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Accueil > Politique | Entretien par Jérôme Latta | 11 janvier 2017

Fabien Escalona : « Même abimé, le PS reste incontournable pour la recomposition de la gauche »

À quelques jours du scrutin, le PS peut-il encore espérer que sa primaire constitue un sursaut salvateur ? Le politologue Fabien Escalona analyse la crise dans laquelle le parti s’est plongé en suivant la ligne sociale-libérale.

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Spécialiste de la social-démocratie, Fabien Escalona est chercheur et enseignant au laboratoire Politiques publiques, action politique et territoires à Sciences Po Grenoble.

* * *

Regards. Quels sont les enjeux immédiats de la "primaire citoyenne" ? Peut-elle marquer un tournant pour le parti ?

Fabien Escalona. L’enjeu réside surtout dans le nom du vainqueur et la ligne sur laquelle la campagne sera menée, qui conduiront à des recompositions internes, encore plus vastes potentiellement après les élections présidentielles et législatives. De ce point de vue, la primaire est déterminante. On dit souvent qu’elle s’apparente à une sorte de congrès un peu élargi, du fait que la participation risque d’être moindre et que les sympathisants s’en désintéressent… Mais les lignes qui s’affrontent sont identifiables et font écho à des préoccupations que l’on retrouve dans d’autres partis de centre-gauche en Europe. Benoît Hamon essaie de se connecter à une gauche alternative orientée plutôt vers la jeunesse ; à l’autre bout du spectre, Manuel Valls défend un projet quasiment nationaliste qui s’appuie sur une supposée demande d’autorité du peuple à laquelle il estime répondre mieux que les "populistes"… Même si le Parti socialiste est abimé, il restera incontournable pour la recomposition de la gauche, y compris pour ceux qui attendent une posture plus combative. On ne pourra pas faire l’économie du PS.

« Les cadres actuels du parti, ceux qui composent son aile droite voire définissent son centre de gravité, ne sont pas prêts à suivre une ligne 100% Montebourg et encore moins 100% Hamon. »

À plus court terme, le problème central, pour les candidats, est-il de s’affranchir du bilan de la présidence Hollande, comme le suggère d’ailleurs le renoncement de celui-ci ?

C’est bien là que réside la principale difficulté pour eux : tous ont participé à ce pouvoir et à ce quinquennat. De ce point de vue, Jean-Luc Mélenchon peut s’appuyer sur une cohérence plus forte : on lui a souvent reproché d’être dans une critique négative, mais au moins a-t-il été constant dans ce registre. Pour les candidats à la primaire, c’est d’autant plus compliqué qu’une partie de l’électorat, surtout maintenant qu’il a renoncé, est rétive au "Hollande-bashing". Ils font ainsi preuve d’une certaine réserve. Benoît Hamon s’en sort assez bien dans la mesure où il incarne un projet qui n’a pas grand-chose à voir avec la ligne qui a été suivie, tout en se gardant d’être aussi virulent qu’Arnaud Montebourg dans la critique de l’exécutif.

Est-ce que Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, s’ils l’emportent, peuvent freiner ou revenir sur l’évolution libérale du parti ?

Cela dépendra en partie de leur score à la primaire. Aujourd’hui, le champ est beaucoup plus large : on voit aussi qu’il se produit quelque chose autour d’Emmanuel Macron. Les cadres actuels du Parti socialiste, ceux qui composent son aile droite voire définissent son centre de gravité, ne sont pas prêts à suivre une ligne 100% Montebourg et encore moins 100% Hamon. Il y aura des résistances fortes dans l’appareil, ainsi que chez une large part des militants. Le parti a connu des départs massifs, mais les militants qui sont restés n’ont justement pas voté, lors du dernier congrès, pour l’aile gauche… Une victoire avec un bon résultat aux primaires donnerait cependant à Hamon ou Montebourg une légitimité et leur ouvrirait des possibilités. Par ailleurs, si une véritable offre sociale-libérale se consolide autour de Macron, l’aile droite pourrait être tentée par des départs d’une ampleur inédite depuis longtemps. Mais aujourd’hui, l’incertitude domine.

