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Accueil > Politique | Par Guillaume Liégard | 4 décembre 2015

François Hollande et Manuel Valls ont-ils inventé la gauche vichyste ?

La gestion actuelle de l’état d’urgence par un exécutif "de gauche" aurait été inimaginable il y a quelques années. Cette dérive assumée profite au FN et confirme la nécessité de reconstruire la gauche sur ses vraies valeurs.

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Nous vivons des temps troublés, qui pourraient bien constituer le prélude à une reconfiguration d’ensemble de l’espace politique national. Mais peut-être que pour bien appréhender la situation, il faut se livrer à l’expérience de pensée suivante.

Fermez les yeux, transportez-vous quelques années en arrière, et imaginez que des attentats terribles se produisent en France. Imaginez alors que, face à ces événements dramatiques, le pouvoir en place décide de fermer les frontières et annonce qu’il va transgresser la charte des droits de l’homme. Imaginez, aussi, qu’il demande à l’Union européenne d’arrêter de recevoir des réfugiés et qu’il décrète l’état d’urgence. Imaginez maintenant que ce même pouvoir en profite pour mener des perquisitions chez des opposants politiques, qu’il les assigne à résidence, qu’il interdise des manifestations, qu’il demande le signalement des faits de grèves. Imaginez en plus que le gouvernement vous enjoigne à mettre le drapeau français à votre fenêtre et à ne pas vous regrouper.

Alors, pas de doute, vous vous réveillez en sursaut et en sueur et vous vous rendez compte que votre cauchemar est fini, non Marine Le Pen n’est pas présidente de la République et que fort heureusement c’est la "gauche" qui est au pouvoir. Problème, tout cela n’est pas une expérience de pensée mais la réalité de l’automne 2015.

Un état d’urgence plus dur, et qui dure

Exagération que tout cela ? Jeudi 3 décembre, la peu rebelle France Inter se faisait l’écho d’un ministre déclarant sous couvert d’anonymat qu’il ne resterait pas dans « le gouvernement Laval ». Ce n’est pas rien, cela ne vient pas de rien non plus. La presse s’est fait abondamment l’écho de ces militants écologistes et autres zadistes assignés à résidence. Au nom de la lutte contre le djihadisme ? Dans le Loiret, un formulaire de l’éducation nationale « invite instamment les chefs d’établissement à signaler le comportement douteux d’enseignants et de personnels placés sous leur autorité. » Dans la rubrique « atteinte à la sécurité/au climat de l’établissement », précise Libération, il est stipulé que tout acte, tels les « grèves, blocages, manifestations, rassemblements, perturbations » en lien ou non avec « une revendication nationale » et porteur « d’un impact médiatique ou d’une forte connotation politique » doit être signalé.

Dérapages incontrôlés de responsables par trop zélés, nous objectera-t-on. Mais alors que penser de la lettre des autorités française au Conseil de l’Europe sur « sa décision de déroger à la Convention européenne des droits de l’homme » (lire ici). Tout est extraordinaire dans cette lettre. D’abord, et ce n’est pas banal, que le gouvernement, au nom des droits de l’homme, ne va pas respecter les droits de l’homme, et annonce ces intentions liberticides dans le cadre d’une politique d’État. L’autre sujet d’étonnement ou d’inquiétude est qu’une telle possibilité puisse être prévue dans le cadre de la réglementation européenne [1].

Pourtant, pour le tandem de l’exécutif, ce n’est pas encore assez. En une de son édition datée du 3 décembre, Le Monde titrait : "Le plan de l’Élysée pour durcir l’état d’urgence". À cela, il faut ajouter les déclarations de Manuel Valls qui envisage la prolongation de cet état d’urgence, tout juste voté, au-delà du 26 février 2016. Bref, un état d’urgence plus dur et qui dure, tel est l’objectif.

Au service du Front national

Cette évolution est lourde de sens. Sur le terrain économique, la proximité idéologique de la gauche gouvernementale et de la droite libérale était déjà acquise depuis les débuts du quinquennat Hollande, mais la situation demeurait plus différenciée sur les questions sociétales. Les événements récents ont modifié ce dernier aspect. Le Point a ainsi pu titrer : "C’est officiel, il n’y a plus de gauche en France". Loin de s’en réjouir, l’hebdomadaire – pourtant pas vraiment gauchiste – s’en inquiète : « L’évolution idéologique et sécuritaire du gouvernement est telle qu’elle laisse Marine Le Pen et le Front national sans voix. En deux semaines, la gauche au pouvoir s’est emparée de ses thèmes de campagne et de ses chevaux de bataille. Florian Philippot n’en demandait pas tant ».

