ministère de la Culture
Accueil > Culture | Par Marie Chablis | 5 novembre 2014

Fleur Pellerin achève le ministère de la Culture à coups d’algorithmes

Quand il s’agit de citer Modiano, Fleur Pellerin regarde ses pieds. Mais s’il faut expliquer les « algorithmes de recommandation de contenus », elle est très claire ! Décryptage des concepts sidérants que la ministre utilise devant les professionnels du cinéma.

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Les rencontres cinématographiques de Dijon se tenaient du 16 au 18 octobre dernier. L’occasion était belle pour Fleur Pellerin de prendre la parole dans ce milieu qui attend au tournant notre spécialiste du numérique. Le discours qu’elle a porté n’est pas retrouvable sur le site du ministère de la Culture. Pour une bonne raison : elle ne l’a pas lu, ou très peu.

À l’aise devant un parterre de réalisateurs et de producteurs de cinéma, Fleur Pellerin oublie sa copie et exprime sa pensée, sa vision, ce qui l’anime… Et là, stupéfaction ! Vingt minutes de discours économique. C‘est l’existence d’un ministère de la Culture qui implose. Une vidéo de son intervention est en ligne ici (à partir de 2h20).

Ceci n’est pas un film, ceci est « un contenu techniquement facile à produire »

En levant la tête du pupitre placé devant elle, Fleur Pellerin oublie que la culture repose sur des œuvres et que ces œuvres sont crée par des artistes. Un oubli simple et efficace. Les mots « cinéma », « film », « documentaire », « auteur », « réalisateur » s’effacent peu à peu dans le discours de la ministre. Elle préfère parler de « contenu techniquement facile à produire. » Elle n’évoque pas un seul instant la difficulté pour un réalisateur de créer un langage cinématographique propre, de réinventer pour chaque film les conditions de production et de diffusion, et d’espérer une rencontre profonde avec un public. Tout cela n’existe pas puisque c’est « techniquement facile à produire ». Le réalisateur Alain Cavalier sort en ce moment le film Le Paradis. Il appréciera que toute la virtuosité artistique qu’il développe soit finalement « techniquement facile » et que son film soit en fait un « contenu ».

La situation est, nous dit-elle, est « paradoxale », parce que ces contenus subissent une « perte de valeur est liée à la déformation de la chaîne de valeur ». Traduction : la valeur d’une œuvre, par exemple la beauté fragile du film d’Alain Cavalier, elle n’en a rien à faire. Elle constate juste que si le contenu Le Paradis se retrouve sur internet, Alain Cavalier ne touchera rien ou très peu. À aucun moment, elle ne mentionne l’idée avancée, depuis longtemps et par beaucoup de monde, d’une contribution créative qui permettrait à la fois de partager les œuvres et de rémunérer les auteurs. Cette idée a pourtant été défendue par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale en 2009, ainsi que par François Hollande pendant sa campagne.

Notre nouvelle ministre ne semble pas imaginer un seul instant que les œuvres (pardon les contenus) puissent être « hors marchés », ce qui est le propre de toute démarche artistique sincère et le fondement de l’exception culturelle française. Pour Fleur Pellerin, il ne s’agit donc plus que de « réguler » le marché des contenus pour les rendre « vertueux ». Drôle de manière de penser une mission de service public.

« La ressource rare, ce n’est plus les contenus culturels, c’est l’attention des gens »

Alain Cavalier n’a pas non plus produit un film subtil, singulier qu’il faut absolument aller voir avant qu’il ne disparaisse. Il a produit un contenu susceptible de retenir « l’attention des gens ». Cette phrase sonne le glas d’un soutien public pour la création puisqu’elle annule l’idée même de création. Le cinéaste a maintenant pour fonction d’arrêter le consommateur pris dans le flux de circulation de l’information. Fleur Pellerin est fière (« et ce n’est pas pour me vanter », insiste-t-elle), de travailler avec Jean Tirole, notre nouveau prix Nobel d’économie, sur la notion « d’économie de l’attention ». Un concept dangereux déjà emprunté par Patrick Le Lay, PDG de TF1, en 2004 avec « le temps de cerveau humain disponible » à vendre à Coca-Cola. Ce qui était choquant de la part d’un grand patron de l’audiovisuel français, il y a dix ans, ne nous fait même plus sourciller aujourd’hui. Nous sommes sans doute noyés dans le flux d’inepties émises quotidiennement par le gouvernement et notre temps de cerveau disponible ne peut plus être alerte.

