Accueil > Société | Par Rokhaya Diallo | 10 décembre 2014

Exhibit B : quand l’antiracisme s’exprime sans les premiers concernés

La polémique sur le spectacle de l’artiste Brett Bailey a escamoté ou négligé le point de vue des victimes du racisme qu’il prétend dénoncer. Leur émotion et leurs arguments doivent pourtant figurer au cœur du débat. Le point de vue de Rokhaya Diallo.

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Note de la rédaction : afin d’apporter une pièce au débat sur l’installation-spectacle Exhibit B, nous publions en avant-première la chronique de Rokhaya Diallo à paraître dans le numéro d’hiver de Regards, qui sortira à la fin de ce mois.

Dès l’annonce de son arrivée en France, Exhibit B, l’installation de l’artiste sud-africain Brett Bailey s’est trouvée au cœur de la polémique, malgré l’objectif affiché de dénoncer le racisme. Le procédé de mise en scène de comédiens exclusivement noirs reproduisant les postures dégradantes des zoos humains – des corps nus, enchainés, bâillonnés, encagés – est controversé : Bailey, lui-même blanc, expose des figurants noirs réduits au silence, les faisant ainsi apparaitre comme dénués de toute capacité de révolte.

Balayer le ressenti des manifestants

Sitôt lancée, la pétition initiée par un collectif réunissant notamment des artistes majoritairement noirs recueille plus de 20.000 signatures pour demander la déprogrammation de « l’événement raciste », faisant suite à la mobilisation de militants antiracistes qui avaient obtenu son annulation à Londres. Pour appuyer leurs revendications, les pétitionnaires se rassemblent devant le Théâtre Gérard Philippe (TGP) à Saint-Denis, et le 104 à Paris qui accueillent l’installation.

D’emblée, j’ai été saisie par le mépris et l’arrogance avec lequel les responsables de ces institutions ont accueilli leurs objections. D’une part, la newsletter du 104 qualifiant Exhibit B d’« œuvre artistique d’une force et d’une clarté incontestable » balayait d’un revers de main le ressenti plus que légitime des manifestants noirs, pourtant en capacité – du fait de leur expérience de victimes du racisme – de mesurer la « clarté » du message. De l’autre, Jean Bellorini, directeur du TGP déclarait face aux manifestants : « Les représentations vont donc avoir lieu, même si je dois pour cela convoquer les CRS en tenue de Robocop pour que la loi soit respectée. »

Qui défendait alors la liberté d’expression ? L’institution envoyant des CRS brutaliser et gazer des manifestants ? Que dire de l’absurdité d’une situation où le public de l’exposition, très majoritairement blanc, assistait à une performance exposant des corps noirs meurtris au moment même où des CRS presque exclusivement blancs gazaient et réprimaient des militants, en majorité noirs, parce qu’ils affirmaient se sentir offensés et humiliés par le spectacle auquel assistait un public "antiraciste", mais indifférent à leur sort ?

Dénoncer le racisme en faisant abstraction des premiers intéressés

Ce déni, cette insensibilité, cette incapacité à remettre en cause l’œuvre malgré ses intentions louables était perceptible jusque dans la couverture médiatique des premières mobilisations, dont les protagonistes étaient décrits tels d’incultes sauvages incapables de comprendre l’expression artistique. Tandis que Le Monde évoquait une manifestante « pasionaria petite et baraquée », Télérama décrivait « de gros costauds s’affichant comme "La Brigade anti négrophobie" » sans même prendre la peine de donner la parole à ces individus sans doute jugés trop vulgaires.

Contrairement à ce qui a été dit par ces journaux, personne n’interdit à Bailey de s’exprimer sur le racisme parce qu’il est blanc. Les opposants à Exhibit B lui reprochent de prétendre dénoncer le racisme en faisant abstraction des premiers intéressés, dans un contexte où le monopole de la prise de parole artistique est détenu par des artistes blancs.

Or on ne peut pas ignorer l’émotion de celles et ceux qui se sentent blessés et insultés, quelles que soient les intentions initiales de l’artiste. Est-il impossible de réfléchir au racisme sans en reproduire les images les plus insoutenables ? Comment aurait été accueilli un artiste allemand non-Juif décidant de dénoncer la Shoah en reproduisant le camp d’Auschwitz avec acteurs juifs faméliques et vêtus de pyjamas rayés ? Aurait-on accepté qu’un homme dénonce le sexisme en exposant des femmes vivantes dévêtues et enchainées ? Le regretté Nelson Mandela affirmait avec justesse «  Ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous ». Il est temps d’ouvrir les institutions culturelles à la pluralité des regards et de permettre aux artistes de toutes origines de s’y exprimer.