Il est encore trop tôt pour entrevoir toutes les conséquences de la politique gouvernementale post-attentats. Deux choses apparaissent claires, cependant. La première est que le Front national, déjà à l’offensive, va profiter de ce nouveau climat – et ce ne sont pas les déclarations de Pierre Gattaz, soutenus par le premier ministre, qui vont inverser la tendance, bien au contraire. La seconde est que, plus que jamais, la gauche est à reconstruire. L’état d’urgence et la manière cynique dont le gouvernement utilise celui-ci contre sa gauche constituent des éléments nouveaux qui auront des conséquences sur le degré de rupture avec la direction du PS. Un gouvernement d’union nationale est désormais à l’ordre du jour, même si les institutions de la Ve République ne facilitent pas la tâche.

Est-ce que l’ensemble du Parti socialiste va basculer ou simplement une partie ? C’est tout l’enjeu des mois qui viennent. Quels que soient les désaccords avec cette frange de l’appareil ou de l’électorat socialiste qui n’entend pas passer de l’autre côté du cheval, il n’est pas anodin qu’ils soient le plus nombreux possible. Cela suppose une discussion sans compromis, mais sans gauchisme.

Notes

[1La signature de cette Convention n’est donc, contrairement aux grands équilibres économiques édictées par les traités, qu’un chiffon de papier dont on peut s’affranchir à tout instant. Bien naïvement, on aurait pu penser que la signature apposée par un pays valait engagement… Eh bien non, il faut juste prévenir. Sans doute s’agit-il de l’application du vieux dicton : faute avouée, à moitié pardonnée.

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Vos réactions

  • (...)
    Le versant minoritaire de la Gauche française devrait s’additionner avec le versant majoritaire dès le 1er Tour pour obstruer les droites dures et s’opposer aux dictatures nationalistes européennes qui en découlent ou qui déferlent déjà sur de nombreux pays en Europe. Ceci permettrait de donner à ces Régionaoles2015 une véritable portée proportionnelle et représentative d’une gauche composite et non pas « monopoliste de pouvoir » !
    (...)
    https://laurentgantner.wordpress.com/2015/11/26/regionales-2015/

    laurentgantner Le 4 décembre 2015 à 15:03
  •  
  • Question, faudra-t-il voter au second tour pour la gauche vichyste (c’est joliment trouvé, et tellement juste), pour les héritiers de Guy Mollet et de Jules Moch ? Même s’il convient de mener la discussion sans complaisance et sans gauchisme avec une partie du PS et de ses élus (dans quelle proportion ? Quelqu’un une idée précise sur la question ?), j’avoue qu’en ce qui me concerne, déposer un bulletin PS dans une urne représente un effort surhumain. C’est au-dessus de mes forces dans le contexte actuel, sauf face à un facho c’est entendu.
    A un moment donné, ces gens doivent payer la facture. Qu’ils boivent la tasse dès ce week-end. Cela fait le jeu de la droite ? Pas faux, mais je m’en contrefous.

    kashmir4 Le 4 décembre 2015 à 15:47
       
    • Pourquoi ne pas "suivre" sa liste ? Si elle fait moins de 5% on s’abstient au 2° tour puisqu’elle n’est plus là, si elle fait entre 5 et 10% on la suit (si elle se retire on se retire, si elle fusionne on fusionne), si elle fait plus de 10% on la suit évidemment si elle reste ou si elle fusionne parce qu’il y a le feu au lac.

      Mais c’est tout : parce que les régionales ne sont ni les élections de l’assemblée, ni la présidentielle.
      Pour ces deux dernières par contre...!!!

      icelui Le 4 décembre 2015 à 17:18
    •  
    • Pour ma part, je ne voterai plus JA-MAIS pour ces traîtres, fût ce contre un F-haine ...Ils ne valent pas mieux que le F-haine !

