photo Adrien Gueydan
Accueil > Résistances | Par Laura Raim | 2 mai 2016

Faut-il chanter "Tout le monde déteste la police" ou "CRS avec nous" ?

Les mobilisations du printemps – contre la loi travail, Nuit debout – se demandent quelle attitude adopter face aux violences policières et aux forces de l’ordre en général : confrontation ou fraternisation ?

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« Tout le monde déteste la police ». Le refrain scandé par le Mouvement interluttes indépendant (MILI) à la tête du cortège parisien du 1er Mai a le mérite d’être clair. Ce collectif anticapitaliste, déterminé à « faire sa fête au travail et à sa loi », qui s’impose de plus en plus souvent au devant des syndicats traditionnels lors des manifestations contre la loi El Khomri, assume sans détour une stratégie de conflictualité avec les forces de l’ordre. Stratégie qui divise les organisateurs de la Nuit debout, dont une partie redoute les effets contre-productifs des violences, aussitôt relayées par les médias et instrumentalisées par les politiques pour discréditer et limiter le mouvement.

Le MILI sur le front de la bataille urbaine

Proclamer sa haine de la police n’est pas nouveau bien sûr. Le "CRS SS" que l’on entend fréquemment ces jours-ci est apparu pendant les grandes grèves de mineurs de 1948, après la mort du manifestant Jansek, assassiné à coups de crosse par des CRS, avant de refaire surface en Mai 68. Mais le MILI revendique une pratique de confrontation, non pas seulement verbale, mais aussi physique, que l’on a peu l’habitude de voir en France, où les mouvements autonomes ou de black blocks sont moins développés qu’en Allemagne ou en Grèce par exemple. Né en 2013 à Paris pendant les mouvements lycéens de protestation contre l’expulsion de la collégienne rom Leonarda, le MILI appelle alors à bloquer les lycées. Mais c’est l’année suivante, après la mort de Rémi Fraisse, tué par un tir de grenade offensive, que ces militants élaborent leur discours autour des violences policières, dénonçant celles qui visent aussi bien les zadistes que les jeunes des quartiers populaires (lire aussi "Aline Daillère : « On assiste à un réveil citoyen sur les violences policières »".

On ne peut pas les rater dans les cortèges. Lycéens, étudiants ou travailleurs, ils sont jeunes, autour de la vingtaine, habillés en noir, visage dissimulé par un foulard et une capuche, et souvent un casque et des lunettes de plongée pour se protéger des gaz lacrymogènes. Ils allument des torches et jettent des pétards, des œufs de peinture ou des morceaux de bitume sur les policiers tout en scandant « Paris, debout, soulève-toi ». En face, les CRS commencent par envoyer des gaz lacrymogènes et finissent par charger, donnant lieu à d’impressionnantes scènes de batailles urbaines.

Évidemment, vu l’arsenal policier, le but ne peut pas être de "vaincre" les troupes. « L’enjeu du combat » est plus précisément de « briser » le « dispositif policier », décrypte sur Lundi matin le Comité action Nuit à bout, proche du Groupe de Tarnac. « La police maintient l’ordre. Parce qu’elle est une protestation contre l’ordre des choses, une manifestation est par essence un affrontement contre la police (…) La police gagne quand tout se passe comme prévu en préfecture. Les manifestants gagnent quand tout ne se passe pas comme prévu en préfecture ».

« Que les flics aient peur, qu’il deviennent des salariés »

Les MILI ne nient pas les violences, mais refusent d’être réduits à des "casseurs" apolitiques, leurs cibles étant on ne peut plus politiques : banques, agences d’intérim, locaux du PS, et CRS sont les symboles ou les défenseurs d’un ordre d’une violence autrement plus grande, celle qui ravage la vie des jeunes à coup de petits boulots précaires, de contrôles au faciès et de tirs au flashball. Le Comité action Nuit à bout l’affirme :

« La question n’est pas d’être ou de ne pas être violent. La question est d’être offensif, ou inoffensif ».

Si l’objectif final est « le soulèvement, l’insurrection et la destitution de ceux qui nous gouvernent », comme l’a redit dimanche à République Mathieu Burnel de la bande de Tarnac, il faut pour cela « instaurer un rapport de force » et « libérer un peu d’espace » vis-à-vis d’une police de plus en plus armée qui ne cesse de s’arroger de nouvelles prérogatives, a fortiori depuis l’instauration de l’état d’urgence : pénétrer à l’intérieur d’une université pour empêcher une Assemblée générale, quadriller un lycée pour empêcher le blocage, couper la sono des participants de la Nuit debout sur la place de la République, jeter leur soupe dans le caniveau… Autant d’actions qui empêchent les militants de s’organiser. Samia, une sympathisante du MILI, explique la démarche :

« L’idée c’est d’empirer leurs conditions de travail, qu’ils aient peur, qu’ils soient fatigués, qu’ils n’aient pas envie d’aller au travail, en somme, que les flics deviennent des salariés ».