Lire aussi :
Pascal Blanchard : « Exhibit B force à voir le racisme les yeux dans les yeux »

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Vos réactions

  • Rokhaya Diallo a t-elle vu le spectacle ??? Aucun corps n’y est "encagé" ni réduit à l’impuissance . Tous, au contraire nous renvoient par leur regard et leur dignité un questionnement , nous défient de soutenir leur regard. À partir de là toutes de critiques sont possibles , mais sur ce que montre vraiment la pièce , pas ce sur quoi on imagine qu’elle montre (en oubliant de mentionner que chaque tableau vivant est contextualisé avec un cartel qui énonce les faits historiques : massacres, esclavage, oppression . Qualifier ce travail de reproduction humiliante des situations est juste de la désinformation .

    Valdo Le 10 décembre 2014 à 23:31
       
    • Rokhaya Diallo a vu le spectacle depuis l’année dernière monsieur. Arrêtez un peu de vouloir faire croire que tous ceux qui sont contre ne l’ont pas vu, c’est de la malhonnêteté intellectuelle.

      Fabiole Le 11 décembre 2014 à 18:33
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  • Quel artiste antiraciste même s’il pensait que son oeuvre était super voudrait continuer derrière des rangs de crs qui gazent une foule de jeunes noir e s ? Quel artiste antiraciste n’aurait jamais participé à un débat contradictoire, ni à Paris ni à Londres ni à Berlin ?

    Jmullen Le 11 décembre 2014 à 06:46
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  • Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire
    "Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse..."

    Ane Le 11 décembre 2014 à 09:12
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  • "Il est temps d’ouvrir les institutions culturelles à la pluralité des regards et de permettre aux artistes de toutes origines de s’y exprimer"
    " Les opposants à Exhibit B lui reprochent de prétendre dénoncer le racisme en faisant abstraction des premiers intéressés, dans un contexte où le monopole de la prise de parole artistique est détenu par des artistes blancs."

    il me semble qu’émettre un avis négatif collectif (quelle "collectivité ?") sur une exposition et revendiquer son interdiction sont 2 choses très légèrement différentes...

    Où allons-nous ? Le 11 décembre 2014 à 18:21
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  • À tout racialiser (artiste blanc, manifestants noirs, CRS blanc, public blanc...) vous faites justement le jeu des racistes qui prétendent qu’on ne peut pas vivre ensemble à cause de ces différences de pigments...
    Je doute franchement que vous ayez vu le spectacle. Personnellement, j’y ai été et je n’ai pas trouvé ça dingue. Très porté sur la culpabilité... Mais rien d’humiliant ni d’ignoble.
    Brett Bailey essaie de confronter nos sociétés post-coloniales à leur histoire douloureuse. Comment peut-on lui repprocher ?...

    Johnny Le 11 décembre 2014 à 19:40
       
    • En l occurrence ça n’a pas marcher sur vous.... Et racialisé quand on est blanc laissez moi rire !!! Quand est ce qu on attache les blancs dans les cages ??? Ah excusez moi nous sommes universel mais bizarrement c est toujours les mêmes qu on humilie et les mêmes qu on culpabilise CQFD

      Ane Le 12 décembre 2014 à 10:56
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  • Donc, on a pas le droit de représenter la souffrance de qui que ce soit, si on ne représente pas aussi, la révolte ? C’est con, ça fait pas mal de pages de Zola qu’il faudra bruler alors.

    Tito Le 12 décembre 2014 à 12:42
       
    • Comparer un livre a des êtres vivants en cage...
      demain je vais montrer les tortures faites aux animaux par la science et pour l art je les foutrai dans des cages et je ferai payer l entrée bien sur ces animaux seront rémunérer hein a auteur de 10% de mon cachet (pour leur bouffe) car c est moi l Artiste...
      Je pense que Peta fera une seule bouchée de moi et franchement rien que de penser a ces gardes fous ça me ravi
      pauvre baleine vous me direz

      Sara Le 13 décembre 2014 à 15:14
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    • Sara... Peta s’est fait une spécialité de représenter des massacres d’animaux (que ce soit des films, des photos, des reconstitutions, etc...) pour dénoncer leur exploitation.
      Dans Exhibit B c’est EXACTEMENT ça : Une représentation. Les acteurs en cage ne sont pas réellement prisonniers, ils sont là pour REPRESENTER ce qu’était l’horreur des zoos humains. C’est pour de faux.
      Après, pour ce qui est de leur rémunération, c’est un autre problème. (Et un vrai celui ci).