« Le scénario des législatives sera décisif : le groupe parlementaire restera-t-il conséquent et surtout, le PS restera-t-il la première formation à gauche ? »

Comment le PS peut-il survivre à un écartèlement aussi prononcé entre ses différentes composantes, à des fractures qui passent aussi bien par les questions économiques et sociales que par les thèmes liés à l’identité, la laïcité, la sécurité, etc. ?

Pour dire les choses crument, le parti tient d’abord par les postes d’élus. Au-delà d’un éventuel échec brutal à la présidentielle, le scénario des législatives sera décisif : le groupe parlementaire restera-t-il conséquent et surtout, le PS restera-t-il la première formation à gauche ? La tension est devenue beaucoup plus forte, mais, quitte à adopter une lecture très institutionnelle, on peut penser que le souci d’être élu – pas seulement à des fins personnelles, mais aussi pour défendre des objectifs politiques et obtenir des financements – dissuade de quitter cette vieille machine. La catastrophe se profile depuis quelque temps déjà, or les échecs électoraux lors des élections intermédiaires n’ont pas suscité de ralliements significatifs au Front de gauche ou aujourd’hui aux Insoumis… Beaucoup se disent que ce chemin-là n’est pas viable, qu’il serait extrêmement coûteux et reviendrait à faire une croix sur leur carrière dans un paysage où les seuils d’accès au second tour restent très élevés.

On a pourtant constaté une hémorragie de militants, qu’aggraveraient de nouvelles déroutes électorales. Le scénario d’une "pasokisation" peut-il être exclu ?

Le moment viendra peut-être où il n’y aura plus grand-chose à perdre, avec un appareil si anémié qu’une aventure avec d’autres forces ou dans une nouvelle formation deviendra beaucoup plus attractive. Mais il faut rester circonspect, en se souvenant par exemple de la séquence 1992-1993 : malgré des échecs historiques aux élections et à peine plus d’une cinquantaine de députés, personne n’avait été en mesure de contester l’hégémonie du PS à gauche. En dépit de l’émergence du Front national, le système de la Ve République favorise encore le jeu des alternances, qui conserve au PS sa position privilégiée.

[Lire aussi : "Le PS, parti sans retour ?" ]

Y avait-il, à l’époque, autant de contradictions politiques et idéologiques au sein du PS ?

Une différence essentielle réside dans l’existence d’une crise économique beaucoup plus longue, beaucoup plus structurelle. On perçoit cet état différent de la société au travers de différents mouvements sociaux comme Nuit debout ou l’opposition aux "grands projets inutiles". Ce qui me frappe surtout touche à des orientations, notamment prises par Manuel Valls, qui heurtent les valeurs reposant sur l’universalisme, les libertés individuelles ou la république sociale – des valeurs constituant le socle historique du PS.

« L’ère sociale-libérale a permis aux élites socio-démocrates de se maintenir au pouvoir, mais elle a compromis leur capacité à préparer une alternative. »

La crise du PS s’inscrit-elle, à l’échelle européenne, dans celle de la social-démocratie et de ses tentatives sociales-libérales, qui semblent sanctionnées par de sévères revers électoraux et des impasses politiques ?

C’est la thèse que je défends : on assiste au crépuscule de cette voie sociale-libérale, que j’appelle la social-démocratie de marché. La social-démocratie a fourni à ses partisans une identité qui leur a permis, sinon de satisfaire à tous les critères que l’on attend de la gauche, de conserver le pouvoir, de rester au sein de la sphère dirigeante pendant de longues années. Mais désormais, les rendements sont nettement décroissants et les socio-démocrates ont beaucoup de mal à préserver la loyauté d’un nombre suffisant d’électeurs pour prétendre encore être une force d’alternance. Cela ressemble à la fin d’une ère qui a permis aux élites socio-démocrates de se maintenir au pouvoir de manière satisfaisante, mais qui a compromis leur capacité à préparer une alternative. L’encéphalogramme est plat, comme si la technocratisation était allée tellement loin qu’il n’y a plus de ressources internes pour penser une rénovation intellectuelle.

Ce constat ne rend-il pas probable ou nécessaire une profonde recomposition de la gauche autour de nouvelle polarités plus cohérentes ?

