Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 23 août 2016

Gauche : explosion ou reconstruction ?

Les derniers jours ont vu s’allonger la liste des candidats pour 2017. Le hollandisme n’est pas florissant. Mais ses opposants se dispersent. Décryptage d’une désagrégation, et des choix que la présidentielle impose de faire à gauche.

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Après Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, voilà que Cécile Duflot, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg sont en lice pour 2017. Pendant ce temps, le PCF hésite, la primaire citoyenne de toute la gauche (ou de la gauche de gauche) s’est enlisée, et une part de la gauche radicale se met à penser que l’abstention est la seule solution pour "pirater" 2017. Onze ans après la victoire du "non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen et quatre ans après la percée de Jean-Luc Mélenchon à la précédente présidentielle, la gauche de gauche est dans le brouillard.

Duflot et l’incertitude écologiste

La candidature de Cécile Duflot est la conséquence immédiate d’un échec prématuré, celui de la candidature salvatrice de Nicolas Hulot. Le "monsieur transcourant" par excellence s’étant retiré, EE-LV étant au bord du gouffre, il ne reste plus aux amis de Duflot que de s’engager dans une nouvelle tentative en solo, sous la bannière EE-LV. Cécile Duflot a pour elle d’avoir dirigé son organisation pendant une période exceptionnellement longue (2006-2012), d’avoir acquis une stature nationale en participant au gouvernement Ayrault et de s’être dégagée de la logique gouvernementale avant nombre de ses concurrents à gauche. Elle considère que sa force est d’être un point d’équilibre au sein d’une organisation désorientée par les départs multiples, essentiellement venus de sa "droite" (Jean-Vincent Placé, François de Rugy, Emmanuelle Cosse). Elle peut aussi escompter sur sa singularité en temps de discours martial et sécuritaire. Elle sera sans doute une des très rares à contester cette logique guerrière.

Cette candidature est, en même temps, à haut risque. L’image des Verts s’est considérablement dégradée dans la dernière période, alors même que la thématique écologiste se généralise dans l’ensemble du paysage politique à gauche. En outre, l’élection présidentielle n’est pas la plus favorable aux écologistes. Les précédentes consultations, avec Dominique Voynet en 2007 et Eva Joly en 2012, ont été calamiteuses – seul Noël Mamère ayant su tirer son épingle du jeu lors de l’atypique élection de 2002 (5,25%).

De façon plus générale, les écologistes ne sont pas sortis de l’incertitude quasi originelle qui est la leur. Depuis le début des années 1990, quand ils décident avec Dominique Voynet de s’ancrer à gauche, les Verts oscillent entre deux tentations : être la relève d’une social-démocratie engagée dans une difficile mutation, ce qui peut les pousser aux lisières du "social-libéralisme" ou de l’esprit "libéral-libertaire" ; pousser le plus loin possible la logique de l’antiproductivisme et du libéralisme sociétal, ce qui tourne l’écologie politique plutôt du côté de la gauche "radicale".

Force est de constater que les deux dernières années, de participation gouvernementale en crise interne, n’ont pas clarifié le positionnement d’une organisation de plus en plus éclatée. La marge de manœuvre écologiste risque donc d’être bien étroite, dans le contexte d’une offre politique déjà surchargée. Cécile Duflot fait le pari d’articuler la demande sociale, le paradigme écologiste et l’exigence éthique et "sociétale". Elle aura du mal à rassembler sur ces trois terrains à la fois.

Hamon et la relance social-démocrate

L’engagement de Benoît Hamon est d’une autre nature. Il se place ouvertement dans une logique interne à la famille socialiste. Hollande et Valls ont choisi d’engager le PS dans une voie prolongeant l’expérience du "social-libéralisme" britannique, allemand, espagnol et italien. Ils rompent ainsi brutalement avec l’histoire de la social-démocratie européenne du XXe siècle. Comme c’est le cas partout en Europe, cette option déchire des partis socialistes plongés dans une violente crise doctrinale et organisationnelle.