Reste à voir si cette stratégie de harcèlement ne rend pas les CRS plus violents qu’autre chose. Pourtant proche du Comité invisible, Éric Hazan ne partage pas son discours sur la police, estimant que la confrontation directe n’est pas productive : « Dans toutes les insurrections victorieuses, depuis la prise de la Bastille jusqu’à la mise à bas de Ben Ali et Moubarak, le moment décisif a été celui où les "forces de l’ordre" ont fait défection. Et inversement, chaque fois que ces forces ont fait bloc pour défendre le régime, les insurgés ont été vaincus et massacrés », rappelle l’éditeur de la Fabrique sur Lundi Matin. Qui précise :

« Si nous signifions à la police que nous la détestons en bloc, nous ne faisons que souder ses rangs et nous rendons sa défection plus difficile, plus improbable. Or ses rangs sont moins homogènes, moins serrés que peuvent le laisser penser les lignes de boucliers ».

Le mythe de la fraternisation

Sur la place de la République, certains participants de la Nuit debout sont dans cette optique de discussion non violente. « CRS avec nous, on vous fera des bisous », entend-on même régulièrement. Avec des résultats parfois surprenants. La Radio Debout a ainsi enregistré un échange surréaliste : interrogé sur son grade, un CRS lâche « Je suis un ouvrier ! », à la grande joie de ses interlocuteurs : « Et bah voilà ! C’est ce qu’on dit ! Les ouvriers, c’est avec nous ! » « Mais sachez qu’on est avec vous », renchérit le CRS. Hourra général. « Alors maintenant la prochaine étape : on enlève les uniformes et on nous rejoint ! » entreprend le militant : « Oh ça caille oh ! », sourit le CRS. « On sait que tu veux un câlin », le taquine une voix féminine. Un jeune prof improvise un cours d’histoire à l’intention du CRS sur les révolutions passées.

De fait, en 1789, il n’y a pas de prise de la Bastille sans que la garde française n’ouvre les Invalides et ne fournisse les pièces de canon et les 40.000 fusils. « C’est l’élément fondateur de la mythologie de la fraternisation des révolutionnaires avec l’armée », explique l’historien Eric Fournier. L’Internationale, écrite en 1871 au lendemain de la Commune de Paris, ne se termine-t-elle pas par "Crosses en l’air et rompons les rangs, (…) Ils sauront bientôt que nos balles, Sont pour nos propres généraux" ? « Il y a eu d’autres épisodes significatifs, poursuit Eric Fournier :

« En 1848 et en 1871 par exemple, les insurgés fraternisent avec l’armée, en 1907 lors de la révolte des vignerons du Languedoc, cinq cents soldats du 17e régiment d’infanterie se mutinent et se solidarisent avec les manifestants à Béziers. Mais attention, l’armée n’est pas la police. L’armée, c’était le peuple en armes, des jeunes réservistes ou des conscrits, natifs des régions où ils étaient postés, souvent littéralement les frères des manifestants. Aujourd’hui, les militants ont affaire à la police professionnelle, c’est très différent. Historiquement, il n’y a jamais eu de fraternisation avec la police. »

La peur de faire peur

Sans appeler à une fraternisation utopique, une grande partie de la gauche demeure sceptique quant à la pertinence de chercher le clash avec les forces de l’ordre, y voyant surtout l’expression d’une rébellion adolescente en quête de sensations fortes et de reconnaissance sur les réseaux sociaux. Thomas, un "nuitdeboutiste" croisé dimanche place de la République, déplore :

« Ces violences font peur à des gens qui potentiellement auraient envie de rejoindre les rassemblements, elles empêchent le mouvement d’attirer de nouveaux pans de la population ».

Il n’empêche que l’attitude combative des jeunes du MILI pourrait avoir une vertu précisément du point de vue de l’expansion du mouvement : « Les gens de Nuit debout n’arrêtent pas de se demander comment faire la "convergence des luttes" avec les jeunes des quartiers populaires, poursuit la sympathisante. Or ces derniers sont victimes au quotidien des violences policières. Une chose est sûre : c’est moins en chantant "CRS avec nous" que "Tout le monde déteste la police" qu’ils ont des chances de faire la jonction avec les quartiers ».