Au-delà de ce climat crépusculaire, la situation peut aussi nourrir des tensions et des conflits internes, faire évoluer les rapports de forces. Jeremy Corbyn a pris la tête du Parti travailliste britannique. L’opposition au CETA de Paul Magnette, ministre-président de Wallonie, a été significative : au-delà de ce qu’il a obtenu, il a publiquement mis sur la table les raisons du conflit, avec une certaine pédagogie, en défendant le parlementarisme et la démocratie – ce qui devrait paraître normal mais qui a énormément surpris. La possibilité reste que les partis se recomposent, ou changent d’eux-mêmes.

De quoi ces changements dépendent-ils ?

En grande partie des systèmes partisans et politiques des pays concernés. Au Royaume-Uni, qui laisse très peu de place aux "tiers-partis", le système favorise la réorientation plus radicale du Parti travailliste parce que la création d’une nouvelle formation serait trop coûteuse. Les systèmes proportionnels, comme en Espagne ou en Grèce, favorisent l’émergence d’alternatives. En France, on est dans un entre-deux : un système moins rigide qu’au Royaume-Uni, qui autorise donc des initiatives en dehors du PS ; mais pas aussi ouvert que dans les pays qui ont adopté la proportionnelle, avec des scrutins à deux tours, le Front national utilisé comme épouvantail par les partis dominants… Si je devais parier sur une évolution, celle-ci consisterait en une dialectique entre des conflits internes au PS et des dynamiques en dehors de lui, comme celles qui se dessinent autour des Insoumis ou d’Emmanuel Macron.

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Vos réactions

  • [conflits internes au PS et des dynamiques en dehors de lui, comme celles qui se dessinent autour des Insoumis ou d’Emmanuel Macron.].
    Cela signifie donc,que pour l’auteur,Le PS reste au centre de la gauche,non ?

    Maurice Le 11 janvier à 05:08
       
    • @Filippi Ils seraient de gauche à l’insu de leur plein gré ?

      René-Michel Le 11 janvier à 10:01
  •  
  • Peut-être faut-il sortir de l’œuf, la coquille masque tout l’extérieur ! Les raisons des tensions partisanes internes reposent certes sur la "concurrence" (libre et non faussée ?) entre les factions qui compose désormais le PS, mais les causes profondes résident à l’extérieur, c’est-à-dire sur les ravages que produisent les politiques sociales-libérales successives (Sarkozy/Hollande, même combat) dans les couches populaires et les couches moyennes, logique.

    Le PS, se voyant contesté à droite par Macron et à gauche par Mélenchon, n’a que deux choix, quand bien même resterait-il encore une entité "PS". Au-delà, c’est toute l’évolution de la société que le PS n’a pas suivi -professionnalisme oblige- et reste figé dans ses "idéaux", obsolètes désormais.

    Ses choix ? C’est Macron, qui a une marge de manœuvre étroite entre Valls/Fillon/Le Pen mais qui reste néolibérale et Jean-Luc Mélenchon qui lance un processus de mouvement et non de parti pour regrouper cette gauche déboussolée par le PS et le PC. Le PS est-il incontournable ? comme entité je pense que non, il est même en passe de se dissoudre dans le néolibéralisme.

    Construire un espace, ouvrir en grand les possibilités du changement, redonner l’espoir à des gens qui n’en peuvent plus des mensonges des professionnels de la politique. Les passages sont étroits mais ils existent, le PS et Macron le savent-ils ? Je pense que oui.

    La France Insoumise, composée de militants politiques souvent "aguerris" mais pour une immense part de personnes dont l’engagement est récent, pourrait bien être la réponse. Il est encore un peu tôt pour se prononcer, mais il n’est pas trop tard pour les militants politiques de s’engager.

    Max Le 11 janvier à 08:48
       
    • la FI selon vous serait en état de se substituer au ps voir au pcf, cela ma parait bien présomptueux. réponse au printemps

      leon Le 11 janvier à 15:26
    •  
    • C’est exact, après une déroute historique du PS, cad sans précédent aux présidentielles, puis aux législatives, le plus vraisemblable est que son électorat se divise entre le social-libéralisme assumé type Macron et une social-démocratie type Mélenchon. Les bobos seront nombreux à le faire vers Mélenchon après les élections, car depuis qu’il a enterré le FdG, il travaille le segment de marché le plus "réformiste", son programme ayant même abandonné toute vision et projet de socialisme comme d’écosocialisme. Qu’on en juge :
      JLM2017 : Le socialisme à la poubelle

      jim Le 11 janvier à 17:23
    •  
    • @ Léon Présomptueux ? Paris ne s’est pas fait en un jour et il ne s’agit pas de se substituer au PS et au PC mais de construire autre chose de radicalement différent, anti-capitaliste, écologique, et profondément social et démocratique.