Le pari de Benoît Hamon est donc double. À court terme, il espère fédérer l’opposition socialiste au couple Hollande-Valls, obtenir un sursaut militant, battre le futur candidat de l’exécutif à la primaire et, sur cette base, agréger dès le premier tour une partie de la gauche de gauche, y compris dans l’électorat communiste. À plus long terme, il tourne les yeux vers l’expérience britannique. L’exercice du pouvoir, à suivre cet exemple, favorise conjoncturellement une option sociale-libérale jugée plus réaliste, ce qui joue plutôt en faveur du président sortant. En revanche, le retour à l’opposition peut provoquer un sursaut à gauche, comme celui qui a porté Jeremy Corbyn à la tête des travaillistes britanniques. Or, même si l’exécutif au pouvoir gagne la bataille des primaires, le plus vraisemblable est que la droite radicalisée l’emportera en 2017. Auquel cas, Hamon se présente d’ores et déjà comme une relève possible, un chef de file crédible pour la future gauche d’opposition.

Sur le papier, le calcul du responsable socialiste n’est pas absurde. Il se heurte pourtant à une triple difficulté. Il lui faut en premier lieu convaincre la totalité de l’opposition socialiste de gauche qu’il a l’étoffe et le charisme suffisants pour rassembler la famille socialiste. Par ailleurs, son parcours erratique, de l’entrée dans le gouvernement Valls jusqu’à son départ non désiré ni maitrisé, fait douter de la solidité de sa détermination. Enfin, de façon plus générale, il n’est pas sûr qu’un retour vers une logique social-démocrate traditionnelle soit pertinente et attractive, notamment face à la radicalisation d’une droite aiguillonnée par un Front national en expansion. Au fond, l’option prônée par la gauche du PS ne se distingue guère des formules prudentes du Lionel Jospin de 1997 (« l’économie de marché oui, la société de marché non »). Or ce modèle de gestion, entre 1997 et 2002, a coïncidé avec la plus cuisante défaite du socialisme et la plus forte poussée du Front national.

Montebourg, la tentation attrape-tout

Reste le dernier candidat en lice, le tonitruant Arnaud Montebourg. Il a soigneusement mis en scène sa candidature depuis quelques mois. Il a peaufiné l’image d’un homme dynamique, sans complexe mais assagi, capable d’endosser le costume présidentiel. Il marie l’industrialisme "colbertiste" classique et la vigueur de la "démondialisation", il se dit socialiste mais « pas seulement », fait un clin d’œil au gaullisme historique, cajole un communisme encore sensible au discours national sans aller jusqu’aux thématiques de rupture avec l’Union européenne. En bref, il ne dit pas, comme le Chevènement de 2007, qu’il est au-delà du clivage gauche-droite, mais…

Dans un contexte de délitement des repères fondamentaux, à gauche comme à droite, Montebourg ne manque pas d’atouts lui non plus. Il n’en reste pas moins que l’homme de la "démondialisation" et de la "VIe République" est aussi celui qui a fait le choix de Ségolène Royal dès 2006, qui a soutenu François Hollande contre Martine Aubry au second tour de la primaire socialiste de 2011 et qui a tout fait pour que Valls prenne la tête du gouvernement en remplacement de Jean-Marc Ayrault. Quant au programme qu’il a présenté à Frangy, s’il énonce ponctuellement des mesures parfaitement acceptables à gauche, il offre une logique globale incertaine. Sur le fond, rien ne le distingue des logiques socialistes antérieures, qui promettent beaucoup, mais sans toucher sur le fond aux logiques lourdes qui structurent notre temps. À quoi bon annoncer un renforcement de l’action étatique, si l’on ne s’attaque pas aux mécanismes financiers structurels qui ont accompagné la mondialisation libérale et précipité le déclin de l’État providence ? Une nouvelle fois, autant de promesses qui n’engageront que ceux qui les croiront.