      Tito Le 13 décembre 2014 à 21:56
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    • Faux Péta n a jamais utilisé de vrais animaux... Et n a jamais fait paye l entrée d un truc aussi abjecte
      d ailleurs les animaux ont besoin de Péta pour s exprimer je pense que les noirs ou tout les racialises peuvent et devraient pouvoir s exprimer par eux même ...
      sans qu on fasse des sous sur leur dos comme si ce n étaient que des animaux...

      Sara Le 13 décembre 2014 à 22:03
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    • Donc, d’après vous, seul un noir peut dénoncer l’exploitation d’un autre noir ?
      Si on va par là seul les femmes sont autorisées à critiquer le sexisme, et seul les cambodgiens ont le droit de s’exprimer sur les horreurs des Khmer rouges... Je refuse ce sectarisme.

      Et que ce soit une œuvre payante ou gratuite n’est pas le problème. J’ai payé ma place quand je suis allé voir "12 years a slave", le producteur et le réalisateur on gagné de l’argent, mais ça n’a pas empêché le film d’être percutant et légitime.

      Tito Le 15 décembre 2014 à 11:25
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    • Si des femmes se plaignent d une pièce sur le sexisme fait par un homme je pense qu il est légitime que l auteur se remete en question... Cf l affiche de l album de Saez : J accuse ( une femme négligemment a poil dans un chariot censure)
      comparer des film a ces tableaux vivants c est n importe quoi...
      a la base il y avait plusieurs phénotypes dans les zoos humains aujourd hui il n y a plus que les noirs...
      et quand ces mêmes noires crient leur dégoût on les renvoit a leur place...
      Quel est le rôle d une telle œuvre ?
      12 years a slave dénonce les méchant de manière explicite et bizarrement il est fait par un noir... Très différents de couleur pourpres vous me direz
      si on a pas le droit de dénoncer une pièce sans l avoir vu, comment s exprimer sur le racisme sans l avoir vécu
      les deux sont possible mais en admettant se mettre réellement a
      la place des concernes...
      bizarrement tout les gens qui ont vu cette pièce sont majoritairement blanc et n ont aucune compassion pour les noirs qui en souffre donc a quoi sert cette œuvre si ce n est cloisonner chacun dans son rôle de dominant vs domines

      Sara Le 15 décembre 2014 à 11:36
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    • La pochette de l album Miami aussi a été censuré atteinte religieuse bref la censure marche quand ceux sont les dominants qui la demande pour les domines ils n ont qu a souffrir en silence
      sans parler de dieudonne hein

      Sara Le 15 décembre 2014 à 11:50
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  • Pour moi la phrase clef est celle-ci “Comment aurait été accueilli un artiste allemand non-Juif décidant de dénoncer la Shoah en reproduisant le camp d’Auschwitz avec acteurs juifs faméliques et vêtus de pyjamas rayés ? " Je n’ai de cesse de la répéter autour de moi (bien avant la parution de cet article). Et qu’on ne vienne pas me parler de la concurrence des mémoires. Ce non argument qu’on renvoie aux Noirs ou Arabes lorsqu’ils réclament juste qu’on écoute leur douleur.
    Jon De Borseck -12/12/14

    deborzeck Le 12 décembre 2014 à 20:23
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  • En tous cas la polémique que ça suscite prouve qu’il a tapé dans le mille. Bien sûr on peut parler du racisme sans montrer d’une façon aussi ostentatoire la réalité. Mais montrer la réalité a au moins pour mérite de secouer les indifférences, il est facile de dire "on est conte le racisme" tant qu’on n’a pas vécu ça dans sa chair.
    Il faut parfois toucher la réalité du doigt pour essayer de comprendre ce que les principaux intéressés (ou du moins leurs ancêtres) ont vraiment vécu. Un tel spectacle, ça secoue, ça nous secoue tous, noirs et blancs, tout comme les films que nous avons vus sur la Shoah l’ont fait et nous ont laissé des souvenirs indélébiles. Alors oui, si un tel spectacle a cet effet, il a touché la cible : les humains, de toutes races et de tous bords.