      Martine MICHAUDET Le 4 décembre 2015 à 18:03
    •  
    • La gauche vichiste existait-elle dans les années 40 ?
      http://www.politique.net/2008022603-francois-mitterrand-petainiste.htm

      Breton Français Le 5 décembre 2015 à 16:27
    •  
    • A titre indicatif, il fut une époque où l’extrême droite traitait Raymond Barre de trotskyste. Elle faisait moins de 5%. On s’interroge souvent sur les raisons pour lesquelles l’expérience espagnole ou grecque ne prend pas en France. Pour moi la réponse est dans ce genre de posture. En utilisant des mots pour ce qu’ils ne sont pas, en faisant des comparaisons outrancières. la gauche radicale se décrédibilise toute seule. Dommage, les analyses sont souvent justes. Mais sur la forme .... En bref, je n’irai pas voter demain pour un parti qui met sur le même plan Hollande et Pétain. C’est trop ridicule. Mais bon c’est peut être le but recherché ? Rester entre soi à faire des concours de celui qui est le le plus écolo, le plus gauchiste, bref celui qui a la plus longue.

      Pops Le 5 décembre 2015 à 18:29
  •  
  • C’est pas Déat et Doriot qui l’ont inventé, la gauche vichyste ? J’dis ça, j’dis rien...

    CAubrée Le 4 décembre 2015 à 20:01
  •  
  • Dans tous les cas, ne pas s’abstenir mais voter blanc. Cela a une signification, leur dire que ce qu’ils nous proposent ne nous convient pas. L’abstention ne porte aucun message. L’abstentionniste est confondu avec tous ceux qui s’en foutent et/ou n’ont aucune conscience politique.

    Trin Goldreich Le 5 décembre 2015 à 10:18
       
    • je suis abstentionniste et je suis la a te lire

      gregory Le 7 décembre 2015 à 12:20
  •  
  • @jolijolie
    Facile de dénoncer la vacuité des propos des autres. Les vôtres se rapprochent de l’ignorance, voire de la bêtise crasse.
    Primo, contre les ratonnades, on peut organiser nos propres structures d’autodéfense.
    Secondo, l’état d’urgence ne protégera de rien du tout, ne nous mettra pas à l’abri d’autres attentats parce que la vermine djihadiste n’est pas idiote. L’état d’urgence, pour l’heure, n’a pas pour cible les terroristes. Les faits en témoignent. Les faits, rien que les faits.
    Tertio, pour ma part je ne suis pas un bobo. Je constate simplement que la démocratie la plus élémentaire est en danger et que va traverser une période historique désastreuse sur le plan du droit. Si vous ne comprenez pas ça, c’est que vous vivez dans un autre monde loin des réalités. La définition même du bobo, généralement. Le, ou la, bobo socialiste béate, c’est peut-être bien vous.

    kashmir4 Le 5 décembre 2015 à 11:20
  •  
  • L’état d’exception, dès l’origine, n’était conçu que pour sauver la république en péril, face à la guerre civile. Il fut donc instauré pour une période de six mois. Malheureusement, le chef politique en charge des institutions décida de prolonger l’état d’urgence pour une période de dix ans. Je veux parler de Jules César en 48 avant JC, consultez les livres d’histoire. Comme la seule manière de mettre fin à sa dictature était extra-parlementaire, c’est à dire son assassinat, le dispositif fut abrogé à tout jamais par la république romaine.
    Il est évident que le pouvoir actuel cherche à imposer une nouvelle forme de gestion autoritaire par l’Etat en alliance avec la droite traditionnelle, projet que Valls explique ouvertement, en prenant cyniquement appui sur l’extrême droite contre la gauche syndicale, associative et politique. Hollande et Valls avaient déjà ciblé explicitement leurs adversaires dans des déclarations ces derniers mois : la CGT, le FdG/Mélenchon et cie, les zadistes de Notre Dame des Landes à Sivens, les soutiens des réfugiés ou des Rroms. Valls a même parlé de "l’ennemi intérieur", expression issue d’un discours radiophonique du dictateur fasciste Franco contre les communistes (il ne peut pas ignorer cette histoire espagnole).
    Le gouvernement PS n’est donc en rien "social-libéral", mais antisocial et autoritaire, en ce sens profondément anti-libéral. Il s’agit de le combattre par tous les moyens et d’infliger une défaite historique au PS dès les régionales, même s’il faut ensuite combattre le bloc réactionnaire frontalement. Le temps du jeu tactique et des marchés de dupes est fini, nous sommes au pied du mur.

