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Accueil > Monde | Entretien par Bernard Marx | 1er octobre 2015

Georges Katrougalos : « La Grèce tendra un miroir à l’Europe »

Ministre du Travail d’Alexis Tsipras, Georges Katrougalos défend le troisième mémorandum obtenu par Syriza et explique pourquoi seul son gouvernement peut, selon lui, ménager aux Grecs l’espoir d’un meilleur avenir.

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Regards. Les résultats des élections de dimanche ont été marqués par une nette victoire de Syriza et par une abstention plus forte des électeurs. Comment interprétez-vous ces résultats ? Quel mandat avez reçu ?

Georges Katrougalos. Le peuple grec soutient toujours Syriza, malgré la lutte enragée des médias dominants, pour deux raisons principales. Parce que nous sommes la seule force politique qui peut lutter contre les oligarques, comme nous avons toujours affronté le système politique corrompu qu’ils ont bâti. Et parce que le peuple grec, malgré l’accord qui nous a été imposé par un rapport de forces écrasant, croit que c’est seulement avec nous qu’il peut espérer se sortir, peu à peu, de l’austérité néolibérale, au terme de négociations dures mais sincères avec les institutions européennes. Ce n’est d’ailleurs pas seulement l’espoir d’un meilleur avenir qui différencie la gauche de la droite, c’est le respect du principe de justice sociale, des droits et libertés. Pour ma part, je continue au même poste du ministre du Travail, de la Sécurité sociale et de la Solidarité sociale, et j’espère pouvoir y servir ces idéaux.

Dans le cadre du mémorandum, le nouveau gouvernement Tspiras pourra-t-il être autre chose qu’un gouvernement "normalisé", c’est-à-dire menant une politique de super austérité et de réformes libérales antisociales ? Par exemple pour le travail et l’emploi ?

Les deux premiers mémorandums consistait en des recettes d’application d’un néolibéralisme pur, qui déréglementaient presque complètement le marché du travail. Grâce à notre négociation, il n’y aucune mesure nouvelle concernant la dérèglementation du travail dans le nouveau mémorandum. Au contraire, nous nous sommes mis d’accord avec les institutions européennes sur une réglementation basée sur les "bonnes pratiques européennes".

En quoi consistent ces "bonnes pratiques" ?

Il n’y a pas d’accord entre nous et nos créanciers quant au contenu exact de cette expression. Le FMI, spécialement, y voit des réformes de flexibilisation du travail, à l’instar des lois comme la loi Macron. Précisément pour cette raison, nous essayons de faire de cette négociation une affaire européenne, pas seulement bilatérale. La définition de ce qui constitue une bonne pratique pour les relations du travail n’intéresse pas seulement la Grèce, mais toute l’Europe. Dans ce cadre, nous avons placé toute la négociation sous tutelle, non seulement de l’Organisation internationale du travail, mais aussi du Parlement européen, et nous avons programmé une série de rencontres avec des ministres européens du Travail. Je dis toujours que, en ce qui concerne l’emploi, la Grèce tendra un miroir à l’Europe. Nous allons mettre en valeur les forces internationales, mais aussi le mouvement populaire collectif, et nous ramènerons les relations du travail dans la légitimité du modèle sociale européen.

« La dette est non seulement insoutenable, mais elle risque aussi de bouleverser la cohésion du projet européen »

La négociation sur la restructuration de la dette sera très importante. Quels résultats concrets espérez-vous obtenir ?

La dette n’est pas seulement un problème grec. Elle est liée à l’architecture de l’euro, qui fait produire des déficits aux pays de la périphérie, déficits qui correspondent presque exactement aux excédents de l’Allemagne. Pour cette raison, la dette est non seulement insoutenable, mais elle risque aussi de bouleverser la cohésion du projet européen. En ce qui concerne la Grèce, le soulagement de la dette, assurant une longue période sans intérêts et sans dettes amortissables, aiderait l’économie, le budget national, le capital et finalement le développement.

La lutte contre l’oligarchie et pour l’efficacité de l’État sera un autre point crucial. Quel est votre agenda ? Dans cette bataille, vous attendez vous à ce que les institutions européennes soient un appui ou un obstacle ?

Dans la lutte contre l’oligarchie nous disposons, globalement, de l’appui des institutions européennes – bien qu’elles la voient plutôt comme une bataille contre l’évasion fiscale. Nous ne sous-estimons pas cet aspect et nous avons déjà franchi des étapes importantes pour y faire face. Nous avons collecté 80 millions d’euros auprès des personnes de la fameuse liste Lagarde-Falsiani, nous avons conclu un accord avec la Suisse afin d’avoir accès aux comptes que possèdent les Grecs dans ses banques. Mais, hors de cette dimension qui concerne principalement la justice sociale, nous menons aussi une lutte pour la démocratisation du système politique et l’assainissement du paysage médiatique.