[Lire aussi Montebourg dans l’impasse du "rassemblement national"]

Pour tout dire, Montebourg contourne les exigences de toute une période historique, qui ne se limite pas aux quatre années de gestion "hollandaise" du pouvoir. De façon générale, l’industrialisme est incompatible avec la nécessité de repenser en profondeur les modes de production, en privilégiant la notion d’utilité sociale, de sobriété, de durabilité. Le colbertisme ne tient pas compte de ce qu’il ne suffit plus de vanter le rôle de l’État, et qu’il faut redéfinir le sens du public autour des notions d’autonomie, de participation des usagers et des agents du service public, en bref qu’il faut dégager l’espace public de l’étatisme. Le keynésianisme, lui, ignore la nécessité de redéfinir les modalités de création de la richesse et la place du système financier. Quant au nationalisme du discours, il sous-estime la nécessité de penser de façon nouvelle les rapports entre tous les territoires du local au mondial, ce qui suppose de libérer tous les territoires sans exception de la double tutelle de la concurrence de la gouvernance.

En bref, la logique d’une candidature "attrape-tout" ne peut être aujourd’hui celle qui donne corps à une gauche déboussolée par plusieurs décennies de reculs socialistes, qu’Arnaud Montebourg a patiemment accompagnés jusqu’à une période toute récente. Le miroir aux alouettes est toujours tentant ; plus que jamais, il est lourd de périls redoutables. Une pincée de Jaurès, une louche de Chevènement dernière manière et les aromates de la "Gauche populaire" : cela ne fait pas le compte…

À gauche toute

Revoilà donc la gauche de gauche placée devant quelques inconnues. Au nom du rassemblement de "toute la gauche", elle peut se trouver une fois de plus à la remorque de variantes sociales-démocrates incertaines, sources de désastres futurs, à court ou à long terme. Pour l’instant, le PCF n’a pas donné le signe qu’il écartait cette option. S’il ne le faisait pas, il porterait un coup meurtrier à la tradition communiste et à l’esprit de gauche conséquent. Il n’en tirerait aucun bénéfice électoral immédiat, notamment à l’occasion des périlleuses législatives de 2017. Et il contredirait toute possibilité, pour la culture communiste, de s’insérer dans la recomposition ambitieuse d’une gauche retrouvant majoritairement le sens de la rupture avec le "système".

Dans le paysage politique tel qu’il est, la position la plus conséquente à la gauche de la gauche demeure celle de Jean-Luc Mélenchon, quoi que l’on pense de tel ou tel de ses propos. À la différence de tous les autres candidats de gauche, il s’est inséré de façon continue, depuis près de quinze ans, dans le courant critique de la gauche française, celui qui a porté l’exigence de l’altermondialisme et de l’option antilibérale, celui qui a irrigué la dynamique du Front de gauche, celui qui, de 2005 à 2012, a incarné l’espérance d’un mouvement social conquérant et d’une gauche retrouvant le chemin de ses valeurs fondatrices.

Or c’est cette portion de l’espace social et politique qui est aujourd’hui capable de relancer l’espérance sociale et démocratique d’une société déboussolée. Que son ambition se doive d’être large, qu’elle ne doive pas se replier sur elle-même et s’abstenir de tout esprit d’exclusion à l’égard de quiconque veut rompre avec l’esprit dominant, voilà qui est évident et qui n’est pas encore acquis. Mais tout cela n’empêche qu’elle demeure pour l’instant l’axe des recompositions nécessaires. Cela exige de sa part beaucoup d’innovation et de rupture avec des habitudes anciennes. Mais tourner le dos à cette histoire commune récente serait une folie.

Les communistes seraient ainsi fidèles à eux-mêmes en s’inscrivant dans cette optique et en se raccordant avec l’effort entrepris par Jean-Luc Mélenchon. Mais, en contrepartie, celui-ci doit plus que jamais bannir tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, peut contredire le retour à la dynamique vertueuse de 2012. Qu’il faille tenir compte de l’épuisement du système partisan est une chose, qu’il faille trouver des formes nouvelles, plus souples, plus fluctuantes, d’associer les individus autonomes, est tout aussi vrai. Mais, surtout dans le cas français, rien ne serait plus contreproductif que d’ignorer que le nouveau et l’ancien continuent de s’entremêler, que des dizaines de milliers d’individus continuent de s’inscrire dans l’univers partidaire, que le Parti communiste, même affaibli, est une force militante, un patrimoine qui n’est pas celui seulement des communistes "encartés".