    luxembourg Le 5 décembre 2015 à 14:53
  •  
  • Quand allez vous cesser d’accoler le mot "gauche" à ces traitres.

    leo solo Le 5 décembre 2015 à 19:17
  •  
  • ’gauche’ est une étiquette,pas un contenu .
    En 1961 De Gaulle a instauré l’état d’urgence suite aux 15000 attentats de l’OAS.
    Cette décision était juste bien que personne ne considère De Gaulle comme de ’gauche’.
    Alors que chacun réfléchisse et juge soi même si aujourd’hui,l’état d’urgence est pétainiste ?

    jolijolie Le 5 décembre 2015 à 19:56
  •  
  • dans ma région Aquitaine ++++ les socialistes poursuivent leur idée démente de ligne LGV, malgré les préconisations de hautes instances politiques et financières. D’après un questionnaire de mouvements écologistes, le front de gauche "ne se prononce pas" !!!!!!! alors que tous les autre partis, même le Fn mais bon, se positionnent contre !!! où est l’embrouille ??? vous aurez un vote blanc

    lison Le 5 décembre 2015 à 21:43
  •  
  • Si un gouvernement de droite ou FN avait pris ces mesures, la gauche aurait bloqué le pays.
    Seul un gouvernement de gauche peut prendre de telles mesures.
    Mais il faut voir aussi que la situation est grave. Compte tenu de la quantité d’armes qui circulent et la quantrité d’ennemis de l’intérieur.
    Charlie n’avait pas suffit comme électrochoc. Maintenant le 13 novembre a plongé l’exécutif dans le monde réel.

    Thomas Le 5 décembre 2015 à 22:26
  •  
  • Une petite histoire pour toutes celles et tous ceux qui, dans ces colonnes, tentent vaille que vaille de justifier l’injustifiable, à savoir l’état d’urgence.
    Aux alentours de la place de la République, Paris, France.
    Un jeune homme typé baba-cool, cheveux longs et tout content de vivre sur son vélo.
    Arrivent deux policier en civil, qui se ruent sur le jeune homme. Le mettent à terre, le lattent à grands coups de pieds puis détruisent son vélo. Puis s’en vont sans même avoir vérifié ni les papiers du jeune homme ni son état de santé.
    Le jeune homme n’a probablement jamais lu ne serait-ce qu’une page du Coran, même si je m’avance, il n’a très certainement jamais touché une arme de sa vie, il doit écouter du rock comme celles et ceux qui sont tombés au Bataclan, il doit prendre un verre de temps en temps en terrasse comme toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous les balles de criminels qui avaient le même âge qu’eux. Le jeune homme avait peut-être bien des amis parmi celles et ceux qui sont tombés.
    Qu’a-t-il fait pour se faire tabasser ?
    Je ne sais ce qu’il est advenu du jeune homme. Mais je sais une chose, les deux fripouilles policières ne seront jamais inquiétées, jamais poursuivies, elles ne passeront jamais devant un tribunal, alors même qu’elles ont officié devant témoins.
    Voilà, c’est ça l’état d’urgence.
    Alors, Hollande sur le même plan que Pétain ? Peut-être pas, mais pour ma part, ce que je vois se dessiner derrière tout ça, c’est la sale gueule de Darnand et de la Milice. Je dois consulter, diront certains, à raison peut-être.
    Outrancier, le plus écolo, le plus gaucho, la plus longue... C’est un peu court comme commentaire, si je peux me permettre. Un jeune homme tabassé sans raison par deux policiers, ce n’est pas de l’outrance ? Des femmes couvertes d’insultes sexistes dans les commissariats, ce n’est pas de l’outrance ? Une homme assigné à résidence pour salafisme alors qu’il est chrétien, ce n’est pas de l’outrance ? Une gamine de 6 ans hospitalisée suite à une perquisition, les policiers s’étant par ailleurs trompé de porte, ce n’est pas de l’outrance ?
    C’est pour ça que vous avez voté Hollande ? Pas moi.
    Et n’oubliez pas une chose : quand la droite reviendra au pouvoir, sans même parler de l’extrême-droite aux portes dudit pouvoir, elle appliquera les mêmes méthodes en maintenant l’état d’urgence et en l’amplifiant. Vous aussi, chers amis, vous serez dans son viseur.

    kashmir4 Le 6 décembre 2015 à 10:29
       
    • L’état d’urgence ne signifie pas la fin de l’Etat de Droit.
      Ce jeune homme a toujours la possibilité de déposer plainte à l’IGS dans le 12 èm, après avoir collecté les témoignages des différents témoins dont le votre ainsi que les identités , ainsi que le recueil d’éventuelles videos (à faire rapidement)
      Vous mélangez tout. Etat d’urgence ne signifie pas que la police a tous les droits.