      René-Michel Le 11 janvier à 17:36
    •  
    • @ jim Tu racontes n’importe quoi pour semer le doute et la grouille ! Salir, falsifier... les armes sournoises de l’extrême droite.

      René-Michel Le 11 janvier à 17:43
  •  
  • Je suis assez surpris du contenu de cet entretien.
    Monsieur Escalona nous a-t-il appris quelque chose ?
    Cependant, une remarque, il indique que "le PS reste incontournable pour la recomposition de la gauche". Parle-t-il des électeurs, des militants, des cadres (des élus en somme) ou bien des quelques appartchiks ?
    La recomposition se fera, à mon avis, à partir des militants et des électeurs, le reste sera balayé.

    Michel 65 Le 11 janvier à 08:55
  •  
  • Monsieur Escalona a certainement raison d’affirmer que « Même abimé, le PS reste incontournable pour la recomposition de la gauche ». C’est d’ailleurs ce qu’il est en train de faire. Toute la question est de savoir de quelle "gauche" il s’agit. Monsieur Escalona aurait pu tout aussi bien affirmer : "« Même abimé, le PS reste incontournable pour la recomposition de la droite ».

    Victor Le 11 janvier à 17:03
       
    • Non, c ’est vous les insoumis qui êtes inconrtounable pour la reconstruction de la droite. 5 ans à casser du PS, pour vous en récupérer les décus. Echec complet. Il y a 5 ans, vous faisiez 14 % d’intention de vote à la même époque, aujourd’hui 15 %, par contre, en 2012, vous cassiez du Sarkozy, facile bilan désatreux, aujourd’hui vous cassez du PS et c ’est droite qui s’en ramasse les fruits. Cà fait plusieures années qu’on vous le dis. ATTENTION, la gauche à se massacrer entre elle, ne vas faire qu’un second tour Droite /Extreme droite. Melenchon, s’en fout, le jour des elections, il va venir à la télé nous annoncer ’Wouah, quelle surprise !!! QUi aurait pu le deviner ?" et puis rentrer chez lui, nous refaire la même comédie, en essayant de se récupérer les décus de FIllon, avec sa dizaine de milliers de salaire mensuel et ses 700 000 euros de biens immobilier. Ca ne marchera pas, le PS repassera alors à mon avis. On connait la chanson, la même tout les 5 ans.

      bdpif Le 11 janvier à 20:56
  •  
  • Si l’on regarde par le petit bout de la lorgnette on continue (comme ce spécialiste, encore un qui parle pour ne pas dire grand chose) de faire de la politique politicienne. Chez nos amis Italiens ont dirait de la combine. L’important n’est plus les ou les partis mais celles et ceux qui sont en dehors et surtout les 50% de gens qui ne votent pas.
    pas la peine de sortir de science-po pour savoir que le PS, toutes les tendances confondues est une des variantes du libéralisme mondialisé. Pas d’alliance avec eux aux législatives au second tour. Aidons-les à disparaître. Ils ne sont pas à gauche mais au centre droit si ce n’est de droite (Valls). laissez-les vaquer à leurs humeurs. Des indispensables il y en a plein les cimetière.Ce serait plus intéressant de parler programmes des uns et des autres que de la couleur de leurs caleçons...
    Jean-Luc Mélenchon est le parfait altermondialiste. Marine Le Pen est la parfaite nationaliste. Emmanuel Macron est le parfait individualiste. François Fillon est le parfait conservateur et le Ps un parfait opportuniste libéral.