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  • Je comprends les énervés, révoltés par la situation qui font le choix d’en découdre avec les flics, tant pour ce qu’ils représentent que pour leurs actions de plus en plus perverses et violentes. A Nuit Debout, on échange, on débat, on propose, on essaie d’inventer l’avenir, collectivement et autrement. Je crois que cette démarche peut faire peur aux gouvernants. Les pavés dans la geule des flics ne font peur à personne. Pire, c’est une aubaine pour justifier d’aller déloger ceux qui échafaudent des propositions potentiellement subversives pour l’ordre établi.Alors je veux dire à ceux d’entre nous qui ont fait le choix de balancer des pavés de réfléchir car leur action a pour unique effet de récolter des images de merde dans des reportages de journaux télévisés de merde qui ne parlent plus que de ça, ce qui a pour seuls effets de polluer et discréditer l’élan de démocratie en cours et de freiner la réflexion de ceux qui voudraient ensemble construire un monde moins pourri...

    Jérémie Le 2 mai à 18:38
       
    • Mais de TOUTE FACON on aura une mauvaise image dans les médias ! Se préoccuper de notre "image" dans les médias dominants, c’est déjà une défaite.

      _Il ne faut pas résister à la police, pense à notre image !
      Il ne faut pas de punks dans les manifs, pense à notre image sur TF1 chéri !
       Et pourquoi pas venir tous en costard manifester et chanter pas trop fort "on est pas très contents, mais on est gentils et cool hein" ? Et vite, pour pas trop déranger, de peur de "salir notre image".

      Notre mouvement aura du succès s’il OBTIENT quelque chose, s’il arrache quelque chose aux pouvoirs en place. Et on n’obtiendra absolument RIEN en demandant gentiment, parce que ca fait 30 ans qu’on le fait, parce qu’historiquement ca n’a jamais marché.
      _Combien d’années déjà que la police rafle, tabasse, harcèle en banlieue ? Combien de Remy Fraisse, de Zyned et Bouna, faudra t-il pour comprendre que la police est aux ordres, et que marcher dans les clous et négocier sans établir de rapport de force ne fera que permettre à la police et au pouvoir de nous diviser ("bons manifestants", vs "méchants casseurs") d’abord, pour ensuite nous casser un par un et mettre nos envies aux oubliettes.

      Inca Le 4 mai à 14:47
  •  
  • les mili offrent l’occasion au gouvernement de frapper les manifestants, offrent la critique faciule du combat social. Les milis sont l’instrument d’un pouvoir repressif, ils ne sont pas révolutionnaire ou des gens qui revendiquent quoi que ce soit.

    Les milis sont les instruments des pouvoirs dominant ! Ils permettent auxmedia de ne pas parler des revendications t des discours différents de ceux habituels des politiques et des journaleux.

    Non, la révolte est ailleurs que dans leurs rangs.

    En plus ils sont très organisés et entrainés : ne soyons pas naïfs !

    La Renaudie Le 3 mai à 09:30
       
    • Mais bien sûr, le pouvoir ne trouverait pas de prétexte pour faire tabasser les manifestants sans le MILI. Si tu te défends quand on te cogne c’est ta faute si tu reçois, si la police mutile c’est de la faute des mutilés, si l’opprimé est réprimé, c’est parce qu’il s’est soulevé. Logique imparable, logique des dominants, visant à délégitimer a priori toute initiative les mettant en inconfort.

      Affreux Jojo Le 12 mai à 11:10
  •  
  • Qui donne les ordres aux matraqueurs qui ne sont pas de simples policiers ou gendarmes mais des individus payés pour cogner ceux qui refusent l’inacceptable ? Qui manipule les échauffourées ? Combien de flics et provocateurs parmi les cowboys immatures des "MILI" ? A qui profite le bordel très organisé et ce depuis des siècles de provocations/répression ? Plus que les élucubrations pré-marxistes de quelques décervelés dont la cagoule ne dissimule que le vide abyssal de leur inexpérience on aurait attendu d’un article de Laura Raïm un peu de hautuer et de rigueur. Désolé.

    René-Michel Le 3 mai à 09:43
       
    • Merci au Figaro et à Valeurs Actuelles pour ce message sponsorisé.

      Inca Le 4 mai à 14:48
  •  
  • Je conseille à tous ceux qui mettent toute la faute sur les « casseurs » de lire ou relire Victor Serge sur le fonctionnement de la police en période d’agitation :
    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=103

    Il faut arrêter de prendre le pouvoir pour des imbéciles brutaux, ce sont des experts en infiltration, en manipulation d’opinion, des ordures rusées, des mafieux très intelligents.

    Jamais participé à un défilé parisien du 1er mai avec une telle tension, c’était vraiment inquiétant et, pour avoir discuté avec des vieux internationalistes habitués, des familles venues de province, je crois malheureusement que le gouvernement est en train de réussir son plan ; dégouter les gens pacifiques de venir manifester.
    Ils sont en train de fabriquer une image violente et repoussante de la contestation qui est relayée par tous les médias, qui encourage toute la méchanceté de ce que ce pays compte d’aigris, de racistes et de fachos potentiels à demander de l’ordre et de la répression.