Les œuvres sont rares et c’est ce qui en fait toute la force. Très peu de créateurs sont à même de détecter des signaux que nous envoie notre société. Une poignée d’entre eux est capable d’explorer un langage artistique qui épouse leur ressenti. Certains arrivent à nous émouvoir. Le travail des artistes, dans une démocratie culturelle qui fonctionne, ne sera jamais, comme elle ose leur demander, de « produire de la fiction qui réponde aux normes et aux standards qu’attendent les téléspectateurs ».

« Les algorithmes de recommandation » aident « les consommateurs à faire le tri »

Ce qui est clair, c’est que Fleur Pellerin est cohérente, mais à aucun moment, elle n’est ministre de la Culture. Elle est devenue la patronne des « très grandes marques d’entreprises de médias que sont Orange, Canal+ ou Free ». Les chaînes de radio ou de télévision du service public français ne sont pas évoquées dans son discours.

Fleur Pellerin souhaite « l’émergence d’offres fortes facilement identifiables par le public » et « que les algorithmes de recommandation aident les consommateurs à faire le tri ». Traduction : pour se frayer un chemin dans la grande nébuleuse numérique, le consommateur se laisse manipuler par des moteurs de recherches. Notre ministre sacrifie un pilier entier de la politique culturelle et de la démocratie : la médiation culturelle. Les algorithmes de recommandation sont maintenant les tenants de l’accès à la culture pour tous. Fleur Pellerin apporte tout de même une nuance en demandant que « des catalogues ergonomiques de niches » soient inventés. Sans doute fait elle allusion à l’endroit où pourrait être remisé Le Paradis d’Alain Cavalier.

Après tout, à partir du moment où une œuvre devient un contenu, un spectateur un consommateur et un médiateur un algorithme, Alain Cavalier peut bien être considéré comme un chien.

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Vos réactions

  • J’oubliais que le réalisateur était un être pur fait de lumière qui vit dans une grotte retirée et qui sort une fois par an offrir au monde sa crotte en or.
    Ce n’est pas un du tout un entrepreneur qui sait ou fait gérer son budget. Ce n’est pas un chef qui dirige une équipe de techniciens. Il n’y a d’ailleurs dans les métiers du cinéma que des artistes, pas d’artisans. Pas du tout. Ah ! Restons sur nos clichés retrogrades et prenons l’ART comme une forteresse indéfendable, incompréhensible, si loin de notre monde à nous pauvres mortels.

    Ou alors le réalisateur, le technicien, l’artiste, le créateur est capable de réflexion et de jugement. Il accepte le fait que le Ministère de la Culture n’est pas là pour ses beaux yeux à lui, que le Ministère de la Culture est là pour s’assurer que cette exception française que l’on aime tant dans ce pays soit toujours d’actualité. Cette exception française qui, quand on décortique son sens est une protection de marché, une niche commerciale qui permet à des créatifs de ne pas subir de concurrence étrangère. Un marché nationalisé qui doit fonctionner en vase clos, sinon tout s’effondre.

    Je n’arrive pas à comprendre ce que vous reprochez à Madame Pellerin dans l’affaire. Que vous ne compreniez pas ce qu’elle dit, passe encore, mais à mon humble avis, vous faites preuve de mauvaise foi. Ou alors vous refusez ce qu’elle dit, et là, je ne comprends pas.

    Le créateur pour que son oeuvre soit perçue doit pouvoir toucher, trouver son public. Jusque là, ça va ? Aujourd’hui, trouver son public ne se passe pas dans Télérama mais sur Internet. Voulez vous vraiment laisser la toute puissance aux moteurs américains ? Vous ne voulez vraiment pas que l’accès à la culture par le net soit une priorité au ministère ? Vous voulez à tout prix que la culture demeure une niche pour les "happy few", les "sachants", les "privilégiés" ? C’est votre droit, et c’est ce que j’ai compris de votre tribune. Avec du gloubiboulga sur la fin de la démocratie (je me gausse tellement que j’ai envie de dire : lol)

    Le monde d’aujourd’hui est un monde de l’information, un monde qui ne peut plus rester en retard. Si on rate ENCORE des trains, on passera ENCORE pour des guignolos. Comme à l’époque d’Hadopi. Moi, j’ai bien pigé Fleur Pellerin. Je suis contente de l’avoir pour ministre. Parce que ouais. Pour un Alain Cavalier combien de nous autres, tâcherons de l’ombre ? Petits scarabées invisibles qui fabriquons de la culture française tous les jours ?
    J’ai vraiment pas pigé votre tribune.