    rodydecoue Le 11 janvier à 17:33
  •  
  • J’ai lu attentivement le programme de la FI : "l’Avenir en commun", qu’on a bien voulu me confier. C’est un programme de rupture avec tous les aspects du système actuel (y compris en expropriant quelques exproptiateurs), et de transition vers une souveraineté populaire capable de faire prévaloir ses intérêts sur ceux de l’oligarchie financière. La prétendue extrême-gauche (toujours donneuse de leçons mais qui n’est extrême que sur le papier) ferait bien de le méditer : à chaque page, les mesures proposées sont un vrai moteur de lutte des classes, susceptibles de mobiliser massivement les citoyens et de faire reculer le capital. Quant à la primaire du P"S", c’est une telle mascarade qu’il serait ridicule d’y participer. Nous avons à faire aux ouvriers, aux salariés, aux citoyens, et non à une petite coterie de notables qui craignent pour leurs pantoufles.
    En tant que Poubelle, je lis beaucoup, surtout en ce moment, et je suis très difficile à convaincre...

    La Poubelle Le 11 janvier à 17:49
       
    • dans tous les pays européens, la social-démocratie s"est effondrée parce qu’elle s’est ralliée au libéralisme économique, sous le nom de social-libéralisme, qui est un oxymore. partout elle a mené des politiques d’austérité pour les peuples et de cadeaux aux entreprises pour réduire le coût du travail, partout elle a attaqué le droit du travail et les rémunérations des salariés, partout elle a accepté l’aggravation du chômage et de la précarité. d’où la révolte des classes populaires qui s’est développée avec syriza et podemos, avec die linke également, et maintenant avec la france insoumise. voilà où se situe la vraie gauche, celle qui porte les valeurs réelles de la gauche. monsieur escalona n’évoque même pas l’éviction de filoche de la primaire du ps, alors qu’il était le seul espoir pour le ps de retrouver son ancrage à gauche. sinon, valls, macron, fillon ne sont et ne seront que les serviteurs du medef de gattaz !

      georges glise Le 14 janvier à 13:32
  •  
  • "On ne pourra pas faire l’économie du PS"
    Ha ! Ha ! Trop drôle ! :-))

    Durruti Le 11 janvier à 19:39
  •  
  • "Climat crépusculaire", "encéphalogramme plat" : Fabien Escalona emploie des mots qui font mouche.

    En 1992-1993, le P "S" a survécu pour la simple raison qu’il n’y avait pas d’alternative à gauche. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et de plus le désastreux quinquennat Hollande a abondamment prouvé que ce parti n’était plus de gauche. Ajoutons à cela la faillite des sociaux-démocrates dans la majeure partie de l’Europe (à l’exception des travaillistes britanniques) et nous avons tous les ingrédients pour une prochaine et définitive pasokisation du P "S". Bon débarras...

    hopfrog Le 11 janvier à 20:52
  •  
  • Passionnant cet entretien qui veut nous convaincre que le principal parti de droite (celui qui est au pouvoir aujourd’hui, et dont le Premier ministre actuel, confirmé par tous ses député-e-s sauf une, était notamment et notablement aux commandes pour réprimer et injurier les opposant-e-s à la loi El-Khomri) est incontournable pour recomposer la gauche.
    Que “Regards” perde son temps (et le nôtre) avec de tels délires est attristant… à croire que la décomposition n’a pas fini son œuvre.

    Ferdinand14 Le 12 janvier à 10:43
  •  
  • J’avoue une certaine sidération à voir comment, dans les commentaires, des analyses sont prises pour des professions de foi ou des recommandations. C’est évidemment le symptôme d’une lecture militante qui prend un caractère pathologique, à être aussi systématique et univoque, mais quand même…

    Cela évite en tout cas de discuter ou de critiquer ces analyses (puisqu’on ne les prend même pas comme telles), et cela conduit à escamoter tout débat au profit de petits épanchements et de procès d’intention stériles. C’est malheureux.

    Cela conduit aussi à ne retenir que des fragments du propos, ainsi rendu incompréhensible, sans aucune considération pour son ensemble. Dans cet interview, Fabien Escalona (qu’on pourrait éviter de prendre pour un imbécile ou pour l’agent de quelconques forces du mal), dresse un tableau assez accablant pour le PS. Mais il semble que cela ne doive pas être retenu, au profit d’une interprétation un peu infantile qui semble surtout maintenir ses auteurs dans leur confort (et leurs rancœurs).