    La droite chauffe ses troupes, fidèle à son rôle... elle !! .

    Cette gauche de gouvernement se régale de montrer aux jt du 20h des images de jeunes cagoulés qui jettent des caillasses sur les potes flics de Renaud, ils vont ensuite passer à la com sur l’euro de foot et utiliser la moindre image de violence d’hooliganisme pour l’associer avec le mouvement social, attention à l’intox ce n’est que début.

    Maintenant 49.3 ou pas : aucune primaire, aucun compromis ne peut être envisagé avec ces descendants de Thiers, Moch... jamais plus.

    Arouna Le 3 mai à 09:58
       
    • @Arouna. Tu nous à mal compris, nous sommes d’accord avec toi sur les manipulations gouvernementales et sur l’infiltration policière, vieille comme le capitalisme.

      René-Michel Le 3 mai à 12:09
  •  
  • Article intéressant, comme le sont très souvent ceux de Mme Raim. Je découvre les MILI et leurs objectifs. Reste que ce mouvement comme leurs répliques anciennes des années 70, 80 n’ont jamais servis autre chose que de donner des arguments aux gouvernements en place pour renforcer la répression des mouvements contestataires et revendicatifs massivement non-violents. Ils sont les idiots utiles du capitalisme.

    Vassiviere Le 3 mai à 10:31
       
    • Le gouvernement n’a vraiment pas besoin d’argument pour réprimer violemment. Mouarf, quelle blague. Si ce n’est pas "les casseurs", y a toujours autre chose.

      Tu crois qu’ils ont attendu le "MILI" pour lacher les chiens ? Les procès à Tarnac, c’était MILI aussi ? Remy Fraisse aussi ? Les délocalisations et les gens qui se suicident sur leur lieu de travail, les grèves cassées violemment par les brigades de la police, c’était la faute aux "casseurs" aussi ?

      Degré zéro de l’analyse politique. Mais c’est plus facile d’accuser "les casseurs" que de se remettre en question, c’est sur.

      Inca Le 4 mai à 14:52
  •  
  • Hé ben au vu des commentaires c’est un repère de pacifistes ici. L’argument c’est que les affrontements face à la police « n’ont jamais servis autre chose que de donner des arguments aux gouvernements en place pour renforcer la répression des mouvements contestataires et revendicatifs massivement non-violents ».
    C’est une hypothèse valable (quoique je me suis déjà fait taper dessus en étant tout à fait pacifique lors d’un sit-in, donc bon), mais déjà faudrait-il prouver que l’absence de troubles est davantage efficace que l’inverse... En réalité je pense que c’est largement plus subtil que ça, et que c’est un savant mélange de stratégies qu’il faut déployer.
    Je me fiche un peu de ce qu’il faudrait chanter aux flics (à ce sujet : https://lundi.am/Dissertation) qui s’interposeront toujours − c’est là leur rôle de "maintien de l’Ordre (établi) ; mais pour obtenir quelque chose de la classe dirigeante, il semble qu’il faille toucher à son portefeuille et « la faire flipper ».

    Yvain Le 3 mai à 11:17
       
    • @Yvain. Oui mais ce n’est pas en cassant une vitrine d’agence bancaire, un abribus, en brûlant une Porsche ou en caillassant des matraqueurs en armure et en leur permettant de gazer tout azimut et de décrédibiliser un mouvement social qu’on touche au porte feuille des 1% de nantis bien au chaud sous leur matelas de fric et d’actions à l’abri des paradis fiscaux. C’est tout le contraire et ça les fait marrer.

      René-Michel Le 3 mai à 12:23
    •  
    • @René-Michel : À vrai dire en détruisant leurs biens matériels, si ; et dans l’optique de « leur faire peur » ça a un net mérite (très symbolique j’en conviens) par rapport à d’autres modes d’actions. J’en fais pas pour autant l’alpha et l’oméga de la lutte : bloquer les flux de marchandises, par exemple, c’est aussi très efficace pour toucher au portefeuille. Les modes d’actions pacifistes style occupation de place me vont très bien aussi : ils ne bloquent rien mais ont d’autres avantages. Il n’y a pas une seule et unique stratégie à privilégier, elle serait complètement inefficace. Quand aux forces de l’Ordre, elles se mettront forcément en travers du chemin face à tout ce qui peut paraître un tant soit peu offensif, c’est inévitable, c’est leur rôle de bras armé de l’État.