On ne peut pas affirmer la continuité du projet qu’exprima hier le programme de "L’humain d’abord" et s’accoutumer à la division de celles et ceux qui le portèrent hier. L’heure est donc à la responsabilité. La multiplication des candidatures critiques à l’égard du "hollandisme" est à la fois une réalité, une chance et un risque. Les forces qui composèrent le Front de gauche ont une responsabilité immense : dans un esprit d’exclusion, elles corsèteraient la possibilité d’un rassemblement large ; dans un esprit de confusion, elles altèreraient la portée subversive des alliances possibles ; en se tournant le dos les unes aux autres, elles nécroseraient ce qui fut et ce qui reste un ferment d’espérance. À chacun d’en tirer les conséquences.

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  • Melenchon Valls même combat,même objectif:une division durable de la gauche,condition de leur existence politique et médiatique après 2017.(theme des 2 gauches inconciliables sic Valls).Formés dans le même moule PS disciples de Mitterand c’est hégémonie contre le rassemblement.Ils visent à disposer d’élus godillots et de militants à leur botte.Avec un score probablement trés bon
    Melenchon pourra le brandir comme un trophée en devenant le "chef" de la gauche dite radicale sans aucune perspective de changement.Son succés va grandement faciliter l’objectif de Valls de mettre la main sur le PS après les présidentielles.L’appel au rassemblement du PC reste totalement inaudible dans un festival d’ambitions politiciennes.Seul espoir un mouvement social suffisamment puissant et déterminé pour balayer ces petites ambitions et ces égo démesurés,pour imposer le rassemblement,pour faire émerger de nouveaux politiques digne des initiateurs du Front populaire et duCNR.On peut toujours rêver !

    barnola Le 23 août à 16:04
       
    • Barnola-Valls, même combat : salir la candidature de JLM...

      François 70 Le 23 août à 21:31
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  • Pour répondre au titre de l’article. Les choses sont douloureusement simples. La reconstruction impose la destruction préalable. Qui peut s’opérer plus ou moins parallèlement à la reconstruction par le mouvement et la construction de terrain. Toute tentative de relance à partir des vieilles idées qui mettent au centre la conquête du pouvoir d’état est vouée à l’échec et ouvre grand la porte aux délires intellectuels du type Comité invisible. Le problème est évidemment le temps. Nous devons nous habituer à l’idée que le pouvoir d’état sera occupé pour cinq ans (si le quinquennat va au bout ce qui est douteux vu l’instabilité qui succédera à l’élection de Sarkozy/Le Pen). Nous avons déjà gaspillé cinq ans avec la farce Hollande. Nous devrions donc être prêts.

    dominique courtois Le 23 août à 21:42
  •  
  • Il serait temps que Clémentine fasse preuve de la même lucidité politique que Paul...

    François 70 Le 23 août à 21:47
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  • Le mouvement de Mélenchon, semble le seul ayant un bon potentiel de nuisance pour changer la bonne vieille fausse alternance droite/ps.
    Vous pensez qu’ils vont se laisser faire ?
    Melenchon va donc se faire défoncer de plus en plus violemment par les représentants des classes dirigeantes et les puritains révolutionnaires.
    Nos chers patrons adorent les Arlette Laguillier et autres Besancennot ; plus ils semblent radicaux et plus ils sont en fait inoffensifs, ça fait parti du folklore franchouillard que les dirigeants tolèrent.
    Le ps ayant clairement prèté allégeance au néo-conservatisme après s’être fait convertir au néolibéralisme, les verts étant une sorte de rassemblement de moralistes chrétiens anti communistes...

    Quoi d’autre que Méluche ??

    arouna Le 24 août à 09:36
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  • Une autre gauche est possible...elle se construit...mais elle passe par de longs détours...
    « j’exclus Mélenchon, Besancenot ... » a dit Hollande

    En deux mots sur deux noms, notre monarque présidentiel vient de montrer quel serait le danger le plus mortel contre la société qu’il défend avec tant d’opiniâtreté !
    Ce danger avait déjà été signalé dans un sondage qu’ …Hue avait initié.
    Que cache donc de si dangereux l’association de ces deux noms ?
    Derrière cette expression, se profile un éventuel et futur « front unique » de l’ensemble du prolétariat... Ce vague dessein, ressenti de façon encore très diffuse, au cœur de l’avant-garde potentielle révolutionnaire sans pouvoir encore l’exprimer ouvertement, ni le concevoir pour un avenir proche...