    Rekdhal Le 12 janvier à 10:58
       
    • Complète approbation. À lire la plupart des commentaires, on se demande quel est l’intérêt de laisser ouvert ces espaces de commentaires squattés par des trolls (de diverses coteries) qui s’ignorent.

      Marc Sidonny Le 12 janvier à 11:24
  •  
  • @ René-Michel
    En accusant un auteur de commentaire d’extrême droite, sans le moindre argument, vous traitez Regards comme une poubelle mais donnez raison mes arguments.
    Poursuivons. Vous affirmez qu’il s’agit d’un programme "anticapitaliste, écologique, profondément social et démocratique". Non, c’est un râteau électorale, réformiste et donc impuissant, qui fait passer de "Ma main d’abord" à "l’Avenir dans ma main". Démonstration détaillée chapitre par chapitre :

    JLM2017 : un projet de soumission au caporal et au capital

    jim Le 12 janvier à 13:43
       
    • Vous n’allez pas vous faire des amis. En tout cas, c ’est vrai que Melenchon (FI, insoumis, 3 eme mouvement, etc) ne laisse pas le droit à ses electeurs, ni de le choisir comme représentant, ni de le contredire, ni de discuter, de voter, rien .... Une armée de militants aux abois, prêt à mordre, insulter, tout ce qui ce qui ne và pas dans le sens de leur leader proximo. Jamais un grand jamais, personne ne veut d’une société avec un tel dirigeant. Le retour de la vieille gauche Stalinienne.

      bdpif Le 12 janvier à 13:58
  •  
  • A quoi servent les commentaires des politologues, perpétuellement affairés à analyser des indices de trois fois rien, sinon à occuper du temps d’antenne ou d’autres espaces médiatiques. Je regrette que Regards tombe dans ce panneau.

    Monsieur HR Le 12 janvier à 16:58
  •  
  • « Toujours de plus en plus dans l’abîme, le PS reste incontournable pour la décomposition de la gauche »

    cantaous Le 13 janvier à 09:30
  •  
  • sacré Bdpif qui imagine la FI comme étant un fan club de JLM , il aimerait tant que ce soit cela , son triptyque Poutine = JLM = Lepen !

    Il rejoint en cela la presse de droite et d’extrême droite , dans la calomnie et comme il utilise tout les arguments a sa haine bileuse , il le traite soit de stalinien soit de Facho ,trop drôle ! .

    il est comme ses vieux staliniens en ce moment qui vont faire la campagne de Mélenchon en reculant et qui nous font la danse du ventre pour un accord électoral aux législatives.

    Le propre des stals et des vieux sociaux démocrates c’est de faire feu de tout bois ,un jour pour le "soutien " a JLM et le lendemain pour " attendre le résultat des primaires" saint Hamon priez pour nous.

    Ridicule et petit ! .

    buenaventura Le 13 janvier à 16:04
  •  
  • « Le PS reste incontournable pour la recomposition de la gauche ». Il y a du vrai dans cette affirmation. Encore faut-il préciser les choses !
    Je raisonne, quant à moi, en termes de classes sociales (au sens de Marx). Le PS est un parti de « classes moyennes » qui avait réussi à imposer son hégémonie sur cette classe, tout au moins sur la partie qui est sensible à son discours sociétal (l’autre partie se retrouvant à droite, ou au centre). Il a même réussi, surtout en ayant pu construire une force politique majoritaire, qualifiée de « gauche », à attirer dans son giron des couches populaires, et le PC qui était plus naturellement leur parti de référence. La fraction de ces classes moyennes attirées par le PS est désormais fondamentalement ancrée dans l’idée qu’elle maintiendra ses intérêts (de classe), en restant liée à gauche à ce schéma. Ce qui impose d’être un bon serviteur du Capital (la classe suprême), pour l’aider à « exploiter » (au sens de Marx) les classes populaires et la fraction toujours plus grande de leurs frères des couches moyennes, semblables aux couches populaires. Tous pensent que leurs intérêts, si petits soient-ils, seront mieux défendus par ce PS hégémonique, faute de mieux, et faute d’une autre option crédible. Tant que le PS restera majoritaire, ces bases concrètes se maintiendront (elles l’ont prouvées dans le passé). Et le PC n’est pas en mesure de prouver le contraire, pour l’instant…
    JLM et ses Insoumis sont aussi, en l’état, des émanations des classes moyennes. Pour des raisons diverses (altruisme, jeunesse, culture, calcul électoraliste, etc…), elles consentent à une certaine « alliance » avec les classes populaires (à condition, peut-être, de mener le jeu ?). Si le PC retrouvait sa fonction originelle de représenter préférentiellement les classes populaires, telle que la chose semblait s’amorcer dans le FdG initial au côté d’un PG de classes moyennes, le contexte serait différent, et même les revendications avancées par un tel ensemble seraient différentes (exemple : le nucléaire). C’est dans ce sens qu’il faut avancer et une première étape peut être initiée en soutenant JLM à la présidentielle. Ensuite, l’établissement d’une hégémonie par cet ensemble, du type FdG, incluant parti de classes populaires et parti de classes moyennes pourrait prospérer. Mais il est certain qu’il subsistera toujours une fraction (à rendre aussi petite que possible !) de gens relevant des classes moyennes, qui restera ancrée dans l’idée de mener le jeu à son seul profit, au travers d’une force politique à sa botte. Elle pourra toujours se nommer, par continuité… Parti Socialiste ! La phrase introductive est donc vraie !