      Ayant dit cela, je n’ai aucun souci à discuter du pour ou du contre de tel ou tel mode d’action dans tel ou tel contexte. Par exemple, si une action a pour effet de « décrédibiliser un mouvement social », ça joue potentiellement en sa défaveur, on est d’accord. Il y a là effectivement un travail de contre-information à faire, face au discours médiatique, politicien et policier sur les « vilains casseurs ».

      Yvain Le 3 mai à 12:54
    •  
    • Tout à fait d’accord Yvain, sur le subtil mélange de stratégies.

      Etablir un rapport de forces en est un. Faire comprendre à la police qu’on ne se laissera pas faire gentiment, qu’on se laissera pas embarquer pour l’abattoir sans se débattre.

      Bruler ou détruire des symboles c’en est un autre, c’est dire que la rue est à nous, qu’on se l’approprie, qu’elle ne leur appartient pas.

      Les occupations "pacifistes" aussi sont désignées comme violence par le pouvoir (vous occupez une entreprise ? c’est de la violence !) et sont réprimées...violemment. Ils n’ont besoin d’aucune excuse. Leur répondre pied à pied c’est d’abord se défendre.

      Inca Le 4 mai à 14:55
  •  
  • Bien sur que ça les fait rire de voir des dégâts qu’ils feront rembourser aux sans dents qu’ils méprisent, évidemment que chaque image de flic blessé sur bfm les fait exploser de joie entre eux et rivaliser de démagogie en public..

    Mais il y a une chose qu’ils détestent, ce sont les images des violences des « forces de l’ordre » : ces crs suréquipés qui tapent sur les femmes, cognent les jeunes et insultent toutes ces personnes, ça révolte la plupart des personnes saines d’esprit.

    Bravo au courage et à l’opiniâtreté de ces preneurs de films, de photos, de sons !!
    Ça tourne sur l’internet et il faut les diffuser partout, les faire circuler c’est un très précieux témoignage.

    Arouna Le 3 mai à 12:52
       
    • *"ça révolte la plupart des personnes saines d’esprit"*
      Pour ma part, dans mon entourage, où - il est vrai - personne n’a jamais mis les pieds en manif’, il est très facilement pensé que si ce jeune, cet étudiant, ce couple, ces gens étaient là, restaient là, c’est qu’il(s) le(s) cherchai(en)t, c’est pour provoquer les forces de l’ordre, ou du moins qu’il fallait qu’ils s’y attendent, à être frappés, car c’est le rôle des forces de l’ordre de maintenir/ rétablir la sécurité, l’état de droit, etc.
      Je précise que ce n’est pas ce que je pense personnellement. En tout cas, voir un membre des forces de l’ordre frapper sans raisons quelqu’un ne révolte pas tant de gens que ça...

      Il faut bien sur en témoigner, le faire savoir, car cela doit être puni. C’est honteux. Et ce n’est pas normal, et ne doit pas le devenir.

      Pour autant, ce n’est pas comme ça, pour moi, que l’on va vraiment "agréger" du monde autour du mouvement "nuit debout" ou des mouvements de contestation comme les manifestations anti "loi Travail"...
      C’est par un travail sur le long terme, avec des messages clairs, des propositions (pas que sur des discours "anti-" qui ont tendance personnelle à me gonfler et me démotiver), une VISION du monde meilleur souhaité, que, j’espère, nous allons dans notre grand majorité nous réveiller.

      Céline Le 4 mai à 16:46
  •  
  • @René-Michel

    Si la violence pendant les manifs ne sert pas les manifestants, personnellement je ne pense pas non plus que manifester ou occuper des places permettent de frapper les 1% au porte-feuille...

    Si l’on veut que cela arrive, il faudra bien que le mouvement social actuel franchisse une étape, que ce soit en terme de masse que de tactique.

    fred Le 3 mai à 12:58
       
    • Tout à fait d’accord.

      René-Michel Le 3 mai à 21:31
  •  
  • ce qui m étonne sur ces casseurs c est que la police ne fait rien pour trouver qu ils sont ... on na bienr éussi à le faire pour les jihadistes... à croire que quand ils arrêtent un june casseur celui ci n a pas de téléphone sur lui avec possible sms de rdv avec ses potes, de consignes d attaque....
    ce serait une génération spontanée de jeunes révoltés qui se donnerait rdv par transmission de pensée qui attaqueraient les forces de l ordre de façon militaire mais totalement par hasard....
    pouquoi ne cherche t on pas plus à les empêcher de nuire avant que ça dégénère ?????