    Elvira Le 13 décembre 2014 à 13:29
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  • Comment se fait-il que J.M. RIbes qui a été victime des intégristes catho-fachos soit resté silencieux sur cette affaire ? Pourquoi est-ce que les victimes du racisme, auraient , seules, le droit d’en parler ? Elles vont se retrouver seules pour le combattre. C’est éxactement cela la racialisation du racisme, c’est son but : diviser ceux qui doivent se battre ensemble sous peined’être battus séparément : ce que fait Dieudonné. C’est sans doute la raison de son silence dans cette affaire.
    Si l’on suit la même logique, seuls les protestants victimes historiques de la St Barthélémy, seraient qualifiés pour s’opposer aux Guerres de Religions ? Si l’on suit ce raisonnement où se trouve la nécéssaire solidarité humaine ? Ceci dit, ce spectacle est-il "raciste" ? Je ne crois pas que le "Jeanne au Bûcher" de Dreyer fasse l’apologie de l’Inquisition, pas plus que la "Sorcière ", de Michelet ne fait l’apologie du bûcher pour une prétendue sorcellerie. Selon la
    même logique Patrice Chéreau n’auraitpas eû le droit de réaliser " la reine Margot". Pas plus, le Spectacle de la Shoah ("Nuit et Brouillard"), notamment la scène (authentique) où l’on voit des déportés musiciens accompagner, en musique, à l’échafaud ceux d’entre eux, qui vont être pendus qques minutes plus tard."Les Bonnes " de J Genet n’auraient du être "représentées ?NI les "Paravents". L’interdiction est fascisante. le débat est la Démocratie.

    jeanjules Le 16 décembre 2014 à 10:54
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  • Merci Rokaya pour cet avis éclairé. Tu pointes bien quelque chose d’indigne. D’où l’indignation légitime qui habite cet article. Je n’ai pas vu cette oeuvre qui m’aurait certainement fait chialer, puis ravaler ma rage pour décrocher mes bombes aérosoles pour couvrire de messages de conscientisation les abords des centres de rétention administrative, les abords des aéroports de paris d’où l’on expulse, parfois jusqu’à l’étouffement, mes frères. J’oublie que la libération économique massacre les économies locales. Mon oncle producteur laitier inonde les marchés africains sans espoir de création d’une demande solvable.
    J’ai fait ma vie à cheval sur la ligne de démarcation entre noirs et blancs. J’ai été surpris du soutien de Pascal Blanchard et Lilian Thuramis à cette expo. Les manifestations devaient elles être réprimées ? Non, elles ont permis, elles, l’ouverture de ce débat. On est sorti de l’entre-soi consensuel, convenu et confiné à un cercle d’happy few. Ma première manif contre le FN ? 1986
    Ce que tu pointes c’est l’échec de la récupération de l’antiracisme et de son exploitation en fond de commerce. Le racisme nous touche tous, que l’on soit l’auteur d’une saison blanche et sèche ou le prisonnier de Rhoden Island mais ces deux là luttèrent contre l’apartheid, pour le jeter à terre. Suis-je blanc ou noir, comme tu veux.... mais si ma femme se trouve de l’autre côté de la ligne qu’elle est la nature de mes enfants ? Des chimères aux yeux verts et à la peau cuivrée dorée toute l’année. Métisse. Mulatre ? Comme une mule sterile ? Bref pas blanc et rejeté at vitae eternam en dehors des hommes pleins, sans retranchement : les blancs... La République est une et indivisible. Sans distinction de race. Races rendues effectives efficientes par le projet raciste. Oui, nous avons à faire à une représentation du racisme tel qu’il opère actuellement ou à opéré au travers de plusieurs crimes contre l’humanité . La déportation. La colonisation. L’esclavage. Peut-on visiter ou exposer les crimes contre l’humanité ? Non c’est indessant et inutile. Nous devons les enseigner, les commémorer et les combattre.

    Sam B de Boissy saint leger Le 16 décembre 2014 à 21:33
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  • Je suis une Blanche mariée à un Noir ... Pendant longtemps, quand mon mari me parlait du racisme en France, je lui disais mais non, tu te fais des idées, mais au bout de longues années et de discussions, j’ai fini par comprendre son ressenti.
    C’est un artiste que les décideurs (blancs) n’ont jamais pris au sérieux, on lui demandait si c’était vraiment lui qui avait réalisé ce qu’il voulait montrer ou on lui disait, quand il arrivait à un rendez-vous, que les coursiers, c’est là-bas ... Des Blancs moins talentueux, sans idées ont été reconnus pour leur travail d’artiste et lui n’a pas réussi à en vivre du tout. Il a un énorme ressentiment par rapport à tout ça, l’impression d’avoir raté sa vie, de ne pas avoir pu faire vivre sa famille.
    Il est vieux maintenant mais les choses n’ont pas changé car ce sont toujours les mêmes qui décident et ont du pouvoir : les Blancs.
    Et si vous n’acceptez-pas de vous laisser baiser par eux (rôle acceptable pour un Noir) et bien circulez et bouclez-là !
    Alors oui, je comprends qu’Exhibit B, cet étalage de chair noire suintant la mauvaise conscience paternaliste et colonialiste, provoque l’écoeurement de Noirs qui voudraient pouvoir s’exposer et non être exposés comme des projets esthétiques encore une fois par un Blanc !

    Courage à tous, "mieux vaut crever debout que mourir à genoux !"

    Sophie Le 19 décembre 2014 à 13:11
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