    Alain Brachet Le 14 janvier à 17:51
  •  
  • Bonjour
    Assez de blabla, des faits ! voici les résultats du vote des sénateurs concernant l’abrogation de la loi El komri demandé par le groupe communiste ;
    on remarquera une fois de plus le comportement du parti socialiste, d’europe écologie les vers et, last but not least, du courageux Robert Hue et de ses collègues du FN :

    Scrutin n° 86 - séance du 11 janvier 2017

    sur l’ensemble de la proposition de loi visant à abroger la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dite " Loi Travail "

    Consulter le dossier législatif

    Résultat du scrutin

    Nombre de votants :156Suffrages exprimés :140Pour :25Contre :115

    Le Sénat n’a pas adopté

    Analyse par groupes politiques

    Groupe Les Républicains (144)

    Contre : 1

    N’ont pas pris part au vote : 143 - M. Gérard Larcher, Président du Sénat, Mme Isabelle Debré, Président de séance, MM. Pascal Allizard, Gérard Bailly, François Baroin, Philippe Bas, Christophe Béchu, Jérôme Bignon, Jean Bizet, François Bonhomme, Gilbert Bouchet, Michel Bouvard, François-Noël Buffet, François Calvet, Christian Cambon, Mme Agnès Canayer, MM. Jean-Pierre Cantegrit, Jean-Noël Cardoux, Jean-Claude Carle, Mme Caroline Cayeux, M. Gérard César, Mme Anne Chain-Larché, MM. Patrick Chaize, Pierre Charon, Daniel Chasseing, Alain Chatillon, François Commeinhes, Gérard Cornu, Pierre Cuypers, Philippe Dallier, René Danesi, Mathieu Darnaud, Robert del Picchia, Francis Delattre, Gérard Dériot, Mmes Catherine Deroche, Jacky Deromedi, Marie-France de Rose, Marie-Hélène Des Esgaulx, Chantal Deseyne, Catherine Di Folco, MM. Éric Doligé, Philippe Dominati, Mme Marie-Annick Duchêne, M. Alain Dufaut, Mme Nicole Duranton, MM. Louis Duvernois, Jean-Paul Émorine, Mme Dominique Estrosi Sassone, MM. Hubert Falco, Michel Fontaine, Michel Forissier, Alain Fouché, Bernard Fournier, Jean-Paul Fournier, Christophe-André Frassa, Pierre Frogier, Mme Joëlle Garriaud-Maylam, MM. Jean-Claude Gaudin, Jacques Genest, Mme Frédérique Gerbaud, M. Bruno Gilles, Mme Colette Giudicelli, MM. Alain Gournac, Jean-Pierre Grand, Daniel Gremillet, François Grosdidier, Jacques Grosperrin, Mme Pascale Gruny, MM. Charles Guené, Alain Houpert, Mme Christiane Hummel, MM. Benoît Huré, Jean-François Husson, Mme Corinne Imbert, M. Alain Joyandet, Mme Christiane Kammermann, M. Roger Karoutchi, Mme Fabienne Keller, MM. Guy-Dominique Kennel, Marc Laménie, Mme Élisabeth Lamure, MM. Robert Laufoaulu, Daniel Laurent, Antoine Lefèvre, Jacques Legendre, Dominique de Legge, Jean-Pierre Leleux, Jean-Baptiste Lemoyne, Jean-Claude Lenoir, Philippe Leroy, Gérard Longuet, Mme Vivette Lopez, MM. Michel Magras, Claude Malhuret, Didier Mandelli, Alain Marc, Patrick Masclet, Jean-François Mayet, Mmes Colette Mélot, Marie Mercier, Brigitte Micouleau, MM. Alain Milon, Albéric de Montgolfier, Mme Patricia Morhet-Richaud, MM. Jean-Marie Morisset, Philippe Mouiller, Philippe Nachbar, Louis Nègre, Louis-Jean de Nicolaÿ, Claude Nougein, Jean-Jacques Panunzi, Philippe Paul, Cyril Pellevat, Cédric Perrin, Jackie Pierre, François Pillet, Xavier Pintat, Rémy Pointereau, Ladislas Poniatowski, Hugues Portelli, Mmes Sophie Primas, Catherine Procaccia, MM. Jean-Pierre Raffarin, Henri de Raincourt, Michel Raison, Jean-François Rapin, André Reichardt, Bruno Retailleau, Charles Revet, Didier Robert, Bernard Saugey, René-Paul Savary, Michel Savin, Bruno Sido, Abdourahamane Soilihi, André Trillard, Mme Catherine Troendlé, MM. Michel Vaspart, Alain Vasselle, Hilarion Vendegou, Jean-Pierre Vial, Jean Pierre Vogel