    Bron l insoumise Le 4 mai à 15:49
  •  
  • Justement, il me semble que se faire taper dessus en "faux martyr" sans avoir rien fait d’assimilé violent par le commun des mortels (violences physiques, jet d’objets, ext) ça joue beaucoup plus sur l’opinion de nos potentiels allié-e-s qui pour l’instant n’osent pas rejoindre le mouvement que ce soit pour faire la grève ou la manif.
    Effectivement l’avis des dominants on s’en fous, mais nos camarades, faut qu’ils commencent à avoir marre de voir tout type de gens se faire casser la gueule sans excuses des dominants (soit les casseurs) et faut que cette colère ils aillent l’exprimer en rejoignant le mouvement.
    Faut pas oublier que les CRS sans ordres, ils savent pas quoi faire, ils flippent dans leurs combinaisons de robocops ! On peut aussi simplement les déstabiliser comme ça.
    Ensuite l’infiltration de la part des flics qui sème la désorganisation et amènent aux tensions, bah à mon avis faut pas les laisser profiter de la présence de ces milis ! Je trouve un peu simpliste leurs "positionnement politique", effectivement plus proche de la rage adolescente mal digéré que vraiment politisé, bien documenté, c’est pas comme si des gens avaient jamais écrit sur la guérilla, les modes de résistance en temps de dictature ext...
    Par exemple un des moyens pour fatiguer et stresser les forces de police, c’est faire des fausses alertes à colis piégés, de départs d’incendies, ext ext et là oui effectivement ça va les user moralement. Sans pour autant profiter de la manif pour faire ces actions, moi je trouve ça lâche de casser des devantures de symboles capitalistes systématiquement lors des manif, pourquoi pas en dehors de ces moments ? Justement un des arguments de ces MILIS c’est de les fatiguer : fatiguez les quand ils ne sont pas censé être mobilisés et déjà sur place ! Vous voulez foutre le bordel, vous n’avez pas besoin des manifs !
    J’avoue par ailleurs que j’entends leurs arguments mais je trouve leurs modes d’actions lâches, comme si ça n’avait plus aucune porté en dehors des temps de mobilisations du mouvement social ? Comme si il fallait impérativement être couvert par la masse pour agir selon leurs convictions ? Pour des actions que je trouve personnellement complètement virilistes, je trouve leurs applications totalement lâches.
    Je pense aussi que malheureusement, c’est quand même en terme d’image plus cool de jouer aux apprentis guérilleros lors des manif que de mener des opérations de micro sabotages (oui casser des devantures, politisé ou pas, n’importe quel crétins peut s’y mettre et au vu des conséquences... incompréhension surtout) de manières anonymes. Mais on vit dans une société du spectacle, il ne faut pas l’oublier, c’est la guerre des images et en fait on a beau cracher sur les médias il y a encore trop de gens qui leurs donnes toujours du crédit.

    Hébé Le 4 mai à 15:58
  •  
  • La grève générale et le blocage coordonné de l’économie est la "violence" la plus efficace pour faire tomber le système (et avec lui L’État policier). Toutes nos actions (dans les entreprises, dans les syndicats, dans les partis, dans les collectifs, dans les manifs, dans les nuits debout et partout) doivent être tournées vers ce seul objectif : entraîner un.e à un.e les salarié.es du public et du privé dans la grève générale reconductible contre la loi travail et son monde, jusqu’à épuisement total de nos aspirations...
    Et cela commence par la conscience de classe et la connaissance du système capitaliste et de ses ravages, et par l’esquisse d’alternatives anticapitalistes.
    Agitate, educate, organize !

    Un.e salarié.e Le 6 mai à 01:08
  •  
  • Bon beh voila... je passais, je repasse par là

    Je ne connaissais pas (regards), j’apprécie, mais je trouve qu’il y a un peu trop de références soi-disant historiques, de formules et de postures, de vocabulaire spécialisé militant, qui me rappellent trop les mauvais moments du gauchisme de la fin des années 70.

    La question violence/non-violence, ou comme il a été dit offensif/inoffensif (quoique inoffensif ne soit pas l’exact contraire de offensif : on peut être entre les deux), c’est la tarte à la crème habituelle.

    Bien sur la question se pose, mais en général on arrive toujours au même résultat. Normalement non violent mais on ne refuse pas la violence lorsqu’elle est nécessaire.

    La seule question ici c’est de savoir si la violence est nécessaire à l’heure actuelle, avec un ’rapport de force’ complètement défavorable (je ne pense pas que ces quelques dizaines d’excités aient amélioré notre capacité de nuisance envers le système capitaliste).

    Je rejoins l’avis de ceux qui estiment que ces confrontations ne sont qu’une manifestation de l’égocentrisme de personnes qui au fond ont envie de se mettre en valeur en faisant déborder leur adrénaline, même s’ils essaient de s’auto-justifier par un charabia un peu incompréhensible.