    Bisous

    Siam Le 6 novembre 2014 à 19:15
       
    • Moi aussi je suis heureux d’avoir Fleur Pellerin comme ministre, car ainsi nous n’aurons plus aucun problème de culture puisqu’elle sera entièrement remplacée par le pur mainstream consumériste et ainsi plus jamais je n’aurai de complexe ou d’inquiétude métaphysique provoquée par l’art. C’est ça le plus important pour un sinistre de la culture de gauche.

      Luc Le 7 novembre 2014 à 01:02
    •  
    • siam n’a vraiment pas pigé votre tribune 8 :)

      creff Le 7 novembre 2014 à 11:20
    •  
    • m’enfin, qu’attendez vous d’un "ministère de la culture" exactement ? Vous savez à quoi il sert dans les faits ? Vous pouvez m’éclairer, car oui, je ne comprends pas.

      Siam Le 7 novembre 2014 à 11:24
    •  
    • au sens le plus strict du mot culture, siam a sans doute raison 8 :(
      mais pourquoi ai-je tjrs tendance à confondre art et culture ? merci siam

      creff Le 7 novembre 2014 à 14:58
    •  
    • Le ministére de la ’Cul ture ’ ??? Puis je vous conseiller de visionner entre autre ce support vidéo ? :)
      Franck Lepage
      Inculture...
      Le lien est évidement refusé par le site ( donc aucun partage de données possible , aucune liberté d’expression donc faire recherche sur Google avec ces mots clefs merci :).

      Inculture(s) 1 : La culture - Franck Lepage - Scop Le Pave - Conférence gesticulée

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      Réléchir Le 8 novembre 2014 à 01:12
    •  
    • big up ! (Attention ! votre message doit contenir au moins dix caractères.)

      didier hubert Le 8 novembre 2014 à 19:08
    •  
    • Siam, à l’évidence vous ne cimprenez strictement rien, non-seulement à l’article mais, pire encore, aux propos de la ministre... Vous ne comprenez pas que ce qui est le but inavoué de son ministrat, c’est la disparition pure et simple de "l’exception culturelle" par des artifices tels « l’émergence d’offres fortes facilement identifiables par le public » et « que les algorithmes de recommandation aident les consommateurs à faire le tri »... En gros, faire du blickbuster à l’américaine et faire du 7ème Art un produit comme un autre, géré par les multinationales de l’indigence culturelle !

      Syl Le 9 novembre 2014 à 03:54
  •  
  • Madame, il semble que votre texte - qui tiens plus du billet d’humeur que de l’analyse - soit entaché d’une vision d’arrière garde de ce que doit être la culture aujourd’hui. Il est indéniable que les défenseurs de la création en France sont légion, indéniable également que les talents sont nombreux, que les analyses, les discours autours de la création, sa place, sa valeur sociale et son importance s’étalent à travers les chères pages de nos journaux préférés. En revanche, il est une question rarement débattue, c’est celle de l’économie de la culture. Elle se résume en ce point : la culture doit être soutenue par les dispositifs de l’état, toute démarche commerciale est perfide car potentiellement dangereuse pour l’artiste. Alors bon, tout d’abord, le titre du débat dont les propos de Fleur Pellerin ont été tiré est : "Quelle régulation peut encore enrayer la dépréciation du cinéma et de la culture ?". Il est donc normal que Mdme Pellerin focalise son attention sur la partie économique. Par ailleurs, il semble que les acteurs présents à l’occasion de ce débat sont en accord - sur le fond au moins - avec le point de la Ministre.
    Votre démarche est dangereuse à double titre : 1 - Elle conforte la vision de l’artiste affamé qui ne tient son salut qu’à la générosité du système mis en place par un Etat providence issu des années 40. 2 - Elle sous-entends que la culture est irréconciliable avec les masses (qui par définition consomme en masse), qu’elle est déconnectée de l’économie (or l’ensemble des acteurs de ce secteur contribue à l’économie de ce pays) qu’elle ne peut rechercher le profit sous peine d’être moralement corrompue (il faut payer les différents acteurs, pas de raison de se pencher sur flux économiques liés à la culture).
    Mdme Pellerin l’explique tout à fait correctement dans son allocution, pour que la culture vive (au sens alimentaire du terme) il faut que ses acteurs soient payés, et bien payés, ce qui suppose que l’on se penche plus que jamais sur la structure de marché du culturel en France et à l’étranger, les nouveaux usages, les mutations en cours, sans plus avoir ce regard passéiste et conservateur qui est le votre.
    La culture ne dois pas se compromettre, mais il suffit qu’elle soit prise en otage par quelques idéalistes forcenés qui ne pense qu’à la beauté du geste et jamais à son coût. Pour finir, une anecdote, puisque c’est la meilleure façon de raconter les histoires. En 2009, je vivais à New York, un ami photojournaliste comme moi, primé, publié par le New York Times, Time Magazine et des dizaines d’autres prestigieuses parutions, a du repartir vivre chez ses parents et travailler dans la boucherie familiale. La raison ? Personne dans l’industrie photo (inclus les médias) n’avaient prévu que les revenus tirés de la pub allaient s’effondrer. Personne ne s’était penché sur le "comment gagner sa vie", le "comment le marché se comporte". Tout le monde était focalisé sur "l’éthique du photojournalisme" tout comme vous le faites dans votre papier. Résultat, nous avons perdu un (des) photographe (s) de talent et gagné un boucher (métier noble qui sait par ailleurs q’un euro est un euro). Continuez sur cette voie, vous faites le lit des mauvais jours qui nous attendent.