    Avant cela, il nous faut revenir en arrière...
    Le mouvement ouvrier mondial est dans sa majorité divisé en deux tendances, qu’il est impossible d’ignorer et qu’on est obligé de reconnaître :
    Une tendance social-démocrate, réformiste, pratiquant à l’échelle mondiale une politique fondamentale de collaboration de classes, et une tendance révolutionnaire. Ces deux tendances du mouvement ouvrier sont inconciliables quant à leurs buts et leurs méthodes, mais l’unité d’action possible, nécessaire est indispensable entre elles pour la réalisation d’objectifs communs : défense et amélioration des salaires, des conditions de vie, des libertés ouvrières, conquête de la liberté des nations à disposer d’elles-mêmes, etc...Cette unité d’action s’appelle le « Front Unique Ouvrier » face au « Front Populaire » des réformistes.
    En France les socialistes ont commencé à pratiquer la collaboration de classe avec Millerand qui est entré dans un gouvernement bourgeois en 1899, tandis que le Pcf la pratique depuis 1935 avec l’aval de Staline (voir La Révolution manquée de Daniel Guérin). Jaurès, figure emblématique au-dessus du Ps, respecté par Rosa, Lénine et Trotsky bien que n’étant pas sur leurs positions, se situait de façon instable entre ces deux tendances fondamentales définies plus haut.
    La SFIO (section française de l’internationale ouvrière, ou II° Internationale) avec son attitude réactionnaire dans la conduite de la révolution coloniale, d’abord l’Indochine puis l’Algérie provoquera un sursaut parmi les nouvelles générations qui créérent le PSU, qui fourniront plus tard les cadres les plus importants au futur Parti Socialiste
    Cette fois ce sont des représentants directs de la bourgeoisie qui entrent dans le courant social-démocrate comme Mitterrand (singeant Mendès-France -grand argentier déjà en 38(1)- qui lui, avait adhéré au PSU). Il conduisit le renouvellement de cette « nouvelle » social-démocratie pour réduire à la portion congrue le Pcf avec le Programme Commun, avant d’initier la politique d’austérité qui perdure toujours aujourd’hui.. .Ce parti se comportant de plus en plus comme s’il était l’aile gauche d’un parti libéral bourgeois si celui-ci avait existé, va amener une série de militants à l’abandonner pour créer en 2009 le Parti de Gauche avec pour dirigeant une figure très charismatique comme Mélenchon. Ce parti avec ses nombreuses commissions spécialisées dans de nombreux domaines, alimentent constamment son dirigeant afin qu’il soit le plus performant. Formé au marxisme dans le parti de Lambert, il en a conservé la connaissance des textes, doté d’une bonne culture générale, il a accumulé une grande expérience au sein du Ps puis d’un ministère. Pour devenir un personnage incontournable, au-dessus du PG, que peu de gens osent affronter, même sur les plateaux télé et qui est parfaitement conscient de son état. Il réussit l’exploit, en se situant à la gauche du Ps et du Pcf, d’obtenir un score électoral à deux chiffres, pour la première fois depuis 1935(2). Ce résultat d’audience se maintient et oscille même vers une tendance à l’augmentation dans les sondages. Voilà de quoi susciter la haine de toute la droite augmentée désormais du Ps et la jalousie de l’extrême-gauche.
    Sur le flanc droit de JLM, on trouve ceux venus du Pcf parmi lesquels certains continuent d’honorer la politique de Maurice Thorez en 1945 qui aura permis à la bourgeoisie de se remettre en selle pour nous donner aujourd’hui un rejeton de Gattaz qui parle haut et fort au gouvernement actuel tandis que ses prédécesseurs à la Libération étaient sans voix pour avoir collaborer majoritairement avec le nazisme. On peut être sûr que ceux-là, surveilleront de près un éventuel cours trop à gauche de JLM, surtout comme beaucoup l’escompte déjà, que son éventuel succès pour la « Constituante » ne pourra venir qu’avec un réveil notoire de la résistance prolétarienne d’abord sur le plan électoral pour ensuite reprendre la lutte vers la reconquête des avantages sociaux perdus. C’est peut-être déjà un signal pour nous, lorsqu’il nous déclare qu’après avoir mis la constituante sur ses rails, il jettera les clés de l’Elysée dans la Seine et retournera chez lui ! Mais avant que la « Constituante » soit mise en place, il y a encore du chemin à parcourir...