    Et c’est concrètement contre productif ; en tout cas ça ne donne pas envie (surtout pas d’avoir à gérer ce genre de comportement).

    De plus, imaginer que c’est ainsi qu’on va permettre aux ’jeunes des cités’ de rejoindre le mouvement, cela dénote une idée assez déconcertante de ce qu’est le peuple.

    Jean-Francis Le 7 mai à 23:38
  •  
  • Je suis atterrée.. Je tombe sur vos commentaires par hasard...A part Jean Francis que je trouve censé, j’ai du mal à suivre. Je suis une femme flic de soixante ans. On traite les flics d’assassins. Combien de blessés graves chez les manifestants alors que les attaques sont extrêmement violentes ? Vous savez combien de personnes un flic peut sauver dans une carrière ? Il y a parfois, malheureusement, des drames. C’est le risque quand on décide d’affronter les forces de l’ordre. Franchement vous nous faites chier. La révolution ne se fera pas au 21 e siècle comme au 18 ou 19e siècle. Elle se fera par l’immagination, la créativité. Pas avec des cocktails Molotovs.. Les flics font partie de la société et ils la protègent, quoiqu’on en dise. Je vais manifester le 18 mai contre la haine anti-flics. On sera nombreux ...et non violents.

    Gautier Le 15 mai à 01:18
       
    • « Les flics font partie de la société et ils la protègent, quoiqu’on en dise. »

      Il ne suffit pas de dire « quoi qu’on en dise » sur un ton catégorique pour que votre propos devienne vrai. Les flics protègent l’ordre établi, et non pas "la société" d’une manière faussement neutre.

      « Franchement vous nous faites chier. La révolution ne se fera pas au 21 e siècle comme au 18 ou 19e siècle. Elle se fera par l’immagination, la créativité. Pas avec des cocktails Molotovs. »

      Là aussi c’est bien gentil d’asséner ce genre de propos convenus, mais sous ses apparences "raisonnables", vous désirez seulement que les révoltés restent inoffensifs. Moi aussi je suis à fond pour "l’imagination et la créativité" hein, mais pour défendre les acquis des luttes passées ou en conquérir de nouveaux − et plus si affinités − c’est également dans la rue et les usines que ça se passera.

      Yvain Le 16 mai à 19:24
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  • Affirmer que "tout le monde déteste la police" constitue une contre vérité d’évidence.
    Mais sans doute pour une bonne partie de ceux qui scandent ce slogan, ceux qui ne sont pas de cet avis ne font pas partie du monde, et on ne doit pas tenir compte de leur avis.
    Curieuse conception de la démocratie, qui en réalité fait peur.
    Anarchistes et autonomes ne se contentent pas de dénoncer les violences policières, ils contestent l’existence même de l’institution police.
    Comme si une société pouvait exister sans police. Les américains ont mis en pratique en Irak après l’invasion pendant quelques semaines : on pouvait tuer son voisin en toute impunité.
    Si on supprime la police, c’est soit pour la remplacer par des milices privées (c’est déjà un peu en oeuvre la sécurité est déjà confiée à des boites privées dans un tas de domaines) , soit on rêve à une société de bisounours ou tout le monde serait beau, tout le monde serait gentil.
    Un monde parfait quoi, ni réalisable, ni même souhaitable.

    Daniohannis Le 20 mai à 16:09
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  • Toujours la même", querelle", de trois générations ;déjà vu,et, pas à la télé ;quel ennui(le’Sorel du socialisme révolutionnaire du 900(qui a porté le fascisme de Mussolini en," italie) ou le’ pacifisme "gandhien- Thoreau écologie sociale de murray BOOTCHEEN ??akim Bey de la T A Z (Temporary Autonomous Zones’theory ??????? ;ouf !!!!la même ""sauce "",de tous les" temps"des ,"passions tristes" !One solution ? :"""Désobeissance citoyenne:non -violente !! alternative de vie ! autogestion,’socio /cratie ,""liquide-démocratie", ! à venir,ou, en" construction"" ! r/évolution- ""moléculaire" pas" molaire",:pour le moment ! car n est pas le temps de l événement !la force", marche", tranquille pour l avenir !réfondation !désobéissance citoyenne !de masses ""critiques""" !!!stop à la " stérile" violence ,improductive,"d houligans !qui porte au fn,ou du pire", réactionnaire",facho répressif !! au pouvoir ! et blablabla ; !!!bye bye :bon divertissement ;les jeunes de" Dostojesky""" !!Paix ! fraternité :éga liberté !saluts les terriens :un vulcanian extraterrestre:bon courage !{}créer est résister !{{}}r/éxister c’est créer ???

    dandy-free-komm Le 22 mai à 22:21
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  • Quand on est petit on imagine le policier ou le gendarme défenseur de la veuve et l’orphelin, protégeant les "gentils" et mettant hors d’état de nuire les "méchants".