    Gerald Holubowicz Le 7 novembre 2014 à 12:10
       
    • merci merci merci (mon message doit contenir au moins dix caractères)

      didier hubert Le 8 novembre 2014 à 19:06
    •  
    • Enfin un texte clair et pertinent.
      Merci
      René Boucher

      Boucher René Le 9 novembre 2014 à 00:28
    •  
    • Merci j’en pouvais plus de tous ces commentaires réactionnaires

      Babgi Le 14 mai 2015 à 20:06
  •  
  • " Je n’arrive pas à comprendre ce que vous reprochez à Madame Pellerin dans l’affaire. Que vous ne compreniez pas ce qu’elle dit, passe encore " Non mais... et puis quoi encore ? on doit décoder son discours ? On dirait qu’elle vient donner une leçon d’économie à des élèves ! Elle est au service de la culture... chose qu’elle semble oublier !

    99% Le 7 novembre 2014 à 12:33
  •  
  • Bien que je sois évidemment reconnaissant de ce que l’article invoque mes propositions de contribution créative, je ne ne souscris pas à certaines des critiques que vous formulez, par exemple contre le fait de souligner l’abondance des œuvres ("Les œuvres sont rares et c’est ce qui en fait toute la force"), et la rareté de l’attention disponible pour les revevoir. Les œuvres sont singulières mais il peut y avoir beaucoup de singularités, et de se demander lesquelles trouveront ou non un public et des moyens d’existence est légitime. Ce qu’on peut reprocher à Fleur Pellerin, c’est son économisme (partagé avec tout son gouvernement), le fait qu’elle reste dans une vision de consommateurs "qu’il faut guider" par des offres fortes et de la prescription bien de chez nous. Ou sur son ignorance de la valeur du partage (même non autorisé) comme mécanisme de recommandation sociétale. Mais il ne faut jeter le début de diagnostic correct avec les solutions proposées.

    Philippe Aigrain Le 7 novembre 2014 à 16:18
  •  
  • « Notre nouvelle ministre ne semble pas imaginer un seul instant que les œuvres (pardon les contenus) puissent être « hors marchés », ce qui est le propre de toute démarche artistique sincère et le fondement de l’exception culturelle française. » Heu... Il y aurait donc eu dans l’histoire de l’art, à quelque époque que ce soit, des créateurs ne souhaitant pas rencontrer leur public, vivre de leur art, et pouvoir ainsi continuer à créer ?

    Qu’ils ne soient pas disposés, pour cela, à des compromis artistiques ou à renoncer à leurs exigences propres ; qu’ils souhaitent créer comme ils l’entendent, à rebours des tendances (il y en a toujours eu) et des académismes (tout autant) ; tout ceci n’indique pas que le "Créateur", l’"Artiste", doivent se résoudre à ne voir aucune "valeur" dans son œuvre propre, fusse-t-elle, aussi, marchande — et non uniquement pour la beauté du geste, seulement "artistique.

    En outre, la Ministre ne parle pas de l’œuvre en elle-même, mais de sa "diffusion", et de sa "distribution", et de la manière de conserver "un lien" (fusse-t-il financier) avec son créateur une fois "évaporée" dans des canaux numériques que personne ne parvient — et c’est heureux — à pleinement maitriser. Elle n’évoque nullement le processus créatif, et elle ne conçoit pas son rôle comme celui de "produire" un nouvel académisme.