    Et sur son flanc gauche ?
    Il y a pour l’instant au sein d’Ensemble, des camarades issu(e)s des différentes scissions de la LCR et du NPA qui mènent la lutte afin de soutenir JLM. Nous aurons les résultats de cette lutte avant la fin de l’année.

    Mais qu’en est-il réellement pour la tendance révolutionnaire ?
    Hollande vient de désigner, alors qu’il n’est pas candidat ...Besancenot ! À son corps défendant ! Le sondage d’Hue l’avait même mis en tête... ses prestations télévisuelles l’ont montré très combatif en ce qui concerne tous les problèmes relatifs aux conditions de vie des travailleurs, et il est vrai, plus timide à l’égard des grands sujets internationaux mais sans gêner pour autant son audience chez les travailleurs de la base. Il avait réussi à convaincre la majorité du NPA à organiser en commun avec le PG la manifestation du 12 avril l’année dernière, première petite tentative vers un « front unique » entre ceux qui préfèrent la voie douce et ceux qui veulent en découdre...
    Mais la tendance révolutionnaire en tant que telle, se présente éclatée, éparpillée, émiettée et inaudible...tout en murmurant mille langages... dans cette confusion, le doute permet toutes les errances possibles...Comment et où trouver un appui suffisamment solide pour conforter une prise de décision ...et oser comme JLM se placer au-dessus de toutes ces divisions...établir un pont vers JLM avec la « constituante » seul remède contre les 49-3 du monarque Hollande ...trouver le contact direct à l’aide d’un réseau avec son électorat...etc...
    Notre « Front Unique » absolument indispensable pour remettre sur ses rails toute la résistance prolétarienne …est en « stand by » !
    Oui, notre tendance est en panne. Mais nous avons déjà notre dirigeant potentiel ! Montré du doigt tout en haut par notre monarque et reconnu tout en bas comme la figure la plus hostile au système établi. Si nos « bretteurs » de sabre et de goupillon ne s’affolent pas trop avec tous les outils mis à leur disposition par cette république monarchique, nous aurons peut-être un peu de répit...

    Pendant cette attente, la résistance initiée par JLM, continue son chemin, certes sur un pied seulement puisqu’il y manque sa composante révolutionnaire, mais celle-ci est encore de très loin minoritaire par rapport à sa composante réformiste aujourd’hui dont une partie est encore réfugiée dans l’abstention et l’indifférence.

    C’est pourquoi, afin de briser la monarchie présidentielle, nous devons porter tous nos efforts dans une démarche unitaire, en soutenant JLM pour la « Constituante » !!!

    Notes :

    (1)1938- Devenu le plus jeune sous-secrétaire d’Etat au Trésor dans le deuxième gouvernement Blum du Front populaire. Depuis la III° République, le parti de la bourgeoisie s’appelait le parti radical puis radical-socialiste puis en décomposition déjà très avancé ses deux derniers représentants politiques, adhérèrent directement au Parti « socialiste » et celui-ci devint à son tour l’aile gauche du parti libéral qui n’est pas encore construit. Le concept « d’affinité élective » trouve ici entre « radicalisme bourgeois » et « socialisme » une certaine affinité...
    (2) date où les deux partis socialiste et Pcf ont ensemble selon des motivations différentes mais aboutissant aux mêmes résultats, pratiqué la collaboration de classe.