    En grandissant on comprend que policiers et gendarmes ne protègent que les interêts des bourreaux du peuple en haut et souvent les délinquants, et tapent sur l’honnête citoyen (surtout s’il ouvre sa gueule sur les magouilles, les injustices des hauts placés ou un système corrompu et assassin.

    Lorsque j’ai été agressé gravement (par un voisin bien connu des services de police et de gendarmerie), quand les passants ont appelés la police et la gendarmerie, certains se sont vu raccrocher au nez parce que la police et la gendarmerie s’en fichaient c’était selon eux pas grave d’avoir des cotes cassées, le nez éclaté et quelques dents en moins....et d’autres témoins au téléphone on leur a dit que la victime devrait aller porter plainte mais plus tard 3 ou 4 jours après pas avant..et un seul a réussi à avoir un "ouai on enverra une équipe" (équipe venue certes mais 3h après les faits et la trentaine de coups au sol....).

    Ma plainte n’a mené à rien du tout, le mec consomme toujours sa drogue, fait ses petits trafiques (là encore les riverains s’en plaignent mais la police ne fait RIEN !!), pire ces braves agents de la force publique m’ont mis en garde sur le fait de ne rien faire contre l’agresseur sous peine d’etre lourdement poursuivit !!!!
    Quelques temps plus tard je me fais arrêter sans ceinture entre mon domicile et la déchetterie situé à 3km, erreur de ma part certes... là étrangement j’ai eu droit à un contrôle sur le champ, vérification des papiers du véhicule et d’identité, contrôle autour et dans le véhicule, amende et retrait de 3 points.

    Moralité en France il vaut mieux etre maghrébin trafiquant de drogue avec un casier en tabassant d’honnêtes citoyens, plutôt que conduire 3km sans ceinture (qui ne met en danger que sa propre vie...).

    Idem pour les CRS qui laissent certains casser et bruler, pendant qu’ils tabassent les retraités français qui manifestent pour leurs retraites ou les étudiants qui manifestent par refus d’être toujours plus englouti dans l’esclavage.

    Aujourd’hui je déteste la police et la gendarmerie autant que les procureurs, et juges tordus et vendus, tous ces gens sont les toutous, les chiens des esclavagistes et dictateurs modernes.

    Avant j’aurais défendu un flic ou un procureur tabassé ou brulé dans la rue, aujourd’hui je bougerais JAMAIS le petit doigt, il se peut même que je m’approche en lui disant à l’oreille : On a parfois ce que l’on sème, aujourd’hui c’est ton tour...tu iras porter plainte la semaine prochaine, puis c’est pas bien grave de perdre son sang ou de cramer dans sa bagnole de fonction ^^

    A cela pourrait même s’ajouter une petite aide à l’agresseur, après tout nous sommes tout deux citoyens et victimes, alors on peut bien se serrer les coudes contre la vermine esclavagiste et/ou chiens de garde de ceux-ci.

    Je suis très heureux de voir à quel point la nouvelle génération est lucide sur la réalité de notre "démocratie", "République".

    A ceux qui sont encore naïfs et critiquent la violence contre l’Etat et la police, à force de piétiner le peuple, de matraquer de jeunes filles portant des fleurs, des étudiants ou vieillards sans aucune agressivité ni arme, à force d’assassiner des écologistes ou altermondialistes, ou emprisonner des victimes en situation de légitime défense contre des agresseurs multi-récidivistes qui devraient etre pendus ou en prison EUX, faut pas s’étonner si ils ont un retour de batôn et qu’une partie du peuple leur dit :STOP !!! Nous refusons la situation et nous nous battrons pour cela !

    Et voir des délinquants dans le football en équipe nationale, à l’assemblée nationale, dans divers ministères, à la présidence de la République...n’améliore pas la situation.

    Citoyen Le 31 mai à 10:51
       
    • Faudrait savoir, d’un côté vous vous plaignez des « CRS qui laissent certains casser et bruler », et d’un autre côté vous dites « faut pas s’étonner si ils ont un retour de batôn et qu’une partie du peuple leur dit STOP ».

      Vous pouvez retourner peaufiner votre analyse de la situation et gagner en cohérence. Et vous délester de vos remarques racistes sur le fait d’être maghrébin ou non. Ce qui vous est arrivé semble révoltant, mais l’objet de l’article est une analyse du maintien de l’ordre, et ça vole plus haut que votre "tous pourris !" dépolitisé, quand bien même je suis d’accord avec plusieurs de vos propos.

      Yvain Le 31 mai à 16:32
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