Quelle est la position du gouvernement en ce qui concerne les réfugiés et les migrants où la Grèce est en première ligne ?

La question des réfugiés et des migrants n’est pas une question qui peut être résolue par un pays seul, c’est un enjeu européen. Il faut changer le cadre institutionnel de Dublin I et II, qui fait peser tout le poids sur les pays aux frontières de l’Union et il faut, finalement, mener une politique commune d’immigration.

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  • Je ne sais si ce ministre croit à ce qu’il dit comme par exemple : « Dans la lutte contre l’oligarchie, nous disposons, globalement, de l’appui des institutions européennes ... » Comme si les institutions européennes n’étaient complices de cette oligarchie. Autre exemple d’une certaine irresponsabilité de ce ministre qui accumule les contre-vérités : à la question : « En quoi consistent ces "bonnes pratiques" ? Il n’y a pas d’accord entre nous et nos créanciers quant au contenu exact de cette expression. Le FMI, spécialement, y voit des réformes de flexibilisation du travail, à l’instar des lois comme la loi Macron.,, » Faut-il rappeler que le troisième mémorandum donne à la Troïka tout pouvoir dans l’élaboration des lois et aux députés de Siryza l’obligation de les voter.

    Bel exercice de la langue de bois. On aurait pu imager lire de telles inepties dans un autre journal.

    En résumer, il faut mieux rester dans le système actuel avec toutes les conséquences que l’on connaît que de tenter de sortir de ce cercle infernal qui serait, aux dires de ces détracteurs, encore plus catastrophiques. Démarche qui tend à valider le slogan TINA : pas de salut hors le capitalisme. Fermer le banc et allons à la pêche.

    rody Le 1er octobre 2015 à 09:47
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  • Katrougalos expose tout simplement la ligne officielle du Parti de Gauche Européen présidé par Pierre Laurent ainsi que, en France, du PCF, avec à sa tête le même Pierre Laurent avec les mêmes arguments. Quand on sait que c’est encore le même Pierre Laurent qui va présider la liste de Rassemblement citoyen en Ile de France pour les élections régionales il y a effectivement de quoi fermer le banc et aller à la pêche ou se battre contre l’envahissement de cette ligne sociale démocrate qui nous mène un peu plus chaque jour à la catastrophe.

    Mac Cullers Le 1er octobre 2015 à 16:01
       
    • Vous n’êtes pas fatigué de vomir votre anticommuniste ?

      milhac Le 1er octobre 2015 à 17:24
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  • @ milhac
    C’est le capitulard et cumulard Laurent, sous-marin de Hollande- Valls-Macron, qui est anticommuniste. Si les mots ont encore un sens ...

    François 70 Le 1er octobre 2015 à 21:16
       
    • Merci François 70. Effectivement pour certains il y a belle lurette que les mots n’ont plus de sens, ou plus exactement l’inverse de leur sens initial. L’abus du double langage et de la langue de bois qui fait dire "gauche" quand on va faire une politique de droite, ou "Front de gauche" quand on opère un repli identitaire. Il y a une bataille à mener également sur ce front. Car ainsi opère Katrougalos de glissements sémantiques en partie de bonneto politique.

      Mac Cullers Le 2 octobre 2015 à 08:03
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    • vous êtes qui vous ? un révolutionnaire pur sucre ... de salon qui donne des leçons à la terre entière... c’est pitoyable

      milhac Le 2 octobre 2015 à 08:11
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  • @milhac .
    Du sucre ? Du salon ? Des leçons ? Si tu crois que tu es le seul à avoir les mains dans le cambouis... ou le goudron, tu peux y ajouter des plumes !

    Et tes arguments ? Le 2 octobre 2015 à 09:05
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  • A Milhac,

    Sur quoi vous basez-vous, de quel donneur de leçons vous prévalez-vous pour apostropher Mac Cullers et François 70 ? Tous deux sont très certainement mieux placés que moi pour savoir dans quel cambouis ils mettent les mains et surtout mieux placés que vous aussi. Et puis sachez que le fait d’avoir ou non les mains dans le cambouis, n’empêche pas de faire part de son opinion et le débat d’idées. Que celles qu’expriment Mac Cullers et François 70 n’aient pas l’heur de vous plaire, c’est votre droit. C’est aussi le leur et le mien de porter critique aux propos de M. Katrougalos. Tout comme est votre droit de ne pas qualifier péjorativement des gens auxquels vous n’opposez aucun argument. Personne n’est accrédité ici pour décerner ou non des qualités de "révolutionnaires-de-salon".

    Babeuf

    Babeuf Le 6 octobre 2015 à 08:08
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