      Thomas Legrand Le 6 décembre 2015 à 14:50
  •  
  • Sauf information erronée de ma part - et alors que Guillaume Liégard me pardonne- j’apprends donc que Guilaume Liégard a voté de façon indicative (AG régionale d’hier) "pour" une fusion dite technique au second tour, ce qui revient quand même à faire équipe avec cette gauche "vichyste" contre laquelle l’auteur de l’article vitupère.

    Je n’ai plus rien à voir avec vous dorénavant. Bonne soupe !

    Babeuf

    Babeuf Le 6 décembre 2015 à 12:03
  •  
  • Il faut être inculte ou amnésique pour stigmatiser ainsi Manuel Valls et pour ne pas voir et savoir qu’il y a toujours eu une gauche autoritaire style Clemenceau qui fît tirer ou réprima sévèrement les révoltes ouvrières de Fourmies, Draveil et la révolte viticole du Midi Rouge. Cela a commencé en juin 1848 lors de la IIè République qui n’hésita pas à faire tirer la police sur les ouvriers des Ateliers nationaux que la bourgeoisie républicaine ( elle formait la gauche de l’époque !) voulait fermer.

    cording Le 6 décembre 2015 à 13:13
  •  
  • @jolijolie
    Je ne sais pas si l’histoire du jeune homme est délirante, mais en tout cas elle est vraie. Et je n’aurai pas aimé être à sa place. Et j’aurai encore moins aimé qu’à sa place cela soit ma fille du même âge. Ma fille qui par ailleurs habite dans le Onzième et a la fâcheuse habitude de traîner aux terrasses des cafés tard le soir - je faisais la même chose à son âge, dans les mêmes coins.
    Si vous ne comprenez pas que l’état d’urgence introduit l’arbitraire, introduit la violence policière impunie, qu’il rajoute de la haine à la haine, qu’il produira plus de connards terroristes qu’il n’en aura arrêté, qu’il se retournera contre vous et pas seulement contre les zadistes et autres gauchistes deblatéreurs (jolie expression, je vous l’accorde, et pas toujours fausse) quand il sera entre les mains de droite, ce qui ne manquera pas d’arriver, qu’il nourrit le Front national, alors je peux que vous diagnostiquer que vous êtes atteinte d’une grosse cécité politique. Cela se soigne, notez bien.
    Quant à Cording, nous savons très bien ce dont la gauche dont se réclame Manuel Valls est capable. Ca remonte à loin, en effet. Cet état d’urgence est belle piqûre de rappel, pour celles et ceux qui l’auraient oublié.

    kashmir4 Le 6 décembre 2015 à 13:45
  •  
  • Jolijolie
    Il y a longtemps que je ne pleurniche plus.
    Je ne suis pas sûr que l’état d’urgence protège les idées de laïcité, universalité de la République (en quoi la République est-elle universelle, d’ailleurs, nos amis britanniques vivent dans un royaume et ils ne sont pas moins démocratiques et laïcs que nous), état démocratique (réduire la démocratie pour la défendre, faudra m’expliquer la logique) issu des lumières. Faites en la démonstration, s’il vous plaît.
    A part ça, j’aimerais bien que cela soit des délires. Juste ça. Quant au réel, apparemment, nous ne vivons pas dans le même.

    kashmir4 Le 6 décembre 2015 à 18:41
  •  
  • C’est quoi ce tissu d’inepties. Vous rêvez là ... C’est quoi cette gauche déconnectée du réel ?

    Antares Le 6 décembre 2015 à 19:09
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  • Pourrait-on envoyer l’auteur de cet article visiter le camp de Drancy pour qu’il réfléchisse à deux fois avant de prendre la plume et de qualifier la gauche au pouvoir de ce qualificatif infamant de "vichyste" ?

    Edji Le 7 décembre 2015 à 18:07
       
    • ta réponse est l’exact reflet de ce qui se dit, dont actes, tes intentions nazies sont claires… :)

      Christian Hivert Le 9 décembre 2015 à 18:28
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