    Quand à penser que la "médiation", qui existe depuis toujours sous divers vocables (mécènes, galeristes, éditeurs, producteurs, etc.), se réduit à des conseillers, critiques ou guides-conférenciers, c’est faire bien peu de cas des "diffuseurs" qui chacun, à leur niveau, permettent aux œuvres de rayonner. Les "diffuseurs", les "canaux de diffusion", sont eux aussi des éléments de la médiation.

    Dans un abondance d’offres, comme jamais, d’accès à la création, à la production culturelle sous toutes ses formes, la question de la visibilité (les "algorithmes") est cruciale. Tout comme dans une librairie, le choix du libraire de mettre tel ou tel ouvrage en vitrine (best seller ou coup de cœur confidentiel) engage souvent la pérennité de son officine.

    Refuser de ce poser ces questions, d’envisager la "Culture" sous cet angle, ce serait, pour un(e) Ministre, manquer à ses devoirs — et enfermer la création dans un système public subventionné (ronronnant ?), qui endors la création, davantage qu’elle ne la stimule, par nivellement, pour la contrôler et l’étrangler.

    La Culture et la Création ont toujours existé, avec ou sans Ministre, et continueront d’exister quel que soit le système établi. La question demeure : quelle visibilité peut-on garantir à ces créations — qu’on les nomme œuvre, contenu, "tas de feuilles sèches" ou "littérature" ?

    Tetupa Le 7 novembre 2014 à 22:31
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  • Le ministére de la ’Cul ture ’ ??? Puis je vous conseiller de visionner entre autre ce support vidéo ? :)
    Franck Lepage
    Inculture...
    Le lien est évidement refusé par le site ( donc aucun partage de données possible , aucune liberté d’expression donc faire recherche sur Google avec ces mots clefs merci :).

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    Réléchir Le 8 novembre 2014 à 01:19
  •  
  • Il me semble que ce billet est mal compris par certains. A aucun moment je n’ai le sentiment de lire la défense d’une vision passéiste de la culture, mais bien un rappel (une défense face aux propos de Pellerin) du danger à considérer principalement et premièrement la création artistique par le prisme de l’audience considérée comme "consommante".

    Que l’oeuvre devienne produit ou contenu induit une logique purement économique, un prisme fatalement mercantile. C’est une remise en cause de la nécessité impérieuse de préserver la création artistique de la logique de marché.

    Il ne s’agit donc pas ici de nier que tout artiste cherche à avoir un public, mais de dire le danger de faire de cette recherche une question de publicité ou de referencement sur l’Internet.
    C’est le contenu, pour reprendre le terme, qui doit amener le public et non l’audimat qui doit dicter l’audimat. Sinon, tout élément un tant soit peu rugueux, complexe, choquant (positivement comme négativement) sera peu à peu éliminé ou cantonné dans ces "niches", ce qui revient au même.

    En art, on considère la surprise, l’étonnement comme des possibles. De "petits" films aux budgets élimés ont rencontré des succès publics impensés, cela parce qu’ils ont eu la chance de pouvoir exister, d’être montrés plus qu’un semaine sur grand écran.

    Enfin, Fleur Pellerin, quand elle parle de "contenu" devant correspondre aux "standards et normes" attendues du public (outre la nausée qu’elle provoque chez tout cinéphile qui, justement et légitimement, fuit la norme car il la sait l’ennemie de la création), oublie que si l’on avait suivi sa logique, nombre d’innovations techniques et technologiques du cinéma n’auraient simplement pas eu lieu. La norme et le standard ne seront jamais des moteurs d’innovation, ils ne font qu’inciter à des variations fades d’un même modèle. C’est le rôti du dimanche, la valeur sûre...

    Car, enfin, le cinéma, comme la musique sont les rares "industries à produire des biens que les consommateurs veulent", en langue pellerine, c’est-à-dire que l’art faisant fondamentalement partie de l’expression humaine, l’humain le cherche.
    La preuve en est simple : la seule question du piratage y suffit. Si tant de contenus se retrouvent en libre accès sur la toile, c’est bien parce qu’il y a des gens pourles partager et d’autres pour les réclamer.
    Ainsi, plutôt que de parler adéquation des contenus au regard des normes et standards, on attendrait d’une Ministre de la Culture qu’elle évoque les logiques contributives et la question de la licence universelle, afin de permettre à la création de continuer à s’affirmer face à la mercantilisation ambiante.