    Groupe socialiste et républicain (108)

    Pour : 4 - MM. Henri Cabanel, Jérôme Durain, Mmes Gisèle Jourda, Marie-Noëlle Lienemann

    Contre : 99

    Abstentions : 5 - MM. Jean-Pierre Godefroy, Georges Labazée, Mme Michelle Meunier, M. Alain Néri, Mme Évelyne Yonnet

    Groupe Union des Démocrates et Indépendants - UC (42)

    N’ont pas pris part au vote : 42 - Mme Annick Billon, MM. Jean-Marie Bockel, Philippe Bonnecarrère, Olivier Cadic, Michel Canevet, Vincent Capo-Canellas, Olivier Cigolotti, Vincent Delahaye, Bernard Delcros, Yves Détraigne, Mme Élisabeth Doineau, MM. Daniel Dubois, Jean-Léonce Dupont, Mme Françoise Férat, M. Jean-Marc Gabouty, Mmes Françoise Gatel, Nathalie Goulet, Jacqueline Gourault, Sylvie Goy-Chavent, MM. Joël Guerriau, Loïc Hervé, Mmes Sophie Joissains, Chantal Jouanno, MM. Claude Kern, Jean-Jacques Lasserre, Nuihau Laurey, Mmes Valérie Létard, Anne-Catherine Loisier, MM. Jean-François Longeot, Jean-Claude Luche, Hervé Marseille, Hervé Maurey, Pierre Médevielle, Michel Mercier, Mme Catherine Morin-Desailly, MM. Christian Namy, Yves Pozzo di Borgo, Gérard Roche, Henri Tandonnet, Mme Lana Tetuanui, MM. Jean-Marie Vanlerenberghe, François Zocchetto

    Groupe communiste républicain et citoyen (21)

    Pour : 20

    N’a pas pris part au vote : 1 - Mme Évelyne Rivollier

    Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (17)

    Pour : 1 - M. Pierre-Yves Collombat

    Contre : 15

    Abstention : 1 - M. Robert Hue

    Groupe écologiste (10)

    Abstentions : 10

    Sénateurs ne figurant sur la liste d’aucun groupe (6)

    N’ont pas pris part au vote : 6 - MM. Philippe Adnot, Jean Louis Masson, Robert Navarro, David Rachline, Stéphane Ravier, Alex Türk

    Sans commentaires, bon dimanche !

    Arouna Le 15 janvier à 09:52
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