    ************************************

    Vacher Roland Le 24 août à 10:03
  •  
  • La description que fait cet article précis et nuancé des actuels candidats est très intéressante. Mais malgré l’avis argumenté en faveur de la candidature de Mélenchon, cette contribution ne dégage pas assez nettement l’enjeu de la prochaine élection présidentielle, qui est : ou bien on continue la politique actuelle, avec un personnel soit PS-EELV, soit de droite - et aggravation prévisible dans les deux cas, du moment que la France ne sort pas de l’UE et de l’OTAN ; ou bien l’amorce d’un tournant dans la vie politique par la rupture avec tout ce qui précède, seule façon aussi de faciliter et d’amplifier la dynamique des luttes sociales. La "primaire" socialiste n’a pas pour but la réélection ou non de F. Hollande, mais le maintien du bipartisme verrouillé parle FN, et le sauvetage du PS comme majoritairement apte à gouverner en alternance.
    L’alternative véritable ne se trouve pas non plus du côté de LO et du NPA, qui, chacun sur leur petit nuage ouvriériste, en sont encore à attendre pour les siècles à venir la grande insurrection prolétarienne ; celle-ci ne peut avoir lieu dans l’état actuel des choses : la répression PSLRFN, qui s’exerce de façon de plus en plus violente à l’égard de tout ce qui lutte contre les dégâts tant sociaux qu’écologiques, empêchera que le mouvement émancipateur puisse gagner - ce qui est indispensable à sa réussite - toute la société ; de plus et surtout peut-être, la dictature prolongée des médias aux ordres aura de plus en plus prise sur le grand nombre (notamment par la mise en scène continuelle du terrorisme et de la "guerre des civilisations", avec comme bouc émissaire les musulmans), et l’empêchera d’accéder à la claire conscience des remèdes urgents aux calamités présentes. Il suffit de faire cinq minutes de causette avec le citoyen lambda, pour constater que la classe ouvrière n’aura aucune chance d’entraîner le grand nombre dans ses luttes, qui requièrent véritablement pour aboutir une mobilisation générale, et non seulement des Nuits Debout condamnées à rester minoritaires dans le pays.

    Seul le programme, immédiatement subversif, de L’humain d’abord, de La règle verte et de la France insoumise (aux traités "européens" et à la constitution de la Ve république), mis à l’ordre du jour par Mélenchon et actuellement illustré aussi bien par la lutte des producteurs laitiers que par celles contre la Loi El-Khomri, - seul ce programme a une petite chance d’être au second tour en réunissant toutes les gauches sincères, et d’ouvrir ainsi la voie à un développement des luttes pour un changement radical de politique.

    Autrement Le 24 août à 10:15
  •  
  • Analyse pertinente de Roger Martelli comme souvent mais sursestimant peut être l’envergure de Benoît Hamon et à l’inverse sous estimant le peu de crédit que la gauche et les écologistes accorde à maintenant à Cécile DUFLOT tant ces derniers la rende responsable avec sa clique ( Placé, de RUGY, Cosese ,Pompili , Baupin et les autres) du désastre de l’écologie politique, façon EELV.
    Reste à s’interroger pourquoi la direction d’ENSEMBLE avec C AUTAIN reste sur le bord de la route dans le fossé avec les LAURENT et autre DARTIGOLLES au lieu de contribuer au développement de la campagne des insoumis comme d’ailleurs nombre de groupes locaux d’ENSEMBLE

    centuri Le 24 août à 10:46
       
    • Reste à s’interroger pourquoi la direction d’ENSEMBLE avec C AUTAIN reste sur le bord de la route dans le fossé avec les LAURENT et autre DARTIGOLLES au lieu de contribuer au développement de la campagne des insoumis

      Parce qu’ils sont intelligents, tout simplement, vos insoumis, personne n’en veux. D’une part, vous n’avez pas de programme, d’autre part, votre représentant Melenchon n’est pas un homme de gauche, mais un pro Russe, Pro Assad, ect ...

      Les insoumis, un parti autoritaire, antidémocratique (meme les militants ont peur de parler ou de critiquer leur leader) ; vous faites peur.

      Melenchon n’est pas un homme de gauche, les insoumis ne sont pas la gauche, je ne lui ai pas pardonné ses prises de vues pour Assad, je ne revoterai pas pour lui.

      bdpif@laposte.net Le 24 août à 12:48
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