    Cinéphile Le 8 novembre 2014 à 12:53
  •  
  • Pitié avec Modiano ! Je ne l’ai jamais lu mais j’ai lu tout tout Ellroy plusieurs fois, ça vaut, non !

    didier hubert Le 8 novembre 2014 à 19:11
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  • Ce qui est arrivé à l’art contemporain avec le développement des factories et l’émergence d’un marché de l’art hyper-spéculatif semble s’étendre à toute la culture.

    François Le 9 novembre 2014 à 09:30
  •  
  • Après Filipetti, la trotskyste qui passe ses vacances à l’ïle Maurice et qui déteste l’art, la musique, les musées et le patrimoine parce que c’est bourgeois, on a Fleur Pellerin, un Hologramme.

    david Le 9 novembre 2014 à 15:47
       
    • absolument d’accord ! suite logique :
      un Ministère de la Culture et de la Propagande Numérique qui triera - via gros algorythmes évaluateurs ( cf centre Toyota made in pays du Tiers monde)
      selon 2 catégories :

      1. art et artistes faisant le maximum de fric au CAC 40
      2. art et artistes comment déjà ? ah oui ... "dégénérés" ...
      qui font des trucs bizarres que personne ne va voir ou écouter genre Schoenberg, Kandinsky, Egon Schiele, Kurt Weil tout ça ...

      allez, on se ferait bien un petit autodafé en v.o.? juste pour mémoire ? Berlin by night ? ...

      philae Le 17 novembre 2014 à 16:25
  •  
  • Il n’empêche que la notion d’exception culturelle française fleur bon le "patriotisme" recroquevillé sur lui même, le protectionnisme gan gnan et le privilège qui ne dit pas son nom. Non à une vision franco française de la culture !

    Vincent Le 19 novembre 2014 à 08:16
  •  
  • Ma ministre de la culture démontre une fois de plus qu’elle n’est pas à sa place. Elle ne fait rien, sauf la gestion du numérique culturel… une potiche… certes une belle potiche (pour certains), mais une potiche.

    Designer graphique j’étais enthousiaste de l’action d’Aurélie Filippetti qui prenait les problèmes des designers graphiques (trop longtemps sur la touche) à bras le corps avec une action réactive et rapide… enterrée avec l’arrivée de ma nouvelle ministre.

    Je suis atterré par la médiocrité du point de vue de ma ministre Fleur Pellerin qui tend vers une culture tout économique et sur sa méconnaissance totale et son manque de considération du fragile et délicat processus créatif…

    C’est médiocre et désolant. Je pense que le gouvernement en ces heures graves et dans un contexte où les créateurs sont en première ligne devrait prendre la réelle mesure de l’instant et installe un(e) véritable Ministre de la culture.

    Charlie Le 15 janvier 2015 à 15:17
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  • FLEUR PELLERIN incarne bien la nouvelle generation des dispenseurs de raison economique : on ne pense’plus, on consomme. Meme chose pour le traitement de lactualite : Pellerin admet quon puisse etre critique, mais ne pas depasser la mesure dans la critisue de lislam, comme elle la souligne recemment avant meme quon enterre le dernier mort des attentats de Charlie Hebdo ... Donc on ne dessine plus ce que lon desire, on produit pour etre lisible par le consommateur par exemple musulman. Cest ce quavait aussi demande la sainte eglise a Galilee apres ses decouvertes il y a 500 ans....

    pascal Le 20 janvier 2015 à 07:26
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  • Cet article ne met pas du tout en lumière les problématiques liées au ministère de la Culture, et ne montre rien du tout. Cet article est dans l’idéologie, qui voit en l’art et la culture que l’aspect populaire, que l’aspect romantique (l’artiste qui contre vents et marées est inaccessible, seul, haut perché et dont on ne voit que le génie auquel il ne faut pas toucher). La réalité est tout autre : le rôle du ministère est de protéger les artistes, les créateurs etc. sur la plan juridique, de réfléchir à leur succès et cela passe aussi par la technique, les stragégies et les plans. Que vous ne compreniez pas ces problémaiques c’est une chose et soit, mais que vous critiquez ces mesures sans les comprendre c’en est une autre. Révisez, apprenez, décortiquez, puis ensuite critiquez. Je dis cela sans posture.

    Pierre Le 24 janvier 2015 à 20:45
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