’union de la classe ouvrière, l’union de la classe des dominés est plus que nécessaire et qu’il faut combattre les représentants politiques de la Bourgeoisie plutôt que de voter en leur faveur.

      Drareg Le 26 mars 2015 à 12:41
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  • Sous réserve d’un examen plus approfondi qui va prendre du temps car les règles et les territoires du scrutin ont changé, je crois que le FdG recule sur les deux précédents scrutins, que ce recul est principalement significatif dans les zones traditionnellement de plus forte influence du PCF, qu’il n’est pas compensé par les endroits où il était faible et réalise pourtant des percées significatives. Mais globalement, l’alliance avec des Verts et d’autres permet, elle, de compenser le recul. Elle était aussi faite pour cela et tenter de surmonter l’obstacle des 12,5 % des inscrits pour atteindre le 2e tour. Cet objectif n’est pas atteint.

    Lucien Atencia Le 26 mars 2015 à 12:20
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  • Les pourcentages du front de gauche fournis par Martelli devraient être re-calculés si l’on veut exclure du calcul l’apport des verts dans les 240 circonscriptions où ils étaient en binôme avec un représentant du FDG.
    Considérant que dans ces "cantons" le pourcentage moyen est de 13,6 % au lieu de 11,9% pour l’ensemble des 1578 circonscriptions, un calcul en première approximation ramène le % FDG à 11,6% au lieu de 11, 9% et par voie de conséquence 9,25% au niveau national. Mais dans ce calcul l’apport des verts est sans doute minoré puisque j’ai considéré que l’apport de FDG dans ces binomes "mixtes" était le même que dans les binômes FDG. Or, dans le cas des binômes PG/EELV l’apport du FDG est certainement moindre.
    Reste aussi les cas (peu nombreux on l’espère mais existant à Toulouse dans une circonscription) où deux listes (l’une PG+ EELV ou autre, l’autre PCF+ Ensemble+autre) étaient en concurrence. Cela a-t-il été comptabilisé ?
    Le pourcentage national serait certes supérieur à 9,4% si les candidatures FDG avaient couvert l’ensemble des circonscriptions. L’estimation est cependant difficile car hormis la droite et peut-être le PS et alliés aucun parti ne couvrait l’ensemble des circonscriptions et peut-être le FN aurait-il lui aussi augmenté son %.
    Toutes ces données ne sauraient évidemment se substituer à une analyse politique, ni surtout permettre à chacun d’y trouver la justification de ses propres choix stratégiques, même si elles constituent une indication intéressante mais ponctuelle sur le succès des orientations en cours.

    gramsci Le 27 mars 2015 à 10:53
       
    • Merci à Gramsci pour son analyse qui apporte de l’eau à mon moulin (voir mon mail antérieur).
      En fait, mes questions étaient un peu polémiques. Je considère en effet (cf ci-dessus) que le FdG, en tant qu’alliance débutante entre les couches populaires et moyennes de la gauche de gauche (GdG) acquises à une "transformation sociale", a de l’avenir, et ceci pour cette raison même, et qu’il faut la "booster" à tout prix. J’aurais aimé que les protagonistes de cette initiative profitent de ces élections pour enfoncer le clou, sans désemparer. Ce qui veut dire de ne pas négliger les détails. Une des façons de le faire - mais pas la seule, bien sûr - aurait été que les alliances entre Pierre et Paul du côté de la GdG se rangent clairement, ou non, sous un sigle FdG, solide et reconnu (ce qui supposait évidemment que Pierre et Paul le veuillent, et que ce FdG soit peut-être plus structuré qu’il ne l’est, et reconnaisse cette filiation).

      Ainsi ces alliances de GdG entre Pierre et Paul auraient la vertu locale de mobiliser, comme le prévoient sans doute Pierre et Paul, qui connaissent bien leur terrain ; mais ces mêmes alliances, sous l’estampille du FdG, auraient contribué à ancrer un peu plus dans les consciences des élécteurs locaux concernés, que cette force politique est en gestation. Je déplore que cette occasion ait été manquée ou passablement embrouillée, à un moment où l’on tend à accréditer le tripartisme. Toutes les occasions doivent être saisies pour combattre cette escroquerie et faire avancer cette voie d’avenir du FdG...

      Alain Brachet Le 27 mars 2015 à 18:51
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  • Les scores dans les cantons "bastions" reculent... mais de fait les cantons ont été redécoupés généralement en cantons plus grands et presque toujours de manière à "noyer" l’électorat front de gauche me semble t-il... Donc finalement ya t-il vraiment baisse en pourcentage sur les territoires de ces cantons par rapport aux précédentes élections ?

    gab94 Le 28 mars 2015 à 16:54
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